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	<title>Planète Homéo &#187; etude</title>
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	<description>Homéopathie, Planète homéo, la référence en homéopathie, vous informe sur l&#039;homéopathie, les médicaments homéopathiques, les traitements en homéopathie. C&#039;est un site d&#039;information des professionnels et du grand public sur l&#039;homéopathie</description>
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		<title>HELLEBORUS NIGER</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Apr 2010 09:45:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ravalard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Introduction
C’est une plante de la famille des Renonculacées. L’Ellébore noir, appelée Rose de Noël (Snow-Rose), croît à l´état sauvage, dans les lieux rudes et montagneux d´une partie de l´Europe, dans les Alpes, les Pyrénées les monts d´Auvergne ; on la cultive aussi dans les jardins sous le nom de rose de Noël à cause de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=6428cf7616cf80e788ed428d5f9e9493&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><h2>Introduction</h2>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Helleborus_niger.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-441" title="Helleborus_niger" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Helleborus_niger-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>C’est une plante de la famille des Renonculacées. L’Ellébore noir, appelée Rose de Noël (Snow-Rose), croît à l´état sauvage, dans les lieux rudes et montagneux d´une partie de l´Europe, dans les Alpes, les Pyrénées les monts d´Auvergne ; on la cultive aussi dans les jardins sous le nom de rose de Noël à cause de la forme de sa fleur et de l´époque de l´année ou elle fleurit.</p>
<p> L´ellébore noir se rapproche beaucoup de l´Ellébore oriental des Anciens dont l´action était si renommée dans les troubles mentaux.</p>
<p> La racine de la plante, noire en dehors (d’où son appellation), blanc à l´intérieur, à une saveur astringente, douceâtre, amère, nauséeuse, et une odeur désagréable. C’est dans la racine que l’on trouve deux principes actifs, l’helléborine qui paralyse le système nerveux (stupéfaction proche de celle d’Opium) et l’helléboréine qui a une action cardiaque (proche de celle de la digitale) et un acide qu’on suppose être l’acide aconitique.</p>
<p> On prépare par macération dans l´alcool à 90° de cette racine fraîche, une teinture mère à partir de laquelle nous obtenons par dilutions hahnemanniennes successives, les différentes dynamisations du remède.</p>
<h2>Les Renonculacées</h2>
<p>Le type de cette famille est représenté par les <a href="http://www.cosmovisions.com/renoncules.htm">Renoncules</a>, dont une espèce très commune, la Renoncule âcre (Ranunculus acris), est vulgairement appelée « bouton d'or » à cause de la couleur de ses <a href="http://www.cosmovisions.com/fleur.htm">fleurs</a>. C'est la structure de ces dernières qui fournit les caractères distinctifs de la famille.</p>
<p>Définition : Plante dicotylédone à pétales séparés, aux carpelles indépendants fixés sur un réceptacle bombé.</p>
<p>Dicotylédone : plante à fleurs (angiosperme) herbacée ou arborescente, à feuilles aux nervures généralement ramifiées, et dont la graine contient une plantule, le plus souvent à deux cotylédons.</p>
<p>Les remèdes couramment utilisés dans cette famille en Homéopathie :</p>
<p><em> Aconitum napellus</em><strong> </strong></p>
<p> <em>Cimicifuga racemosa</em></p>
<p> <em>Clematis erecta</em></p>
<p> <em>Helleborus niger</em></p>
<p> <em>Hydrastis canadensis</em></p>
<p> <em>Pulsatilla nigricans</em></p>
<p> <em>Ranunculus bulbosus</em></p>
<p> <em>Ranunculus sceleratus</em></p>
<p> <em>Staphysagria</em></p>
<h2>Helleborus selon Rajan Sankaran</h2>
<p>Le principal symptôme d’<em>Helleborus niger</em> est une sorte d’anesthésie ou d’engourdissement. Cet engourdissement est très marqué et exactement l’opposé de l’hypersensibilité ; comme les autres Renonculacées, elle est maladivement susceptible. Les patients <em>Helleborus nigrus</em> peuvent être blessés soudainement, de façon intense et, pour se défendre, se mettent en état de choc, devenant ainsi complètement engourdis.<strong> </strong></p>
<p>Knerr donne le symptôme suivant où <em>Helleborus niger </em>est le seul remède :</p>
<p>-           Colère, irascibilité, facilement en, consolation agg., ne veut pas être perturbé.</p>
<p>Il a aussi la rubrique :</p>
<p>-           Désir de rentrer chez lui.</p>
<p>Ces deux rubriques nous font penser à <em>Bryonia alba</em> (Violacées), un remède du miasme Typhoïde. Cet engourdissement et ce désir de ne pas être troublé ne résulte pas de la peur (Papavéracées), ni d’un traumatisme (Composées), mais de la colère. La sensibilité nerveuse de la famille se traduit par de la colère (contrariété) au niveau mental, et la réaction d’<em>Helleborus niger</em> est de ne pas vouloir être dérangé (miasme Typhoïde).</p>
<p>Lorsque la sensation de la famille des Renonculacées est associée au miasme Typhoïde, la sensation d’<em>Helleborus niger</em> pourrait être : <em>Doit renfermer ou </em>"<em>émousser</em>"<em> son irritabilité sinon il va mourir</em>.<em> </em></p>
<p>D’après Phatak : "les sensations s’émoussent et les réponses sont lentes."</p>
<h2>Principaux Tableaux Cliniques</h2>
<p> </p>
<h6>Ce que l’on retient en première lecture de la pathogénésie d’Helléborus, c’est la forme grave :</h6>
<p>Le malade git inerte dans son lit, couché sur le dos, les jambes repliés. Il est inconscient, il peut même délirer, c’est un délire plutôt passif, bien différent du délire maniaque de Belladonna et de Stramonium par exemple.</p>
<p>Il a tendance à glisser au fond de son lit :</p>
<p><strong>Lit, glisse</strong> dans le (faiblesse paralytique) (Voir Faiblesse-Paralysante-Glisse) : <em>apis.</em>, <em>ars.</em>, arum-t., <em>bapt.</em>, carb-v., <em>hell.</em>, <em>lach.</em>, mosch., <strong>mur-ac.</strong>, <em>nit-ac.</em>, nux-m., <strong>ph-ac.</strong>, <strong>phos.</strong>, <em>rhus-t.</em>, zinc.<sup>16</sup></p>
<p>Sa tête roule d’un côté sur l’autre :</p>
<p><strong>TE</strong> : <strong>MOUVEMENTS</strong> de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / <strong>roule</strong> la tête : <strong><em>A</em></strong><em>gar.</em>, <strong><em>A</em></strong><em>pis.</em>, <strong><em>A</em></strong><em>rn.</em>, ars., <strong>Bell.</strong>, <em>bry.</em>, caust., <em>cic.</em>, <strong><em>C</em></strong><em>ina.</em>, <strong>C</strong>lem., <strong>C</strong>olch., <strong>C</strong>or-r., <strong><em>C</em></strong><em>rot-t.</em>, <strong><em>C</em></strong><em>upr.</em>, <strong>D</strong>ig., <strong><em>H</em></strong><em>ell.</em>, <strong><em>H</em></strong><em>yos.</em>, <strong>K</strong>ali-br., <strong>K</strong>ali-i., <strong><em>L</em></strong><em>yc.</em>, <strong><em>M</em></strong><em>ed.</em>, <strong><em>M</em></strong><em>erc.</em>, <strong>N</strong>aja., <em>nux-m.</em>, <strong>O</strong>ena., <strong><em>O</em></strong><em>p.</em>, <strong>P</strong>h-ac., <strong>P</strong>hos., <strong><em>P</em></strong><em>odo.</em>, <strong>P</strong>yrog., sec., <strong><em>S</em></strong><em>il.</em>, <strong>S</strong>pong., <em>stram.</em>, <strong>S</strong>ulph., <em>tarent.</em>, <strong>TUB.</strong>, <strong>V</strong>erat., <strong>V</strong>erat-v., <strong>Z</strong>inc.</p>
<p><strong>TE</strong> : <strong>MOUVEMENTS</strong> de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / <strong>roule</strong> la tête, <strong>jour</strong> et nuit, avec gémissements : <em>hell.</em>, <em>lyc.</em></p>
<p>« C´est toute une image ! il dit "NON".</p>
<p> Il dit non à l´existence, il dit non à tout, il NIE la réalité, la vie en générale. Il S´ISOLE et REGRESSE. Il n´est plus capable de se réaliser, d´atteindre les buts de l´existence qu´atteint tout un chacun, mais il en SOUFFRE. » M. Brunson</p>
<p>Ou sa tête s’enfonce dans l’oreiller :</p>
<p><strong>ENFONCE</strong> la tête dans l'oreiller : <strong>apis.</strong>, <em>arn.</em>, arum-t.<sup>8</sup>, <strong>bell.</strong>, <em>bry.</em>, camph., crot-t., dig., <em>hell.</em>, helo.<sup>12</sup>, hyper., lach.<sup>3</sup>, <em>med.</em>, psor.<sup>11</sup>, sang.<sup>3</sup>, <em>stram.</em>, sulph., tarent., <strong>tub.</strong>, verat.<sup>3</sup>, verat-v.<sup>34</sup>, zinc.<sup>3</sup></p>
<p>Ou il se tape la tête avec la main.</p>
<p>Son regard est fixe, les yeux grand ouverts ou mi-clos :</p>
<p><strong>Y</strong> : <strong>FIXITÉ</strong> du regard / <strong>stupeur</strong>, pendant un accès de : ars., <em>hell.</em></p>
<p>Il peut avoir des mouvements des yeux, à type de roulement, voire des mouvements convulsifs pendant le sommeil, les yeux peuvent être tournés vers le haut.</p>
<p><strong>Y</strong> : <strong>TOURNÉS</strong> / <strong>haut</strong>, vers le / <strong>fièvre</strong>, pendant : hell.</p>
<p>On peut avoir des anomalies pupillaires : <strong>Mydriase </strong>ou alternance de mydriase et de myosis.</p>
<p>Sur le bord des narines, on peut même voir des fuliginosités noirâtres :</p>
<p><strong>N</strong> : <strong>COLORATION</strong> / <strong>NOIRE</strong>, dépôts et fuliginosités noirâtres : <em>ant-t.</em>, <em>chlor.</em>, <em>colch.</em>, crot-h.<sup>3</sup>, <em>hell.</em>, <em>hyos.</em>, <em>lyc.</em>, merc., <em>zinc.</em></p>
<p> La face est pâle et creusée, le front est plissé, couvert de sueurs froides.</p>
<p>Les lèvres sont craquelées, fissurées, il se les épluche sans cesse :</p>
<p><strong>VIG</strong> : <strong>ÉPLUCHE</strong> / <strong>Lèvres</strong>, les : apis., arn.<sup>3b</sup>, ars.<sup>3</sup>, <strong>arum-t.</strong>, <strong>bry.</strong>, cina., cob., con., hell., lach.<sup>3b</sup>, <em>nit-ac.</em>, <em>nux-v.</em>, ph-ac., plb.<sup>88</sup>, rheum., stram.<sup>3b</sup>, zinc.</p>
<p>Il a une fétidité horrible de la bouche. (2°).</p>
<p>La langue peut faire saillie :</p>
<p><strong>B : TIRÉE</strong>, Langue : absin., acet-ac., acon., <em>apis.</em>, bell., cina., cocc., <strong>crot-h.</strong>, ferr-m., <em>hell.</em>, hydr-ac., hyos., <em>lach.</em>, <em>lyc.</em>, <em>merc-c.</em>, nux-v., oena., op., <strong>phyt.</strong>, plb., sec., stram., stry., sumb., syph., tab., vip.</p>
<p><strong>B</strong> : <strong>MOUVEMENT</strong> / <strong>Langue</strong> / <strong>côté</strong> à l'autre, d'un : <em>hell.</em>, lach., <em>lyc.</em></p>
<p>La salive coule de la bouche, les commissures des lèvres s´ulcèrent.</p>
<p>Il peut avoir également des mouvements automatiques :</p>
<ul>
<li>Soit de la tête</li>
<li>Soit du maxillaire inférieur :</li>
</ul>
<p><strong>MASTICATION</strong>, mouvements de (Voir <strong>Dents-</strong>Grincer) : <em>acon.</em>, asaf., aster.<sup>7</sup>, <em>bell.</em>, <strong>bry.</strong>, <em>calc.</em>, caust.<sup>7</sup>, cham., cic., cina., fl-ac., gels., <em>hell.</em>, ign., lach., <em>merc.</em>, mosch., nat-m., <em>phos.</em>, plb., ruta.<sup>7</sup>, sec.<sup>7</sup>, sep., sol-n., <em>stram.</em>, verat.</p>
<p><strong>VISAGE - MASTICATION; mouvement de - cérébrales; dans les affections : </strong>bry.<sub>ptk1</sub> hell.<sub>mrr1</sub></p>
<p><strong>VISAGE - MOUVEMENTS des muscles faciaux - constant; mouvement - Lèvres; des - délire; pendant le</strong></p>
<p>hell.<sub>k2</sub> stram.<sub>sne</sub></p>
<p><strong>Chute de la mâchoire intérieure.</strong></p>
<ul>
<li>soit des mains: mouvements carphologiques:</li>
</ul>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>GESTES</strong>, fait des / <strong>draps</strong>, tripote les :  <strong>A</strong>con., <strong>A</strong>nt-c., <strong><em>A</em></strong><em>rn.</em>, <em>ars.</em>, <strong>A</strong>tro., <em>bell.</em>, <strong>C</strong>ham., <strong>C</strong>hin., <strong><em>C</em></strong><em>ina.</em>, cocc., <strong><em>C</em></strong><em>olch.</em>, <strong>C</strong>on., <strong>D</strong>ulc., <strong><em>H</em></strong><em>ell.</em>, <strong>H</strong>ep., <strong>hyos.</strong>, <strong><em>I</em></strong><em>od.</em>, <strong><em>K</em></strong><em>ali-br.</em>, <strong><em>L</em></strong><em>yc.</em>, <strong><em>M</em></strong><em>ur-ac.</em>, <strong><em>N</em></strong><em>at-m.</em>, <strong><em>O</em></strong><em>p.</em>, <strong><em>P</em></strong><em>h-ac.</em>, <strong><em>P</em></strong><em>hos.</em>, <strong><em>P</em></strong><em>sor.</em>, <strong><em>R</em></strong><em>hus-t.</em>, <strong>S</strong>ol-n., <strong>stram.</strong>, <strong>S</strong>ulph., <strong>V</strong>erat-v., <strong><em>Z</em></strong><em>inc.</em>, <strong>Z</strong>inc-m.</p>
<p>ou il se met les doigts dans le nez :</p>
<p><strong>N</strong> : <strong>CURER</strong> / <strong>le</strong> nez / <strong>affections</strong> cérébrales, dans les : <strong>cina.</strong>, <em>con.</em>, <em>hell.</em>, <strong>SULPH.</strong></p>
<p>Ou il s’épluche les lèvres :</p>
<p><strong>Vig, épluche, Lèvres</strong>, les : apis., arn.<sup>3b</sup>, ars.<sup>3</sup>, <strong>arum-t.</strong>, <strong>bry.</strong>, cina., cob., con., hell., lach.<sup>3b</sup>, <em>nit-ac.</em>, <em>nux-v.</em>, ph-ac., plb.<sup>88</sup>, rheum., stram.<sup>3b</sup>, zinc.</p>
<ul>
<li>Il peut y avoir des mouvements convulsifs voire de l’épilepsie. Dans certains cas, hémiconvulsions, avec paralysie du côté opposé.</li>
</ul>
<p><strong>MB</strong> : <strong>MOUVEMENTS</strong> / <strong>involontaires</strong> / <strong>un</strong> bras et d'une jambe, d' : <strong><em>A</em></strong><em>poc.</em>, <strong><em>C</em></strong><em>occ.</em>, <em>hell.</em></p>
<p><strong>MB</strong> : <strong>MOUVEMENTS</strong> / <strong>Mbres</strong> sup / <strong>automatiques</strong> / <strong>d'un</strong> seul membre :  <strong><em>A</em></strong><em>lum.</em>, <strong>A</strong>pis., <strong>B</strong>ell., <em>hell.</em></p>
<p>Il peut crier ou gémir :  </p>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>CRIER</strong>, hurler / <strong>méningite</strong>, dans la (cri encéphalique) : <strong>apis.</strong>, arn., ars., bell., <em>carb-ac.</em>, cic., cupr., <strong>D</strong>ig., dulc., <em>glon.</em>, <em>hell.</em>, <em>hyos.</em>, <strong><em>K</em></strong><em>ali-i.</em>, <em>lyc.</em>, <strong>M</strong>erc-c., phos., <strong><em>R</em></strong><em>hus-t.</em>, sol-n., stram., sulph., <em>zinc.</em></p>
<p>Donc, un tableau extrêmement effrayant, présageant une évolution défavorable très rapide. Il s’agit en fait d’un tableau très tardif du remède. Il va de soi qu’en pratique quotidienne, il y a peu d’occasions sinon pour des urgentistes homéopathes de prescrire ce remède selon cette description.</p>
<p><strong>Indications du remède à ce stade :</strong></p>
<p>« HELLEBORUS est utile dans les affections du cerveau, de la moelle épinière, du système nerveux dans son ensemble et de l´esprit, mais spécialement dans les maladies inflammatoires aiguës du cerveau, de la moelle épinière et de leurs séreuses, ainsi que dans les troubles voisins de la démence. » Kent</p>
<p>« HELLEBORUS est utile dans cette forme adynamique de la typhoïde qu´on appelait "typhoïde apathique". » Kent</p>
<p>« … Selon ma compréhension du remède, il serait très utile dans les cas cancéreux ou non de tumeurs du lobe frontal. » George Vithoulkas</p>
<p>Evolution :</p>
<p>Kent insiste fortement dans son exposé sur Helleborus dans sa Matière Médicale sur ce sujet. « Le remède agit lentement dans ces cas d´affections du cerveau et de la moelle épinière qui sont lentes, rebelles et donnent au malade un aspect stupide.</p>
<p> Quelquefois il n´y a aucun changement apparent jusqu´au lendemain du jour où le remède a été administré, ou même jusqu´à la nuit suivante : alors surviennent des sueurs, de la diarrhée ou des vomissements - une réaction enfin.</p>
<p> Il ne faut pas les entraver, il ne faut donner aucun remède : ce sont des signes de réaction. Si l´enfant a suffisamment de vitalité pour guérir, il guérira maintenant. Si on arrête les vomissements avec un remède quelconque, on antidotera HELLEBORUS. Laissez tranquilles les vomissements, la diarrhée ou les sueurs, et ils disparaîtront dans la journée. L´enfant se réchauffera et en quelques jours reprendra conscience...et puis, qu´est-ce qui se passera ensuite?</p>
<p>                Imaginez seulement ces doigts, ces mains et ces membres engourdis, cette peau engourdie partout.  Quel est, à votre avis, le symptôme le plus susceptible d´exprimer l´éveil de cet enfant stupide? Vous devez le connaître. .. C´est une observation clinique que vous pourrez contrôler si vous voyez des cas d´HELLEBORUS et des cas de ZINCUM… Eh bien! Les doigts de cet enfant commenceront à picoter. Tandis qu´il retrouvera son état nerveux normal, ses doigts commenceront à picoter, son nez et ses oreilles picoteront, et il commencera à crier, à se tourner sur le ventre et sur le dos et à se rouler dans son lit. Les voisins arriveront et diront : "A votre place je congédierais ce médecin, s´il ne donne quelque chose pour calmer cet enfant"; mais, si vous donnez effectivement quelque chose pour le calmer, vous pouvez être sûrs que le bébé sera mort dans les vingt-quatre heures. Cet enfant est en train de guérir, laissez-le tranquille. »</p>
<p><strong><em>Cas de fièvre typhoïde</em></strong></p>
<p>Un jeune garçon âgé de 12 ou 14 ans. Après deux semaines d’une très forte fièvre, la maladie semblait s’être focalisée au niveau cérébral. La diarrhée s’était arrêtée, il n’urinait plus, et il semblait complètement inconscient ; les yeux restaient grand ouverts et totalement immobiles ; la projection d’une forte lumière sur ses yeux en mydriase n’entraînait aucune réaction pupillaire. Il semblait complètement idiot, et les pulsations cardiaques étaient faibles et très lentes, 'seul le cerveau semble être la partie du corps encore active'.</p>
<p>Sous l’action d’Helleborus Niger 1000th (B. et T.) la diurèse a reprise puis est devenue très abondante, il a recommencé à bouger de temps à autre et très lentement il a recouvré sa conscience. Le premier signe qu’il a donné montrant qu’il commençait à bien comprendre ce qui se passait autour de lui fut celui-ci : c’était un garçon qui depuis toujours avait été collectionneur de monnaie et plus particulièrement de pièces de monnaie en argent. En l’examinant un soir à l’aide d’une lampe pour tester son attention, le père m’a dit, "Essayer avec une pièce de monnaie".</p>
<p>Je lui ai alors présenté un dollar en argent de façon telle que la lumière de la lampe en projette le reflet sur ses yeux, et pendant un seconde, il a fixé son regard sur la pièce et s’est mit à rire tout haut - "Ha! ha! Nous en avons aussi", mais ce n’est que plusieurs jours plus tard qu’il a pu voir parfaitement et demander ce qu’il souhaitait. L’amélioration s’est faite de façon progressive jusqu’au retour à la normalité avec Helleborus. Ce cas illustre bien la sphère d’action de ce remède, que ce soit lors d’une méningite aigue ou d’une fièvre typhoïde, lorsque l’action se focalise à la tête, et avec ces symptômes.</p>
<p><strong>Nash E. B</strong></p>
<p>(B et T= Boericke et Tafel : Encouragés par Hering à préparer des remèdes homéopathiques, en 1853, Francis E. Boericke et Adolph J. Tafel ont fondé la compagnie du même nom aux U.S.A. En moins de 10 ans, ils ont ouvert des pharmacies en Pennsylvanie, New York, New Orleans, San Francisco, Pittsburg, Washington, Minneapolis, Chicago et Cincinnati. Ils ont fourni en remèdes quelques uns des plus célèbres homéopathes de leur époque, Hering et Kent inclus.) </p>
<h6><strong>Mais il y a heureusement un tableau plus précoce</strong><strong> </strong></h6>
<p>où le sujet est conscient, mais avec un ralentissement intellectuel (sluggishness), il semble abruti. Hahnemann, le premier, a décrit cet état  en écrivant dans son Traité de Matière Médicale :</p>
<p>« Je conclus de différentes observations qu’il faut regarder comme le premier des principaux effets de l’Hellébore noire, la stupeur, l’émoussement du sensorium commune, l’état dans lequel, avec bonne vue, on ne voit qu’incomplètement et qu’on ne fait attention à rien ; où, avec une ouïe saine, on n’entend point clairement ; où, avec des organes gustatifs bien constitués, on ne trouve de goût à rien ; où l’on est toujours ou souvent sans penser ; où l’on se souvient peu ou pas du passé, même de ce qui vient d’arriver ; où rien ne réjouit ; où l’on ne fait que sommeiller légèrement ; où l’on ne peut goûter un sommeil véritable et rafraîchissant ; enfin où l’on veut travailler sans avoir l’attention ou les forces nécessaires pour le faire. » </p>
<p>« C´est une sorte d´état paralytique, que le terme de "stupéfaction" exprime bien.</p>
<p>Ne peut pas former des idées; ne peut pas fixer son attention; ne peut pas concentrer son esprit.</p>
<p>Le malade paraît à demi idiot. » Kent</p>
<p>Donc émoussement de tous les sens,</p>
<p>Il y a comme le dit Vithoulkas, une rupture de la communication, « Helleborus bloque la communication au sens le plus général du terme. Il semble abasourdir cette portion du cerveau qui reçoit, traite et interprète les données sensorielles du monde extérieur. Il y a une lenteur rampante dans ce processus. Le patient Helleborus se demande : "Qu’ai-je entendu? Que se passe-t-il?". C’est après un temps de réflexion qu’est intégrée une compréhension de ce qui s’est passé...</p>
<p>La description ci-dessus qu’Hahnemann nous donne, n’est pas tout ce qui constitue le portrait d’Helleborus,  mais il nous offre des indices de ce que nous devrons trouver en fait dans de tels cas. Il faut voir la difficulté de communication, la difficulté à percevoir et à répondre. La conscience de sa situation, la communication avec son entourage est extrêmement lente et très détériorée. »</p>
<p>Lors de la consultation d’un tel patient, ce qui va rapidement étonner, c’est le temps de réponse du patient à nos questions. Il réfléchit longtemps avant de donner une réponse. Les réponses peuvent être aussi confuses.</p>
<p><strong>RÉPONDRE</strong> (Voir Élocution) :</p>
<p><strong>lentement</strong> (Voir Lenteur-Parlant) : agar-ph., <em>anac.</em>, ars., carb-h., <em>carb-v.</em>, <em>cocc.</em>, <em>con.</em>, cupr., <em>gels.</em><sup>3b+7</sup>, <strong>hell.</strong><sup>7'</sup>, <em>kali-br.</em>, <strong>merc.</strong>, <em>nux-m.</em>, op., ox-ac., <strong>ph-ac.</strong>, <strong>phos.</strong>, plb., rhod.<sup>3b+7</sup>, <em>rhus-t.</em>, sep., sul-ac., <em>sulph.</em>, <em>thuj.</em>, zinc.</p>
<p><strong>réfléchit</strong> longtemps avant de : alum.<sup>-15</sup>, <em>anac.</em>, <em>cocc.</em>, <em>cupr.</em>, grat., <strong>hell.</strong>, merc.<sup>1b</sup>, <em>nux-m.</em>, <em>ph-ac.</em>, <strong>phos.</strong><sup>7'</sup>, zinc.<sup>1b</sup></p>
<p><strong>confusément</strong>, comme s'il pensait à qq. ch. d'autre : bar-m., <em>hell.</em>, mosch.</p>
<p>On peut voir les efforts qu’il fait pour réunir ses idées et donner une réponse adaptée. Il a tendance à plisser son front sous l’effort.</p>
<p><strong>VIG</strong> : <strong>RIDÉ</strong>, plissé / <strong>Front</strong> : Acet-ac., <strong>A</strong>gar.<sup>3</sup>, <strong>A</strong>lum., <strong>A</strong>m-c.<sup>3</sup>, <strong>B</strong>rom., <strong>B</strong>ry.<sup>3</sup>, <strong>C</strong>alc-p.<sup>3</sup>, <strong><em>C</em></strong><em>aust.</em>, <strong><em>C</em></strong><em>ham.</em>, <strong><em>C</em></strong><em>ycl.</em>, <strong><em>G</em></strong><em>raph.</em>, <strong>G</strong>rat., <em>hell.</em>, <strong>L</strong>achn.<sup>12</sup>, <strong>lyc.</strong><sup>5</sup>, <strong>M</strong>ang., <em>merc.</em><sup>88'</sup>, nat-m., <strong>N</strong>ux-v.<sup>88</sup>, <strong>O</strong>x-ac., <strong><em>P</em></strong><em>hos.</em><sup>88'</sup>, <strong>R</strong>heum., <strong>R</strong>hus-t., <strong><em>S</em></strong><em>ep.</em>, <em>stram.</em>, <strong>S</strong>ulph.<sup>3</sup>, <strong>S</strong>yph.<sup>3b</sup>, <strong>V</strong>erat.<sup>-11</sup>, <strong>V</strong>iol-o.<sup>3</sup>, zinc.</p>
<p>Il y a aussi un problème dans la transmission de l’influx nerveux du cerveau vers les membres, les muscles ne réagissent pas bien, le patient doit faire un effort de concentration pour faire un mouvement, si on le distrait, il peut laisser tomber un objet qu’il tenait dans la main, par exemple.</p>
<p>Indifférence</p>
<p>Une caractéristique importante est une indifférence générale, indifférence à son environnement, à la douleur, il ne se plaint jamais ou peu, il ne s’intéresse à rien, ne prend aucun plaisir.</p>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>INDIFFÉRENCE</strong>, aboulie, apathie, etc :</p>
<p><strong>aime</strong>, à ceux qu'il (voir Proches) : <em>acon.</em>, ars., <em>fl-ac.</em>, <strong>hell.</strong>, merc., nat-p., <strong>phos.</strong>, plat., <strong>sep.</strong>, <em>syph.</em><sup>7</sup></p>
<p><strong>proches</strong>, à ses (voir Aime) : <em>fl-ac.</em>, <strong>hell.</strong>, hep., nat-c., <strong>phos.</strong>, plat., <strong>sep.</strong>, <em>syph.</em><sup>7</sup></p>
<p><strong>souffrance</strong>, à la (Voir <strong>Généralités-</strong>Analgésie) : <em>hell.</em>, <strong>op.</strong>, <strong>Stram.</strong></p>
<p><strong>désir</strong> ni volonté, n'a ni : hell.</p>
<p>Idées fixes :</p>
<p>« La malade imagine que par ses péchés elle a laissé passer le jour de la grâce. Comme le malade AURUM elle croit qu´elle agit mal, qu´elle est en train de commettre un péché impardonnable. Ceci est d´autant plus prononcé qu´elle s´approche davantage de la démence. "Une vieille femme ayant été accusée de vol par les femmes du voisinage, le prit tellement à cœur qu´elle se pendit. Ce suicide produisit un tel effet sur les femmes du village que, l´une après l´autre, chacune s´accusa d´avoir causé la mort de la vieille femme." » Kent</p>
<p><strong>ILLUSIONS</strong>, imaginations, hallucinations (Voir Folie, Pensées-Persistantes; Voir <strong>Sommeil-</strong>Rêves) :</p>
<p><strong>mal</strong> agi, pense avoir (voir Crime, Néglige; Voir Anxiété-Conscience) : <em>ars.</em>, <em>aur.</em>, <strong>A</strong>ur-a.<sup>1b</sup>, <strong>C</strong>rot-c.<sup>-10</sup>, <strong>C</strong>ycl., <strong>D</strong>ig., <em>hell.</em>, hyos.<sup>7</sup>, <em>ign.</em>, lyc., merc., <strong>N</strong>at-a., puls., <strong>S</strong>arr.<sup>11</sup>, sulph.<sup>16</sup>, thuj.</p>
<p><strong>mourir</strong>, il va (Voir Mort-Pressentiment) : <strong>acon.</strong>, <strong>A</strong>gn.<sup>12</sup>, <em>arg-n.</em>, <strong>A</strong>rn.<sup>1b</sup>, ars.<sup>1b</sup>, bar-c., <strong>B</strong>ar-m.<sup>1b</sup>, <strong>C</strong>act.<sup>2</sup>, calc.<sup>5</sup>, cann-i., cench.<sup>1b</sup>, <strong><em>C</em></strong><em>hel.</em>, <em>croc.</em>, <strong>C</strong>upr., hell.<sup>16</sup>, <strong>I</strong>ris-t.<sup>12</sup>, <strong>K</strong>ali-c., <strong>L</strong>ac-d., lach.<sup>2</sup>, <strong>L</strong>ac-lu.<sup>-2</sup>, <em>nit-ac.</em>, nux-v., petr., <strong><em>P</em></strong><em>odo.</em><sup>1</sup>, rhus-t., stram., <em>thuj.</em></p>
<p><strong>nouveau</strong>, tout est (voir Changé, Étrange) : <em>hell.</em><sup>88</sup>, stram.</p>
<p><strong>morts</strong>, avec des (voir Voix-Mortes), parle, elle : bell., <strong>calc-sil.</strong><sup>1</sup>, canth., hell., <em>hyos.</em>, nat-m., stram.</p>
<p>Le patient peut avoir des pressentiments de mort et prédire l’heure de sa mort.</p>
<p><strong>prédit</strong> l'heure de sa mort (Voir Peur-Mort-Prédit) : <strong><em>predicts</em></strong><em> the time</em> : <strong>acon.</strong><sup>1</sup>, agn.<sup>-15b</sup>, <em>aloe.</em><sup>2</sup>, alum.<sup>7</sup>, <em>arg-n.</em>, cench.<sup>1b</sup>, <strong>H</strong>ell.<sup>1b</sup>, lac-d.<sup>34</sup>, <strong>T</strong>hea.<sup>7</sup></p>
<p>Helleborus est bien différent ici d’Aconit qui a une peur intense de la mort ce qui n’est pas le cas d’Helleborus. </p>
<p>Tristesse</p>
<p>Ce tableau débouche sur un état de tristesse, pouvant à aller jusqu’à la dépression, voire la mélancolie.</p>
<p>« Quand elle est capable de se lever, la malade semble triste,  elle reste assise à ne rien dire et paraît plongée dans l´affliction. Mais elle ne fait pas de grandes lamentations, elle ne marche pas en long et en large ni ne se tord les mains comme la malade AURUM. Elle est dans un état d´apathie; elle a l´air triste et mélancolique, alors que, peut être, elle ne pense que bien peu. Toute tentative de consolation, tant que la malade est capable de penser, en fait qu´aggraver la situation. Comme chez NATRUM MUR., les maux sont aggravés par la consolation, mais les maux de NATRUM MUR. ne ressemblent pas du tout à ceux-ci. Quand le malade HELLEBORUS est capable de réfléchir à ses symptômes ils paraissent s´améliorer. » Kent</p>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>ASSIS</strong> / <strong>immobile</strong> : alum.<sup>16</sup>, arn., aur., brom., cham., chin-a., <em>cocc.</em>, elaps., <em>gels.</em>, haliae-lc.<sup>-4</sup>, hell., <em>hep.</em>, <strong>hipp.</strong>, <em>plat.</em>, <strong>puls.</strong>, <em>sep.</em>, stram., <strong>verat.</strong><sup>1</sup></p>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>PENSER</strong> / <strong>troubles</strong>, à ses / <strong>amél</strong> : <strong>camph.</strong><sup>7'</sup>, cic., <em>hell.</em>, mag-c., pall., prun.</p>
<p><strong>PSY</strong> : <strong>TRISTESSE</strong>, dépression mentale (Voir Morose, Pleurer),</p>
<p><strong>heureux</strong>, en voyant des gens : <strong><em>happy</em></strong><em>, on seeing others (on seeing a happy person, he becomes melancholy and then only he feels very unhappy)</em> : hell.<sup>11+16 </sup></p>
<p><strong>puberté</strong>, avant la : <strong><em>before</em></strong><em> puberty, in</em> : <em>ars.</em>, calc-p., <em>hell.</em>, <em>lach.</em></p>
<p><strong>premières</strong> règles : <strong><em>the</em></strong><em> first menses</em> : <strong>H</strong>ell.</p>
<p>Troubles des la mémoire :</p>
<p><strong>Hahnemann écrit dans son proving : « Le passé est oublié ou il ne s’en souvient qu’à peine. » Les problèmes de mémoire peuvent prendre une forme plus grave. Vithoulkas écrit : « Ils peuvent dire : « J’oublie ce que je viens de dire ». Ils entendent quelque chose, et ils oublient immédiatement toute la phrase, toute l’idée contenue. Ils peuvent lire quelque chose, mais ils sont incapables de ne retenir une idée de ce qu’ils viennent de lire. » </strong></p>
<p>Irrésolution :</p>
<p><strong>Vithoulkas écrit : « Une conséquence de ce manque d’efficacité intellectuelle d’Helleborus, c’est l’irrésolution. Ces sujets ne peuvent prendre la moindre décision, par exemple, que prendre, qu’acheter, où aller, etc. Helleborus est un des principaux remèdes pour l’indécision. »</strong></p>
<p>Anxiété<strong> : </strong></p>
<p><strong>Tout ce tableau explique l’anxiété d’Helleborus, avec la peur qu’un malheur n’arrive, avec la peur de rester seul la nuit (</strong><strong><em>camph.</em></strong><strong>, <em>Caust.</em>, <em>Hell.</em><sup>7</sup>, stram.) </strong></p>
<p><strong>Cas clinique d’Edouard et Bénédicte :</strong></p>
<p>François Xavier, 20 ans en 2010<br />
Trisomique, suivi par moi depuis la naissance.<br />
En fin 2003 : PSOR LM1.<br />
Est passé aux neuroleptiques,<br />
qui ont un peu &gt; ; maintenant sous Solian.<br />
N'a plus ses hallucinations,<br />
  il parlait tt seul,<br />
  Bcp de gaz, œufs pourris.<br />
Triste,<br />
Regard fixe,<br />
  EEG normal.<br />
Peur de se tromper.<br />
Se frotte,<br />
  ou se passe les mains devant le visage.<br />
Toujours excellent appétit,<br />
  mange en restant assez mince.<br />
Léger résultat, puis je ne le revois plus durant 2 ans.</p>
<p>Nov 2005.<br />
Il va de mal en pis,<br />
Moments d'absence,<br />
  sursaute si on l'appelle.<br />
Ne sait plus ce qu'on lui demande.<br />
Boit bcp.<br />
Grince des dents +++</p>
<p>Hell LM1, 2 sec, 2 v, 2 fois par semaine.</p>
<p>Fin Nov.<br />
Semble réagir.<br />
A eu une forte poussée éruptive,<br />
  de partout.<br />
Semble bcp plus présent,</p>
<p>11 01 2006,<br />
Toujours forte poussée d'éruptions,<br />
Il parle un peu plus,<br />
  n'est plus dans le mutisme.<br />
Gros furoncles.<br />
Vents très nauséabonds par moments.</p>
<p>HELL LM2</p>
<p>Fevr 2006.</p>
<p>Très net mieux,<br />
Il communique,<br />
  sourit, etc.<br />
Des fois il reste au lit et ne veut pas bouger,<br />
N'a pas refait de furoncles.<br />
Juste éruptions visage suite du rasage.<br />
Ronfle la nuit.<br />
On ne le lui donne pas le soir,<br />
  il est survolté après sa dose.</p>
<p>(hell LM3)</p>
<p>Et depuis il répond toujours à HELL.</p>
<p><strong>Helleborus chez l’enfant :</strong><strong></strong></p>
<p>« Le type de malades HELLEBORUS le plus frappant, c´est l´enfant.</p>
<p> Ce remède est surtout indiqué chez les enfants entre deux et dix ans. La fixité du regard - décubitus dorsal et regard fixe avec les yeux mi-clos - est typique du remède. Quelquefois les lèvres remuent sans qu´il en sorte aucun son. Les lèvres remuent comme si l´enfant voulait dire quelque chose, mais si on lui pose de nouvelles questions, les mots qu´il voulait dire sont perdus, oubliés.<br />
Dans l´hydrocéphalie il y a un cri aigu, le cri encéphalique. L´enfant criera en dormant. Il portera la main à la tête et criera, comme APIS. Mais l´hydrocéphalie d´APIS est bien plus active et aiguë. Le malade APIS rejette ses couvertures d´un coup de pied; le malade HELLEBORUS ne se soucie pas des couvertures, il ne se soucie de rien. Il n´est pas facilement troublé. Il est couché sur le dos avec les jambes remontées, faisant souvent des mouvements automatiques avec les bras et les jambes.</p>
<p> Il a parfois un côté paralysé, mais l´autre continue à faire des mouvements automatiques. » Kent</p>
<h6><em>Diagnostic comparatif :</em></h6>
<p>Farrington évoque 3 remèdes principaux qui ont une proche similitude avec Helleborus dans ce tableau de dépression sensorielle :</p>
<p>Phosphoric acid : mais on tire facilement le patient de sa somnolence qui répond alors normalement aux questions.</p>
<p>Nitric acid : apathie sensorielle, remède recommandé par Hahnemann dans le cas de fièvre typhoïde, l’apathie serait plus légère que celle d’Helleborus et de Phosphoric acid.</p>
<p>Opium : apathie encore plus marquée que les 3 autres. La congestion cérébrale est plus marquée, la respiration est bruyante et stertoreuse ce qui n’existe pas chez Helleborus. La face est sombre ou rouge brunâtre, alors qu’avec Hell., la face est pâle et souvent froide.</p>
<p><strong><em>Causalités </em></strong></p>
<p>Cet état peut être déclenché dans certaines situations.</p>
<ul>
<li>Suite de nostalgie (<em>hell</em>)</li>
<li>Suite de déception amoureuse (<em>hell</em>)</li>
<li>éruption supprimée (B. Long) (œdème externe, <strong>éruptions</strong>, suite de suppression d' : <strong>apis.</strong><sup>2</sup>, apoc.<sup>2</sup>, <em>ars.</em><sup>2</sup>, asc-c.<sup>2</sup>, dig.<sup>2</sup>, dulc.<sup>8</sup>, <em>hell.</em><sup>2</sup>, sulph.<sup>2</sup>, zinc.<sup>8</sup></li>
<li>Suite de commotion cérébrale</li>
</ul>
<p><strong>COMMOTION</strong> cérébrale : <strong><em>CONCUSSION</em></strong><em> of brain</em> : <strong>arn.</strong>, bell., carc.<sup>78</sup>, <strong>cic.</strong>, <em>hell.</em>, hep., <em>hyos.</em>, <strong>hyper.</strong>, kali-p., led., merc., nat-s., ph-ac., rhus-t., sep., sul-ac., zinc.</p>
<p>“Les cas de torpeur mentale, de perte de mémoire et d´obnubilation consécutifs à un traumatisme crânien peuvent être traités avec de bons résultats par Helleborus. Farrington (Clinical Materia Medica), Hayes (The homoeopathic Recorder) et Foubister (Tutorials),  décrivent divers cas très intéressants. Voyons le cas de Farrington :</p>
<p> " Pour bien démontrer la dépression d´Helleborus, je peux citer son emploi couronné de succès dans un cas de choc par un coup sur la tête. Arnica avait échoué, et le malade devint assoupi ; une pupille était plus grande que l´autre ; le patient répondait lentement aux questions, comme si sa compréhension était imparfaite ; en marchant, il traînait la jambe. Le pouls était à peine de 50 par minute. Le malade était plus mal entre 4 et 8 heures de l´après-midi. Helleborus guérit ce cas. "</p>
<p> Hayes expose six cas de traumatisme crânien traités avec Helleborus. La majorité des cas présentaient des troubles mentaux un à trois ans après le traumatisme, avec des radiographies normales, mais avec des lésions neurologiques que nous pourrions peut-être détecter aujourd´hui grâce à la Résonance Magnétique Nucléaire (IRM) ou bien par Tomographie Axiale Assistée par Ordinateur (Scanner), qui mettent en évidence des oedèmes ou des hémorragies localisées… </p>
<p>Le docteur Griggs expose le cas d´un médecin résidant (le docteur Gordon) au Children´s Homoeopathic Hospital, victime d´un accident de la circulation avec traumatisme crânien, suivi de perte de connaissance. L´administration d´Arnica, n´apporta aucun changement ; il présentait un tableau typique de traumatisme crânien persistant, avec perte de connaissance, dilatation de la pupille, émission involontaire d´urine, etc. Après qu´on lui ait fait une ponction lombaire et qu´on lui ait extrait du liquide rachidien, il s´améliora un peu, reprenant conscience de façon temporaire, avant de rechuter peu après. Le docteur Griggs lui administra Helleborus 200, après quoi le docteur Gordon reprit conscience et retrouva ses capacités mentales. » Mateu Ratera, Premiers  secours en Homéopathie</p>
<ul>
<li>Suite de désir sexuel supprimé<br />
<strong>refoulement</strong> du, affections suite de : <strong><em>suppressing</em></strong><em> the, complaints from</em> : <strong>apis.</strong><sup>1</sup>, berb., calc., <strong>camph.</strong>, <em>carb-o.</em>, <strong>con.</strong>, <em>hell.</em>, kali-n.<sup>16</sup>, <em>lil-t.</em>, <strong>lyss.</strong>, <em>ph-ac.</em>, pic-ac., plat., <strong>puls.</strong></li>
<li>Suite de prostration profonde</li>
<li>Suite de maladie infectieuse grave, après scarlatine, méningite</li>
<li>Suite d’intoxication</li>
<li>Symptômes cérébraux pendant la dentition (ALLEN)</li>
<li>George Vithoulkas écrit : « Ces états peuvent survenir à la suite d’une frayeur, un grand stress ou un chagrin important. »</li>
</ul>
<p>Le tableau précoce de Helleborus, tel qu’on l’a envisagé plus haut peut évoquer encore bien d’autres situations : un retard de développement cérébral de l’enfant, avec retard scolaire, un problème de développement cérébral après une maladie grave, une maladie d’Alzheimer dans ses formes débutantes, etc.</p>
<h6>Continuons avec les signes cliniques particuliers, appareil par appareil.</h6>
<p><strong>Vertige : </strong></p>
<p>Vertige avec nausées et vomissements, en se penchant ce qui est banal. Plus particulier à Helleborus :</p>
<p><strong>VE</strong> : <strong>LEVANT</strong> / <strong>penchée</strong>, de la position / <strong>après</strong> / <strong>amél</strong>: <strong>A</strong>ur., <em>hell.</em></p>
<p><strong>VE : PUPILLES</strong> dilatées, avec : <em>bell.</em>, hell., teucr.</p>
<p><strong>VE</strong> : <strong>REDRESSANT</strong> / <strong>lit</strong>, dans le / <strong>amél</strong> : <strong>H</strong>ell., <strong><em>L</em></strong><em>ac-d.</em>, phos., puls.<sup>16</sup></p>
<p><strong>Tête :</strong></p>
<p>Chaleur de la tête avec froideur du reste du corps, des mains et des doigts en particuliers :</p>
<p><strong>TE</strong> : <strong>CHALEUR</strong> / <strong>froideur</strong> / <strong>mains</strong>, des, avec : asaf., asar., bar-c., bell., <strong>C</strong>alo., hell., iod., <em>ip.</em>, lact., lyc., nat-c., nat-m.<sup>3</sup>, ph-ac., sep., <strong>S</strong>umb.</p>
<p>Douleur, lourdeur avec sensation de pression au niveau du front vers l’extérieur :</p>
<p><strong>TE</strong> : <strong>DOULEUR</strong>, céphalée en général / <strong>PRESSIVE</strong> / <strong>Front</strong> / <strong>Éminence</strong> frontale / <strong>droite </strong>: <em>caust.</em>, <strong><em>H</em></strong><em>ell.</em><sup>16</sup>, sabin., spong.</p>
<p>Douleur stupéfiante au niveau de l’occiput</p>
<p>Douleur, occiput, <strong>fermant</strong> les yeux, en, <strong>amél</strong> : <strong><em>H</em></strong><em>ell.</em>, <strong><em>S</em></strong><em>ep.</em></p>
<p>Mouvements de la tête en particulier la nuit.</p>
<p><strong>TE</strong> : <strong>MOUVEMENTS</strong> de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / <strong>roule</strong> la tête / <strong>jour</strong> et nuit, avec gémissements : <em>hell.</em>, <em>lyc.</em></p>
<p>« Il ne sait où mettre sa tête, à cause de la violente douleur qu´il y éprouve; à chaque instant il se couche dans une autre position; il ne se trouve jamais mieux que quand il prend sur lui de rester tranquille, et que, fermant les yeux, il oublie sa douleur en sommeillant. » Hahnemann</p>
<p>Hydrocéphalie, inflammation du cerveau, des méninges.</p>
<p><strong>Yeux</strong></p>
<p>On a déjà signalé un certain nombre de symptômes, en particulier la fixité du regard, en particulier lors d’un accès de stupeur (ars., <em>hell.</em>). Les yeux sont enfoncés dans les orbites, ils sont tournés vers le haut, pendant la fièvre tout spécialement (<em>hell</em>, seul remède).</p>
<p>« Le texte dit : "Vision inaltérée." Néanmoins le malade voit imparfaitement; il ne regarde pas l´objet sur lequel est fixé son regard; l´étendue de son champ visuel paraît correcte, et pourtant quand on lui demande ce qu´il a vu il ne s´en souvient pas, les objets n´ont fait aucune impression sur sa mémoire ou son esprit. » Kent.</p>
<p><strong>Oreilles</strong></p>
<p>« L’audition est altérée, ou plutôt, il ne comprend ce qu’on lui dit, bien que le son lui parvienne. » Vithoulkas</p>
<p><strong>Nez :</strong></p>
<p>L’odorat est diminué. Fréquents éternuements, violents, le matin, immédiatement après le lever, « provoquant une fissure au milieu de la lèvre supérieure » Vithoulkas. Il a tendance à se mettre les doigts dans le nez (<strong>arum-t, cina, sil</strong>). Les narines sont dilatées et noirâtres comme si de la suie s’était déposée ( !).</p>
<p><strong>Visage :</strong></p>
<p>Expression stupide. Le front est plissé, en particulier dans les troubles cérébraux avec sueurs froides. Il peut y avoir une chute de la mâchoire inférieure, en même temps qu’un mouvement incessant de mâchonnement.</p>
<p>« Quelquefois les lèvres remuent sans qu´il en sorte aucun son.  Les lèvres remuent comme si l´enfant voulait dire quelque chose, mais si on lui pose de nouvelles questions, les mots qu´il voulait dire sont perdus, oubliés….</p>
<p>Nous rencontrons ce froncement des sourcils et ce front ridé précisément dans cette sorte de troubles cérébraux. Nous trouvons une semblable sorte de rides chez LYCOPODIUM, mais la maladie est alors située dans les poumons. » Kent</p>
<p><strong>Bouche : </strong></p>
<p>Il peut exister des ulcérations de la bouche en général et des gencives. Haleine putride. Diminution du goût, les aliments n’ont aucun goût. Tremblement de la langue, en la sortant (<strong>lach</strong>.). Il peut exister des mouvements de langue d’un côté à l’autre (<em>hell.</em>, lach., <em>lyc.</em>). Grincement de dents.</p>
<p><strong>Estomac : </strong></p>
<p>Faim inhabituelle en période de fièvre.</p>
<p><strong>ES</strong> : <strong>APPÉTIT</strong> / <strong>AUGMENTÉ</strong> (faim en général) / <strong>fièvre</strong> / <strong>pendant </strong>: <em>chin.</em>, <em>cina.</em>, <strong>C</strong>ur., <strong>E</strong>up-pur., hell., <strong>phos.</strong></p>
<p>La soif peut être augmentée, voire extrême, ou absente en particulier durant la fièvre.</p>
<p><strong>Abdomen :</strong></p>
<p>« Dans la première partie de l´expérimentation il y a de la diarrhée et de la dysenterie, avec d´abondantes selles blanches gélatineuses ou des selles ne consistant qu´en mucus pâle adhérent.</p>
<p> Puis vient une constipation paralytique, et ces malades cérébraux, prostrés, émaciés, tels que je les ai décrits, resteront couchés pendant des jours sans aller à la selle, sans aucune manifestation intestinale.  Après un jour ou deux les lavements resteront même sans effet. » Kent</p>
<p><strong>Appareil urinaire :</strong></p>
<p>Rétention d’urines ou anurie. Les urines peuvent s’écouler goutte à goutte, parfois miction involontaire, en particulier dans la typhoïde. Tableau de néphrite aigue ou subaigüe avec rétention d’eau et œdèmes importants.</p>
<p>Les urines peuvent être sanguinolentes ou on peut noter la présence de sédiments comme du marc de café.</p>
<p><strong>UR</strong> : <strong>SÉDIMENT</strong> / <strong>café</strong>, comme du marc de : <em>ambr.</em>, <strong>Apis.</strong>, <strong>HELL.</strong>, <strong><em>L</em></strong><em>ach.</em>, <em>ter.</em></p>
<p>Terebenthina est le remède le plus proche mais la miction est brûlante et les urines ont une odeur aromatique et sont facilement sanglantes, accompagnées d’un météorisme abdominal plus important.</p>
<p><strong>Appareil génital masculin :</strong></p>
<p>Affections suite de refoulement du désir sexuel (<strong>apis.</strong><sup>1</sup>, berb., calc., <strong>camph.</strong>, <em>carb-o.</em>, <strong>con.</strong>, <em>hell.</em>, kali-n.<sup>16</sup>, <em>lil-t.</em>, <strong>lyss.</strong>, <em>ph-ac.</em>, pic-ac., plat., <strong>puls.)</strong></p>
<p><strong>Appareil génital féminin :</strong></p>
<p>« Aménorrhée après déception amoureuse, après s’être mouillé les pieds. » Vithoulkas</p>
<p><strong>GF</strong> : <strong>RÈGLES</strong> / <strong>suppression</strong> des / <strong>mouillée</strong>, après s'être / <strong>pieds</strong>, les : <em>acon.</em>, <strong><em>G</em></strong><em>raph.</em>, <em>hell.</em>, <strong><em>N</em></strong><em>at-m.</em>, <strong>N</strong>ux-m., <strong>puls.</strong>, <strong>rhus-t.</strong></p>
<p><strong>Thorax :</strong></p>
<p>Pouls lent, petit, irrégulier. Epanchements pleuraux.</p>
<p><strong>Dos et Extrémités :</strong></p>
<p>Diminution du sens musculaire; il doit prêter une attention soutenue au fonctionnement de ses muscles. Relâchement subit des muscles ; il laisse tout à coup tomber les objets qu´il tenait.  </p>
<p>Les pouces sont recroquevillés à l’intérieur des paumes (Cupr).</p>
<p>Mouvements spasmodiques d´un bras ou d´une jambe.</p>
<p>Mouvements convulsifs ou plutôt automatiques.</p>
<p><strong>Peau</strong></p>
<p>Chute de cheveux et des ongles. Œdème important. Anasarque.</p>
<p><strong>Fièvre et frissons</strong></p>
<p>« Il y a dans ces fièvres, une soif ardente ou une faim de loup peu commune. » Kent.</p>
<p>Les frissons commencent dans les bras pour s’étendre ensuite : <strong>bras</strong> : <strong>bell.</strong>, dig., <strong>hell.</strong>, <em>ign.</em>, mez., plat.</p>
<p><strong>Modalités caractéristiques : </strong></p>
<p><em>AGGRAVATION : </em></p>
<p>De 16 h. à 20 h. ; du soir au matin; par l´air froid ; en se découvrant ; par le mouvement.</p>
<p><em>AMELIORATION </em></p>
<p>Par l´air chaud ; en fixant son attention sur ses maux.</p>
<p><em>DESIRS ET AVERSIONS</em></p>
<p>Faim avec dégoût des aliments ; aversion pour les légumes (<strong>légumes</strong> : bell., <em>hell.</em>, hydr., <em>mag-c.</em>, ruta).</p>
<h2>Quelques cas cliniques :</h2>
<p>  </p>
<h3>1° Cas Dr Cohen J. :</h3>
<p>Jeanne B. née le 17/09/88 accompagnée de ses parents me consulte pour autisme fin novembre 89 (elle a 15 mois). </p>
<p> A l´interrogatoire des parents, j´apprends que la mère a eu des difficultés à être de nouveau enceinte (première grossesse il y a 10 ans). Elle a subi divers examens, des stimulations d´ovulations, des inséminations artificielles. </p>
<p> Jeanne a été procréée sans l´intervention du corps médical. Elle est née par césarienne (la poche des eaux était colorée avec un cordon ombilical autour du cou). </p>
<p> Le lendemain de la naissance est apparu un ictère traité par U.V. Elle était somnolente, avait des difficultés à boire. </p>
<p> Vers le 10ème jour de vie, elle a présenté des <strong>convulsions toniques</strong>, convulsions qui ont persisté malgré le Gardénal. Les parents ont noté qu´elles vont surtout se manifester la nuit entre 19h et 6h du matin. </p>
<p> Les convulsions étaient nombreuses, fréquentes pendant les 6 premiers mois de la vie, puis elles vont persister mais plus rarement. </p>
<p> De plus, elle fait des colères par spasme lorsqu´on la dérange (quand on lui nettoie les mains ou les oreilles), quand elle entend un bruit brutal (une porte qui claque). </p>
<p> A l´observation : </p>
<p> - <strong>apparition par intermittence de la langue (protusion tongue)</strong> </p>
<p> - <strong>chewing léger.</strong> </p>
<p> - l´enfant joue avec ses mains, <strong>indifférente</strong> à ses parents, à ma présence     </p>
<p> - lorsque je lui mets un objet dans une main, elle le tient mais ne le regarde pas et joue avec l´autre main. </p>
<p> - elle sourit par intermittence dans le vague, parfois elle rit aux éclats, sans raison (semble-t-il !) </p>
<p> - je la prends dans les bras; elle ne dit rien mais me repousse si je la tiens serrée pour l´embrasser </p>
<p> - elle soupire beaucoup,<br />
- elle mange très peu, </p>
<p> - elle a des difficultés à avaler les liquides, les aliments semi-liquides, </p>
<p> Prescription : elle reçoit une dose X 30 K. </p>
<p> Un mois après deuxième consultation : </p>
<p> - elle regarde les objets, </p>
<p> - elle cherche le regard des autres et lorsqu´on la regarde elle éclate de rire, </p>
<p> - elle pousse des <strong>cris pendant son sommeil</strong> surtout durant la sieste,   </p>
<p> - elle gazouille dans son lit, pour la première fois de sa vie, </p>
<p> - elle tète la joue de ses parents, </p>
<p> - elle <strong>sort toujours sa langue comme un serpent</strong>; parfois sa langue sort sur le côté, </p>
<p> - toujours <strong>indifférente</strong> aux objets; lorsqu´on lui met un objet dans la main, elle ne le regarde pas, mais de temps en temps (et cela est nouveau) elle le laisse tomber, </p>
<p> - déglutit difficilement la soupe, il faut lui tenir la tête en arrière, les purées passent bien, </p>
<p> - elle se défend pendant l´examen clinique pour la première fois, elle tient assise seule. </p>
<p> Prescription : elle reçoit X XMK. </p>
<p> Troisième consultation en mars 90 : </p>
<p> - toujours indifférente aux autres sauf à son père, </p>
<p> - regarde plus les gens, tourne sa tête quand on l´appelle, </p>
<p> - elle joue toujours avec ses mains, prend seule les objets mais ne les regarde pas quand elle les tient, </p>
<p> - essaie de se mouvoir sur le dos ou sur le ventre, </p>
<p> - souvent elle frissonne, </p>
<p> - elle se réveille toujours en pleurant avec un regard apeuré,<br />
Mi-avril 90 : </p>
<p> - plus présente, sourit beaucoup, rit aux éclats de façon appropriée, mais toujours indifférente à sa famille, à son pédiatre, </p>
<p> Prescription : une dose d´X MMK (en raison de l´impatience du pédiatre). </p>
<p> Juin 90 : </p>
<p> - elle pleure souvent sans raison, </p>
<p> - elle refait des grimaces, </p>
<p> - elle ne veut pas manger, ni marcher, </p>
<p> - elle avale des morceaux et donc souvent avale de travers, </p>
<p> - elle grince des dents, </p>
<p> - toujours indifférente à sa famille, </p>
<p> Septembre 90 : </p>
<p> - elle attrape et prend son biberon seule, </p>
<p> - elle joue avec les objets, </p>
<p> - elle claque sa langue, </p>
<p> - elle sourit aux autres enfants (deux fois par semaine, va en garderie), </p>
<p> - s´endort souvent avec la langue dehors, </p>
<p> - inconsolable la nuit quand elle pleure durant le sommeil, </p>
<p> - elle aime les câlins, </p>
<p> - je me dirige vers elle : grande surprise : Jeanne me tend les bras, me sourit, m´embrasse et participe à la consultation pour la première fois; exécute des ordres simples comme : "donne ta main" "ouvre la bouche" ...... </p>
<p> J. Cohen (France). </p>
<h3>2° cas Publié dans Echos du Centre Liégeois d’Homéopathie :</h3>
<p>Je la vois la première fois au cabinet le 14.05.2003 avec sa mère. </p>
<p> C´est une blondinette aux yeux bleus qui serait ravissante si ce n´était un regard vide, hébété, qui m´évoque, malheureusement, fortement le look d´un poisson pas très frais... Elle dessine à ma demande, de temps en temps sursaute et nous regarde brièvement comme si elle nous découvrait pour la première fois. Par moments, elle mâchouille un chewing-gum imaginaire. Après beaucoup d´encouragement et de stimulation, elle déclare qu´elle est venue parce que "Je réfléchis pas assez bien, je suis toujours dans la lune". </p>
<p> A ma demande: "la lune" pour elle n´est pas du tout un monde de refuge fantasmagorique, mais vraiment ressemble à la surface lunaire "— Je ne pense à rien.", "— C´est vide.", "— Il n´y a rien.". </p>
<p> Sa mère décrit une grossesse, accouchement et petite enfance sans aucune particularité, si ce n´est une <strong>lenteur</strong> importante, insouciance, manque d´organisation et de concentration. Elle est à présent en <strong>retard</strong> à l´école qui souhaite lui faire redoubler l´année car elle n´arrive pas à lire de manière adéquate. </p>
<p> Amandine est timide, en retrait, mais joue bien avec d´autres enfants. Elle ne se met pas en colère et ne se défend pas quand on lui prend ses affaires ou on la malmène. Elle est maladroite et renverse les objets mais aime beaucoup le sport. Elle pleure facilement et ne supporte pas la douleur. Amandine a le plus grand <strong>mal à répondre à mes questions</strong> simples, elle semble perdre le fil de ses pensées, sursaute et retourne sur son dessin. </p>
<p> Un bilan complet audio et ophtalmologique a conclu qu´elle ne présentait aucun trouble sensoriel.<br />
Solution </p>
<p> PSYCHISME - LENTEUR - ne dit rien </p>
<p> PSYCHISME - LENTEUR - après longue réflexion </p>
<p> PSYCHISME - PAROLE, élocution - lente </p>
<p> PSYCHISME - CONCENTRATION - difficulté de concentration - en étudiant </p>
<p> PSYCHISME - GRIMACES </p>
<p> PSYCHISME - HEBETUDE </p>
<p> PSYCHISME - MALADRESSE, gaucherie </p>
<p> Helleborus niger 200K </p>
<p> Le 11.6.2003, je crois rencontrer une petite blonde pétillante pour la première fois! Amandine est transformée, vive, éveillée, elle intervient dans les conversations, corrige sa mère et fait preuve d´un bon sens de l´humour. Sa mère décrit la stupéfaction familiale quand 24 heures après de la prise du remède elle a pris la parole pour la première fois à table... </p>
<p> Helleborus niger 200K </p>
<p> 15.10.2003. Tout va beaucoup mieux mais la mère vient avec une liste de points sur lequel il faudrait activer la baguette magique: lire mieux et plus vite, ramasser ses affaires qu´elle laisse traîner partout, etc. </p>
<h3>3° cas Marie-Luc Fayeton :</h3>
<p>Un cas de psychose </p>
<p> Confirmation de l´hypothèse du Dr. Masi : Il a perdu la capacité de reconnaître une valeur aux choses et lui-même est sans valeur parce qu´il a voulu être La valeur. </p>
<p> Il s´agit d´un homme à l´adolescence difficile, échec scolaire et drogue, jusqu´à la rencontre d´une jeune femme dynamique dont il tombe amoureux à 20 ans, et ils vivent ensemble depuis 8 ans quand il décompense complètement à la naissance d´un enfant 7 mois avant la consultation. Il a renvoyé mère et enfant en Bretagne sans travail, sans ressources, et est retourné habiter chez sa mère.  </p>
<p> Échec de Fluoric acid donné le 16/11/84. </p>
<p> Le 7/1/ 85, Il est en pleine régression. Il ne se lave plus, il ne se rase plus, c´est la mère qui le lave et l´habille. Il passe sa journée assis sur une chaise, ou à suivre sa mère comme un toutou. </p>
<p> Il se présente devant moi comme un automate (Hell), raide, thorax en avant, menton relevé, bouche ouverte, bras écarté, le regard vague (Hell), il ne dit pas un mot (Hell).  </p>
<p> Il a répété plusieurs fois à sa mère : " je suis perdu " (Hell). </p>
<p> Si je pose une question, il y réfléchit longtemps (Hell), front serré (Hell), en se tirant sur les lèvres (Hell), pour finalement répéter la question (Hell). S´il arrive à parler, il parle extrêmement lentement (Hell), il ne finit pas ses phrases (Hell). </p>
<p> Beaucoup de patience me fait réussir à lui faire dire :  </p>
<p> " je suis indifférence (Hell) ". " Je suis comme un automate ". </p>
<p> " Cet enfant, je n´en voulais pas, je ne saurais dire pourquoi ".  </p>
<p> " Ça nous a désunis, je n´éprouve  plus d´amour pour ma concubine." </p>
<p> - Pourquoi dîtes vous ma concubine ?<br />
" Je ne la considère pas comme une femme par le fait même que je ne suis pas un homme. </p>
<p> " Je croyais avoir un but, je n´ai plus rien ". </p>
<p> " J´ai l´impression d´avoir vécu une indifférence comme ça après arrêt de la drogue. " </p>
<p> " J´ai du mal à penser que cet enfant, je puisse y être indifférent comme ça ;  ce petit, il n´y est pour rien." </p>
<p> Tous les symptômes se répertorisent à Helleborus. Je sors de ma trousse Helleborus 5 CH, j´en met dans l´eau et lui en donne toutes les 10 mn, tandis que j´essaie de le faire parler sur ce qu´il veut dire par le mot " perdu " </p>
<p> " Perdu, oui, je suis perdu ". </p>
<p> - Cela veut dire que vous ne guérirez pas? </p>
<p> - C´est plus profond. </p>
<p> - Ça a un rapport avec la vie éternelle ? (La famille est athée) </p>
<p> - Oui, c´est ça, c´est ça, on est une famille perdue. </p>
<p> Tout d´un coup, il se met à rire :  </p>
<p> " Ah, mais, je le sens, cette dose me fait du bien, je sens que vous, vous allez me sauver! "  </p>
<p> Il a passé une bonne soirée en famille, il paraissait guéri, et puis il a fait après souper une crise de tétanie, affolement général, appel aux urgences, hospitalisation, et quelques jours après, je le retrouve dans le même état que précédemment. </p>
<p> Le 11/1/85, je lui donne Helleborus XM. </p>
<p> Le 21/1, on me dit qu´il se lave, se rase, répond au téléphone. </p>
<p> Le 29/1, il a une allure presque normale en entrant chez moi : </p>
<p> - Comment allez-vous ?  </p>
<p> -  Si je parle vous allez penser que je vais mieux.  </p>
<p> -  Il faudrait surtout pas ?  </p>
<p> -  (il rit) Non c´est pas ça. </p>
<p> - Avez-vous toujours ce sentiment profond d´être perdu ? </p>
<p> - Oui. Ils croient que je vais sortir de cet état mais moi je... "<br />
- Vous m´aviez dit que vous méritiez un châtiment ? </p>
<p> - Certainement. </p>
<p> - Qu´est ce que cela peut être ? </p>
<p> - Que je reste comme ça.  </p>
<p> - Qui vous l´a donné ce châtiment ? </p>
<p>- Peut-être que c´est le Bon Dieu (il rit). </p>
<p> - Vous riez parce que vous savez que ce n´est pas vrai. Dieu veut que vous redeveniez un homme - <br />
- Qui vous dit que j´ai été un homme avant ? Toute ma vie ça été comme ça. </p>
<p> - On ne vous a pas appris que Dieu veut vous aider à devenir un homme ? </p>
<p> - Je crois que je n´ai rien compris. Je sais que vous dites vrai mais ça n´entre pas en moi. </p>
<p> - Pourquoi ? </p>
<p> - J´ai l´impression que les mots que j´entends maintenant n´avaient jamais eu de signification. J´ai toujours employé des mots sans en connaître la valeur. </p>
<p> La prescription s´est faite sur une répertorisation, mais toute l´histoire parle d´une absence de valeur : il n´est pas un homme, sa femme n´est pas une femme, il n´a jamais donné de valeur aux mots, il est indifférent à l´enfant, " le pauvre petit ". </p>
<p> Le 22/02/I985. </p>
<p> Il reçoit Helleborus LM : Résultat spectaculaire. </p>
<p> Le 27/03/I985. </p>
<p> La mère dit qu´elle le trouve beaucoup mieux. Il rencontre les copains. Il fait du sport, du ski, de la natation. Il fait de la musculation parce qu´il trouve que sa peau est trop molle. </p>
<p> En consultation, il n´avoue pas qu´il va mieux, mais il est redevenu un beau jeune homme coquet et il  plaisante avec moi. Il tremble encore à l´extension des doigts. </p>
<p> Je sens que l´angoisse de sa situation est un obstacle à sa guérison : faillite commerciale, aucun diplôme, le chômage dans la région. Aussi je lui dis :  </p>
<p> - Ne pensez pas à l´avenir,  car c´est l´angoisse de l´affronter qui vous empêche de guérir. </p>
<p> - Alors, à quoi faut-il penser ? S´il ne faut penser ni au passé, ni à l´avenir ? (il rit). Je me demande toujours si cette naissance, il faut que je l´assume ? Il m´a remplacé d´une certaine façon, le " pauvre petit ". Il n´y est pour rien, je me montrais toujours fort, j´étais très faible, et j´en arrive toujours au même point ; c´est cette naissance. Il est bien là. On ne peut pas le supprimer. Il existe. </p>
<p> Là où je me suis leurré c´est en prenant du LSD, on brûle les étapes, on a l´impression de résoudre les problèmes avec le LSD, et face à des problèmes d´adulte on n´est pas prêt. </p>
<p> Cérébralement, ça m´a laissé quelque chose. Ca m´a lésé le cerveau ". </p>
<p> - Non, vous n´avez aucune lésion au cerveau. Mais vous n´avez pas fait votre maturité. Votre paternité est comme une jambe cassée. Laissez là dans le plâtre sans l´obliger à fonctionner tant qu´elle est incapable de fonctionner. Quand elle fonctionnera, vous sentirez en vous l´envie de cet enfant. </p>
<p> - Et si ça n´arrive jamais ?  </p>
<p> - Je vous promets que ça arrivera, mais en temps voulu. Pour l´instant n´y pensez pas. </p>
<p> Il est parti tout content.<br />
Le 18/041985 </p>
<p> J´apprends pas sa mère qu´il a envoyé un cadeau à son fils. </p>
<p> Le 06/02/1986 </p>
<p> Il lance une petite affaire, a pris un appartement, attend sa femme et son fils qui vont arriver de Bretagne de façon imminente. </p>
<p> Le 25/07/1987 </p>
<p> Il m´annonce une " bonne nouvelle ", sa femme attend un 2° enfant. </p>
<p> Une nouvelle dose de Helleborus réglera :<br />
- Une crise de foie en février 86. </p>
<p>- Une gonalgie post traumatique durant depuis 2 mois en Février 87. </p>
<p>- Un rhume suite de baignade en rivière en juillet 87. </p>
<p> Je le revois le 31/12/93. Il a deux enfants, sa femme est heureuse, il n´y a pas de père plus tendre, il a monté une petite entreprise de plomberie en Corse, ça va bien. Mais il se sent un peu déprimé : </p>
<p> "J´ai de l´argent et j´en profite. Quand je regarde ma petite famille, je me dis que je suis heureux. Je fais du tennis, du ski. Mais en fait, je me crée un personnage, je ne suis pas comblé. Il arrive un moment où je perds ma motivation. J´acquiers le savoir par l´expérience de la vie, je n´ai pas le nez fourré dans les bouquins. A l´école, j´étais attiré par ce qui se passait dehors, je cherchais les sensations, je jubile quand je me fais des sensations. C´est pas là que je vais m´enrichir. Finalement, je n´ai pas un rôle intéressant à jouer, ma valeur, dans le commerce, ça se mesure au chiffre d´affaires, c´est tout du vent; les confrères, dans la profession, ce n´est pas des lumières, ils sont mesquins, jaloux. Je voudrais être comme vous. " </p>
<p> Autrement dit : </p>
<p> Ses activités ne le comblent pas. </p>
<p> Ses sensations, ce n´est pas ça qui va l´enrichir (au sens de lui donner de la valeur). </p>
<p> Ses relations, ce ne sont pas des lumières. </p>
<p> Sa profession ne lui donne pas beaucoup de valeur.<br />
Bref, rien n´a de valeur, et lui non plus. La même problématique profonde, mais combien plus nuancée ! </p>
<p> " - Qu´est-ce que vous m´enviez ? </p>
<p> " - Vous, votre valeur, c´est de guérir les gens. Et puis, vous avez des certitudes, il n´y a pas de doutes dans votre tête. La question à laquelle je ne pourrai jamais répondre, c´est l´existence de Dieu. Là encore, il y a beaucoup d´efforts à faire pour en savoir davantage. Je suis attiré par certaines choses, mais il y a un blocage. " </p>
<p> Autrement dit, il n´a pas " découvert le bonheur humain comme un cadeau de Dieu pour l´aider à comprendre la divinité " (Masi). </p>
<p> HELLEBORUS 100K abMM </p>
<p> Le 11/12/96, je le revois dans mon cabinet. Il ne vient pas chercher une dose. Il en a pris une cet été. Il a été " déstabilisé " quand le frère de son amie a laissé sa femme.  </p>
<p> " La dose m´a fait beaucoup de bien tout de suite, dit-il, mais après une dose on rentre dans une phase où on se pose des questions. Avant, je redoutais ça, maintenant, j´y prends plaisir, je suis vraiment moi-même. J´ai réalisé que je n´étais pas un homme honnête. Il a fallu que je vienne vous en parler, mon cœur bat depuis hier soir à l´idée de vous rencontrer. Je ne suis pas croyant, et en même temps, je pense à vous. Je ne comprends pas. Vous êtes la seule parole du Bon Dieu pour moi. Je n´ai aucune instruction, je n´ai rien fait à l´école. Le travail que je fais ne nécessite pas d´autre qualification pour réussir que d´être roublard ; ça tient avec des combines. Les gens qui voient ma réussite trouvent ça formidable. S´ils savaient ! L´argent que je gagne n´est pas toujours gagné à la sueur de mon front. Je n´ai pas envie de la vie modeste d´un homme honnête. L´honnêteté, ça ne paye pas. Je n´ai pas la force de la choisir, et je ressens une insatisfaction profonde, ça sonne creux. Pour me sentir mieux, est-ce qu´il faut que je passe par là : appliquer les dix commandements ? " </p>
<p> Je ne sais pas la suite de cet échange, mais je peux le dire vraiment guéri : la guérison, c´est la lucidité, après, l´homme en fait ce qu´il veut. </p>
<p> Dr. Fayeton, le 23/5/97<br />
Evolution </p>
<p> Le 20/8/99, il va bien; il a eu un accident de voiture en 98 qui s´est soldé par un lumbago et une manipulation vertébrale. </p>
<p> " Le type a grillé le feu, mais je n´ai pas eu de bons réflexes, j´étais mal dans ma peau, trop pris par mes soucis; j´ai repris une dose d´Helleborus, ça m´a rendu les idées plus claires. " </p>
<p> Il est  attaché à la Corse, mais il aimerait vivre dans plus de légalité, et il se pose la question de revenir sur le continent, il n´arrive pas à se décider.  </p>
<p> - Et vous, par rapport à la l´honnêteté personnelle, ça ne vous pose plus de problèmes ? </p>
<p> - j´ai réussi à me modifier par rapport à ça, je suis plus clair. </p>
<p> Dr. Fayeton, le 20/8/99 </p>
<h3>4° cas Dr KERSTEIN :</h3>
<p>Grégory, 7 ans et demi, aîné de trois enfants, se présente en septembre 92. </p>
<p>Motif de la consultation : trois verrues, une sur les yeux, une autre au pied et une sur un orteil. </p>
<p>Mais la mère ajoute finement " Je sais que les homéopathes s´intéressent à tout, alors je complète. Grégory se plaint parfois du ventre, notamment, mais pas exclusivement en voiture ". </p>
<p>Accouchement au forceps. </p>
<p>A un an : selles trop nombreuses, guérison par homéopathie. </p>
<p>A l´école maternelle et même actuellement, l´enfant se sépare difficilement de sa mère. </p>
<p>Physique, goûts et aversions alimentaires : rien à signaler. </p>
<p>Plutôt ordonné, il se contrôle assez bien. Très réservé, ne se livre guère, manque de confiance en lui. </p>
<p>La mère ajoute : " Il se concentre difficilement quand il s´agit de faire ses devoirs ou d´étudier ; je dois l´aider ; son esprit est dispersé, il est lent et cette lenteur a été confirmée par son instituteur, il semble ne pas entendre, ni comprendre au point que je l´ai conduit chez l´ORL, qui n´a rien trouvé d´anormal ". </p>
<p>A ce moment, je crois tenir le remède mais je freine mon enthousiasme, et j´interroge moi-même Grégory qui tarde à répondre. </p>
<p>A l´examen, je constate une certaine hypotonie musculaire. L´enfant porte des lunettes, la mère me signale qu´il a été opéré de strabisme l´an dernier. </p>
<p>Solution </p>
<p>Par principe, j´effectue une petite répertorisation. </p>
<p> 1. Mind, slowness </p>
<p> 2. Mind, concentration, difficult, studying </p>
<p> 3. Eye, strabismus </p>
<p> 4. Mind, childish behaviour (à l´heure actuelle, l´enfant se sépare difficilement de sa mère).</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="670">
<tbody>
<tr>
<td width="40" valign="top"> 1 </td>
<td width="50" valign="top">1234 </td>
<td width="40" valign="top">1  </td>
<td width="507" valign="top">PSYCHISME - LENTEUR </td>
<td width="33" valign="top"> 149  </td>
</tr>
<tr>
<td width="40" valign="top">2 </td>
<td width="50" valign="top">1234 </td>
<td width="40" valign="top">1  </td>
<td width="507" valign="top">PSYCHISME - CONCENTRATION - difficulté de - étudiant; en </td>
<td width="33" valign="top"> 108  </td>
</tr>
<tr>
<td width="40" valign="top">3 </td>
<td width="50" valign="top">1234 </td>
<td width="40" valign="top">1  </td>
<td width="507" valign="top">OEIL - STRABISME </td>
<td width="33" valign="top"> 88  </td>
</tr>
<tr>
<td width="40" valign="top">4 </td>
<td width="50" valign="top">1234 </td>
<td width="40" valign="top">1  </td>
<td width="507" valign="top">PSYCHISME - ENFANTIN, puéril; comportement </td>
<td width="33" valign="top"> 75  </td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="41" valign="top">    </td>
<td width="63" valign="top"><strong>hell.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>nux-v.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>calc.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>aeth.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>bell.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>puls.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>sulph.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>alum.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>hyos.</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>lyc.</strong> </td>
<p>  </tr>
<tr>
<td width="41" valign="top"> </td>
</tr>
<tr>
<td width="63" valign="top"><strong>4/10</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/8</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/7</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/6</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/6</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/6</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/6</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/5</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/5</strong> </td>
<td width="63" valign="top"><strong>4/5</strong> </td>
<p>  </tr>
<tr>
<td width="41" valign="top">1</td>
</tr>
<tr>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<p>  </tr>
<tr>
<td width="41" valign="top">2</td>
</tr>
<tr>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">4 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<p>  </tr>
<tr>
<td width="41" valign="top">3</td>
</tr>
<tr>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">3 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<p>  </tr>
<tr>
<td width="41" valign="top">4</td>
</tr>
<tr>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">2 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
<td width="63" valign="top">1 </td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>  </p>
<p>La répertorisation ne fait que confirmer l´impression que Helleborus est le bon remède, la mère m´avait donné la clé du problème en consultant un ORL pour l´audition insuffisante, alors que l´examen est normal. </p>
<p> Hering nous dit : " L´appareil auditif est intact mais n´entend rien distinctement, ni ne comprend, répond après avoir réfléchi longtemps " (comme Grégory). </p>
<p>  Donc Hell 200 K à renouveler après un mois si nécessaire. </p>
<p> Décembre 1992 : après deux mois, je revois Grégory.  </p>
<p>Il ne s´est plus plaint de l´abdomen. Mais surtout, à la grande joie de la mère, les trois verrues ont disparu après un mois, bien qu´Helleborus ne soit pas évoqué dans la rubrique des verrues. </p>
<p> Mais je suis plus ambitieux que les parents, je suis convaincu que, dans ce cas, l´homéopathie peut être autre chose qu´un traitement anti verrues, qu´elle peut toucher le mental de ce garçon. Bien qu´il ait de bons résultats scolaires, la mère reconnaît que son fils doit être aidé, et qu´en fait, il travaille plus que ses compagnons. </p>
<p> D´ailleurs, ses parents ont conscience du problème et viennent de commencer une approche psychologique chez un spécialiste. </p>
<p> Pour ma part, je souhaite pouvoir continuer l´administration d´Helleborus, tout en sachant qu´un résultat favorable pourrait être attribué au traitement psychiatrique. </p>
<h3>5° cas Dr Ozanon :</h3>
<p>25 ans de mariage, 25 ans de confiance aveugle. C´est un homme effondré qui m´est "amené" par sa belle-sœur. </p>
<p> " Depuis deux mois il est prostré, il n´assume plus rien: il vient de découvrir que sa femme l´a dilapidé de tout son argent. Il est au bord du divorce, c´est elle qui fait les formalités. Depuis des années sa femme se mettait de l´argent de côté, elle a entièrement équipé le futur appartement qu´elle occupera avec son amant. Et mon beau-frère n´a jamais rien remarqué. De plus, elle était très dépensière depuis quelques mois: plus de 30 paires de chaussures, des robes, des manteaux... La dernière note de téléphone s´élève à 8000 Fr., c´est son banquier qui l´a mis en garde, le découvert devenant énorme. Faites quelque chose pour lui, aidez le à réagir, il a toujours été fragile, il avait fait une première dépression après le décès son père. Je l´ai forcé à venir vous voir, il restait muré". </p>
<p> Je demande à le rencontrer seul: c´est en effet un homme de 50 ans "abasourdi" qui s´installe devant moi: "un coup d´assommoir, elle va m´anéantir", murmure-t-il. L´interrogatoire n´est pas facile. Il me parle de ses 2 enfants qu´il a mis au courant depuis 3 semaines: "le plus jeune de 15 ans m´échappe, l´aîné de 17 ans est de marbre...". Il me parle de sa fragilité nerveuse: fatigable, il est peu résistant au travail, affrontant mal les difficultés, les conflits. Dans les ATCD, il me signale une tumeur cérébrale opérée à 13 ans. La récupération a été très longue: problèmes de mémoire, d´élocution, ce qui l´a obligé à arrêter ses études de pharmacie. Il est alors rentré dans l´entreprise familiale (encore dirigée par sa mère de 85 ans qui est une véritable maîtresse femme). Il ne va mieux que depuis 10 ans environ, mais reste passif, ayant peu d´intérêt aux choses de la vie quotidienne, n´ayant qu´un rôle subalterne dans son travail. Il ne ressent même pas d´ennui, fonctionnant presque comme un automate.<br />
Je feuillette mon répertoire: </p>
<p> PSYCHISME - STUPÉFACTION  (stupeur) - traumatisme à la tête; après un: 6 remèdes: </p>
<p> Arnica, cicuta, conium, helleborus, pulsatilla, rhus tox. </p>
<p> Je me rappelle un travail de Masi d´oct. 89 concernant Helleborus: "Toutes les choses lui semblent superficielles et sans valeur. "Vanité des vanités, tout est vanité". Perte de la joie de vivre: il voit la joie des gens et tous ses malaises s´aggravent. Sa faute: a voulu  avoir toutes les valeurs. Châtiment: perd la capacité de reconnaître une valeur aux choses. Egt: sera donneur de valeur. </p>
<p>  HELLEBORUS XM est donné en avril 94. Je le revois un mois plus tard: "j´ai l´impression d´émerger d´une longue léthargie". Il est en effet rapidement sorti de sa torpeur et a repris la situation en main: démarche chez l´avocat, discussion avec ses enfants, reprise du travail... Je le reverrai encore deux à trois fois. Helleborus ne sera redonné qu´une seule fois devant une reprise des angoisses avec insomnie et une difficulté à réfléchir... </p>
<p> Des nouvelles me sont données régulièrement par sa belle-sœur: ses affaires sont définitivement réglées, il vit avec ses enfants et s´est bien réinvesti dans son travail. </p>
<h3>6° cas G. Vithoulkas :</h3>
<p>Un jeune homme, 22 ans, est venu à notre consultation. Il se plaignait surtout d’une céphalée chronique, d’une lourdeur marquée de la tête et il observait que ses céphalées étaient fortement accentuées par l’effort intellectuel. Il lui était de ce fait impossible de se concentrer. Ses maux de tête avaient débuté il y a quelques années, à une période où il avait échoué trois fois de suite à ses examens scolaires. Il se disait paresseux et sans aucun gout pour l’étude, il résumait son comportement en disant, “J’aimerai mieux voir le diable qu’un bouquin.” Il était actuellement encore à l’école et craignait d’échouer une nouvelle fois à ses examens, ce qui lui procurait beaucoup d’anxiété et de désespoir et, parfois même, des idées suicidaires. </p>
<p>L’aspect le plus important du cas, c’était l’impression qu’il donnait lors de l’examen. Il apparaissait ralenti et lourd, et très lent à comprendre. Il donnait rarement d’information de son propre chef et se contentait de rester assis sans bouger, avec un regard presque stupide. Il fermait souvent ses yeux et semblait épuisé. Lorsqu’on le pressait de questions, en l’encourageant à être plus précis dans ses réponses, il plissait le front en un effort de réflexion manifestement pénible et inefficace. Il était très lent et répondait aux questions uniquement par quelques mots. Tout effort de concentration était rapidement abandonné, et il répondait assez souvent, "Je ne sais pas." En deux mois, Helleborus 50M l’a transformé. </p>
<p>Selon mes vues, ce cas est tout à fait caractéristique d’Helleborus, et correspond aux stades initiaux de la pathogénésie du remède.  La lenteur est caractéristique. Ici nous avons un patient qui éprouve une grande difficulté à percevoir des stimuli, des questions par exemple, et à tenter d’y répondre. Le patient Helleborus marque une pause assez longue et finit par répondre avec hésitation. "Je le crois," est souvent sa meilleure réponse. Dans le Répertoire, nous trouvons Helleborus dans la rubrique, <em>'Répondre, réfléchit longtemps avant de'</em>. </p>
<p>Il nous faut noter aussi ce type de céphalée; une céphalée stupéfiante. Stupéfaction et ralentissement caractérisent ce cas. Dans notre matière médicale, on ne peut trouver les descriptions de tous les cas que l’on peut rencontrer, mais les thèmes généraux de la description du remède nous nous donnent des indices qui peuvent être appliqués à ces cas. </p>
<p>Le principal thème d’Helleborus dont on doit se souvenir est la stupéfaction et la difficulté de communiquer. Il y a bien sûr une grande différence entre ce stade précoce dans la pathologie d’Helleborus, et les stades plus évolués et plus caractéristiques, avec stupeur, convulsions, roulement de la tête en agonie, et inflammation du cerveau et des méninges. </p>
<h3>7° cas Dr Kent J.T. :</h3>
<p>Il s’agit d’un enfant âgé de 8 à 10 mois, atteint d’hydrocéphalie, pour lequel plusieurs médecins parmi les meilleurs établis dans notre ville ont décidé d’abandonner tout soin, considérant son cas au-delà de toute solution thérapeutique. C’est ce qu’ils ont tous dit à son père, après confirmation du diagnostic. J’ai été appelé vingt-quatre heures après cette révélation. L’enfant était totalement inconscient alors et avait, depuis deux jours, les pupilles très dilatées, sans réaction cornéenne au toucher, et tout portait à prédire une mort proche. </p>
<p>La première question que j’ai posée était la suivante: "Les reins fonctionnent-ils depuis un ou deux jours?" et après que l’on m’ait certifié qu’il n’avait presque pas uriné, je lui ai prescrit immédiatement Helleborus 1000,  une dose. En quelques heures, il y a eu une bonne reprise de la diurèse, diurèse qui s’est accentuée et maintenue ensuite, avec modification de tous les symptômes cérébraux jour après jour, avec retour de la conscience en une semaine environ, et une récupération complète de la santé en deux ou trois semaines. </p>
<p>Pendant toute cette période, il n’a fallu qu’une à deux doses au plus d’Helleborus, accompagnées d’une seule dose de <em>Bell</em>., <em>Nux</em>., et d’un ou deux remèdes en haute dynamisation, pour des symptômes les nécessitant ; mais ces doses n’ont été administrées que pendant une durée de 24h, et en général à des intervalles de deux à quatre jours voire plus. Cet enfant est devenu l’enfant le plus brillant de cette grande famille, et a bien réussi dans sa scolarité. </p>
<p><strong>Kent, Homeopathic Physician - 1881, vol. I, No. 7</strong> </p>
<h2>Bibliographie :</h2>
<p>  </p>
<p>Duprat Henry, Traité de Matière Médicale Homéopathique, 2° édition, J.B. Baillère </p>
<p>Farrington E. A. Matière Médicale Clinique. Editions Similia </p>
<p>Hering C., Les Symptômes Guides de Notre Matière Médicale, tome 5. </p>
<p>Kent J.T. Matière Médicale Homéopathique </p>
<p>Kerstein J., Ma pratique Homéopathique au quotidien – 101 Cas commentés. </p>
<p>Lathoud J.A., Etudes de Matière Médicale Homéopathique </p>
<p>Mateu Ratera, Premiers Secours en Homéopathie </p>
<p>Vithoulkas George, Talks on Classical Homeopathy. B. Jain. </p>
<p>Vithoulkas George, Materia Medica Viva, tome XI</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif"><img src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif" alt="" title="cdr_bouton" width="99" height="33" class="aligncenter size-full wp-image-866" /></a></p>
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		<title>Comment devenir homéopathe !</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Feb 2008 07:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment devenir homéopathe
Interview d’André Saine, N.D., F.C.A.H.
Deuxième Partie
De nos jours, vous risquez plus d’être induit en erreur que guidé car il n’y a pas aujourd’hui de grand maître de la Matière Médicale. Il y a beaucoup d’enseignants qui se prétendent "maîtres", ils sont souvent suivis d’un grand nombre de disciples, mais la plupart du temps, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><strong>Comment devenir homéopathe<br />
</strong>Interview d’André Saine, N.D., F.C.A.H.<br />
<strong>Deuxième Partie</strong><br />
<em>De nos jours, vous risquez plus d’être induit en erreur que guidé car il n’y a pas aujourd’hui de grand maître de la Matière Médicale. Il y a beaucoup d’enseignants qui se prétendent "maîtres", ils sont souvent suivis d’un grand nombre de disciples, mais la plupart du temps, il s’agit d’un aveugle qui conduit d’autres aveugles. </em><br />
<a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/andre_sain_naturopathic_doctor_montreal.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-103" title="andre_sain_naturopathic_doctor_montreal" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/andre_sain_naturopathic_doctor_montreal.jpg" alt="" width="150" height="147" /></a>André Saine est diplômé du National College of Naturopathic Medicine à Portland, Oregon et aussi de l’Homeopathic academy of Naturopathic Physicians. Il enseigne l’Homéopathie et fait des conférences depuis 1985. Un des points principaux de son travail clinique est le traitement de patients souffrant de maladies chroniques graves. A côté de sa pratique à Montréal, Canada, il est le Doyen et le principal enseignant de la formation postuniversitaire de la Canadian Academy of Homeopathy depuis 1986.</p>
<div>
<p><strong>Q: Quels sont les meilleurs ouvrages de matière médicale pour un débutant ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question difficile à répondre car la matière médicale est très vaste. Il y a deux éléments dans votre question à envisager. Le premier point se rapporte à la qualité et le second à l’accessibilité de l’ouvrage. Pour les débutants, le critère le plus important témoignant de la qualité d’une matière médicale est la fiabilité de l’auteur. Les meilleurs ouvrages de Matière Médicale ne sont pas forcément facilement accessibles au débutant. Si je disais à un débutant de commencer avec Hahnemann sans autre information, je ne lui donnerais pas un très bon conseil. Bien sûr, pour ce qui est de la fiabilité, Hahnemann est de loin le meilleur mais il y a un grand risque pour le débutant d’être submergé par l’énorme quantité de livres écrits par Hahnemann sur la matière médicale. Prenons par exemple Sulphur, dans les Maladies Chroniques d’Hahnemann. Cela fait plus de 1900 symptômes. Sans plus ample information sur la façon d’utiliser ces livres, le débutant peut se sentir désespéré. Il ne faut pas seulement conseiller un livre à l’étudiant - il faut aussi lui apprendre comment s’en servir. Il doit apprendre comment étudier et se servir des Maladies Chroniques d’Hahnemann, des Guiding Symptoms de Hering or de l’Encyclopédie de la Matière Médicale Pure de Allen. Il faudrait qu’il sache comment ses livres ont été écrits et comment on doit s’en servir.</p>
<p>Pour revenir à votre question : pour quelqu’un qui n’a jamais étudié la matière médicale, qui n’y connaît rien et qui désire commencer, je conseillerais en premier lieu les Leaders de Nash, qui constituent une introduction agréable et amusante à la matière médicale. Un autre ouvrage dans la même optique serait les Portraits de Remèdes Homéopathiques de Margaret Tyler. C’est simple, fiable, rempli d’anecdotes intéressantes et contenant beaucoup de citations d’auteurs dignes de foi : Hahnemann, Lippe, Hering, Nash, Kent, etc. ; c’est une approche simplifiée de notre vaste matière médicale. De même, je pourrais aussi conseiller deux autres livres dans lesquels les auteurs se sont servis d’expressions de langage plus modernes, ce sont les Etudes de Remèdes Homéopathiques de Gibson et Homéopathie et Prescription Homéopathique d’Harvey Farrington. Ce sont ces quatre livres que je conseillerais au débutant car ils sont accessibles et fiables. Ensuite, pour progresser plus avant, on devra dire à l’étudiant sérieux en Homéopathie comment utiliser les livres fondamentaux.<br />
<strong>Q: De nombreux homéopathes ont essayé d’organiser et de résumer les symptômes de certains remèdes afin de les rendre plus faciles à comprendre. Quel est votre avis sur de telles "portraits de remèdes"? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Hé bien, il y a là un certain danger et il faut être très prudent. Si vous avez un portrait d’un remède, il y a toujours le danger de ne prendre qu’un aspect du remède et de généraliser en disant "C’est le remède." Ou vous pouvez vous tromper complètement dans votre portrait et donc être éloigné de la réalité. Lorsque quelqu’un vous dit : "C’est la nature du remède, c’est le portrait de ce remède" - prenez-le avec un peu de prudence. Il se peut que cela soit totalement infondé et que cela détourne du droit chemin l’étudiant pendant des années. Il y a grand danger à généraliser. Sauf si celui qui fait cette généralisation la fonde sur une étude rigoureuse des provings complétée par une expérience clinique importante. Je n’ai rien contre Hahnemann lorsqu’il dit de ne pas prescrire Nux vomica si le patient est doux et flegmatique ou Aconitum si le patient est calme et tranquille, aussi longtemps que l’étudiant comprend de façon claire qu’il y a des exceptions à ces généralisations. Ces généralisations représentant la nature du remède ou l’état du patient nécessitant ce remède, sont en général, très utiles pour le débutant pour l’aider à percevoir le remède avec plus de facilité. Malheureusement, tous ceux qui enseignent la matière médicale et qui généralisent n’ont pas fait une étude attentive des provings, ne sont pas des observateurs fiables et n’ont pas une importante expérience clinique. Le danger de faire de fausses interprétations et de créer de fausses images est très grand. Ces généralisations ne sont pas un gros problème tant que l’étudiant comprend qu’une étude soigneuse du proving est toujours la meilleure façon de procéder et qu’elle aura toujours le dernier mot permettant de décider du degré de similitude - et non l’opinion de quiconque, quel que soit le nom ce cette personne.</p>
<p>Je n’ai rien contre P. P. Wells lorsqu’il dit que Belladonna est caractérisé par la violence dans le fonctionnement de l’esprit et du corps. Il s’agit d’un auteur très sûr avec une importante expérience clinique, et qui a étudié les provings de façon très rigoureuse. Ce type de généralisation est très séduisante pour l’étudiant de la matière médicale et nous pouvons nous rendre compte facilement du caractère trompeur que cela prend si l’auteur n’est pas digne de foi, ce qui est plus souvent la règle que l’exception aujourd’hui. De nos jours, vous avez plus de chances d’être induit en erreur que d’être bien guidé, puisque n’importe qui peut aisément s’afficher comme un maitre de la matière médicale. De soi-disant "maitres" sont très courants, ils ont souvent un grand nombre de disciples fidèles, mais la plupart du temps, c’est l’aveugle guidant d’autres aveugles. Je connais quelques médecins qui ont suivi de tels enseignants comme on suivrait un gourou - certains d’entre eux ont perdu dix ans à prescrire sur de fausses images avant de se réveiller, et même maintenant, ils trouvent que c’est difficile de se débarrasser de ces idées. Parfois, lorsqu’ils me soumettent des cas cliniques - cas pour lesquels ils ont bien sûr échoué - ce que je les entends le plus souvent dire, c’est : "Pourquoi n’ai-je pas vu ce remède ? Comment ai-je pu le manquer ?"</p>
<p>La réponse est simple. Ils n’ont pas suivi le conseil de base donné par Hahnemann, qui est tout d’abord de prendre une observation complète. Une fois ceci bien fait, même un débutant serait capable de trouver le remède parce que nous avons une description parfaite du phénomène morbide. Sinon, avec un cas incomplet ou un cas rempli d’interprétations erronées, même un expert ne serait pas capable de trouver le bon remède. La seconde étape est d’analyser le cas pour trouver parmi la totalité des symptômes, ceux qui sont les plus frappants, les plus caractéristiques, les plus particuliers. La totalité de ces symptômes caractéristiques constitue ce que Guernsey appelait le génie de la maladie.</p>
<p>De façon similaire, lorsque nous étudions la matière médicale, nous essayerons d’identifier dans un remède son génie, ce qui constitue son identité ou son individualité, ce qui le distingue de tous les autres. En étudiant un cas, nous devons comparer le génie de la maladie au génie du remède. C’est l’essentiel de la méthode. Si nous prenons une observation clinique et que nous nous laissons emporter par nos préjugés en interprétant avec négligence ce qui dit le patient, nous ne prêtons pas attention dans ce cas au pur langage de la nature, et comme Hahnemann le dit, et nous ne pratiquons pas un interrogatoire "soigneux et honnête". Lorsque nous en venons à l’analyse du cas et que nous superposons l’ensemble de nos interprétations des remèdes, nous ne suivons plus les traces d’Hahnemann mais pratiquons quelque chose qui ne peut plus être appelé la science de l’Homéopathie, et qui est plus proche de l’ésotérisme. Plus nous réduisons le portrait d’un remède, moins nous sommes capables de le reconnaître dans toutes ses nombreux aspects cliniques. Plus nous limitons l’image d’un remède, plus la réalité aura été déformée au point de ne plus être capables de reconnaitre son indication, même si elle semble très claire pour un prescripteur impartial.</p>
<p>De tous les très nombreux ajouts au répertoire, je considère que 90% de ceux que je confirme quotidiennement en pratique viennent d’Hahnemann. Dix pour cent viennent d’autres auteurs, et la plus grande partie de ces derniers viennent de l’Encyclopédie de Allen et des Guiding Symptoms de Hering. On ne peut en dire autant de tous ces auteurs modernes, en dehors d’une absence presque totale de fiabilité. Si vous recherchez des informations dignes de confiance, il vous faut commencer avec Hahnemann - et ensuite poursuivre avec Lippe. Lippe a pris tous les écrits d’Hahnemann, comme il les a trouvés, il les a appliqués à la lettre et en a publié ensuite leur confirmation. Il a eu cinquante années d’expérience pour approfondir ce qu’il affirme. Après avoir lu Lippe, nous pouvons revenir à Hahnemann pour mieux l’assimiler. Lippe était - et est encore - le meilleur professeur pour faire comprendre l’œuvre d’Hahnemann, en particulier en ce qui concerne les aspects cliniques de l’homéopathie. Les écrits de Lippe sont pleins d’énergie, attractifs, intelligents, logiques, clairs, profonds, critiques et pertinents. Hering est également très fiable. Il nous donne une vision large et comme Hahnemann c’était un chercheur.</p>
<p>Puis, il y a Dunham. Tout médecin homéopathe doit lire l’Homéopathie, la Science des Thérapeutiques de Carroll Dunham. C’est un bijou, il contient quelques-unes des pages les plus belles et les plus claires jamais écrites dans l’histoire de l’homéopathie. Il aborde des sujets difficiles comme la place de la thérapeutique par rapport à l’hygiène, ou les symptômes primaires et secondaires des médicaments, l’alternance de remèdes, l’utilisation des hautes dynamisations, le problème de la dose, le lien entre pathologie et thérapeutique, etc. Il a écrit sur ces sujets car il y avait un besoin de clarifier ces aspects de l’homéopathie qui sont embrouillés dans les écrits d’Hahnemann. Le style de Dunham est très clair et précis. Prenons par exemple le difficile sujet des symptômes primaires et secondaires des médicaments. Hahnemann a écrit à ce sujet très souvent dans l’Organon et ses autres travaux. Plus vous lisez Hahnemann, moins cela vous parait clair. Dunham reprend le problème et finit par le rendre clair. Plus tard, Kent reprend à son tour le sujet et nous sommes à nouveau dans la confusion.</p>
<p>Et puis, tout ce que vous pouvez trouver écrit par Nash est toujours de grande valeur, tout comme H. N. Guernsey, P. P. Wells, Joslin (senior), Yingling, Skinner, H. C. Allen, Harvey Farrington, Pierre Schmidt, Herbert Roberts, Elizabeth Wright-Hubbard, Julia Green. Pour ce qui est des auteurs contemporains, il y a Jacques Baur, qui est l’éditeur d’un excellent journal français, les Cahiers du Groupement Hahnemannien du Dr. Pierre Schmidt. Dr. Baur travaille actuellement sur la publication d’une compilation des écrits de Pierre Schmidt regroupant une série d’articles écrits durant les trente dernières années de sa vie. Ce sera un recueil sûrement intéressant à lire venant d’un auteur aussi raffiné que lui. Il y a toujours beaucoup à apprendre de bonnes revues. Je recommande à mes étudiants de chercher de bonnes revues, anciennes ou nouvelles, et de les lire de façon régulière. C’est une excellente manière de parfaire son éducation. Il y a un certain nombre d’anciennes revues qui peuvent être lues de bout en bout. C’est le cas de la revue The Homœopathic Physician, de l’Organon ou de la revue The Hahnemannian Advocate. Prenons cette dernière qui est vraiment exceptionnelle. Il y a eu neuf volumes publiés comprenant de merveilleux articles par d’excellents auteurs tells Nash ou Yingling. Ce sont des articles tout à fait fiables, habituellement très bien illustrés par des cas cliniques intéressants. Il y beaucoup à apprendre de journaux d’une telle qualité, un grand nombre de ces articles n’ont pas été en effet publiés dans des livres. Cela pourrait concerner l’enseignement de bien des maitres du passé tels Lippe ou Wells. Ce sont des personnalités que nous devrions considérer comme des leaders et sur lesquels nous devrions nous appuyer pour notre formation.</p>
</div>
<div>
<p><strong>Q: Pouvez-vous nous donner un résumé de ce qui vous parait être les points essentiels dans la prise d’observation ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> J’ai un exposé sur la manière de prendre une observation; c’est une longue conférence d’environ dix jours. Je commence l’exposé avec une douzaine de points clés qui sont importants pour comprendre lorsqu’on prend une observation.</p>
<p>Si je devais essayer de désigner le point le plus important dans une prise d’observation, ce serait pour le médecin de faire tout son possible pour garder son objectivité. C’est fondamental pour avoir une très bonne observation. Nous devons écouter le patient avec tous nos sens d’observation en alerte. Dès que nous introduisons nos préjugés ou que nous nous servons de questions directes, l’information obtenue perd de sa qualité. Pendant la prise d’observation, dès que nous nous focalisons sur un remède particulier, nous avons perdu notre objectivité. Il faut absolument que nous gardions notre neutralité jusqu’à la fin de l’observation. Ceci ne veut pas dire que nous n’évoquions pas certains remèdes en prenant l’observation. En découvrant des symptômes caractéristiques, il est inévitable de penser à certains remèdes. Intellectuellement, il vaudrait mieux dans ce cas écarter un remède plutôt que d’essayer de le confirmer. Bien sûr, on est facilement tenté de conclure rapidement. Nous devons rester en permanence attentifs afin de garder toute notre objectivité. L’emploi de questions directes est un bon moyen de se fourvoyer. Car pour réussir en médicine, comme en science, il ne nous faut pas perdre notre objectivité. Nous devons observer comme si nous n’étions pas présents, comme des observateurs de la nature dépourvus autant que possible de tout préjugé.</p>
<p>Le deuxième point important est que nous devons adopter une méthode qui décidera les patients à s’ouvrir et à "répondre à notre attente," pour ainsi dire. Les patients se dévoileront au médecin en qui ils ont confiance. Ils feront plus confiance à celui qui est sincère et compétent. Le temps de la prise d’observation en homéopathie est le moment où les patients peuvent le mieux prendre confiance dans le praticien. Si nous passons trente minutes à examiner la plainte principale du patient, par exemple un cas de sclérose en plaques, et si en l’interrogeant sur les modalités qui affectent ses symptômes, le patient précise que tous ses symptômes sont aggravés juste avant une tempête. Il y a un moment magique qui s’établit entre le patient et son médecin. Tout d’abord, nous avons passé plus de temps déjà en interrogeant le patient sur son problème que la plupart des neurologues ne l’aurait fait. Ensuite, le patient remarque notre réaction d’intérêt lorsqu’il a mentionné le fait que les symptômes sont aggravés avant une tempête. Non seulement le patient a senti que son médecin l’écoute mais aussi que son histoire est vraiment différente des autres cas (contrairement au neurologue pour qui c’était un signe sans importance). Ensuite nous lui posons des questions sur sa position dans le sommeil, si son corps ou certaines parties sont froides ou chaudes pendant le sommeil, sur ses rêves, ses désirs alimentaires, etc. Inévitablement il y a une complicité qui s’instaure entre le médecin et le patient. Nos patients ne peuvent pas aider mais sentent notre intérêt pour eux.</p>
<p>Nous poursuivons en leur demandant de nous parler de leurs personnalités, de leurs anxiétés, de leur intimité profonde ; c’est alors qu’ils pourront révéler ce que nous devons savoir. Ils sont alors comme un livre ouvert. C’est le meilleur moyen de découvrir la vérité qui est la seule route vers le succès. La voie qu’Hahnemann nous a enseignée sur la technique de prise d’observation est très classique. Il m’a été rapporté que l’on encourage les étudiants en médecine de l’Université d’Harvard de se faire guider par des médecins homéopathes afin de développer leur technique de prise d’observation. Il est difficile d’imaginer une meilleure méthode de voir des patients s’ouvrir à leur médecin. Bien sûr pour inspirer une telle confiance chez nos patients, il nous faut être sincère. Cette qualité est nécessaire lorsque nous prenons la décision d’entreprendre des études de médicine.</p>
<p>Les principes de base de la prise d’observation ont été établis par Hahnemann dans l’Organon. Cependant, dans le second volume de l’édition Américaine de la Materia Medica Pura, Hahnemann évoquait l’importance de devenir de bons observateurs. C’est un merveilleux article de médicine classique. Dans ce livre, il dit que : "Cette capacité d’observation fine n’est jamais tout à fait innée ; elle doit être surtout acquise par la pratique, en peaufinant et régulant la perception sensorielle, en exerçant une sévère critique vis à vis des impressions rapides que nous avons des objets externes [nous devons donc être critiques de notre sens d’observation], et en même temps, le sang froid, le calme et la fermeté de jugement nécessaire doit être préservé, tout en conservant une méfiance constante de nos capacités de compréhension." Vous voyez lorsque nous prenons un cas, nous ne devons pas arriver à une conclusion trop vite. Nous devons apprendre à conserver notre "sang-froid." Nous devons toujours contrôler et contrôler une fois encore avec le patient en le questionnant habilement jusqu’à ce que nous ayons un tableau clair de ce qui est vraiment arrivé au patient. Nous devons nous aussi être patients.</p>
<p>Pour pratiquer l’Homœopathie, un médecin qui n’est pas patient au départ, devrait apprendre à l’être ou changer de profession. Sans patience, nous ne pouvons pas être de bons observateurs. Comme n’importe quel vrai scientifique, nous devons pour bien observer, laisser les choses s’éclaircir à leur propre rythme. Il est essentiel d’être très patient et compréhensif, d’avoir de l’empathie pour le patient. Si nous n’avons pas de compassion, le patient ne s’ouvrira pas à vous. Nous pouvons aussi bien nous tourner vers le monde des affaires. Je dirais que l’objectivité, la sincérité, la patience et la compassion sont quelques une des ingrédients essentiels pour obtenir un bon cas.</p>
<p>Un autre aspect est la minutie. Posez-vous la question si Sherlock Holmes en examinant la scène d’un crime accepterait d’en omettre une moitié, ou plutôt s’il voudrait y inclure tout témoignage détaillé ; rien ne doit être à priori écarté. Il n’impose aucune limite à son investigation. En d’autres termes, on peut découvrir la solution d’un crime en étudiant la chronologie des évènements précédant le crime, la position du cadavre, la boue sur les chaussures de la victime, un numéro de téléphone dans une de ses poches, la profession de la victime, un héritage familial, etc. La prise d’observation est très proche du processus d’enquête dans un crime. Les deux recherchent des indices. Alors que l’une recherche des indices orientant vers un suspect, l’autre cherche des indices conduisant à un remède. Les indices dans le cas clinique peuvent se trouver dans toute idiosyncrasie, telle que le moment d’aggravation, une position dans le sommeil, un désir alimentaire, un état psychologique particulier, un symptôme objectif, un ancien symptôme qui n’est plus présent, dans les antécédents médicaux du patient, de sa famille, etc. Nous ne pouvons pas faire des à-priori et nous ne pouvons laisser aucune pierre sans l’avoir retournée. Nous ne devons pas considérer un élément comme étant à priori de peu d’importance. Nous devons chercher des indices partout dans le cas. Comme beaucoup de mes cas en situation critique, toute laxité dans ma rigueur risque de diminuer les chances de guérison de mon patient. Il ne m’est pas permis de ne pas être minutieux.</p>
<p>Un autre aspect de la prise d’observation est dans la recherche d’une compréhension globale du patient et de son problème. En d’autres termes, à la fin du cas, tout devrait paraitre clair pour le médecin. Les circonstances, les causes, l’apparition des symptômes et l’évolution de la maladie devrait constituer un tout compréhensible. Le cas n’est pas terminé tant que nous n’avons pas atteint un niveau de compréhension suffisant.</p>
<p>En prenant un cas, nous devons aussi prendre des notes claires afin que ‘l’histoire’ écrite soit non seulement compréhensible pour nous mais aussi à quiconque pourrait utiliser le cas. Tout ce qui est nécessaire au diagnostic, au pronostic, au suivi du cas, à la prescription devrait être noté par écrit. Les symptômes devraient être notés avec les mots précis utilisés par le patient avec le minimum d’interprétation possible. Bien sûr, seuls les symptômes particuliers qui ont orienté vers la prescription du simillimum nécessiteraient d’être soulignés, de sorte qu’à la fin en passant le cas en revue vous soyez capable de rapidement visualiser les quelques symptômes soulignés.</p>
<p>En dernier lieu, après l’examen clinique, nous devons écrire nos impressions, aussi bien une description de la morphologie du patient, de sa physionomie, de son teint que des aspects objectifs du tempérament et de la personnalité du patient. Il y a d’autres aspects de la prise d’observation mais je pense que je vous ai ici souligné les principes fondamentaux.</p>
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<p><strong>Q: Quels sont les points essentiels de l’analyse du cas?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Lorsque vous avez pris une observation de façon complète et satisfaisante, ce peut alors être assez facile. Dans le paragraphe 104, Hahnemann affirme que lorsqu’un cas a été étudié de façon complète et soigneuse et noté par écrit avec précision, le plus dur pour le médecin a été alors effectué. Maintenant, que tous les éléments sont en face de nous, il nous faut nous poser la question suivante :</p>
<p>Quel est l’élément le plus frappant dans ce cas ?</p>
<p>Ce n’est pas évident pour le médecin non formé. Pour savoir ce qui est frappant, tout d’abord, nous devons savoir ce qui est commun à la nature humaine, comment les gens fonctionnent et ce qui est habituel ou inhabituel dans un symptôme particulier lors d’une pathologie particulière ou dans un comportement particulier apparu dans une situation donnée. Cela inclut la connaissance des comportements, ou l’éthologie, dans des cultures variées. Je vous donne un exemple : Quel est le pourcentage de la population du monde occidental qui ressent un certain degré de timidité en usant des toilettes publiques avec présence d’autres personnes dans le voisinage immédiat ? En fait, nos toilettes sont construites de façon telle que nous sommes un peu dissimulés (protégés ?) les uns des autres, outre le fait que nous essayons de garder une certaine distance les uns des autres. Après enquête parmi mes patients, je dirais que le chiffre peut aller jusqu’à 90%. Cependant, dans d’autres cultures où les gens ont l’habitude de se soulager avec d’autres personnes dans le voisinage immédiat, cela se produit tous les jours. Dans notre culture, ce serait plus étonnant si une personne n’avait aucune inhibition, ou si un autre présentait un degré inhabituel d’inhibition allant jusqu’à éviter totalement les toilettes publiques.</p>
<p>La valeur caractéristique du symptôme dépend de son niveau d’intensité qui est en rapport avec la norme du groupe auquel la personne appartient. Un autre exemple : lorsque je demande aux étudiants dans une classe, combien ont une forte envie de sucreries, le chiffre est habituellement entre soixante et soixante-cinq pour cent ; un désir de sucreries n’est donc pas très caractéristique en lui-même comparé à la même intensité du désir de glace. Ce que j’essaye de dire, c’est que mieux nous connaissons la nature humaine, mieux nous serons capables de distinguer ce qui est caractéristique chez un individu de ce qui est commun pour le groupe. Connaitre la nature humaine demande du médecin homéopathe un large savoir dans de nombreux domaines incluant l’éthologie, la sociologie et la psychologie. Le médecin homéopathe doit être capable de reconnaitre ce qui est caractéristique chez un être humain, mais il doit aussi connaitre la pathologie.</p>
<p>L’étude de la pathologie ne devrait pas être limitée à l’étude de l’évolution terminale de la maladie comme nous le voyons dans les livres actuels de pathologie, mais devrait s’élargir à l’ensemble de l’évolution de la maladie du début jusqu’à la phase finale avec un accent particulier sur l’étude des étiologies.</p>
<p>Nous devons également, bien sûr, connaitre très bien la matière médicale, car mieux nous la connaissons, plus nous serons capables de distinguer ce qui est frappant de ce qui est habituel. Enfin, l’expérience clinique approfondira ce savoir. C’est le test suprême. C’est là que nous obtenons nos confirmations. C’est là que nous apprenons par exemple que, d’un côté un symptôme caractéristique d’un remède, par exemple la paresthésie ascendante de Conium, n’est pas caractéristique et en fait de peu de signification dans la recherche d’un remède dans un cas de sclérose en plaques, car c’est un symptôme commun de cette maladie. D’un autre côté, c’est l’expérience clinique qui nous apprend que nous pouvons avoir des symptômes banaux d’un état pathologique, tels une dilatation ou un mouvement des narines observé dans un cas évolué d’insuffisance respiratoire comme dans un cas sévère de pneumonie, qui vont se révéler être un symptôme guide très fiable.</p>
<p>Pour revenir à votre question sur la manière d’analyser un cas, après avoir en premier lieu pris l’observation soigneuse, nous faisons une liste des symptômes les plus caractéristiques et par conséquents des plus précieux. Si le patient ne présente qu’une seule maladie (stade ou syndrome), nous réunissons tous les symptômes caractéristiques en un seul ensemble. Nous regroupons ces symptômes caractéristiques avec ceux de très haute valeur en début de liste et les moins importants en fin de liste. Ceux qui sont en tête de liste sont les symptômes guides tandis que ceux qui sont en bas sont les symptômes servant de différentiation ou de confirmation. Avec l’aide du Répertoire, les premiers guident le prescripteur vers un groupe de remèdes tandis que les derniers aident à différentier ou confirmer un ou plusieurs remèdes qui sont très proches. Cette totalité des symptômes caractéristiques constituent alors le génie du cas. La dernière étape est de lire la matière médicale pour découvrir quel remède est le mieux assorti avec le génie du cas.</p>
<p>Cependant, si le patient se présente avec deux ou plus de deux maladies dissemblables, les symptômes caractéristiques seront alors regroupés derrière chaque maladie dissemblable. Par exemple, nous verrons généralement un patient présentant un stade aigu, une pneumonie par exemple, et un état chronique qui comprend par exemple une arthrite chronique, des troubles digestifs, une insomnie, de la fatigue et de la nervosité. Souvent, dans un tel cas, les symptômes de l’état aigu seront dissemblables de l’état chronique. Puis, les symptômes caractéristiques seront divisés en deux ensembles, d’une part tous les symptômes qui sont apparus depuis l’apparition de la situation aigue, et d’autre part, tous les symptômes de l’état chronique. Il y a aussi des cas plus compliqués dans lesquels deux ou plus de deux maladies dissemblables sont combinées ensemble formant ce qu’Hahnemann a appelé une maladie complexe. Dans la mesure du possible, chaque maladie dissemblable doit être identifiée et leurs symptômes caractéristiques doivent être bien séparés. Il y a un grand nombre de possibilités pour la coexistence de deux ou plus de deux maladies dissemblables chez le même malade. Les maladies se développant selon des stades, qu’il s’agisse d’un stade aigue comme une pneumonie, ou chronique, comme une insuffisance rénale, chaque stade de la maladie peut être une maladie dissemblable, requérant donc un remède différent pour chaque stade.</p>
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<p><strong>Q: Parlons un peu de la dynamisation des remèdes et de la posologie. Quelles dynamisations utilisez-vous dans votre pratique quotidienne ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> On ne devrait pas donner trop d’importance à la réponse à cette question. Un médecin peut apprendre à maitriser n’importe quelle dynamisation, à s’y tenir et faire face à tout problème quel qu’il soit avec cette gamme de dynamisation. Cependant, je suis en accord avec Nash sur cette question. Dans son Testimony of the Clinic, il dit qu’il a l’habitude de dire dans ses cours à l’académie "que celui qui se limite à ne prescrire que des remèdes en hautes ou en basses dynamisations, se prive d’agir au mieux pour ses patients.</p>
<p>Nous ne devons pas pour ce qui est de la posologie nous limiter à la ‘divisibilité admise scientifiquement de la matière,’ mais nous pouvons et devrions profiter de toute l’échelle de dynamisations, du remède à l’état brut jusqu’à la plus haute dynamisation de Fincke, et respecter le résultat donné par le test le plus fin, le test physiologique." Sans se préoccuper de la gamme de dynamisations utilisées, ce que j’ai trouvé être le plus efficace, c’est d’adapter la posologie au patient. C’est ce que j’ai appelé la posologie optimale. Ce qui signifie de choisir une dynamisation qui serait la meilleure pour le patient à ce moment. Comme pour la répétition, elle devrait être, elle aussi, optimale, ni trop prématurée, ni trop tardive.</p>
<p>En règle générale, je commence un cas chronique avec une 200 Dunham ou une XM Korsakoff. Si le patient est trop sensible pour une 200, je lui dirai de prendre une cuiller à café ou moins du remède dilué dans un ou plusieurs verres d’eau. Certains patients sont encore plus sensibles que cela et dans ce cas je descendrai jusqu’à une 30 ou encore plus bas jusqu’à une 6CH. Dans quelques cas, si la dilution du remède dans de l’eau n’est pas suffisante, je peux demander au patient de renifler brièvement le remède. Hahnemann le faisait très souvent. Le but est ici d’obtenir le bénéfice maximum avec la gêne minimale pour le patient.</p>
<p>D’habitude, j’utilise le même remède à la même dilution aussi longtemps que le patient en tire un bénéfice croissant. Par exemple, si j’utilise une 200 et que le patient s’améliore pendant cinq semaines après la première dose, et pendant six ou sept semaines après la deuxième dose, je continuerai à donner le même remède à la même dynamisation de la même manière aussi longtemps que le patient en tire un bénéfice croissant et que le tableau reste inchangé.<br />
Mais lorsque le patient n’est plus sensible à une dynamisation du remède, lorsqu’il ne réagit plus aussi bien à une nouvelle dose, que cela n’a rien à voir avec des circonstances extérieures et que rien ne s’est produit pouvant interférer avec la réaction au remède, alors c’est le moment de changer pour une dynamisation plus haute, aussi longtemps que le tableau actuel reste inchangé.</p>
<p>A ce moment, nous pourrions également choisir une dynamisation plus basse comme Hahnemann l’a fait pendant de nombreuses années. Cela n’a pas grande importance. En règle générale, je préfère monter la dynamisation. Je monterai de cette manière jusqu’à la dynamisation MM et ensuite si nécessaire, je repartirai avec des dynamisations moyennes. A ce moment-là, j’utiliserai si possible des dynamisations intermédiaires, telles une 500, une 5M, une 20M, etc. Plus on attend avant de réintroduire la dynamisation d’un remède à laquelle un patient a dans le passé perdu sa sensibilité, plus il y aura de chances que la sensibilité à cette dynamisation sera de retour. Donner deux fois le même remède à la même dynamisation sans aucun plussing est contraire à ce qu’Hahnemann a enseigné.</p>
<p>Cependant, je trouve plus efficace d’évaluer la sensibilité du patient à un remède si, au moment d’une rechute, la même dynamisation est à nouveau donnée de la même manière. C’est le mieux que l’on puisse faire en répétant la même expérimentation en médecine. Les résultats d’une telle expérimentation fournissent au médecin toutes sortes d’information très utiles quant à la curabilité du patient, le degré de similitude du remède et plus encore, toutes informations qui peuvent être très importantes. Ce serait trop long d’approfondir tout cela maintenant. Pour revenir à la répétition du remède, il devrait être répété au moment optimal. Sinon, le patient récupérera plus lentement avec plus de rechutes significatives et, si le remède est répété trop souvent, le patient perdra sa sensibilité au remède. Il faut toujours garder à l’esprit que le patient doit recouvrer sa santé de la manière la plus rapide. Le meilleur moment pour répéter le remède, c’est lorsque le patient a fini de répondre à la dose précédente et s’est stabilisé ou démarre une rechute.</p>
<p>Dans un cas aigu, l’approche est un peu différente sur deux points. D’abord, la dynamisation de départ sera généralement en accord avec la sévérité ou l’importance de l’état aigu. Dans ce cas, il n’est pas inhabituel de commencer un cas avec une XL ou LM. Ensuite, la répétition du remède devrait être faite de façon à prévenir une rechute. Il est clair qu’il serait malencontreux de voir une rechute se produire dans des cas de pyélonéphrites, de méningites ou de pneumonies.</p>
<p><strong>Q: Selon votre expérience, y-a-t’il des différences dans les effets des dynamisations  C-, D-, LM- et Korsakoff ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question très difficile. Il y a toutes sortes de façons de préparer nos remèdes en modifiant la concentration, le nombre de flacons utilisés, le nombre ou la puissance des succussions (Jenichen, Dunham), ce qui nous fournit toutes sortes de dynamisations comme les centésimales et quinquagentésimales d’Hahnemann, les centésimales de Korsakoff, les dynamisations de Jenichen avec peu de dilutions mais des succussions puissantes et répétées, les succussions puissantes faites pour l’obtention des Dunham, la fluxion continue de Fincke et la fluxion interrompue de Skinner.</p>
<p>Les dynamisations centésimales d’Hahnemann sont parfaites hormis le fait que l’échelle en soit limitée à la 200 ou à la 1M. Les dynamisations de Korsakoff et Skinner sont excellentes et nous donnent une échelle plus haute. Les dynamisations de Fincke sont parfaites. C’étaient les dilutions favorites de Lippe. Malheureusement, elles ne sont pas disponibles en pharmacies. Il est intéressant de noter que celles de Fincke et Skinner ne sont pas l’objet de succussions en dehors de celle de la force exercée par le jet d’eau.</p>
<p>Les quinquagentésimales de Hahnemann et les dynamisations de Jenichen sont en fait des basses dynamisations et peuvent être trop contraignantes. Il y a également beaucoup de patients qui répondront mieux aux basses dynamisations qu’aux plus hautes, leur degré de similitude ne nécessitant pas d’être aussi grand pour obtenir une réponse. De ce fait, notre recherche du simillimum peut être plus difficile avec les basses dynamisations, car nous obtenons de trop nombreuses fausses réponses positives.</p>
<p>Je trouve que les 200° de Dunham sont les meilleures dans la catégorie des 200°. La réponse du patient avec ces dernières semble dans l’ensemble plus profonde et de plus longue durée. Je me sers des 200° de Dunham, des centésimales d’Hahnemann, des anciennes dynamisations de Bornemann montées à la main, des Skinner fabriquées par Boericke et Tafel, des anciennes dynamisations de Fincke et aussi des Korsakoviennes. Elles donnent toutes d’excellents résultats. A mon avis, le problème le plus souvent ne dépend pas du remède et de sa méthode de fabrication, mais plutôt du prescripteur. La vraie clé, c’est de trouver un remède avec le plus fort degré de similitude que nous puissions trouver. Plus fort est le degré de similitude, meilleure sera la réaction vitale, et par conséquent meilleur sera le rétablissement du patient.</p>
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<p><strong>Q: Que pensez-vous des LM ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question très délicate. Je ne voudrais pas offenser quiconque parmi vos lecteurs mais la question doit être exposée et discutée librement. Voyons d’abord brièvement l’évolution personnelle d’Hahnemann quant à la posologie. Il essayait constamment de faire des progrès sur la posologie. Il a commence d’abord à diluer les remèdes, afin de les rendre moins toxiques. Il a commence avec des dilutions au 500°; puis il en fait une à la 10 000° et ainsi de suite. Ensuite il s’est mis à faire des dilutions successives en changeant de flacons. Finalement, il a adopté de façon systématique des centésimales sans succussions au début puis plus tard avec des succussions. Il a fait des expérimentations avec une centaine de succussions puis il a diminué à deux, pour remonter à nouveau leur nombre. Enfin, dans les huit dernières années de sa vie, il a commence à utiliser des dynamisations de plus en plus hautes. En 1840, il se servait couramment des 200°. Au début de 1841, il a commencé à expérimenter les quinquagentésimales. Au total, il a eu seulement environ douze remèdes préparés de cette façon et la plus haute était une dynamisation de Sulfur en LM20. Il a pratiqué avec ces dernières pendant deux ans environ. Dans la fin de l’année 1842, il a fait moins de prescriptions. En 1843, il a très peu pratiqué. Son dernier patient à être inscrit dans ses cahiers cliniques remonte au début du mois de mai 1843. A cette époque, il se préparait à publier la sixième édition de l’Organon. Apparemment, il sentait qu’il avait assez d’expérience pour recommander avec autorité les LM à ses collègues. J’ai lu dans les cahiers d’Hahnemann presque tous les cas pour lesquels il s’est servi de dilutions LM. C’est véritablement très difficile de se satisfaire de ses succès.</p>
<p>Lorsque nous étudions Hahnemann aussi bien en tant que personne que de scientifique, nous découvrons vite qu’il avait tendance à être très dogmatique dans ses écrits en présentant sa dernière expérimentation comme la solution idéale. Cette approche de sa personnalité est contraire au grand esprit scientifique qu’il avait. Lorsque nous lisons son œuvre dans un ordre chronologique, à chaque étape de son évolution, il fait comprendre au lecteur que la méthode a été maintenant portée jusqu’à sa perfection absolue. Puis vient l’œuvre suivante, et il nous dit maintenant que des expérimentations complémentaires lui ont permis d’abroger ce qu’il avait dit antérieurement avec une très grande certitude et que la méthode a atteint maintenant un nouvel état de perfection, et ainsi de suite. Si nous lisons un ouvrage d’Hahnemann, quel qu’il soit, même la sixième édition de l’Organon, nous pouvons être frappés par son dogmatisme et ne pas être tenté de lire un autre livre. Je pense que nous honorerions Hahnemann davantage en comprenant et en adoptant la méthode inductive qui est à la base de ses succès, qu’en adoptant son dogmatisme et en répétant ses erreurs. Ne serions-nous pas insensés de ne pas apprendre de ses erreurs ? A mon sens, le véritable Hahnemannien n’est pas celui qui fait ce qu’Hahnemann a dit de faire mais celui qui procède avec l’aspect positif de son approche, la méthode inductive. C’est lui le véritable Hahnemannien, non un disciple strict, mais celui qui comprend.</p>
<p>Il est probable que si la sixième édition de l’Organon avait été publiée plus tôt, la question des dynamisations aurait évolué différemment. Dès qu’Hahnemann est mort, Boenninghausen, peut-être cela est-il heureux, a commencé à prescrire systématiquement des deux centièmes de Lehman. Plus tard, les Hahnemanniens, en particulier en Amérique, commencèrent à expérimenter avec des dynamisations de plus en plus élevées. Comme nos prescripteurs les plus dignes de confiance les ont testées régulièrement pendant plus cent cinquante ans, en commençant par Hahnemann lui-même, suivi par Bœnninghausen, Lippe, Hering, Dunham, Skinner, Nash, etc., les dynamisations plus élevés ont été éprouvées et ne sont pas près de disparaitre. Je ne suis pas certain que vous puissiez obtenir de tels résultats si nous nous limitions aux plus basses dynamisations, et en fait, les LM sont des dynamisations très basses. Je ne les ai pas utilisées, en premier lieu parce que j’en ai pas eu besoin, deuxièmement parce que leur emploi est trop compliqué (en gardant à l’esprit le second paragraphe de l’Organon: "... d’après des principes clairs et intelligibles") et ensuite parce que quelques auteurs dignes de confiance, comme Pierre Schmidt et P. Sankaran (le père), ne les ont essayées que pour les abandonner ensuite. Cela ne signifie pas qu’elles n’aient pas un rôle à jouer mais je ne pense pas qu’elles soient ce qu’Hahnemann espérait, les préparations homéopathiques idéales.</p>
<p>Nous ne pouvons renier les succès incroyables que nous avons eus avec les plus hautes dynamisations sur lesquelles, malheureusement, nous n’avons pas l’expérience d’Hahnemann. Je ne veux pas enlever aucun crédit aux LM mais on doit considérer les choses de façon très large. On doit espérer que nos dynamisations continueront à évoluer vers la perfection. Comme Hahnemann, notre but devrait être de toujours essayer de parfaire notre méthode, y compris le problème de la dynamisation. Comme lui, nous soutiendrons les changements, les changements positifs.</p>
<p><strong>Q: Vous avez parlé de quatre écoles ou méthodes distinctes en Homéopathie, l’école d’Hahnemann, de Kent, l’école Classique et Néo-classique. Comment les différentier et les évaluer? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> J’ai écrit un article sur cette question. Au fond, Hahnemann a développé une méthode thérapeutique avec des principes clairement définis qu’il a appelé l’Homéopathie. Il est essentiel qu’à chaque fois que quelqu’un emploie le terme d’Homéopathie, ce soit en référence à la méthode thérapeutique clairement défini par Hahnemann. Malheureusement, pour différentes raisons, nombreux sont ceux qui, sans comprendre l’homéopathie, se sont arrogés le droit d’utiliser le mot homéopathie pour des techniques thérapeutiques tout à fait différentes. Depuis le temps d’Hahnemann, beaucoup se sont ainsi improvisés homéopathes et ont donné une fausse image de la profession. Ce n’est pas correct. Si quelqu’un se renseignant sur l’homéopathie cherche à être soigné avec cette approche thérapeutique et fait appel à quelqu’un se présentant lui-même comme homéopathe, ne devrait-il pas s’attendre à recevoir le meilleur de ce que l’homéopathie peut offrir? Malheureusement pour cette personne, aucun imposteur ne pourra lui apporter ce que peut promettre l’homéopathie. Si les praticiens désirent pratiquer quelque chose d’autre, ils doivent l’appeler autrement. Il n’y a aucune justification à leur usurpation du mot homéopathie. Le terme homéopathie devrait suffire à identifier de façon claire une pratique en accord avec la méthode mise au point par Hahnemann.</p>
<p>De la même manière, je ne suis pas partisan de l’adjectif classique non pas à cause de son utilisation récente mais de l’aspect faussement élitiste qui lui est associé. Cet adjective sous-entend habituellement homéopathie Kentienne ou supra-Kentienne. Au dix-neuvième siècle (avant l’époque de Kent), les disciples d’Hahnemann ont constitué, à la demande de Lippe, l’Association Internationale Hahnemannienne (IHA) pour séparer l’homéopathie véritable de ses déformations. En règle générale, les dirigeants de cette association ont très bien compris l’homéopathie. Puis est venu Kent, qui a soutenu l’IHA pendant quelques temps, puis l’a abandonnée et en fin de compte a constitué avec ses étudiants la Société des Homœopathiciens. Kent a introduit ces propres préjugés, avec les enseignements de Swendenborg dans la pratique de l’homéopathie. Il n’y a aucun doute que Kent était un bon clinicien et un professeur très recherché, mais ce ne fut pas un des grands maitres. Il n’a pas atteint les critères d’un bon nombre de ses prédécesseurs. Comme il était très charismatique, les gens du vingtième siècle ont suivi presque aveuglément son enseignement sans chercher plus loin auprès des maitres du passé ou même d’Hahnemann. C’est devenu un des mythes, les étudiants les uns après les autres ont suivi l’enseignement de Kent présumant qu’il avait maitrisé l’homéopathie. Comme ses écrits font autorité comme ceux d’Hahnemann, une sorte d’idolâtrie s’est développé autour de la personnalité de Kent. Cette idolâtrie a empêché les étudiants d’étudier avec sens critique les écrits de Kent et en même temps de lire des œuvres des maitres qui ont précédé Kent.</p>
<p>Plus tard, au vingtième siècle, ceux qui avaient été influencés par l’enseignement de Kent sont devenus encore plus dogmatiques que lui, ce que nous pourrions appeler les supra-Kentiens, plus Kentien que Kent lui-même. Kent s’était déjà écarté des enseignements d’Hahnemann, aussi ces supra-Kentiens flottent dans quelques lointaines galaxies. De plus en plus, la profession homéopathique au vingtième siècle s’est écartée et s’est déconnectée de ses racines. J’espère que l’avertissement de Hering mentionné précédemment dans cet interview où il parle de ne pas du tout s’écarter de la méthode inductive d’Hahnemann fera sonner plus de cloches.</p>
<p>Aujourd’hui, nous avons des professionnels qui pratiquent cette homéopathie supra-Kentienne et en général l’appellent Classique alors qu’elle est en effet Néo-Classique. Peu parmi eux ont lu les œuvres d’Hahnemann et des maitres du passé. L’Homéopathie Classique devrait être l’Homéopathie d’Hahnemann et des Hahnemanniens, ou en d’autres termes, la véritable Homéopathie. Malheureusement, peu étudient l’histoire ; à mon avis, c’est une grosse erreur. Heureusement, parmi nous, il y en a de plus en plus pour remédier à cette situation non seulement pour notre bien et aussi celui des malades et de la profession toute entière.</p>
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<p><strong>Q: Merci de nous avoir accordé cet entretien. </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Vous êtes les bienvenus et je vous remercie de m’avoir donné une opportunité de partager mes points de vue.<br />
<em>(La 3° Partie de cet entretien a été enregistré en Mars 1997 à Vienne) </em></p>
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