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155.-  Une maladie qui n'existe pas de très longue date cède ordinairement, sans de graves incommodités, à la première prise du remède appliqué selon les données des deux paragraphes précédents.

            Je dis bien: sans de graves incommodités, parce que lorsqu'un remède parfaitement homéopathique agit sur le corps humain, il n'y a que les symptômes correspondants à ceux de la maladie qui réagissent. Tout se passe comme si les symptômes morbides (plus faibles) de l'organisme vivant subissaient une sorte de commutation, un transfert, par l'heureuse rencontre de leur analogie avec les symptômes médicamenteux.

            Grâce à cette substitution, le principe vital n'est plus soumis à la puissance de la maladie naturelle qui doit céder la place à la maladie artificielle éphémère mais plus forte. Quand celle-ci a cessé d'agir, le malade est libéré, la maladie naturelle s'étant dissipée (*).

            Les autres symptômes, parfois très nombreux, que ce remède homéopathique possède dans sa pathogénésie, c'est à dire ceux qui n'offrent aucune correspondance au cas pathologique présent, n'entrent pas en lice et restent en général silencieux, alors que l'état du malade s'améliore d'heure en heure.

            La raison en est que la dose d'un médicament appliqué homéopathiquement n'ayant besoin que d'être très exiguë, elle se trouve beaucoup trop faible pour manifester ceux des symptômes pathogénésiques qui n'offrent aucune résonance dans les parties de l'organisme non affecté par la maladie.

            Le remède, dans sa lutte pour la guérison, ne met en ligne que les symptômes pathogénésiques qui sont homéopathiques au cas et produit par conséquent ses effets dans les parties sensibilisées par la maladie naturelle, en excitant en quelque sorte une maladie médicinale éphémère, mais plus forte, qui la surmonte et l'annihile en usurpant sa place.

 

                (*) (trad - Ce processus s'explique facilement aujourd'hui grâce au phénomène d'amortissement dû à l'interférence d'ondes vibratoires similaires -trad).

 

156.- Cependant il n'y a presque pas de remède homéopathique, quelque bien choisi qu'il ait été, qui, surtout à une dose trop forte, ne produise au moins pendant la durée de son action chez des malades nerveux et hypersensibles, certaines perturbations inaccoutumées, c'est-à-dire quelque petit symptôme nouveau.

            Il est presque impossible, en effet, que les symptômes du médicament couvrent aussi exactement ceux de la maladie qu'un triangle peut le faire à l'égard d'un autre qui a des angles et des côtés égaux aux siens. Mais ce trouble insignifiant, si tout va bien, se dissipe aisément comme s'il se perdait dans les rouages de l'activité vivante, «souveraine» de l'organisme humain, et les malades ne s'en aperçoivent même pas, à moins qu'ils ne soient d'une sensibilité vraiment excessive.

            Le rétablissement de la santé n'en marche pas moins vers la guérison, s'il n'est entravé par d'autres influences médicamenteuses soit impropres, soit inopportunes, des excès dans le régime, dans la manière de vivre ou par des passions déréglées.

 

157.- Il est certain qu'un remède, choisi selon les principes homéopathiques, anéantit sans provoquer de nouveaux tourments, la maladie aiguë qui lui est analogue. Grâce à sa similitude, à l'exiguïté de la dose et au degré de la dynamisation, cette guérison se fera sans manifester ses autres symptômes pathogénésiques - c'est-à-dire ceux qui ne sont pas homéopathiques au cas indiqué - et sans causer aucun symptôme nouveau important.

            Cependant, il lui arrive presque toujours de susciter une sorte de petite aggravation réactive. Celle-ci se produit rapidement, c'est-à-dire au bout d'une ou plusieurs heures après l'administration, seulement si la dose est trop forte ou la dynamisation trop basse, ou encore si l'on combine ces deux procédés; sa durée pourra alors être de quelques heures.

            Cette aggravation a une telle ressemblance avec la maladie primitive que le sujet lui-même la prend pour un redoublement de son propre mal. En réalité il ne s'agit là que d'une affection médicamenteuse, fort analogue au mal primitif mais le surpassant momentanément quelque peu en intensité.

 

158.- Cette légère aggravation homéopathique durant les premières heures n'est pas rare (*), elle constitue un excellent pronostic, qui la plupart du temps, présage que la maladie aiguë cèdera à la première dose.

            Il ne faut pas oublier que l'affection médicamenteuse virtuelle doit nécessairement être un peu plus énergique que l'affection pathologique qu'elle doit détruire sur le plan dynamique, si l'on veut qu'elle la surmonte et la réduise à néant. De même, une maladie naturelle ne peut en détruire et faire cesser une autre qui lui ressemble que si elle est plus puissante que cette dernière (§ 43 à § 48).

            (*) (trad - Cela correspond à l'expérience de l'emploi des vaccins dans leurs phases négatives et positives de Wright - trad).

 

159.- Dans le traitement des maladies aiguës, plus la dose est minime, plus la dynamisation est élevée, plus aussi l'aggravation apparente de la maladie dans les premières heures, par le remède homéopathique, est légère et de courte durée.

 

160.- Lorsqu'un remède est vraiment choisi selon les principes homéopathiques, il est presque impossible de le rendre inactif en diminuant de plus en plus sa dose. La dynamisation la plus haute ne l'empêchera pas d'amender, de surmonter et d'anéantir la maladie naturelle qui lui est analogue, et de procurer une guérison parfaite. Cela à condition que la maladie n'ait pas été altérée par d'autres traitements et soit récente (v § 249 a).

            On concevra donc sans peine que toute atténuation du remède homéopathique bien choisi qui n'est pas la plus minime possible, puisse encore occasionner une aggravation homéopathique perceptible durant la première heure qui s'écoule après la prise de ce remède (a).

 

    (a) Cette prépondérance des symptômes pathogénésiques sur des symptômes pathologiques analogues, qui ressemble à une exacerbation de la maladie, a été remarquée aussi par d'autres médecins, quand le hasard les mettait sur la voie d'un remède homéopathique.

                Lorsqu'après avoir pris du soufre, un galeux se plaint que l'éruption augmente, le praticien, qui n'en sait point la cause, le console en lui affirmant qu'il faut bien que la gale sorte toute entière avant qu'elle ne puisse être guérie: mais il ignore qu'il a sous les yeux une dermatose toxi-médicamenteuse provoquée par le soufre et revêtant l'apparence d'une aggravation de la gale.

                Leroy atteste «qu'une éruption faciale aggravée au début de l'emploi de Viola tricolor a cependant été guérie par ce même médicament». (Médecine maternelle, ou l'art d'élever les enfants - page 406); mais il ne savait pas que cette aggravation apparente de l'éruption provenait uniquement de ce qu'on avait administré cette plante à trop forte dose. Dans ce cas ce remède se trouvait être, dans une certaine mesure, précisément homéopathique.

                Lysons (Med. Transact. volume II, Londres 1772), déclare que: « 'écorce d'Ulmus campestris guérit avec le plus de certitude les dermatoses que cette drogue est capable d'aggraver après son application». S'il n'avait pas (suivant l'usage de la médecine allopathique) prescrit cette écorce à doses énormes, mais bien à des doses extrêmement réduites, comme cela doit être quand il y a similitude des symptômes entre la drogue et la maladie à guérir - c'est-à-dire dans son emploi homéopathique - il aurait opéré la guérison sans avoir ou presque, remarqué cette exacerbation apparente de la maladie (aggravation homéopathique).

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