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Par un procédé qui lui est propre et qu'on n'avait
jamais expérimenté jusqu'alors, la médecine homéopathique dégage et
libère, pour son usage spécial, les vertus médicinales immatérielles
inhérentes aux substances brutes, et cela jusqu'à un point qui
paraissait autrefois inimaginable.
Par ce moyen unique, les substances brutes acquièrent
toutes, au plus haut degré, des propriétés pharmacodynamiques et
pharmaco-thérapiques puissamment actives et même incroyablement
pénétrantes (a). Cela est encore vrai pour
des substances qui à l'état brut n'exerçaient pas la moindre action
médicinale sur le corps humain.
Cette transformation remarquable des propriétés des
corps de la nature, grâce à l'action mécanique du frottement et de
la succussion (et par l'addition d'une substance neutre solide ou
liquide qui sert de substratum permettant aux particules de la
matière ainsi transformée de rester séparées), développe et exalte
leurs forces pharmaco-dynamiques (voir § 11) latentes, masquées (b),
parce que par ce procédé, cette action mécanique atteint jusqu'à la
structure élémentaire de la matière.
Ces forces exercent leur influence essentiellement sur
le principe vital et sur l'état psycho-neuro-végétatif de la vie
animale (c). C'est pourquoi on appelle ce
modus operandi, dynamiser, «potentialiser» (exaltation
des vertus médicinales) et les produits qui en résultent,
dynamisations (d) ou puissances de tel ou
tel degré.
(a)
On connaissait empiriquement déjà,
longtemps avant cette découverte, toute une série de modifications
de diverses substances naturelles produites par frottement;
d'abord l'élévation progressive de la température: chaleur, chaleur
ardente, feu; puis le développement d'odeurs de substances inodores
par elles-mêmes; enfin l'aimantation de l'acier, etc... Cependant
ces diverses propriétés développées par le frottement de choses
matérielles et inanimées, ne nous apportaient que des résultats
purement physico-chimiques.
Néanmoins, par une
loi naturelle inconnue, il est possible de faire ainsi apparaître
des propriétés biologiques nouvelles (physiologiques et
pathogénésiques), capables de modifier l'organisme vivant. Ce
processus peut s'observer avec des médicaments usuels dont seules
les réactions grossières étaient jusqu'alors connues, soit même avec
des substances brutes dont l'action médicamenteuse n'avait jamais
encore été révélée. Cela se produit par trituration (frottement) et
par succussions, à condition pourtant d'utiliser un excipient,
c'est-à-dire un substratum non médicamenteux, dans certaines
proportions définies, lequel permet la dispersion de la matière
active.
Cette merveilleuse
loi physique sans doute, mais essentiellement physiologique et
pathogénésique, n'avait pas encore été trouvée avant ma découverte.
Dans ces conditions il n'est pas étonnant que les naturalistes et
les médecins d'aujourd'hui (qui l'ignorent encore) n'aient pas crû
jusqu'ici à la miraculeuse vertu curative des médicaments préparés
(dynamisés) suivant la doctrine homéopathique et administrés aux
malades à dose si minime!
(b)
De même, on ne peut contester la
présence d'un pouvoir magnétique à l'état latent dans la barre de
fer ou la tige d'acier, puisque l'une et l'autre, après avoir été
forgées par l'action mécanique du marteau et placées dans la
position verticale, sont capables de repousser par leur extrémité
inférieure le pôle nord d'une aiguille aimantée et d'attirer son
pôle sud, tandis que leur extrémité supérieure se révèle en présence
de l'aiguille comme pôle sud. Il ne s'agit là que d'une force
latente. La limaille de fer, même la plus fine, ne peut être ni
attirée ni retenue magnétiquement par l'une ou l'autre des
extrémités d'une semblable barre si on ne l'a soumise à aucune
préparation. Ce n'est qu'après avoir été vigoureusement frottée avec
une lime émoussée et dans un sens toujours unique,
c'est à dire dynamisée, que cette barre devient un
véritable aimant à la fois actif et puissant, capable d'attirer le
fer et l'acier et en plus de communiquer sa force magnétique à une
autre tige d'acier non seulement par simple contact, mais encore à
distance et cela d'autant plus que le
frottement aura été
plus effectif.
Par analogie, la
trituration de toute substance médicinale et les secousses imprimées
à sa dissolution (dynamisation) développent graduellement les
énergies médicamenteuses latentes qu'elle renferme et les met à
jour, ou si l'on peut dire, «spiritualisent» par désintégration la
matière elle-même.
(c)
Pour cette raison, ce mode de préparation spéciale des médicaments
n'a comme seul résultat qu'un plus grand développement de leurs
capacités de pouvoir susciter des modifications dans l'état de santé
des animaux et des êtres humains (effets pathogénésiques), à
condition que ces produits naturels judicieusement affinés au plan
approprié, puissent ainsi entrer en contact direct ou indirect (par
absorption ou aspiration) avec la cellule vivante et sensible.
Une barre aimantée,
et cela d'autant plus que son pouvoir magnétique a été renforcé
(dynamisé) par frottement, n'émet que du magnétisme sur l'aiguille
d'acier placée dans la proximité d'un de ses pôles ou en contact
avec lui, mais ne modifie en aucune façon les autres propriétés
physico-chimiques de l'acier, et n'agit pas sur d'autres métaux
(comme le laiton par exemple). Semblablement les médicaments
dynamisés n'exercent pas plus d'influence sur des corps inanimés.
(d)
N'entend-on pas encore tous les jours
appeler les dynamisations homéopathiques simplement du nom de dilutions comme s'il s'agissait d'une chose diminuée,
affaiblie, alors que c'est précisément le contraire? En réalité,
elles constituent un véritable épanouissement énergétique de la
matière, une éclosion et une révélation de forces médicamenteuses
spécifiques latentes et cachées dans leur essence intime, déployées
par triturations et succussions. L'excipient non médicamenteux
utilisé, dénué de toute action thérapeutique, joue cependant un rôle
indispensable, quoique accessoire.
Une simple dilution,
comme par exemple celle obtenue par la dissolution de 5 centigrammes
de sel de cuisine, devient, en progressant dans l'atténuation, de
moins en moins concentrée et se rapproche presque de l'eau
ordinaire. Il arrive un moment où le chlorure de sodium n'est plus
décelable. Une telle dilution devient de plus en plus inactive et ne
deviendra jamais ainsi un médicament homéopathique. Au contraire ce
même sel dynamisé d'une façon judicieuse,
secundam artem, peut devenir un remède remarquable et acquérir un
degré de puissance thérapeutique étonnant (*).
(*) (trad - Il fut un temps où
l'importance primordiale était accordée à la succussion, puis ce fut
la dilution. Dans ses derniers écrits, Hahnemann attribue une valeur
aussi grande à l'une qu'à l'autre - trad).
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