L'Unicisme
Par le Dr. Edouard Broussalian.
Introduction
Système ou méthode ?
Les quatre points cardinaux
L'unicité du malade
Les limites du réductionnisme
Conséquences du principe d'unicité
Pour conclure
Introduction
N'ayant pas découvert l'homéopathie
à la place de Samuel Hahnemann, j'ai toujours pensé que la
démarche rationnelle pour débuter en homéopathie consistait à étudier ses idées et ses publications. N'apprend-t-on pas d'abord les bases avant tout autre chose? Cette question est moins anodine qu'il n'y paraît, mes statistiques personnelles montrent que moins de 1% des médecins se disant homéopathes ont étudié Hahnemann...
A la
façon de Hering, je n'ai jamais accepté une idée quelle qu'elle soit
sans l'avoir essayée avant toute chose par moi même. Cet état d'esprit
parfois rebelle (paix à mes pauvres professeurs de la Faculté), mais
toujours indépendant, qui consiste en somme à retrousser ses manches
pour plonger les mains dans le cambouis me semble un préalable
absolument nécessaire pour progresser dans le domaine qui est le nôtre.
Cependant l'horizon de la connaissance recule toujours et la
compréhension complète de la pensée du fondateur me semble exclue.
Je me demande aujourd'hui si
l'étude de l'homéopathie n'est tout simplement pas une tâche qui dépasse
le cadre d'une vie humaine. En fait je me représente mentalement
l'homéopathie comme une immense montagne à escalader. Le panorama du
Mont Blanc suscite en moi cette même émotion : quelque chose de grand à
couper le souffle mais qui reste quasi inaccessible, chaque nouveau
sommet gravi en découvrant un nouveau.
En jetant un regard sur les 25
dernières années, force m'est en effet de constater combien ma pratique
s'est profondément modifiée au fil du temps, forgée par les échecs et
les réussites. D'ailleurs la pensée de Hahnemann n'a cessé d'évoluer et
de mûrir tout au long de sa vie d'études. La lecture patiente de ses cas
cliniques parisiens a achevé de me convaincre que c'était un libre
penseur ayant voulu tout essayer avant de se forger une opinion, les
témoins attestent par exemple que c'est « au terme d'innombrables essais
et expériences qu'il a fini par s'estimer satisfait de son nouveau
système de préparation » baptisé maintenant « échelle
quiquagenta-millésimale ».
Si au cours d'une existence, la
perception de l'homéopathie évolue, on peut légitimement se demander
s'il n'existe pas autant d'homéopathies que d'homéopathes. C'est sans
doute un bien dans la mesure ou la prescription doit demeurer
essentiellement une démarche artistique. Mais la diversité présente le
danger de tourner rapidement à l'hétéroclite si on ne s'efforce pas de
dégager les règles qui régissent la prescription. Je vous propose donc
un petit tour d'horizon de ces quelques règles de base qui nous
fournissent un sens et une direction.
Système ou méthode ?
C'est Jahr qui enseigne que
contrairement à un système dont les règles se déduisent d'un
énoncé principal (du type e = mc2),
l'homéopathie est une méthode construite par la juxtaposition
d'énoncés - constituant ainsi un édifice cohérent et harmonieux.
Certains m'étonnent en
voulant bien accepter l'idée de l'infinitésimal ou du principe de
similitude, mais sans vouloir entendre parler du reste. Tout comme
d'autres s'accaparent un fragment des découvertes de Hahnemann pour
l'ériger en un système limité dont ils sont les « fondateurs ». Comme
quoi il est toujours nécessaire de s'imbiber du premier paragraphe qui
reste encore et toujours d'actualité :
1 - La plus haute et
même l'unique vocation du médecin est de rétablir la santé des personnes
malades, c'est ce qu'on appelle guérir.
Sa vocation n'est pas de forger de
prétendus systèmes, en combinant des idées creuses et des hypothèses sur
l'essence intime du processus de la vie et de l'origine des maladies
dans l'intérieur invisible de l'organisme (ambition qui fait gaspiller à
tant de médecins leurs forces et leur temps).
Sa vocation ne consiste pas non plus
à chercher par d'innombrables tentatives d'expliquer les phénomènes
morbides et la cause prochaine des maladies, etc., qui leur est toujours
restée cachée.
Son but ne vise pas davantage à se
prodiguer en paroles inintelligibles et en un fatras d'expressions
vagues et pompeuses, qui veulent paraître savantes afin d'étonner
l'ignorant, tandis que les malades réclament en vain des secours !
Ne soyons donc pas effrayés
d'entreprendre cette lecture, elle en vaut la peine ! Il est
fondamental d'étudier tous les paragraphes de l'Organon, tout comme
on étudie toujours en physique les découvertes de Galilée, Newton et
d'Einstein. L'étude de l'évolution de la pensée de Hahnemann à travers
les éditions successives jusqu'au 6ème Organon (ainsi que son
satellite « Les maladies chroniques ») est tout aussi enrichissante.
On peut noter ainsi que la
quatrième édition de l'Organon marque la volonté de Hahnemann de limiter
par un cadre strict la pratique de son nouveau système. C'est notamment
là qu'il fixe comme limite arbitraire aux dilutions la 30ème
, et qu'il donne des règles assez rigoureuses limitant la répétition de
la dose. Ce n'est qu'après bien des recherches que paraîtra la 5ème
édition qui libèrera quelque peu ces restrictions avant que la 6ème
ne les abolisse complètement grâce à la mise au point de la prescription
en phase liquide.
Les quatre points cardinaux
Afin de rester didactique,
j'épargne au lecteur le long processus de recherche et de réflexion qui
a amené Hahnemann à ces points qui représentent l'aboutissement d'une
vie d'études et de remise en cause incessante.
Par exemple, on peut lire un
échange épistolaire entre Hahnemann et Boenninghausen dans lequel est
soulevée l'idée de la polypharmacie (avancée initialement par Aegidi).
Devant l'enthousiasme initial du baron, que le fondateur tenait à juste
titre en haute estime, Hahnemann déclare qu'il va procéder à des essais
et qu'il se prépare à publier l'idée de prescrire plusieurs médicaments
à la fois sous la forme d'une note au prochain Organon. L'idée était de
« boucher les trous » dans la prescription à l'aide de deux médicaments
ou plus, pour mieux couvrir l'ensemble de la symptomatologie du cas. Au
fil des courriers et des expérimentations, les deux hommes déchantent
bientôt trouvant le procédé très aléatoire et peu reproductible. Je le
répète, loin de toute pensée dogmatique, Hahnemann a tout exploré, tout
essayé. Etudier son expérience c'est pour moi gagner du temps dans la
mesure ou les préceptes d'Hippocrate demeurent toujours vrais :
La vie est courte,
L'Art est long,
Le jugement difficile.
Pour résumer l'enseignement de
Hahnemann, l'homéopathie repose donc sur quatre points angulaires, tous
mutuellement liés.
1. Similitude, loi des semblables.
Individualisation
2. Dose dynamisée
3. Remède unique
4. Quantité minimale
Je ne développerai pas ici le point
concernant la quantité minimale, notons seulement que la phase liquide
représente l'apogée de la pensée Hahnemannienne dans le domaine de la
posologie, permettant d'adapter finement la quantité de médicament à la
sensibilité du sujet, ce qui est parfaitement impensable en dose sèche.
Soulignons l'erreur de Kent qui a été retransmise de génération en
génération : contrairement à ce qu'il enseigne, la quantité de
dynamisation compte énormément.
Reste finalement une question qui
étonne toujours : comment prescrire d'après l'individualisation du cas
un seul médicament qui présente une similitude suffisante pour amorcer
le processus de guérison.
L'unicité du malade
Ce qui fait l'originalité de la
démarche homéopathique par rapport à la vielle école c'est de considérer
le patient comme un tout et surtout de disposer des moyens de le traiter
comme tel.
Déjà les expérimentations des
médicaments sur l'homme sain avaient montré à Hahnemann qu'une substance
quelconque perturbe la totalité de l'organisme, provocant la
survenue de symptômes au niveau de tous les organes. Il est donc
parfaitement arbitraire de parler d'effets secondaires comme on nous
l'enseigne à la Faculté, car en réalité toute drogue agit sur la
totalité.
La pensée homéopathique s'écarte
complètement de la démarche réductionniste habituelle qui a amené la
médecine classique à mettre au point autant de drogues qu'il y a de
mécanismes physio-pathologiques à combattre. Chaque découverte au niveau
du fonctionnement chimique ou cellulaire de l'organisme amène 10 ou 100
nouvelles interrogations. Année après année, on s'éloigne de plus en
plus du patient pour se spécialiser dans la fonctionnement des organes,
l'horizon ne cessant de rétrécir. En réalité on ne peut considérer le
patient autrement qu'une « boîte noire » recevant des influx de
l'extérieur et y réagissant à sa propre manière. Ceci rejoint certaines
découvertes mathématiques assez récentes qui démontrent qu'un système
même composé d'un nombre infini de sous systèmes obéit toujours in fine
à des règles simples.
Considérons cette patiente qui
consulte pour des maux de tête. Au terme d'un bilan soigneux, on pourra
déterminer qu'elle est migraineuse. On lui prescrira quelque chose en
fonction. Jamais elle ne sera débarrassée de ses maux de tête, mais, en
nous plaçant d'un point de vue heureux qui est loin d'être le cas de la
majorité, tant qu'elle absorbera régulièrement son traitement, elle
pourra espérer un mieux. Cependant, l'hiver arrive et comme ses
rhumatismes la font souffrir de nouveau, elle retourne consulter. On
ajoute alors à son traitement quelque anti-inflammatoire qui pourra
éventuellement la soulager. Malgré tout, son état général ne s'est pas
amélioré d'année en année : elle prend froid au moindre courant d'air et
tout l'hiver elle traîne d'une cure d'antibiotiques à une autre du fait
de sa sinusite chronique. Finalement le printemps arrive, alors il
faudra qu'elle aille consulter pour son rhume des foins.
Nous touchons là aux limites du
traitement classique qui est basé sur un double paradigme :
1.
Réductionniste, et
2. Physiopathologique.
En prenant un tout petit peu de
recul, chacun aura compris que les traitements administrés ne font que
pallier des symptômes qui eux mêmes ne représentent que l'expression
parcellaire d'un tout qui est déréglé.
Les limites du réductionnisme
Le paradigme réductionniste dont a
hérité la médecine classique, repose sur l'idée qu'il suffit de
décortiquer de plus en plus chaque rouage pour finir par répondre à
toutes les questions. C'est ainsi que l'on a distingué les organes, les
parties des organes, les cellules, les organites intracellulaires, les
substances chimiques synthétisées par les cellules, etc. A chaque
question à laquelle on répond, se posent cent nouvelles. A chaque fois
que l'on progresse, l'horizon diminue de plus en plus puisque l'on
étudie un fragment toujours plus petit (c'est ce que l'on nomme en
sciences physiques « l'entonnoir réductionniste »).
En médecine, on tente de déterminer
ainsi ce que l'on appelle le mécanisme physiopathologique d'une
affection. Dans le cas de notre migraineuse, c'est une dilatation des
vaisseaux sanguins qui provoque la douleur. Il suffira de contrecarrer
cette dilatation à l'aide d'une substance qui force le vaisseau à se
contracter (d'autres approches physiopathologiques sont aussi possibles
comme par exemple la prescription de bêta bloquants et souvent le
traitement adopté dépend du choix arbitraire du praticien).
Avec un oeil critique, on finit par
comprendre que cette attitude n'apporte rien de durable ni de
satisfaisant. En premier lieu, personne ne répond à la question
"pourquoi les vaisseaux de cette patiente se dilatent-ils", ensuite, du
moment que d'autres patients ne présentent pas ces symptômes c'est qu'il
doit exister un mécanisme de régulation qui est ici mis en défaut.
Substituer à un mécanisme naturel défaillant une drogue et son cortège
d'effets généraux dans tout l'organisme ne semble pas être une solution
à terme. L'étude du fonctionnement physiologique de l'organisme est
passionnante en tant qu'étude scientifique car toute connaissance est
bonne à prendre, mais elle aboutit à une impasse dès lors qu'il s'agit
de soigner les malades. La médecine classique se conçoit idéalement dans
tous les cas qui nécessitent une palliation, mais par définition, elle
ne peut en aucun cas procurer de guérison (le terme guérir étant
d'ailleurs banni du vocabulaire médical et réservé aux "charlatans") car
elle oppose une vision fragmentaire et utopique à un phénomène dont la
nature touche la totalité du patient.
Nous voyons donc que les principes
homéopathiques sont parfaitement adaptés
1. à la
réalité clinique du patient qui forme un tout
2. à la
nature de l'action de toute substance médicinale qui perturbe la
totalité de l'organisme.
Le principe de similitude aide à
trouver une substance qui ressemble dans ses manifestations à tous les
symptômes du patient. Lorsque la ressemblance est suffisante (nous
appelons cela l'homéopathicité), l'ensemble des symptômes régresse et
finit par disparaître, ce qui est complètement impensable avec
l'ancienne thérapeutique. Ce principe de la globalité du patient est en
avance de plusieurs siècles sur le paradigme dominant actuel.
Qui plus est, le propre de toute
science est de permettre de prédire les phénomènes dans la mesure
où l'on connaît les lois qui les régissent. La mécanique céleste a connu
son couronnement lorsque le retour de la comète de Halley a été prévu
avec exactitude, et lorsque les anomalies de l'orbite d'Uranus permirent
à Le Verrier de calculer la position de Neptune. La prédiction de la
valeur de la perturbation du périhélie de Mercure (dont la mécanique
classique ne pouvait rendre compte autrement que par la présence d'une
planète pourtant introuvable) par la relativité a été regardée comme une
preuve éclatante de la validité de la théorie.
De la même façon, un médecin
homéopathe étonne souvent ses patients en étant capable de déterminer
l'existence de bien des symptômes uniquement d'après les quelques
premiers signes qui lui sont donnés. Prenons le cas de cette jeune fille
de 20 ans qui consulte pour de l'eczéma des mains. Elle a un regard doux
et timide, d'ailleurs elle rougit assez facilement. Ces seuls signes
doivent faire évoquer Pulsatilla. Dans ce cas, on peut par
exemple s'informer sur la date des premières règles (80% de chances
qu'elles soient arrivées très en retard, 20% au contraire très tôt). On
apprend alors que son gynécologue lui a prescrit un traitement hormonal
car à 18 ans ses règles n'arrivaient toujours pas. Il est alors simple
d'explorer un peu les goûts alimentaires et de prévoir qu'elle n'aime
pas la viande (mais ceci est peu significatif, beaucoup de femmes ne
sont guère carnassières), et surtout qu'elle a horreur du gras. A
l'évocation de cette pensée, elle fait une grimace de dégoût. A partir
de là, il est mathématique de prédire qu'aucun autre remède ne peut être
prescrit que Pulsatilla. Il est facile de s'assurer que la
patiente est d'un naturel très frileux mais qu'elle ne supporte pas la
chaleur ; elle aime aller au plein air mais tout en étant bien
couverte ; le soir en se couchant, elle a très froid, il lui faut des
chaussettes, mais plus tard elle doit sortir les pieds du lit ;
d'ailleurs il est très probable que dans un passé récent elle dormait
encore sur le ventre, mais maintenant elle dort sur le côté, avec les
genoux fléchis ; etc.
Conséquences du principe d'unicité
La vérification quotidienne de ce
genre de faits implique que :
o
L'organisme forme un tout indivisible
o
Un seul médicament homéopathique doit être
prescrit à la fois, celui qui correspond à ce tout déréglé dont les
organes ne sont qu'une expression fragmentaire
o
L'indication du médicament peut être posée
très rapidement. Mes étudiants apprécient beaucoup la notion de
portrait minute des remèdes qui permet de diagnostiquer très
rapidement un médicament.
La prise en compte de l'ensemble
des symptômes est une nécessité qui correspond à l'unité de l'organisme.
Avec le progrès de nos connaissances en embryologie, nous commençons
seulement à avoir une petite idée du niveau d'intégration et
d'interdépendance entre toutes les cellules et tous les organes d'un
être vivant. Ce n'est que très récemment que l'on a réalisé que
toutes les lignées cellulaires contribuent à la formation de tous
les organes ainsi que le très grand nombre de types cellulaires présents
dans l'organisme. De plus, on commence seulement à entrevoir la grande
redondance du codage des gènes.
Ces découvertes ont deux
implications directes. L'une en biologie : il devient très difficile
d'expliquer l'évolution des espèces par la seule sélection naturelle
basée une mutation d'un gène au hasard ; sujet passionnant s'il en est.
L'autre en médecine : il n'est plus possible de considérer ni de traiter
un organe comme s'il flottait dans le néant, déconnecté du reste de
l'organisme.
Chaque symptôme présent sur un
organe ne peut plus dès lors être regardé comme autre chose que
l'expression localisée d'un dérèglement général, comme l'enseigne
Hahnemann.
C'est à chaque praticien de se
familiariser avec la matière médicale, afin d'utiliser avec un sens
artistique le répertoire. Il faut aussi beaucoup de sens clinique, et de
tact psychologique parfois pour parvenir à entrer en relation avec le
patient et comprendre quelle est sa souffrance.
153.- La comparaison
de l'ensemble des symptômes de la maladie naturelle avec la liste des
symptômes pathogénésiques de médicaments bien expérimentés, est, il est
utile de le répéter, la condition sine qua non pour trouver, parmi ces
derniers, une puissance pharmaco-dynamique similaire au mal à guérir.
Mais il faut surtout et presque exclusivement, dans la recherche du
remède homéopathique spécifique, s'attacher aux symptômes objectifs et
subjectifs caractéristiques :
les plus frappants,
les
plus originaux,
les plus inusités, et
les plus personnels.
Ce sont ceux-là
principalement qui doivent correspondre aux symptômes très semblables du
groupe appartenant au remède à trouver, pour que ce dernier soit celui
qui convienne le mieux à la guérison.
On remarquera que Hahnemann aurait
pu baptiser son nouveau principe homéo-thérapie, c'est à dire soigner
par les semblables. Il a préféré utiliser le terme qui signifie
souffrance semblable, ce qui est lourd de signification.
Pour conclure
Malgré le nombre impressionnant de
« découvreurs » de nouveaux systèmes, plus ou moins dérivés de
l'enseignement de Hahnemann, on remarquera que ne survivent dans les
mémoires que ceux qui ont suivi le chemin défriché par celui-ci dans
l'Organon, ce qui est sans doute un signe de vérisimilitude comme
dirait Karl Popper. En effet, Popper a résolu le problème du pessimisme
de Hume en démontrant qu'on ne pourrait certes jamais prouver la
véracité d'une hypothèse scientifique mais que sa résistance à la
réfutation constitue une démonstration de plus en plus satisfaisante qui
risque de la faire se rapprocher de la vérité, ce qu'il appelle
vérisimilitude.
Pour terminer permettez moi de
citer le paragraphe 3 de l'Organon :
3. - Si le médecin
perçoit clairement ce qu'il faut guérir dans les maladies, c'est-à-dire
dans chaque cas morbide individuel, lorsqu'il connaît d'une façon
évidente les propriétés curatives des médicaments, ce que chaque
médicament est capable de guérir,
Si d'après des principes
clairement définis il sait appliquer ce qu'il y a de curatif dans les
médicaments à ce qu'il a reconnu d'indubitablement morbide chez le
malade de telle façon que la guérison doive s'ensuivre, c'est-à-dire:
- a) s'il sait appliquer
convenablement à chaque cas particulier le
remède le mieux approprié selon son
mode d'action,
- b) préparer celui-ci exactement
selon la façon requise),
- c) estimer la quantité (dose) et
la qualité (dynamisation),
s'il connaît enfin, dans
chaque cas, les obstacles à la guérison: (manque d'hygiène,
indispositions, corps étrangers, calculs, malformations, traumatismes,
etc...(trad - § 7a) -trad.), et sait les écarter pour que le
rétablissement soit permanent, alors il sait agir d'une manière
judicieuse, conforme au but qu'il se propose d'atteindre, alors
seulement il est un médecin digne de ce nom, un maître de l'Art de
guérir. (voir (§ 71)
Edouard Broussalian
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