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La communication interpersonnelle en homéopathie

Par le Dr. Alain Horvilleur

 

Les homéopathes doivent être polyglottes, parler Sepia ou Natrum muriaticum ou Pulsatilla (Jacqueline Barbancey).

Le patient est toujours ailleurs. Si nous voulons vraiment savoir qui il est, le saisir dans sa nature essentielle, il nous faut étudier la manière dont il communique, c'est-à-dire confronter ses mots, ses gestes, l'expression de son regard, l'intonation de sa voix, a l'ensemble de ses symptômes.

Nous prendrons ici le terme de communication dans son sens interpersonnel, c'est-à-dire d'individu a individu. Communiquer c'est "mettre en commun", "transmettre et recevoir", étant entendu que nous aurons a déterminer ce qui s'échange. Nous essaierons de voir comment les polychrestes communiquent avec nous et avec leur entourage, et comment nous devons communiquer avec eux si nous voulons leur donner la chance d'une consultation véritable. Il s'agit d'une approche comportementale, phénoménologique, qui opère une relecture de la matière médicale sans pourtant la réinventer. On ne communique pas avec Lycopodium comme avec Ignatia ou Natrum mur. Nous retrouvons ainsi, sur un nouveau plan, le principe de l'individualisation.

 

Outils et concepts de la communication

Passons d'abord en revue les définitions susceptibles de nous aider dans notre réflexion.

Connotation:

C'est le supplément d'information que véhicule un terme, au delà de sa signification de base. Les mots qu'utilisent nos interlocuteurs sont souvent lourds de sens. Une de mes patientes déclare: "Tous les ans je vais mal a l'automne, c'est une saison tragique pour moi car c'est l'époque de mon anniversaire." Une vie entière transparaît dans le choix du mot "tragique", et la notion d'anniversaire le rend encore plus percutant. Il est plus connote que les adjectifs "pénible" ou "difficile" qui auraient pu prendre sa place. La réflexion d'une autre patiente (de type Sepia), nous surprend elle aussi: "Je me maquille rarement car je n'aime pas être carnavalesque." L'écart de sens entre ce qui est dit et l'expressivité moyenne qu'on attend, attire notre attention. La locution inattendue, puissante, a forte connotation, nous aide a repérer les "symptômes frappants, singuliers, extraordinaires, caractéristiques" (¤ 153 de l'Organon).

Dénotation:

C'est, au contraire, le résultat d'une expressivité verbale réduite, celle qui évite soigneusement de montrer la pense et les sentiments du locuteur. C'est la stricte adéquation d'un mot (ou d'une phrase) a ce qu'il désigne. Le langage scientifique, par exemple, est aussi dénote que possible, puisque l'observateur doit s'abstraire du champ de l'expérimentation. Le style préfère de Natrum muriaticum, qui tente par tous les moyens de ne pas livrer ses sentiments, est l'exemple type de la dénotation.

Contexte:

Ensemble des circonstances et des détails qui contribuent a éclairer une information. Les expressions ci-dessus prennent encore plus de valeur si on les replace dans l'histoire des personnes qui les emploient. Le contexte de vie est important a connaître car il permet de savoir si une remarque est connote ou non. Selon les situations "Passe-moi le sel" peut vouloir dire: "Ce plat n'est pas assez sale" (un consensus familial peut aisément reconnaître la réalité de cette affirmation), ou bien: "Ce plat n'est pas assez sale a mon gozt", ou encore: "Le médecin m'a interdit le sel mais je m'en moque", ou pire: "Ce plat est assez sale mais je te demande du sel pour t'agacer. " Noter, dans la dernière formulation, qu'on pourrait remplacer la fin de la phrase par "pour t'empêcher de finir tranquillement ta soupe", ou bien "pour voir si tu vas prendre soin de moi", "pour savoir si tu m'aimes", etc. Toutes ces formulations sont équivalentes sur le plan de la syntaxe. Elles peuvent prendre la place l'une de l'autre, selon le contexte, et constituent le paradigme de la phrase (l'éventail des possibilités).

Emetteur/récepteur:

Quand deux individus communiquent, on peut, en schématisant, admettre que l'un est l'émetteur du message et que l'autre en est le récepteur, selon le principe:

(A) (B)

émetteur -------> récepteur

En fait il apparaît que la communication fonctionne dans les deux sens et que l'on doive plutôt admettre le schéma:

(A) (B)

émetteur/récepteur <-------> récepteur/émetteur

montrant qu'à et B sont a la fois émetteurs et récepteurs, d'ou l'expression consacre "communication interpersonnelle". Il y a interaction entre les deux personnes, les informations délivrées par l'une d'elles étant susceptibles de modifier la pense, les affects, le comportement de l'autre.

Expression verbale/expression non verbale:

Au delà du choix des mots, qui ne se fait pas au hasard et nous indique déjà la personnalité de notre patient, nous avons intérêt a observer comment il se comporte dans notre cabinet, c'est la communication non verbale, au moins aussi importante que la communication verbale. On pourrait considérer cet aspect de la consultation comme une analyse objective du comportement du patient. Plus précisément, il s'agit de l'étude du comportement dans son intention, volontaire ou non, de signifier. La communication non verbale accompagne, remplace, souligne, contredit la parole. On doit ainsi être particulièrement attentif, chez quelqu'un avec qui l'on communique, aux éléments perceptibles par les sens (visibles, audibles, et même respirables): la manière dont il est habille, dont il a choisi ses vêtements avant de venir nous voir; la place qu'il occupe dans l'espace et la distance qu'il choisit de mettre entre lui et nous; l'attitude générale de son corps; ses gestes (ouverts ou fermes); la mobilité de son visage (front, sourcils, bouche, rides d'expression, mimique); son regard (et ou il le porte); l'intonation et le rythme de sa voix; son utilisation du silence; son parfum ou l'odeur de sa transpiration. Ainsi peut-on dégager, en rapportant le discours au comportement non verbal, des éléments latents: l'implicite, le non-dit, la communication inconsciente, et, bien entendu, la différence de pense, de conception de la vie et du monde, qui existent d'un individu a l'autre et sont la marque de chaque personnalité. Quand la communication verbale et la communication non verbale sont en adéquation, on peroit une certaine redondance (notre interlocuteur dit et montre la même chose), ce qui, en fait, donne toute sa valeur au message. Parfois, au contraire, les gestes nient, modifient, tempèrent ce qui est dit, effacent ou tentent d'émouvoir. Ils sont généralement plus spontanés que la parole, moins contrôles, moins conformes aux règles écrites et non écrites, moins dépendants du contexte culturel. Ils sont généralement plus véridiques que les mots et nous avons intérêt a ne pas les manquer. De cet ensemble de traits distinctifs émanent des sentiments, positifs ou négatifs, amicaux ou hostiles, qui conditionnent l'avenir immédiat et lointain de la communication interpersonnelle, et caractérisent la vie en général.

Image:

En matière de communication l'image, par opposition a la réalité concerte, est l'apparence de la réalité, la représentation mentale que l'on se fait d'un objet, d'une personne ou d'une circonstance. Elle est produite par l'imaginaire, lieu symbolique élabore conjointement par notre conscient et notre inconscient. L'image est une fiction qui nous gouverne. Elle peut correspondre a la nature de ce qu'elle véhicule; elle peut également cacher ou mentir. Elle est signifie par la manière dont nous établissons notre communication verbale et non verbale. Le patient qui nous fait face a une image de lui-même en tant que personne et en tant que malade, en tant que parent, professionnel, électeur, etc. Il a aussi une image de nous en rapport avec ce que nous laissons paraître, une image de ce qu'il imagine que nous sommes, de ce qu'il imagine que nous pensons de lui, de ce qu'il veut que nous pensions de lui, de la manière dont il doit se comporter devant nous. Toutes ces images se confondent dans son esprit mais elles sont pressentes a l'état latent et déterminent de faon très puissante son comportement. L'attitude mentale du médecin est, bien entendu, aussi complexe que celle du patient, et l'on peut se demander par quel miracle les deux partenaires arrivent a communiquer. Nous ne devons pas soigner l'image que nous avons du patient mais sa personne réelle, et ceci est particulièrement important en homéopathie, car si nous tombons dans le piège du "mentir-vrai", nous allons droit a l'échec.

Subjectivité:

A l'origine, il s'agit, d'une notion philosophique. La subjectivité c'est ce qui est relatif au sujet pensant, par opposition a l'objet pense; ce qui est individuel dans la conception de soi, des autres et du monde. C'est un point de vue personnel qui exclut la nécessite de faire le tour d'un problème. La subjectivité c'est la marque de l'intériorité de la personne, sa spécificité en termes de caractère et de sentiments. Elle permet de donner a la communication interpersonnelle tout son relief. C'est l'univers que l'on transporte avec soi, en soi et hors de soi, dont on se croit le maître, et qui en fait nous conditionne. Nous avons spontanément un peu trop tendance a croire que les autres ont le même univers que nous: le fait de respecter leur subjectivité est une première étape dans la communication, la faire sienne en constitue le parachèvement. Le médecin perçoit la subjectivité de son patient quand il sent une différence entre ce qui est dit et ce qu'il pense personnellement, ou ce qu'il est raisonnable de penser. Ce principe de base intéresse particulièrement les homéopathes puisque, selon l'adage bien connu, ils soignent des malades plus que des maladies, des sujets et non des objets, et ont besoin de connaître la spécificité de chacun de leurs interlocuteurs. En même temps nous ne devons pas nous cacher que nous sommes nous-mêmes des individus pensants et souffrants. La consultation est donc la rencontre de deux subjectivistes, celle du patient, celle du médecin. Nous devons connaître la subjectivité de nos patients car elle nous donne certaines clefs, mais aussi être conscients de la notre afin de nous en méfier. Rester dans sa propre subjectivité, c'est se contenter être un émetteur et négliger le temps de la réception, la pire des options pour un médecin homéopathe. A l'oppose de ce qui constitue l'attitude scientifique, nous devons admettre que nous sommes le champ de notre propre expérience et agir en conséquence pour le bien de notre patient.

 

Une observation

Armés de ces quelques notions nous pouvons entrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire étudier les médicaments homéopathiques sur le plan interpersonnel et reconstituer leur mode de communication. Une observation va nous servir d'exemple. Elle est tire de mon dernier livre ("Stratégies en homéopathie", Editions Maloine).

Observation n¡ 130. Renne M., soixante-trois ans, vient me voir le 11 avril 1994 parce qu'a partir du moment ou il a pris sa retraite, il est devenu jaloux de sa femme. Il ne supporte pas qu'elle s'absente de la maison, ce qui est très fréquent puisqu'elle est un peu plus jeune que lui et encore en activité. Il lui reproche sans arrêt ses voyages professionnels. Je lui demande comment il passe le temps quand elle n'est pas la: il comble le vide en ayant une intense activité associative. Il s'agit donc d'un sujet hyperactif, ce qui se traduit, en terme de Répertoire par "Industrieux". Depuis quelque temps il force un peu sur la boisson.

Je mets dans l'ordinateur les rubriques suivantes (voir la figure 1, obtenue avec MacRepertory):

- Jalousie;

- Industrieux;

- Il fait des reproches aux autres.

Avec cette triade, je vois sortir en premier Hyoscyamus et Lachesis, ce qui est assez logique puisqu'il s'agit des deux principaux médicaments de jalousie. Cependant un autre médicament pourrait être le bon, pourquoi pas Ignatia ou Calcarea phosphorica qui ont également les trois symptômes retenus, ou même un médicament absent du diagramme. Je n'ai aucune raison de faire confiance a la mécanique répertoriale, d'autant plus que la rubrique Jalousie du Kent est loin être complète (elle comporte 18 médicaments alors que l'exploration de toute la littérature homéopathique anglo-saxonne avec ReferenceHomeo donne une liste de 61 médicaments).

Je décide donc d'explorer ce symptôme chez mon patient afin de voir s'il tient vraiment la route. Première réflexion: il en parle très facilement. Ceci me surprend parce que les cas du même type que j'ai pu voir (c'est-à-dire ou la jalousie était le motif de la consultation) étaient des cas de jalousie obsessionnelle, et répondaient en général a Natrum muriaticum. Je n'ai pas l'impression que ce patient soit justiciable du sel marin dynamise, il communique trop facilement pour cela. Il m'explique: "Je ne supporte pas que ma femme soit absente de ma vie. Il ne s'agit pas d'une jalousie amoureuse, d'ailleurs je suis szr de sa fidélité". J'en conclus donc que la rubrique "Jalousie" ne doit pas être retenue. L'idée me vient qu'il s'agit peut-être d'un sentiment d'abandon, ce qu'il reconnaît bien volontiers des que j'emploie l'expression. La répertorisation devient maintenant (figure 2):

- Sentiment être abandonne (KH 1)

- Industrieux (KH 69);

- Il fait des reproches aux autres (KH 101).

Je remarque qu'Aurum sort en premier, ce qui me va mieux que Lachesis, chez ce patient hyperactif. D'ailleurs il a eu de nombreux traumatises car il a fait la guerre d'Indochine dans les commandos, et a longtemps pratique le parachutisme et le rugby. Ces activités a risque sont très caractéristiques des sujets Aurum. Il conduit facilement sa voiture a 200 km/h. Il ajoute: "J'ai toujours été considère comme un bagarreur, d'ailleurs mes copains m'appelaient Jack l'éventreur."

Il a également une figure très rouge, ce qui me frappe maintenant que je commence a tenir le simillimum. Il a une volonté de fer, et il est très orgueilleux, ce qu'il reconnaît facilement. Passons a étape ultime, celle que l'on peut franchir quand l'entretien dure depuis un bon moment et baigne dans un climat de confiance: oui, il se fait beaucoup de reproches, il ne se supporte plus comme il est et d'ailleurs, ajoute-t-il: "C'est pour a que je viens". Cette dernière remarque achève de me décider: Aurum 200 K, une dose par semaine, revenir dans trois mois.

Revu le 4 juillet, le patient déclare que le résultat du traitement est "la perfection". Il n'a plus de sentiment d'abandon (son amie est partie plusieurs fois a Paris et il ne s'est pas senti "jaloux"). Il a été aggrave le lendemain des doses pendant toute la dure du traitement ("résurgences de mon manque de participation"). Il a pu cesser de boire, "sauf un whisky de temps a autre avec les amis". Il recommence a travailler comme conseiller d'une entreprise: "Je retrouve ce qui était ma joie de vivre". Cette déclaration évoque pour moi l'hyperactivite d'Aurum, que je continue en MK, a raison de deux doses par mois.

Je le vois une dernière fois le 13 décembre 1994, en pleine forme et ayant repris un travail a tiers de temps (hyperactivite oblige). Dernière prescription: Aurum XMK, une dose par mois pendant six mois. Revenir uniquement en cas de problème.

Nous ne devons pas nous laisser égarer par le patient. Il nous faut évaluer la prégnance des mots qu'il choisit, et leur adéquation au contexte personnel et social dans lequel il les prononce. Rien ne prouve que nous ayons la même conception que lui de ce qu'il décrit, de l'impression qu'il cherche a nous faire partager, et nous ne pouvons savoir, au départ, qui a raison. Nous devons nous méfier des conclusions trop intellectuelles qu'il peut tirer de ses symptômes, ainsi que de l'image qu'il a, ou qu'il veut donner, de lui-même. Le patient de l'observation ci-dessus est communicatif, et cependant j'ai eu des difficultés a trouver son simillimum. La notion de "jalousie" était purement subjective, et sans rapport avec la réalité intime. Ceci nous montre qu'il ne faut pas confondre "interrogatoire" et "communication". Quand il déclare: "Je ne supporte pas que ma femme soit absente de ma vie" le mot "absente" est très fortement connote dans le sens de l'abandonnique. Il indique dans quelle direction il faut orienter la recherche de nouveaux symptômes. Il n'est pas question d'interpréter, mais d'arriver, aussi librement que possible, a l'extraction de ce qui est réellement vécu.

 

Matière médicale interpersonnelle

La communication avec Aurum est délicate car il est difficile d'aborder avec lui ses symptômes les plus caractéristiques. Essayons cependant de généraliser son étude afin de mieux l'analyser sur le plan de la communication interpersonnelle.

Nous passerons en revue:

son système de communication,

son discours latent,

la manière dont on le reconnaît au cabinet,

l'attitude que l'homéopathe doit adopter face a lui.

Les autres polychrestes pourraient être abordés de la même manière.

Le système de communication d'Aurum.

On a l'impression qu'Aurum désire avant tout dialoguer avec la mort, c'est ce qu'il amorce aussi bien dans sa manière de vivre que dans sa manière de mourir. Dans sa vie il aime l'hyperactivite et le pouvoir, il est autoritaire. Son hyperactivite est une forme de masochisme, auquel d'ailleurs Aurum est enclin. Il suffit de retrouver l'étymologie de "travailler" pour s'en convaincre: le mot vient du bas latin tripaliare, tourmenter avec le tripalium (un instrument de torture). Travailler c'est donc, de manière image, se soumettre a une douleur physique. Il semble en tout cas que la connotation douloureuse du travail, telle qu'elle reste incluse dans notre équipement lexical sans même que nous nous en doutions, soit inconsciemment exploite par Aurum. Il aime le danger et est enclin a prendre des risques. Il a facilement un comportement de victime (des autres ou de lui-même), comme s'il était seul contre tous. Il s'expose aux coups mais, dominateur, il a l'intention de vaincre. Je pense, avec Jacqueline Barbante, qu'Aurum est le médicament de la bravade. Il se veut tout puissant, se croit invulnérable, invincible, voire immortel. Un pas de plus, un pas de trop, et voici qu'il décompensé, sous forme de douleur morale, avec sentiment d'abandon, remords, tendance a se faire des reproches, refuge dans la religion et la prière. Pour finir, on aboutit au grand tableau mélancolique. Aurum a un très fort désir de suicide, qu'il va d'ailleurs réussir. Il a une boulimie de mort, une attirance pour la mort qu'il considère comme voluptueuse (Hering nous dit: "Thinking of death gives him intense joy", "Le fait de penser a la mort lui donne une joie intense"). De passage a Lyon, et venu pour une simple angine, un client me déclara: "Je refais ma mort tous les jours". C'était un comédien, et quelques années plus tard je pus lire dans les journaux qu'il était mort d'une crise cardiaque. S'il en vient au suicide Aurum fait toute une mise en scène, qui lui procure son dernier plaisir. Ceci rappelle le thème de la Danse macabre, telle que l'on peut la voir dessine, par exemple, sur les murs de l'abbaye de la Chaise-Dieu.

Le discours latent d'Aurum,

Celui qu'il faut percevoir en se gardant d'interpréter, est: "Aidez-moi a tuer ma culpabilité". Cette recherche permanente explique son comportement a risque (Aurum compense) et sa fin tragique (Aurum décompensé).

Comment reconnaît Aurum au cabinet ?

Il a le visage rouge, un regard dépressif, des symptômes cardio-vasculaires. Il faut également garder a l'esprit qu'il ne parle pas de l'essentiel, c'est-à-dire du suicide qu'il prépare.

Quelle doit être l'attitude de homéopathe face a Aurum ?

Dès que nous avons repéré un Aurum décompensé nous devons penser qu'il va réussir son suicide, être prudents dans la manière de lui en parler, avertir sa famille, se méfier des dilutions qui peuvent l'aggraver. En revanche s'il s'agit d'un Aurum compense, non suicidaire, on peut lui poser des questions directes: il parlera facilement, même si les réponses ne sont pas a son avantage. Enfin, et c'est une manière de rappeler que la communication interpersonnelle ne se fait pas dans un seul sens, n'oublions pas que le médecin fascine par un patient Aurum, est peut-être Aurum lui aussi.

 

Pour conclure

L'homéopathe cherche l'être derrière le paraître. Le fait de raisonner en termes de communication ne peut que l'aider dans cette voie. Il sait que l'habit ne fait pas le moine, et qu'il faut surtout chercher le moine derrière l'habit. De l'image a la réalité, notre travail consiste a dépasser les limites de l'interrogatoire et de l'examen, afin de traiter être humain dans sa globalité. A cote de la médecine pure et dure il y place pour une science humaine, homéopathie. Elle nous rattache au courant humaniste qui, depuis la Renaissance nous donne quelque raison d'aimer notre prochain. Être vrai n'a pas d'image, et les homéopathes finissent toujours par le savoir.

 

Bibliographie

- BASTIDE M., LAGACHE A.. Le paradigme du sens. Atelier Alpha Bleue.

- BATESON, BIRDWHISTELL, GOFFMAN, HALL, JACKSON, SCHEFLEN,

SIGMAN, WATZLAWICK. La nouvelle communication. Textes recueillis et présentés par Yves Winkin. Editions du Seuil. Points.

- BATESON G., RUESCH J. Communication et societe. Editions du Seuil. Points.

- BLET (D.). L'entretien lors de la consultation homeopathique. Cahiers du Groupement Hahnemannien, 1995, N¡2, page 65.

- DOLTO F.. Tout est langage. Livre de Poche.

- HAGEGE C. L'homme de paroles. Contribution linguistique aux sciences humaines. Fayard, collection Folio.

- HORVILLEUR A. La communication interpersonnelle en Médecine. Mémoire lu le Mardi 16 Avril 1991 devant l'Académie des Sciences Belles-Lettres et Arts de Lyon. Paru dans L'Homeopathie européenne, Tome 1, N¡ 3, page 33.

- SCHMITT (F.). Apport de la programmation neuro-linguistique en homéopathie. Cahiers du Groupement Hahnemannien, 1992, N¡3, page 87.

- WATZLAWICK (Paul). La réalité de la réalité. Confusion, désinformation, communication. Editions du Seuil. Points.

- WATZLAWICK (Paul). Le langage du changement. Eléments de communication thérapeutique. Editions du Seuil. Points.

- WATZLAWICK (Paul). Faites vous-même votre malheur. Editions du Seuil. Points.

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