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196.- On pourrait croire que la guérison de ces manifestations externes sur un terrain psorique s'effectuerait d'une manière plus rapide si le remède répondant à la totalité des symptômes, sélectionné selon les principes homéopathiques, était employé à la fois intus et extra, j'entends que l'application loco dolenti pourrait ainsi en accélérer la disparition.

 

197.- Le procédé d'appliquer au cours d'une maladie chronique à localisation externe la même médication intus et extra (sur la lésion) doit absolument être rejeté, non seulement dans les manifestations localisées de nature psorique (miasme psorique), mais encore dans celles dont l'étiologie est luétique ou sycotique (miasmes syphilitique ou sycotique).

            Cette manière de faire, à savoir l'application simultanée d'un médicament à l'intérieur et à l'extérieur, dans les maladies qui ont pour symptôme pathognomonique principal une affection chronique localisée, a un inconvénient grave: c'est que la manifestation externe (affection localisée, résultat, effet) (a), disparaît d'ordinaire avant la destruction de la maladie interne causale (§ 202).

            Cette disparition précoce pourra faire croire à tort que la guérison est complète, mais en tout cas rend difficile et parfois même impossible d'apprécier si la maladie totale a été réellement anéantie par l'action de la médication interne combinée.

(a) Cela surtout dans les manifestations primaires des trois grandes diathèses: psore, syphilis et sycose (récente éruption psorique, accident primaire, excroissance papillomateuse de fraîche date).

 

198.- Le même motif doit faire proscrire toute application exclusivement externe du médicament constitutionnel (trad - sous n'importe quelle forme - trad) sur les manifestations localisées des maladies chroniques infectieuses (miasmatiques) Car si nous faisons disparaître ainsi cette manifestation extérieure de l'affection chronique par un traitement suppressif local uniquement externe, la cure interne, indispensable au rétablissement complet de la santé, reste dans une obscure incertitude (*).

            Le symptôme représentant l'affection localisée qui attirait le plus l'attention ayant cessé d'exister, comme il s'agit ici, rappelons-le, de maladies défectives, il ne reste plus alors que des symptômes beaucoup moins significatifs, vagues, estompés, variables et moins constants que l'affection externe, symptômes qui souvent sont trop peu individuels et caractéristiques pour qu'on puisse se faire une image intelligible et complète de la maladie.

(*) (trad - L'on se prive ainsi d'une catégorie de symptômes dont l'extériorisation nous est toujours utile, car ils permettent de se faire une idée synthétique de la maladie  - trad).

 

199.- Lorsque l'affection localisée a été supprimée et détruite par des moyens externes (*), comme les caustiques, les corrosifs, les dessicatifs ou l'exérèse, avant que le remède constitutionnel, homéopathique à la maladie totale, n'ait pu être déterminé (a), le cas devient beaucoup plus compliqué, à cause de l'imprécision (absence de caractères définis) et de la labilité des symptômes qui restent encore.

            Car, ne l'oublions pas, le principal symptôme pathognomonique visible (trad - grâce à ses caractères particuliers et ses modalités jouant le rôle de signal sémaphorique - trad) qui, mieux qu'aucune autre circonstance aurait pu guider dans le choix et juger de la valeur du remède le plus approprié et préciser la prolongation opportune de son usage interne jusqu'à l'anéantissement complet de la maladie, se trouve soustrait à notre observation.

(*) (trad -Également les applications anesthésiques à la cocaïne et autres, les rayons X, le radium, l'électro-coagulation, la cautérisation, etc...-trad).

(a) Car avant moi les remèdes antisycotiques et antipsoriques n'étaient pas connus.

 

200.- Si dans une maladie défective l'affection externe localisée est encore présente, on a alors plus de chance pour arriver à déterminer le remède homéopathique correspondant à la maladie interne, provocatrice de cette manifestation distinctive.

            Lorsque ce remède est enfin trouvé et qu'on l'administre exclusivement par voie interne, la persistance de l'affection localisée indique que la cure n'est point parfaite encore. Tandis que sa disparition, sans avoir été supprimée par un remède externe quelconque, prouve que le mal a été extirpé jusque dans ses racines et que la restauration de la santé - par la cessation à la fois de l'affection externe et interne - est obtenue. On atteint ainsi le but qu'on s'était proposé, avantage indispensable qu'on ne saurait assez apprécier.

 

201.- Il apparait que l'énergie vitale, accablée d'une maladie chronique dont elle ne peut triompher ici par sa propre force, provoque d'une manière pour ainsi dire instinctive, le développement d'une affection locale quelque part à l'extérieur du corps. Cela dans le but d'étouffer ce mal interne qui menace les organes essentiels et la vie, en produisant puis entretenant une manifestation extérieure en un point de l'organisme sans intérêt vital.

            Il s'agit par là de détourner en quelque sorte les forces perturbatrices non encore localisées, d'une fixation possible sur des organes vitaux, en les orientant vers des manifestations périphériques, c'est-à-dire de substituer un mal externe à un mal interne.L'affection localisée, de cette façon, réduit momentanément au silence la maladie interne, sans pouvoir cependant ni la guérir, ni la diminuer essentiellement (a).

            Toutefois, n'oublions pas que l'affection localisée n'est pas une entité à part. C'est positivement une fraction faisant intégralement partie de la maladie générale, fraction que l'énergie vitale a amplifiée pour ainsi dire au préjudice de la maladie interne, sur un endroit déterminé de l'organisme et qu'elle a «transféré» sur une région (extérieure) du corps physique où le danger est moindre, pour apaiser d'autant l'affection interne.

            Mais, comme nous l'avons dit, cette dernière n'est rien moins qu'améliorée ou guérie pour cela; au contraire, elle progresse peu à peu, de sorte que la nature est forcée de développer toujours davantage et d'aggraver encore l'affection dérivative, afin qu'elle soit en mesure de se substituer au mal interne qui gagne du terrain, pour l'apaiser et lui servir ainsi de «soupape de sûreté».

            Ainsi, les ulcères torpides aux jambes continuent à s'étendre tant que la psore interne n'est point guérie, le chancre primaire évolue tant que la syphilis interne n'est pas annihilée et les condylomes se multiplient et grandissent, tant que la sycose reste sans guérison, pendant que par les progrès du temps, la maladie interne générale continue d'elle-même son évolution et devient de plus en plus rebelle à la thérapeutique.

  (a) Les exutoires des médecins de l'ancienne École, comme les abcès de fixation, produisent quelque chose d'analogue. Ces suppurations artificielles provoquées aux parties extérieures camouflent bien certaines maladies chroniques internes, mais ne les réduisent au silence que pour un laps de temps très court (tant qu'elles causent une irritation douloureuse à laquelle l'organisme malade ne s'est pas encore accoutumé), sans pouvoir les guérir. D'un autre côté elles débilitent l'organisme et portent une atteinte à l'état général, bien plus profonde que ne le feraient la plupart des métastases produites par la force vitale instinctive.

 

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