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269.- Par un procédé qui lui est propre et qu'on n'avait jamais expérimenté jusqu'alors, la médecine homéopathique dégage et libère, pour son usage spécial, les vertus médicinales immatérielles inhérentes aux substances brutes, et cela jusqu'à un point qui paraissait autrefois inimaginable.

            Par ce moyen unique, les substances brutes acquièrent toutes, au plus haut degré, des propriétés pharmacodynamiques et pharmaco-thérapiques puissamment actives et même incroyablement pénétrantes (a). Cela est encore vrai pour des substances qui à l'état brut n'exerçaient pas la moindre action médicinale sur le corps humain.

            Cette transformation remarquable des propriétés des corps de la nature, grâce à l'action mécanique du frottement et de la succussion (et par l'addition d'une substance neutre solide ou liquide qui sert de substratum permettant aux particules de la matière ainsi transformée de rester séparées), développe et exalte leurs forces pharmaco-dynamiques (voir § 11) latentes, masquées (b), parce que par ce procédé, cette action mécanique atteint jusqu'à la structure élémentaire de la matière.

            Ces forces exercent leur influence essentiellement sur le principe vital et sur l'état psycho-neuro-végétatif de la vie animale (c). C'est pourquoi on appelle ce modus operandi, dynamiser, «potentialiser» (exaltation des vertus médicinales) et les produits qui en résultent, dynamisations (d) ou puissances de tel ou tel degré.

 

            (a) On connaissait empiriquement déjà, longtemps avant cette découverte, toute une série de modifications de diverses substances naturelles produites par frottement; d'abord l'élévation progressive de la température: chaleur, chaleur ardente, feu; puis le développement d'odeurs de substances inodores par elles-mêmes; enfin l'aimantation de l'acier, etc... Cependant ces diverses propriétés développées par le frottement de choses matérielles et inanimées, ne nous apportaient que des résultats purement physico-chimiques.

                Néanmoins, par une loi naturelle inconnue, il est possible de faire ainsi apparaître des propriétés biologiques nouvelles (physiologiques et pathogénésiques), capables de modifier l'organisme vivant. Ce processus peut s'observer avec des médicaments usuels dont seules les réactions grossières étaient jusqu'alors connues, soit même avec des substances brutes dont l'action médicamenteuse n'avait jamais encore été révélée. Cela se produit par trituration (frottement) et par succussions, à condition pourtant d'utiliser un excipient, c'est-à-dire un substratum non médicamenteux, dans certaines proportions définies, lequel permet la dispersion de la matière active.

                Cette merveilleuse loi physique sans doute, mais essentiellement physiologique et pathogénésique, n'avait pas encore été trouvée avant ma découverte. Dans ces conditions il n'est pas étonnant que les naturalistes et les médecins d'aujourd'hui (qui l'ignorent encore) n'aient pas crû jusqu'ici à la miraculeuse vertu curative des médicaments préparés (dynamisés) suivant la doctrine homéopathique et administrés aux malades à dose si minime!

            (b) De même, on ne peut contester la présence d'un pouvoir magnétique à l'état latent dans la barre de fer ou la tige d'acier, puisque l'une et l'autre, après avoir été forgées par l'action mécanique du marteau et placées dans la position verticale, sont capables de repousser par leur extrémité inférieure le pôle nord d'une aiguille aimantée et d'attirer son pôle sud, tandis que leur extrémité supérieure se révèle en présence de l'aiguille comme pôle sud. Il ne s'agit là que d'une force latente. La limaille de fer, même la plus fine, ne peut être ni attirée ni retenue magnétiquement par l'une ou l'autre des extrémités d'une semblable barre si on ne l'a soumise à aucune préparation. Ce n'est qu'après avoir été vigoureusement frottée avec une lime émoussée et dans un sens toujours unique, c'est à dire dynamisée, que cette barre devient un véritable aimant à la fois actif et puissant, capable d'attirer le fer et l'acier et en plus de communiquer sa force magnétique à une autre tige d'acier non seulement par simple contact, mais encore à distance et cela d'autant plus que le frottement aura été plus effectif.

                Par analogie, la trituration de toute substance médicinale et les secousses imprimées à sa dissolution (dynamisation) développent graduellement les énergies médicamenteuses latentes qu'elle renferme et les met à jour, ou si l'on peut dire, «spiritualisent» par désintégration la matière elle-même.

            (c) Pour cette raison, ce mode de préparation spéciale des médicaments n'a comme seul résultat qu'un plus grand développement de leurs capacités de pouvoir susciter des modifications dans l'état de santé des animaux et des êtres humains (effets pathogénésiques), à condition que ces produits naturels judicieusement affinés au plan approprié, puissent ainsi entrer en contact direct ou indirect (par absorption ou aspiration) avec la cellule vivante et sensible.

                Une barre aimantée, et cela d'autant plus que son pouvoir magnétique a été renforcé (dynamisé) par frottement, n'émet que du magnétisme sur l'aiguille d'acier placée dans la proximité d'un de ses pôles ou en contact avec lui, mais ne modifie en aucune façon les autres propriétés physico-chimiques de l'acier, et n'agit pas sur d'autres métaux (comme le laiton par exemple). Semblablement les médicaments dynamisés n'exercent pas plus d'influence sur des corps inanimés.

            (d) N'entend-on pas encore tous les jours appeler les dynamisations homéopathiques simplement du nom de dilutions comme s'il s'agissait d'une chose diminuée, affaiblie, alors que c'est précisément le contraire? En réalité, elles constituent un véritable épanouissement énergétique de la matière, une éclosion et une révélation de forces médicamenteuses spécifiques latentes et cachées dans leur essence intime, déployées par triturations et succussions. L'excipient non médicamenteux utilisé, dénué de toute action thérapeutique, joue cependant un rôle indispensable, quoique accessoire.

                Une simple dilution, comme par exemple celle obtenue par la dissolution de 5 centigrammes de sel de cuisine, devient, en progressant dans l'atténuation, de moins en moins concentrée et se rapproche presque de l'eau ordinaire. Il arrive un moment où le chlorure de sodium n'est plus décelable. Une telle dilution devient de plus en plus inactive et ne deviendra jamais ainsi un médicament homéopathique. Au contraire ce même sel dynamisé d'une façon judicieuse, secundam artem, peut devenir un remède remarquable et acquérir un degré de puissance thérapeutique étonnant (*).

(*) (trad - Il fut un temps où l'importance primordiale était accordée à la succussion, puis ce fut la dilution. Dans ses derniers écrits, Hahnemann attribue une valeur aussi grande à l'une qu'à l'autre - trad).

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