|
|
33. -
Il résulte donc incontestablement, d'après mes
expériences (a), que l'organisme humain vivant a beaucoup plus de
propension à se laisser influencer et dérégler par les puissances
médicinales que par les influences pathogènes usuelles et les
miasmes contagieux. En d'autres termes, les agents pathogènes n'ont
qu'un pouvoir subordonné et conditionnel, souvent même très
conditionnel, de provoquer des maladies, par contre les puissances
médicinales en ont un souverain, infiniment supérieur, absolu et
sans restriction pour perturber l'équilibre physiologique de l'homme
sain.
(a) En voici un
exemple frappant: jusqu'en 1801, les épidémies de scarlatine lisse
de Sydenham sévissaient de temps en temps chez les enfants et
attaquaient sans exception tous ceux qui ne l'avaient point encore
contractée lors d'une épidémie précédente. Cependant, dans celle
dont je fus témoin à Königslütter, tous les jeunes sujets
ayant pris assez tôt, à titre préventif, une très petite dose de Belladonne furent exempts de cette maladie infantile extrêmement
contagieuse.
Par conséquent, pour
que des médicaments puissent agir comme préventif au cours d'une
épidémie, il leur faut posséder une puissance d'action sur la force
vitale qui dépasse celle que possède la maladie.
|