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Pendant ce temps, à Fukushima

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« Soyez-en sûrs: il n’y aura jamais plus d’un accident par réacteur tous les cent mille ans. Mieux : pas plus d’un accident tous les millions d’années pour une catastrophe type Tchernobyl ».

Ca ressemble à une mauvaise pub… C’est pourtant l’argument « officiel » qui rendait le risque nucléaire acceptable jusque-là; un moindre mal disait-on eu égard aux avantages de cette source d’énergie : indépendance, petit prix, et faible émission de gaz à effets de serre.

Aujourd’hui en 2011, 14 000 « années-réacteurs » ont déjà passé, rythmées par des explosions, plus ou moins médiatisées. Three Miles Island… Tchernobyl… A Fukushima, l’explosion d’un réacteur, puis d’un second, puis d’un troisième auront été suivies minute par minute sur les télévisions du monde entier; depuis on ne sait plus grand-chose...

On ne sait pas non plus quel crédit accorder aux déclarations des autorités japonaises.

Emission "Contre-expertise" du 16 août à écouter sur le site de France Culture.

Communiqué de presse - 18 août 2011 - Réseau sortir du nucléaire

Redémarrage du premier réacteur nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima : un "deuil" de bien courte durée.
Mercredi 17 aout, les autorités japonaises ont autorisé l’opérateur Hepco (Hokkaido Electric Power) à redémarrer le réacteur n°3 de la centrale de Tomari, sur l’ile d’Hokkaido, pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima.
Pourtant,   les  Japonais  sont  de  plus en  plus opposés  au   nucléaire.  La défiance  de  la population à l’égard de cette énergie s’est encore accrue après que divers scandales aient éclaboussés le gouvernement et l’autorité de sûreté nucléaire nippones : censure et surveillance des médias de la part du gouvernement, pressions sur des employés d’opérateurs nucléaires pour les inciter à envoyer des courriels en faveur de l’énergie nucléaire durant les débats télévisés, aliments contaminés à la vente sur les étals de Tokyo, fax
d’alerte à l’attention du Premier Ministre japonais détournés, incidents dissimulés, falsification de rapports de sûreté.
Dans les plus hautes sphères étatiques, le rapport de force est palpable. Le Premier ministre lui-même, Mr Naoto Kan, s’était prononcé il y a un mois en faveur d’une sortie du nucléaire. Une prise de position historique pour le Japon, que le Réseau "Sortir du nucléaire" avait salué. La   reprise   de   l’exploitation   commerciale   du   réacteur   est   une   décision   du   ministère   de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti), dont dépend d’ailleurs l’Agence de sûreté industrielle et nucléaire (Nisa). Le chef du gouvernement avait fustigé les conflits d’intérêts multiples existants entre le Meti, la Nisa et les industriels du nucléaire.
Par cette décision, le Meti cherche visiblement à faire passer le message que Fukushima est une crise révolue. Mais pourtant, cinq mois après son déclenchement, la catastrophe  de Fukushima  ne  fait que commencer.  Cinq   mois que  les réacteurs  1,   2 et   3 de  Fukushima échappent à tout contrôle et relâchent des quantités massives de  radioactivité dans l'environnement, cinq mois que l'on tente sans succès de refroidir la piscine du réacteur n°4   .
La radioactivité sur le site est toujours intense et s’amplifie. A défaut de pouvoir arrêter quoi que ce soit, TEPCO annonce la mise en place de chapiteaux en plastique sur les réacteurs pour "confiner" la radioactivité sur place.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" condamne l’affairisme et les collusions auxquels se livrent les responsables du Meti et la Nisa. La centrale de Tomari, elle aussi située en zone littorale, n’est pas moins vulnérable que celle de Fukushima. Fukushima a déjà détruit beaucoup de vies, ne laissons pas les industriels nous le faire oublier.

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Edouard Troesch


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