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45. - Non, deux maladies artificielles ou naturelles
différentes par leur genre (*) mais très analogues par leurs
manifestations et leurs effets, comme par les souffrances et les
symptômes que chacune détermine, s'anéantissent toujours, dès
qu'elles se rencontrent dans l'organisme.
Pour une raison qui n'est pas
difficile à comprendre, la maladie la plus forte détruit la plus
faible. En effet, à cette occasion, l'agent pathogène le plus fort
ayant une action similaire, envahit de préférence précisément les
parties de l'organisme qui jusqu'alors étaient sous l'emprise de
l'agent pathogène plus faible, « l'absorbe » et ce dernier alors
s'évanouit et disparaît (a).
En d'autres termes, dès que
le malade, par l'intermédiaire de son système nerveux vient à être
éprouvé par une nouvelle puissance morbide, semblable à la première
mais plus forte, le principe vital, étant donné son unité
biologique, ne ressent plus que la puissance semblable qui est plus
forte. La puissance morbide, première en date, c'est-à-dire la plus
faible - car elle ne tombe jamais sous les sens, mais constitue une
affection dynamique (immatérielle) - s'éteint et cesse par
conséquent d'exister. Le principe vital ne reste donc touché,
seulement d'une façon passagère, que par la puissance morbide
nouvelle, semblable, mais plus forte, du médicament ou de la maladie
similaire, qui joue ainsi le « rôle curateur ».
(*) (trad
-
Voir plus
haut: § 26a - trad).
(a) De même que sous l'action
plus forte des rayons du soleil qui frappent nos nerfs optiques, la
perception lumineuse d'une flamme s'efface rapidement.
46. - On pourrait
citer beaucoup d'exemples de guérisons, selon les principes
homéopathiques, de deux maladies naturelles, l'une par l'autre,
présentant des symptômes semblables. Mais, si l'on veut des faits
précis et incontestables, il faut s'en tenir au petit nombre de
maladies toujours identiques à elles-mêmes, qui naissent d'un agent
infectieux aigu (miasme aigu) bien défini, et qui pour cette raison
méritent un nom particulier.
Parmi ces affections se
présente au premier rang la variole, si redoutable par le nombre et
la violence de ses symptômes, qui a fait disparaître et a guéri une
foule de maux caractérisés par des symptômes semblables aux siens.
Qu'elles sont nombreuses dans
la variole, les ophtalmies graves, allant jusqu'à la cécité! Or, la
vaccination a guéri complètement et définitivement une ophtalmie
chronique dans un cas cité par Dezoteux (a) et une autre par Leroy (b).
Combien de fois la variole
n'a-t-elle pas occasionné la surdité et la dyspnée? Et bien la
variole, arrivée à sa période d'acmé, a guéri ces deux affections
chroniques, comme l'a observé J. Fr. Closs (d).
Une personne aveugle depuis
deux ans, à la suite de la suppression d'une teigne (*), a recouvré la
vue après une variole, d'après Klein (c).
L'orchite, souvent même
considérable, constitue une complication de la variole qui est loin
d'être rare; et c'est pourquoi la variole a pu - comme Klein l'a observé (e) - guérir par similitude, une volumineuse tuméfaction
indurée du testicule gauche, résultant d'un traumatisme. Une
grosseur analogue de cet organe fut également guérie par la variole
d'après l'observation d'un autre médecin (f).
La variole s'accompagne
parfois d'une sorte de dysenterie particulière; et c'est ce qui
explique pourquoi cette affection a guéri, en tant que puissance
morbide analogue, un cas de dysenterie, comme le rapporte Fr.Wendt (g).
Personne n'ignore que lorsque
la variole se déclare au cours d'une vaccine, elle détruit sur le
champ (homéopathiquement) celle-ci, ne la laisse pas accomplir son
évolution, tant à cause de sa plus grande puissance pathogénique que
par le degré de ressemblance de ces deux affections. Mais, d'autre
part, lorsque la vaccine approche du terme de sa maturité, sa grande
similitude avec la variole fait que (homéopathiquement) elle atténue
au moins beaucoup et adoucit (h) celle-ci, qui éclate après elle, d'une
façon plus bénigne, comme en témoignent Muhry (i) et bien
d'autres auteurs.
Dans la lymphe de la vaccine inoculée, outre l'élément antivariolique préservateur,
existe la substance propagatrice d'une dermatose généralisée d'une
autre nature, des boutons généralement petits et non suppurants,
entourés d'une aréole érythémateuse, souvent parsemée de petites
macules rouges et arrondies, dermatose assez souvent accompagnée
d'un prurit intense.
Chez beaucoup d'enfants cet
exanthème sort plusieurs jours avant l'apparition de l'érythème
aréolaire vaccinal; mais le plus souvent il se déclare tardivement,
et disparaît en quelques jours, laissant sur la peau de petites
macules érythémateuses indurées. C'est en raison de leur analogie
avec cet agent infectieux secondaire, que la vaccine aussitôt
qu'elle a pris, guérit homéopathiquement, complètement et de façon
permanente les dermatoses souvent les plus tenaces et les plus
persistantes dont souffrent certains enfants, ainsi que l'attestent
un grand nombre d'observateurs (j).
La vaccine, dont le
gonflement du bras (k) constitue l'un des symptômes typiques, a guéri,
sitôt après avoir éclaté, un bras tuméfié et à moitié paralysé (l).
La fièvre produite par la
vaccine, au moment de l'apparition de l'exanthème, a guéri (homéopathiquement)
deux cas de fièvres intermittentes, comme le déclare Hardege le jeune (m). Cela confirme ce que J.Hunter (n) avait déjà remarqué,
à savoir que deux fièvres similaires (maladies semblables) ne
peuvent subsister en même temps dans un même organisme.
La rougeole et la coqueluche,
dans la fièvre et la toux qui les caractérisent, présentent souvent
beaucoup de ressemblance. Aussi Bosquillon (o) constata, dans une
épidémie où régnaient ensemble ces deux maladies, que beaucoup
d'enfants qui avaient déjà eu la rougeole furent exempts de la
coqueluche. Tous en auraient été préservés et pour toujours, aussi
bien que réfractaires désormais à la rougeole, si la coqueluche
n'était pas une maladie en partie seulement semblable à la rougeole,
c'est-à-dire si elle présentait aussi un exanthème analogue à celui
de cette dernière maladie. Voilà pourquoi la rougeole ne pu
garantir de la coqueluche qu'un certain nombre d'enfants, et cela
seulement au cours de l'épidémie présente.
Mais, quand la rougeole
rencontre une maladie qui lui ressemble dans son symptôme principal,
l'exanthème, elle peut, sans contredit, l'anéantir et la guérir
homéopathiquement. Une dermatose chronique fut ainsi guérie (p) d'une
manière prompte, parfaite et durable (homéopathiquement) par
l'éruption de la rougeole comme l'a observé Kortum (q). Une
éruption miliaire qui depuis six ans couvrait la face, le cou et les
bras, où elle causait une ardeur insupportable et qui se renouvelait
à chaque changement de temps, se réduisit dès l'apparition de la
rougeole en une simple intumescence de la peau. La rougeole
terminée, l'éruption miliaire se trouva guérie et ne reparut plus
(r).
(*) (trad
- Voir note trad. § 38 - trad).
(a) Dezoteux,
Traité de l'inoculation, page 189.
(b) Leroy, Heilkunde für Mütter, page 384.
(c) Klein, Interpres clinicus, page 293.
(d) Closs Neue Heilart der Kinderpocken, Ulm 1769, p. 68 et
specim. Obs. No 18.
(e) Klein, Ibid.
(f) Nov. Act. Nat. Cur. Vol.
I, Obs. 22.
(g) Wendt, Notes de l'Hôpital d'Erlangen,
1783.
(h) Le fait que la vaccine diminue et adoucit homéopathiquement la
variole (§ 45) paraît être la cause bienfaisante et remarquable -
depuis la généralisation de la vaccination de Jenner - du
déclin du génie épidémique et de l'atténuation de la malignité
variolique d'il y a quarante ou cinquante ans. A cette époque, une
ville envahie par ce lamentable fléau perdait au moins la moitié et
souvent les trois quarts de ses enfants.
(i) Dans Robert
Willan : « De la vaccination ».
(j) Principalement Clavier, Hurel et Desormeaux dans le « Bulletin des sciences
médicales», publié par les membres du Comité central de la Société
de médecine du département de l'Eure, 1808, et aussi dans le Journal
de médecine, Vol XV., page 206.
(k) Balhorn, dans le Journal de Hufeland
X. II.
(l) Stevenson dans « Annals medicine » de Duncan, Lustr.
II, Vol. I. part. 2, No
9.
(m) Hardege, dans le Journal der prakt Arzneik. de Hufeland XXIII.
(n) Hunter, Traité des maladies vénériennes,
page 4.
(o) Eléments de médecine pratique de M.Cullen,
en français. Part. II. I. 3. ch,. 7.
(p) Ou, au moins, ce symptôme fut éliminé.
(q) Kortum, dans le Journal de Hufeland XX. III, page
50.
(r) Rau,Ueber den Werth homoeop.
Heilverfahrens, Heidelberg, 1824,
page 85.
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