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Droit de réponse au Nouvel Observateur

Par le Dr. Edouard Broussalian.

Voir aussi: Désinformation, Fausse science & calomnies

Dans le Nouvel Observateur de la semaine du 19 au 25 février paraissait un article nauséabond reprenant tous les ragots possibles contre l'homéopathie. Planète Homéo entend répondre systématiquement à tout ce genre de parution, parfaitement inacceptable dans une presse qui prétend informer. Je prie tous nos lecteurs qui pourraient tomber sur ce genre de diffamation de nous contacter afin que PH remplisse pleinement son rôle de défense de l'homéopathie.

Je vous donne ici la "version longue", car nous désirons faire paraître un droit de réponse plus bref dans le journal en question.

Face simile de l'article

Depuis 202 ans, l'homéopathie poursuit son développement et gagne la faveur des malades malgré les calomnies de tous ordres dirigées contre elle par des gens aussi malveillants qu'ignorants. Comme le disait déjà le ministre Guizot aux représentants de la Faculté qui voulaient faire interdire l'homéopathie "si elle n'a aucune valeur, elle s'éteindra d'elle-même, si elle présente de l'intérêt, vous ne pourrez rien faire pour l'empêcher".

Qu'il y ait débat autour de notre science, c'est bien normal, c'est pour cela que nous, médecins homéopathes avons créé l'association Planète Homéo, en toute indépendance, afin de dispenser une véritable information au public en proie à une manipulation médiatique systématisée.

Les médecins ainsi que les nombreux malades diffamés et ridiculisés par la même occasion, ne tolèreront plus que soit publié n'importe quel torchon infamant.

C'est dans cette catégorie que se range aisément l'article finement intitulé "Eau distillée, Médecine: l'ère du rien", signé par Monsieur Fabien Gruhier, lequel ne répugne devant aucun artifice, mensonge ni amalgame outrancier pour instiller son venin. Le niveau est tellement lamentable qu'on est surpris qu'il ne soit pas fait mention de la clique judéo-maçonnique. S'il ne s'agissait pas de la santé de nos semblables, la lecture d'un tel article pourrait déclencher une crise de fou rire à toute personne ayant étudié l'homéopathie, ne serait-ce que superficiellement.

Commençons par ce premier passage: "on veut donc consacrer cette thérapeutique controversée, lui donner un statut universitaire et professionnel. ".

Là, je tiens tout de suite à rassurer Monsieur Gruhier, ainsi que les commanditaires de son article : l'enseignement de l'homéopathie et donc son statut universitaire, ce n'est pas pour demain.

Première raison, nous manquons d'homéopathes. En effet, la qualité reste hélas rare sur cette planète, et pour devenir un bon homéopathe il faut savoir conjuguer les deux hémisphères du cerveau: celui de la science et du raisonnement avec celui de l'activité artistique. Depuis trop d'années hélas, nos facultés sélectionnent et forment des étudiants qui se veulent scientifiques. Cela se résume à apprendre à résoudre quelques équations dans les années propédeutiques puis à emmagasiner dans les années suivantes un maximum de connaissances en un minimum de temps de sorte que notre cher Montaigne doit s'en retourner dans sa tombe.

On forme ainsi des milliers de techniciens parfaitement compétents dans un domaine à la fois artificiel et limité, souvent imbus de leur personne, mais nous manquons de médecins humanistes ayant la modestie de constater qu'ils sont confrontés à des phénomènes qui les dépassent, possédant une haute idée de leur éthique, envisageant qu'ils ont devant eux un patient et non pas un tas d'organes. C'est d'ailleurs ce qu'écrit Hahnemann au paragraphe premier de l'Organon: la plus haute et même l'unique vocation du médecin est de soigner les gens malades, c'est ce que l'on appelle guérir.

La seconde raison tient tout bonnement au fait que l'homéopathie est trop révolutionnaire et que tout l'édifice de la médecine classique serait remis en cause si celle-ci se propageait. La médecine classique possède l'immense avantage d'avoir pour elle le sens commun ce qui la rend très facile à appréhender. N'est il pas évident a priori que la terre est plate ou que le soleil se lève à l'Est ? De la même façon nous véhiculons dans notre inconscient collectif depuis l'aube de la médecine l'évidence qu'il faut soigner la partie malade, celle qui présente le symptôme dérangeant que l'on veut faire disparaître. Hé bien, l'homéopathie, fille de l'expérience, démontre que l'organisme est déréglé de façon globale, de sorte qu'il n'existe pas de maladie locale mais toujours et uniquement des localisations d'un dérèglement général. Si l'on considère que les épicycles de Ptolémée ont duré 2000 ans, on peut dire que pour une fois l'Ordre des Médecins a 1800 ans d'avance.

La troisième raison tient aux deux premières. L'édifice même de la vieille médecine est construit sur l'analyse, ce qui entraîne l'émergence de spécialisations et même d'ultra spécialisations. Au sommet de chacune de ces branches nous trouvons autant de grands spécialistes qui tentent d'imposer leur point de vue aux autres et donnent ainsi trop souvent le triste spectacle de querelles de clocher et d'egos surdimensionnés. Le progrès se résume à ce que l'on appelle les réunions de consensus où chacun apporte son idée, pour adopter ensuite une attitude commune qui sera essayée un an et évaluée par des arguments statistiques censés être autant de preuves imparables.

Pourtant, les thérapeutiques qui en découlent, que l'on vante et qui génèrent une industrie monstrueuse, appuyées par des chiffres mirobolants dignes de la plus belle époque soviétique sont lamentablement abandonnées et décriées au bout de quelques mois alors qu'on devait en attendre quasiment la pierre philosophale. Avec l'homéopathie, il n'y a plus de combats comme celui des coqs dans une basse cour: tout simplement un médecin homéopathe soigne un patient en suivant des lois, il n'y a aucune place pour son opinion personnelle ni son ego. Avec l'homéopathie, il n'y a plus de place pour l'exploitation commerciale de la médecine: un médicament est appelé par des conditions bien précises, la médecine devient une science à part entière.

Contrairement à toutes les autres branches de la science où l'on observe les phénomènes pour en déduire les lois qui les régissent, la médecine classique se pare d'un vêtement scientifique qui n'est qu'une illusion débouchant sur une exploitation commerciale éhontée dont les malades finissent par se rendre compte tôt ou tard.

Hahnemann a été le premier dans l'histoire de la médecine à utiliser l'expérimentation pour déduire les lois qui gouvernent la maladie comme la guérison et qui restent éternelles comme la loi de l'attraction universelle. Monsieur G. (j'abrège votre nom qui sera bien vite recouvert du linceul de l'oubli, contrairement à celui de Hahnemann, Hering, Kent et ceux de tous nos grands homéopathes), il est intolérable que du bas de votre haine et de votre ignorance vous traitiez Hahnemann d'illuminé, vous qui n'en avez ni lu ni étudié un traître mot comme le démontrent ensuite vos lamentables tirades sur la loi de similitude et les dilutions.

Que nos lecteurs exempts de préjugés sachent que la "loi" de similitude est l'unique loi ou principe sur lequel l'édifice de l'homéopathie repose. Contrairement à ce qu'écrit Monsieur G., il n'y a ni seconde ni troisième loi. L'expérience montre en effet qu'un malade présente un ensemble de signes et de symptômes qui sont la répercussion d'un dérèglement général dont nous ne connaissons pas la nature. L'expérience montre ensuite que deux maladies qui diffèrent dans leurs manifestations se repoussent mutuellement, mais que deux maladies qui se ressemblent se détruisent. Dans l'Organon, que vous auriez dû lire avant d'écrire une seule ligne si vous aviez été honnête, Hahnemann se paye le luxe d'étayer cela par des centaines d'observations tirées de la littérature classique de son époque. Dans ces conditions, il faut connaître la maladie qu'une drogue est capable d'engendrer pour connaître son indication au chevet du malade.

D'où l'expérimentation sur le sujet sain que nous appelons pathogénésie. Selon la sensibilité du sujet qui se soumet volontairement à cette intoxication surviennent des symptômes, générés par l'action de la drogue sur son organisme (on me permettra de souligner en passant la noblesse de cette démarche, bien différente de celle qui consiste à torturer des rats et autres malheureux animaux pour mettre au point un produit dont la durée de vie sera celle de sa brève exploitation commerciale). On recueille ainsi le portrait de cette véritable maladie artificielle. Aux antipodes d'un illuminisme quelconque, l'homéopathie repose exclusivement sur le pragmatisme et l'expérimentation. Tout l'art de l'homéopathe consiste ensuite à établir le portrait de la maladie naturelle d'un patient afin de trouver la maladie artificielle qui lui ressemble le plus.

Nous entrons ensuite dans un domaine parfaitement inexploré de la vieille médecine, celui de l'idiosyncrasie, ou si l'on préfère, de la susceptibilité individuelle et qui est à la base même de la maladie et de la guérison. L'expérience a très vite montré à Hahnemann que la sensibilité du malade vis à vis de la drogue capable de mimer son état est telle que celui-ci continue de réagir à des doses aussi minimes soient-elles. Celui que vous traitez impunément d'illuminé était un scientifique brillant, d'une probité exemplaire, connaissant parfaitement le latin, le grec et le français, l'anglais, l'italien et a été l'un des plus grands génies que notre terre ait porté.

Quand vous écrivez "l'inefficacité évidente de la médecine de son époque" sachez que cette inefficacité n'était pas évidente et que c'est Hahnemann qui l'a mise en exergue et rendue évidente par ses cures brillantes qui ont sauvé des milliers de vies et obligé les ténors de la médecine classique à se remettre en cause malgré leur morgue habituelle; aujourd'hui c'est cette même vague de fond qui fait trembler tout l'édifice classique.

Hahnemann était extrêmement versé dans tous les domaines de la science, notamment la chimie, et il a été le premier à écrire son étonnement de voir les malades réagir violemment à des quantités très faibles de substance comme il le dit lui-même: "là où la science pouvait démontrer l'absence de molécules". Pourtant les faits étaient (et sont) toujours là, il a fractionné encore et encore pour tenter d'éviter les réactions des malades et fini par découvrir qu'il n'y avait probablement pas de limite à l'atténuation, et que la sensibilité des patients vis à vis de la drogue initiale demeure aussi loin que l'on pousse la dilution. Rigoureux et précis comme il a été toute sa vie, il a donc établi une première échelle centésimale de fractionnement de la substance initiale.

Chaque étape du fractionnement est marquée par quelques secousses que l'on imprime au flacon, il est inutile contrairement à ce que vous écrivez Monsieur G. "d'agiter furieusement le flacon". Conscient qu'il existait un autre phénomène qu'une simple dilution, Hahnemann a baptisé le phénomène du nom de dynamisation.

Il a noté que des substances inertes comme l'or métallique par exemple développent en vertu de ce fractionnement homéopathique une activité qui se révèle intense chez le sujet sensible. Quand vous écrivez "avec une dilution de 11 CH il ne reste plus qu'une chance sur cent de trouver une seule molécule active. alors avec des dilutions de 50 voire 1000", vous nous prenez vraiment pour des imbéciles et nos malades avec. Comment un ignorant tel que vous ose-t-il se permettre de juger de la sorte une pratique qu'en ce qui me concerne j'étudie depuis 20 ans ?

En parlant de l'homéopathie, vous écrivez "la preuve de son activité reste à établir". Mais mon cher Monsieur G. pour qui doit-on l'établir ?

Pour nous homéopathes qui nous sommes donnés la peine d'étudier l'homéopathie patiemment, d'oser braver le mépris de nos confrères, de faire fi de nos préjugés et qui appliquons tous les jours cette méthode dont nous constatons les merveilleux résultats ?

Pour nos malades soignés avec succès en si grand nombre que nos confrères de la médecine classique ne peuvent plus ignorer le phénomène, malgré le véritable terrorisme intellectuel à l'encontre de l'homéopathie de sorte que très peu de malades osent avouer à leur généraliste qu'ils ne vont mieux que depuis qu'ils ont consulté un homéopathe ? Doit-on établir des preuves pour des gens comme vous qui n'ont que la haine et le mensonge à la bouche ?

Pétri de votre mauvaise foi, l'on vous ressusciterait un cadavre que vous décréteriez qu'il n'était pas mort. Pour les médecins qui dénigrent comme vous l'homéopathie sans jamais l'avoir étudiée afin qu'ils daignent s'y intéresser ? Mais dans ce cas sont ils aveugles ou d'un orgueil sans pareil pour être satisfaits de leurs résultats. N'importe quelle personne douée de raison constatera que les traitements que nous avons tous appris sur les mêmes bancs de la faculté ne possèdent qu'une action temporaire et palliative et que les mêmes malades reviennent toujours avec les mêmes troubles.

Dans ces conditions, si leur vocation est de soigner les malades pourquoi ces médecins ne payent-ils pas de leur personne pour apprendre l'homéopathie et l'essayer eux-mêmes ? Une fois de plus c'est imposer le dogme de la pensée unique: celui de l'approche statistique tellement à la mode dans la médecine actuelle est bien évidemment un leurre. Comme je l'ai exposé plus haut, ces merveilleux médicaments officiels, vantés par un marketing démesuré, dont les effets et la tolérance ont été si brillamment prouvés statistiquement sont jetés presque systématiquement à la poubelle après à peine quelques mois d'existence.

Alors cessez de nous faire le "coup des preuves", d'autant que contrairement à ce que vous affirmez, de nombreuses études ont déjà conclu à l'efficacité de l'homéopathie. Il y aurait beaucoup à dire sur l'absence de rigueur méthodologique de nombreuses études, ainsi exhibe-t-on périodiquement des "preuves" de l'inefficacité de l'homéopathie basées sur des expériences qui n'ont rien à voir avec une prescription homéopathique. Dans ces mêmes conditions je puis aisément prouver l'inexistence du courant électrique car une balance sur laquelle passe le câble ne frémit même pas si l'on fait passer le courant.

Enfin, les diverses théories ou points de vue de chaque chercheur peuvent parfaitement s'écrouler sans remettre le moins du monde en cause l'homéopathie qui est et demeure un fait expérimental. Je pense ainsi aux frères Wright qui ont dû bien rire lorsque leur aéroplane quitta pour la première fois le sol alors que les scientifiques de l'époque avaient démontré que le plus lourd que l'air ne pourrait jamais voler.

Pour conclure, sachez Monsieur G. que l'homéopathie est immortelle car elle repose uniquement sur l'expérience d'où se déduisent des lois et principes qui gouvernent l'application rationnelle des médicaments. Si l'industrie homéopathique se chiffre en milliards, celle de l'industrie chimique vaut mille fois plus, c'est bien elle que menace le grain de sable homéopathique, c'est bien elle que vos lignes mensongères défendent, et ce au détriment des malades. Puissent vous pardonner les millions d'innocents qui continuent de souffrir pendant que vous glosez.

Dr Edouard Broussalian,

Président de l'association Planète Homéo, http://www.planete-homeo.org

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