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	<title>Planète Homéo &#187; médecine</title>
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	<description>Homéopathie, Planète homéo, la référence en homéopathie, vous informe sur l&#039;homéopathie, les médicaments homéopathiques, les traitements en homéopathie. C&#039;est un site d&#039;information des professionnels et du grand public sur l&#039;homéopathie</description>
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		<title>Le Prix Nobel Luc Montagnier réhabilite les travaux de Benveniste</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 09:28:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous vivons une évolution capitale de la recherche en biologie, qui s'apprête d'ailleurs à fusionner quelque peu avec la physique.
Bref résumé
En filtrant bactéries et virus, on obtient une solution qui ne contient plus aucune structure vivante, ni ADN. Pourtant spontanément en 8 à 21 jours cette solution présente de nouveau les virus ou autres mycoplasmes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p>Nous vivons une évolution capitale de la recherche en biologie, qui s'apprête d'ailleurs à fusionner quelque peu avec la physique.</p>
<h1>Bref résumé</h1>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/montagnier-virus.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-59" title="montagnier-virus" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/montagnier-virus-295x300.jpg" alt="" width="295" height="300" /></a>En filtrant bactéries et virus, on obtient une solution qui ne contient plus aucune structure vivante, ni ADN. Pourtant spontanément en 8 à 21 jours cette solution présente de nouveau les virus ou autres mycoplasmes de départ. De plus on montre que la solution émet des signaux électromagnétiques pour peu qu'on la dilue. Contrairement au sens commun habituel, plus on dilue, mieux le signal apparaît.</p>
<p>Une intervention qui fera date et qui marque le début de l'exploration scientifique des propriétés des ultra dilutions, de l'implication des phénomènes électromagnétiques dans le phénomène du vivant. L'horizon ouvert par ces recherches est absolument vertigineux, je me propose de développer cela dans un autre article.</p>
<p>Ces travaux mettent à mal les arguments des mal-pensants qui se prétendent scientifiques mais qui pourtant se permettent de juger une discipline qu'ils n'ont jamais étudiée, et nous ressassent le nombre d'Avogadro pour nous "prouver" que l'homéopathie n'est que de l'eau.</p>
<p>Nous n'en sommes visiblement qu'au début mais déjà c'est prometteur, la piste est intéressante et permet de réfléchir aux bases philosophiques qui sous-tendent les médecines, qu'elles soient allopathiques ou homéopathiques. Nous sommes visiblement à la veille d'un changement de paradigme et je suis absolument époustouflé de constater que ces premières découvertes semblent confirmer la vision des maladies chroniques de Hahnemann.</p>
<p>Enfin, je trouve remarquable qu'un prix Nobel ait le courage de mouiller sa chemise pour réhabiliter Jacques Benveniste honteusement humilié par ses détracteurs.</p>
<h1>Conférence du Pr. Luc Montagnier "<a href="http://www.lesmotsontunsens.com/luc-montagnier-vaccin-contre-le-sida-memoire-de-l-eau-jacques-benveniste-2744">nano-elements  from pathogenic microorganisms</a>" de Lugano, le 27 octobre 2007. Homéopathie, Mémoire de l'eau. Benveniste.</h1>
<p>Voir aussi un article plus récent en anglais : <a href="http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.springerlink.com/content/0557v31188m3766x/fulltext.pdf">Electromagnetic  Signals Are Produced by Aqueous Nanostructures Derived from Bacterial DNA  Sequences</a>.</p>
<p>« Je vais parler dans ma langue maternelle. D’abord pour remercier les journalistes, les organisateurs de cette conférence qui est un hommage à Jacques Benveniste qui était un de mes collègues depuis longtemps effectivement, avec lequel nous avions collaboré au niveau de l’immunologie.<br />
Au début, je ne l’ai pas suivi dans ses percées tout à fait nouvelles, mais il se trouve que mes travaux sur le virus du SIDA ont conduit à se rapprocher un peu de ses idées, et c’est ce que je vais essayer de vous exposer aujourd’hui.<br />
Je crois qu’il faut rappeler la mémoire n’est ce pas ? la mémoire est fondamentale. Si nous existons aujourd’hui, c’est grâce à deux mémoires :<br />
-une mémoire très ancienne, la mémoire génétique, qui est basée probablement sur plusieurs milliards d’années ; et nous avons cumulé, les être biologiques qui nous ont précédés, ont accumulé d’énormes quantités d’inventions moléculaires, cellulaires, organismes. Et nous bénéficions de cette mémoire. Il ne faut pas oublier donc que nous avons cette mémoire biologique extrêmement fidèle qui est aussi capable de varier, c’est cette mémoire du DNA. Le DNA est là.<br />
-la deuxième mémoire que nous avons, qui est aussi importante, c’est la mémoire culturelle, qui elle est beaucoup plus récente. Il ya seulement quelques milliers d’années que nos ancêtres ont pu utiliser le langage, l’écriture et puis plus récemment l’imprimerie, et maintenant la mémoire digitale internet. Et ceci est très important aussi, sans les inventions de nos ancêtres, nous n’en serions pas ici aujourd’hui. Tout ce qui est dans cette salle est lié à un patient travail d’inventeurs, de beaucoup de personnes ou d’initiatives collectives, qui s’est accumulé et surtout a été conservé, transmis d’une génération à l’autre. Cette transmission ne peut se faire aussi que grâce à la première mémoire, la mémoire biologique.<br />
Et donc la question que nous nous posons : « est ce que dans cette mémoire biologique, est-ce qu’il n’y a pas eu avant le DNA, une mémoire autre, une mémoire de .. l’eau ? » L’eau qui est un liquide extraordinaire nous disent les physiciens, c’est un liquide extrêmement répandu, enfin un élément composant pas toujours à l’état liquide mais extrêmement répandu dans l’univers, l’eau, et, d’autre part, est-ce que cette mémoire peut encore exister à l’heure actuelle à travers le DNA et le RNA ? C’est une question donc que nous nous posons aujourd’hui. Bien sûr, on ne va pas totalement la résoudre, mais je voudrais donc vous présenter des résultats de biologie, mais qui -je souhaite- intéressent aussi les physiciens car effectivement ce que je vais vous montrer n’aura probablement ses explications non par la biologie, mais par la physique.<br />
J’ai commencé d’abord à partir du virus du SIDA, à me poser la question : « est ce qu’il y a des cofacteurs, qui causent le SIDA, avec le virus ? ». Dans les laboratoires, nous savons que le virus est presque constamment accompagné de petites bactéries qu’on appelle des mycoplasmes, qui n’ont pas de paroi. Et vous en avez ici un exemple, en forme de poire, qui se fixe sur un morceau de lymphocyte, d’une cellule, et cette fixation par une protéine spécifique, une Adhésine, permet au mycoplasme de pomper un certain nombre de métabolites de la cellule. Ces mycoplasmes sont en effet des parasites facultatifs de nos cellules, qui peuvent être aussi multipliés dans un milieu totalement acellulaire, un milieu assez riche, avec du sérum, mais on peut aussi très bien les cultiver avec des cultures de cellules humaines. Ces mycoplasmes font  à peu près 300 nanomètres, alors que le virus du SIDA, HIV, fait environ 100 à 120 nanomètres.<br />
Donc très naïvement, je me suis posé la question si on peut se débarrasser du mycoplasme qui accompagne le virus par une simple filtration de 100 nanomètres qui va probablement éliminer le mycoplasme. Et donc, voilà ce qui a été fait (affichage écran), on cultive des cellules lymphocytaires humaines ou des lignées lymphoïdes, on les infecte avec un mycoplasme, <em>mycoplasma pirum</em>, qui est un mycoplasme  relativement fréquent, qu’on trouve chez des donneurs de sang, qui est proche  par ses structures du <em>mycoplasma  pneumoniae</em>, mais qui pour l’instant n’est pas connu comme étant pathogène. Nous avons aussi des indications pour penser qu’il peut aussi causer des pneumonies comme <em>mycoplasma pneumoniae</em>.<br />
Donc l’idée est de prendre un surnageant, et que l’on va filtrer à partir de filtres de 100 nanomètres ou même 20 nanomètres, et ce qui a été observé, c’est que le filtrat lui-même quand il était incubé avec des cellules humaines, non infectées, bien contrôlées pour être sans mycoplasmes, et bien on retrouvait le mycoplasme au bout de 2 à 3 semaines.<br />
Là, le schéma général de l’expérience est le suivant. Tout à fait en haut, vous avez une culture de lymphocytes humains avec ce mycoplasme. On le filtre d’abord sur un filtre qui va éliminer les débris et va laisser passer les mycoplasmes, on va ensuite filtrer sur un filtre de 20 ou 100 nanomètres, et à ce moment là, le filtrat en principe n’a plus de mycoplasmes.<br />
Et ça on peut le vérifier avec des techniques moléculaires  très sensibles, qu’on appelle PCR, <em>polymerase  chain reaction</em>, qui permet de détecter même UNE molécule de DNA. Et la résultante montre que le filtre a bien marché, c’est à dire que la PCR, et même une deuxième PCR que l’on appelle <em>nested</em> PCR « en nid ») est tout à fait négative.<br />
Donc il n’y a plus de DNA dans ce filtrat. Hé bien si l’on met ce filtrat qui ne contient que de l’eau pratiquement avec des sels, sur une culture de lymphocytes qui elle n’est pas infectée, on va récupérer ce mycoplasme au bout de 8 à 21 jours, un peu plus quand on filtre à 100nm, un peu moins quand on filtre à 20nm. Il y a à votre droite des expériences de centrifugation pour montrer la densité de cette fraction. Normalement les mycoplasmes ont une densité extrêmement précise qui est de 1,21. Hé bien si on centrifuge le filtrat sur un gradient de densité, on s’aperçoit que le filtrat est infectieux dans presque toutes ces fractions. C'est-à-dire que contrairement au mycoplasme de départ, nous avons ici quelque chose de très large, d’une densité allant de 1,25 jusqu’à 1,15. Ceci montre que la fraction qui est infectieuse est différente de la fraction de départ.<br />
C’était la première expérience qui nous indiquait que PEUT-ETRE une information génétique peut être transmise du DNA à quelque chose qui existe dans l’eau. Et ceci va amener à collaborer, non pas avec Jacques Benveniste lui-même puisqu’il a malheureusement disparu prématurément, mais avec sa famille, ses fils, mais aussi ses collaborateurs dont Jamal Aïssa qui est ici. Nous avons donc fait une première étude pour savoir si les filtrats du mycoplasme pouvaient être caractérisés du point de vue biophysique. Par exemple par l’émission de signaux électromagnétiques. Et nous avons eu la surprise dès la première expérience –ceci remonte à plus de deux ans et demi– et depuis nous en avons fait beaucoup plus bien sûr, de voir que ces filtrats pouvaient, à certaines dilutions, émettre des ondes de très basse fréquence électromagnétique à partir de 500 à 2000 Hz. Et la question est toujours posée de savoir la relation entre la présence de ces signaux et le phénomène que je vous décrivais tout à l’heure.<br />
Le principe est inspiré de la technologie mise au point par Jacques Benveniste et ses collaborateurs : c’est de placer un échantillon -donc le filtrat- au dessus d’une bobine à solénoïde, d’amplifier le signal électrique qui va résulter de cette solénoïde et ensuite de l’analyser dans un logiciel sur un ordinateur. Voilà le principe et bien sûr il y a des détails qui sont un peu compliqués car ce n’est pas si simple que cela.<br />
Quand on analyse de façon brute les signaux qui sont émis entre 1 et 20.000 Hz, on a quelque chose comme cela qui est évidemment très complexe et qui en fait dépend d’abord du bruit de fond. Nous avons un bruit de fond un « noise » qui est probablement lié à beaucoup de facteurs de l’environnement électromagnétique où nous sommes plongés. Et on peut dire que plus nous allons dans notre civilisation digitale, plus nous sommes entourés de signaux électromagnétiques de hautes fréquences. Mais ces signaux de haute fréquence ont aussi ont parfois des résonnances de basse fréquence. C’est un facteur très important et il y a aussi probablement le géomagnétisme, le magnétisme provenant des particules que nous recevons du soleil, des astres. Donc c’est un bruit extrêmement compliqué, mais ce qui est remarquable c’est un phénomène assez grossier que nous avons observé –et qui est relativement facile à observer– c’est que quand il y a un signal positif, il y a une augmentation de l’amplitude de ces signaux et surtout la fréquence est différente. Vous avez en haut une analyse de Fourier pour rechercher des harmoniques de ces signaux et vous voyez que sur le bruit de fond, en haut, vous avez surtout des basses fréquences, notamment de la fréquence en jaune, qui est celle du courant électrique, c'est-à-dire que chaque fois qu’il y a un conducteur près de nous, nous sommes exposés à un champ électrique et ceci est montré ici. Mais si vous avez un signal positif, vous avez une augmentation relative de signaux de plus haute fréquence : ici autour de 500 à 2000 Hz.<br />
La réponse que nous observons en premier est une réponse relativement simple, c’est OUI ou NON. NON c’est le bruit de fond, en haut ; OUI c’est un signal avec une fréquence plus grande. On voit ici l’augmentation d’amplitude, ici l’analyse de Fourier et un autre type d’analyse de Fourier qui vous montre les harmoniques. Ici c’était pris dans le continent d’Amérique du Nord où comme vous le savez, le courant a une fréquence de 60 Hz, donc nous avons plutôt un pic de bruit de fond à 60 Hz, mais aussi des harmoniques de plus grande fréquence. Et vous voyez un changement vers des plus hautes fréquences quand il y a un signal positif. C’est pour l’instant complètement empirique. Je parle de faits et pas d’interprétation.<br />
Ce que nous allons observer c’est qu’il faut filtrer. Il faut travailler sur un filtrat. C'est-à-dire que le micro-organisme de départ –et bien sûr nous savons maintenant que ce n’est pas seulement les mycoplasmes mais aussi les bactéries classiques, des virus– doit être enlevé pour détecter le signal du filtrat. Il faut donc filtrer par un filtre qui élimine le micro-organisme de départ. C'est-à-dire, si on a des bactéries, il faut filtrer à 450nm puis ensuite à 100nm. Si on a des virus il faut filtrer même au-delà : à 100 voire 20 nm. Les virus ont une taille entre 25 et 100, 150 nm.<br />
Donc voilà un petit peu la  première loi : c’est une filtration qui est très importante.<br />
La deuxième c’est qu’on détecte seulement les signaux à certaines dilutions. Si le filtrat est trop concentré, on ne détecte pas les signaux. Vous avez ici un exemple où on observe un signal en rouge entre les dilutions 10-5 et 10-8. Ceci est un artefact, c'est-à-dire que les structures qui émettent les signaux sont bien présentes aux plus faibles dilutions, mais probablement –enfin là on revient un petit peu dans notre interprétation– il y a inhibition du signal du fait qu’il y en a probablement trop ; trop de structures qui émettent les signaux et qui peuvent interférer entre elles. En fait vous verrez plus tard que c’est probablement un réseau de structures aqueuses qui se forme et le réseau ne peut pas vibrer s’il n’est pas suffisamment dilué.<br />
Pour qu’il y ait une opération, il faut que les structures qui constituent le réseau soient relativement séparées, donc il faut les diluer davantage. Alors je peux vous dire qu’on peut diluer parfois à des concentrations telles qu’il n’y a plus de molécules.<br />
On rentre dans l’homéopathie, c'est-à-dire que par exemple pour une filtration de bactéries, de colibacilles, on a des signaux jusqu’à 10-17, 10-18, on peut montrer qu’il n’y a plus aucune molécule présente dans ces dilutions. Donc cela renforce l’idée que ce sont les structures aqueuses qui sont émettrices. Voici un exemple pour le <em>mycoplasme pirum</em> de départ, vous voyez qu’il y a des dilutions positives à partir de 10-6 jusqu’à 10-9, et donc c’est aussi une caractéristique que les dilutions positives se suivent toujours, ensuite elles deviennent négatives parce qu’apparemment il n’y a plus assez de structures émettrices. Alors ceci est observé chez <em>mycoplasma pirum</em>, mais aussi nous nous sommes adressés à des bactéries plus classiques et vous voyez ici une liste qui n’est pas exhaustive, en fait nous avons maintenant fait un peu le tour, on peut le dire, de toutes les bactéries pathogènes humaines, et toutes les bactéries pathogènes humaines émettent, sont émettrices de signaux dans certaines conditions.<br />
En ce qui concerne les virus, nous avons bien sûr commencé avec le virus du SIDA, mais aussi le virus de la grippe, le virus de l’hépatite C, le CMV, donc nous n’avons pas fait le tour complet des virus, mais on peut dire qu’un certain nombre de virus sont également émetteurs.<br />
Ce qui est intéressant, et qui nous a beaucoup surpris d’ailleurs, c’est que ces expériences qui étaient faites au laboratoire, dans des solutions pures d’une culture pure de bactéries ou de virus, on pouvait également retrouver les mêmes types de signaux dans le sang de patients infectés. Pour cela, on prépare le plasma, donc c’est le plasma au sens biologique du terme, pas au sens physique du terme, bien entendu, de patients, et nous voyons que bien sûr, des patients infectés par des virus ou des bactéries chroniquement présentent ces signaux, on verra plus en détail tout à l’heure, mais aussi des patients qui sont atteints de maladies qu’ils ne sont pas connues pour être d’origine infectieuse. Ceci est très intéressant. Notamment, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de parkinson, on peut ajouter maintenant la maladie d’alzheimer, la sclérose en plaques, beaucoup de neuropathies. Des animaux également infectés par des rétrovirus, comme le chat affecté par le virus de la leucémie féline.</p>
<p>Alors que nous ne trouvons pas de signaux dans des cultures de cellules non infectées, dans des cultures de champignons comme candida albicans, et pas non plus dans le plasma de patients issus de différentes pathologies HTA, diabète, arthrose, cancer du poumon. Ceci n’est pas exhaustif, bien entendu. On n’a pas passé tous les patients de la terre, donc on ne peut pas absolument rejeter la possibilité qu’il y ait des patients qui ne sont pas infectés par un certain nombre de bactéries ou de virus qui puissent émettre des signaux.<br />
En tout cas, pour l’instant, nous observons, et c’est la surprise, des signaux positifs de bactéries dans la polyarthrite rhumatoïde et des maladies neuro-dégénératives. Et ceci suggère donc qu’il y a peut être une origine infectieuse parmi d’autres facteurs bien sûr, ces maladies sont chroniques et multifactorielles, mais on peut donc voir là une application au diagnostic précoce de ces maladies et aussi à leur traitement, éventuellement.<br />
Alors je vais maintenant aller un peu plus en détails pour vous parler bien sûr des patients affectés par le virus du SIDA. On a fait une collaboration avec les centres qui ont été installés grâce aux gouvernements locaux et aussi à notre fondation ralliée à l’UNESCO, en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire, et aussi, plus récemment, au Cameroun.<br />
La surprise a été que les meilleurs émetteurs de signaux étaient les plasmas de patients traités déjà par les médicaments antirétroviraux. Vous savez que actuellement on ne peut pas guérir du SIDA, mais on peut très grandement améliorer la condition des malades, déjà pour leur permettre de vivre, éviter des infestions opportunistes, grâce à des combinaisons de deux ou trois inhibiteurs du virus, de la multiplication du virus, et bien sûr, grâce à ces inhibiteurs, on diminue ce qu’on appelle la charge virale, c’est-à-dire la quantité de virus qui est dans le sang et on arrive pratiquement à éliminer cette charge virale, à la rendre indétectable après 3 à 6 mois de ces traitements avec un mélange de deux ou trois inhibiteurs. Et bien c’est chez ces patients, qui n’ont plus de charge virale détectable, c’est là qu’on détecte le plus de signaux.<br />
Je dois dire qu’avant d’utiliser cette technologie, nous avions recherché aussi par des techniques très sensibles de mesures du pouvoir infectieux du virus et nous avions trouvé également que des patients très bien traités à charge virale indétectable par des moyens moléculaires, hé bien contenaient encore des particules infectieuses que l’on pouvait détecter sur des lymphocytes. Donc il reste ce qu’on appelle un réservoir, ça c’est bien connu, on sait qu’on n’arrive pas à éradiquer l’infection par des traitements antirétroviraux mais qu’il existe donc une fraction du virus probablement dans les ganglions lymphatiques qui n’est pas accessible au traitement. Et c’est cette fraction, qui, lorsqu’on arrête le traitement antirétroviral, hé bien va redonner du virus qui va se multiplier de façon intense, ce qui oblige d’ailleurs à faire ce traitement pour toute la vie, à chaque jour, sans arrêt, sans arrêt. Donc chez ces patients bien traités, bien répondants au traitement antirétroviral, on trouve comme on dit ici, des signaux positifs, dans les rangées de -5, pardon, de -6, de -7, -8, -9. -5 est négatif. Voilà ici un exemple, un patient, donc, séropositif, traité par la trithérapie et qui n’a plus de charge virale détectable dans le sang, et bien on trouve des signaux à -8, -7, -8, jusqu’à -9.<br />
Alors on a fait bien sûr des études pour voir la stabilité des signaux et des structures émettant les signaux dans le plasma. Le plasma est donc conservé à 4 degrés, il ne faut pas le congeler. La congélation détruit les structures qui émettent les signaux et on s’aperçoit que pour les plasmas qui ont été filtrés à 20 nm, en rouge, on a une assez grande stabilité. Pour les plasmas qui ont été filtrés à seulement 100 nanomètres, au lieu de 20 nanomètres, on s’aperçoit que les structures émettrices disparaissent assez vite, probablement qu’il y a peut-être qu’il y à ce moment là un mélange de deux micro organismes peut être un mycoplasme, qui lui, peut donner des signaux après la filtration à 100 nanomètres, et seulement le virus qui lui va donner des structures qui sont filtrées à 20 nanomètres, qui passe les filtres de 20 nanomètres.<br />
Et ces structures sont relativement stables, puisqu’on peut parfois les conserver jusqu’à 20-30 jours, ce n’est pas toujours le cas, mais enfin, elles sont relativement stables. C’est une propriété importante, parce que les physiciens, certains physiciens nous disaient ce n’est pas possible que ce soit l’eau parce que l’eau peut former effectivement des clusters, des agrégats, mais ces structures sont extrêmement instables. C’est de l’ordre de la nanoseconde, de la microseconde. Là nous avons affaire à des structures qui s’auto entretiennent pour le moment et qui sont relativement stables dans le plasma. Ici c’est simplement un agrandissement, un zoom sur deux patients qui vous montre les stabilités relatives et toujours les mêmes dilutions. Donc on ne diminue pas si vous voulez les signaux par le fait qu’ils pourraient disparaitre à certaines dilutions, ils sont toujours dans les mêmes dilutions, quelle que soit la durée de conservation.<br />
Alors in vitro, nous nous sommes intéressés à un objet qui est très bien connu des biologistes, c’est le colibacille, Escherichia coli. E.coli, il y a des monceaux de littérature, de livres, de manuels, d’exbooks sur cette bactérie qui est vraiment le favori des biologistes moléculaires, qui a permis de faire beaucoup avancer la biologie moléculaire.<br />
Donc nous nous sommes concentrés un peu sur cette petite bête. Et là, on s’aperçoit que on peut aller parfois très loin en dilution, on peut aller jusqu’à -18 pour avoir des signaux. Donc à -18, il n’y a plus de colibacilles, qu’on a d’ailleurs filtrés, il n’y a plus rien, que de l’eau.<br />
Et ce qui est important, c’est de voir que la réponse est aussi une propriété importante qui ne correspond pas à la logique de bon sens en général des biologistes, c’est que les signaux émis ne dépendent pas du nombre de cellules bactériennes au départ. C'est-à-dire, par exemple, nous avons au départ une suspension très riche qui titre de 10 puissance 9, un milliard de bactéries, par millilitre, et nous faisons des dilutions. On s’aperçoit que les signaux sont toujours présents, avec les mêmes dilutions, jusqu’à 10 cellules. Il n’y a pas de proportionnalité entre les signaux et la quantité de micro organismes qui émettent.<br />
Donc ici, seulement 10 cellules bactériennes sont nécessaires et suffisantes. Alors bien sûr, si on dilue davantage, bien sûr, on n’a plus rien, et on n’a plus de micro organismes, on n’a plus de signaux.<br />
Il faut donc les micro organismes au départ, une toute petite quantité ; c’est intéressant, parce que cette méthode peut être très sensible pour détecter une présence bactérienne en général très très faible. Mais malheureusement on ne peut pas quantifier puisque le signal est le même quel que soit le nombre de cellules.<br />
Nous avons également regardé des virus, d’autres virus que le virus du VIH sida, notamment la grippe, puisque on a pensé aussi que peut-être on peut disposer ici, je dis bien « on peut », on peut disposer d’une technique de diagnostic de la présence de virus grippal très pathogène telle la souche H5N1, pour la détecter de façon précoce. Il faut bien voir que nous détectons ces signaux dans le plasma, donc dans le sang. Si un organisme par contre est très localisé et n’émet pas de particules dans le sang, on ne pourra pas le détecter. Donc ça aussi probablement veut dire qu’on ne pourra pas détecter des infections grippales banales où là le virus est localisé aux muqueuses respiratoires, à moins que par contre, il puisse émettre des particules dans le sang, et ceci peut être plutôt le cas des virus très pathogènes comme le virus d’origine aviaire H5N1. C’est une possibilité, nous ne l’avons pas encore vérifiée.<br />
Je viens également à la maladie d’Alzheimer, donc, nous avons fait une étude grâce à des collègues cliniciens sur un cohorte de patients atteints, à la phase d’état, de maladie d’alzheimer. Ce n’est pas une étude sur des phases précoces, et sur 17 cas, Alzheimer, 16 ont donné des signaux dans nos plasmas, dans les rangées -6, -8, -9, après filtration à 100 nanomètres. Donc il s’agit de bactéries. Si vous voulez, pour l’instant, nos signaux sont les mêmes quel que soit l’agent infectieux, ils sont similaires en tous cas, peut être sont ils un peu différents, mais pour l’instant nos moyens de détection ne permettent pas de les différencier.</p>
<p>Pour l’instant, les signaux sont les mêmes quelle que soit la bactérie, et quel que soit le virus, mais on peut quand même différencier entre virus et bactérie suivant la taille des nanostructures qui émettent ces signaux. Donc la taille des nanostructures pour les bactéries c’est entre 20 et 100 nanomètres, c'est-à-dire qu’on les laisse passer à 100 nanomètres, on les retient à 20 nanomètres. Pour ce qui est des structures d’origine virale, elles passent des filtres de 20 nanomètres, donc elles sont plus petites que 20 nanomètres. Alors nous avons différents types d’enregistrements, voilà vous avez un enregistrement plus brut qui vous montre l’augmentation de fréquence si vous voulez dans ce que sont les dilutions positives par rapport au bruit de fond.<br />
Egalement, la polyarthrite rhumatoïde, une dizaine de cas a été positive, à des dilutions plus faibles, mais toujours d’origine bactérienne, après des filtrations à 100 nanomètres. Voici les faits, c’est des faits donc bien observés et qu’on a répété beaucoup de fois, le seul problème, c’est le fait que le bruit de fond qui est à l’origine de ces vibrations car d’où vient l’énergie ? L’énergie ne vient pas des structures, c’est une énergie de résonance, c'est-à-dire que pour qu’on observe les signaux, il faut qu’il y ait un bruit de fond. Si on supprime le bruit de fond, on n’a pas les signaux. Seulement le bruit de fond contient lui-même à la fois des fréquences activatrices mais aussi probablement des fréquences neutralisantes. Donc il y a tout un travail de recherche et de développement pour que on puisse calibrer et obtenir uniquement des fréquences d’émission qui permettent la résonance.<br />
<img src="http://www.planete-homeo.org/pourtous/images/luc-montagnier-nanostructures-memoire-eau.gif" alt="Schéma Nanostructures" hspace="12" width="384" height="300" align="left" />Alors j’en reviens maintenant à l’interprétation de ces résultats. Ceci résume d’abord un peu les faits. Donc l’hypothèse, c’est qu’il existe dans l’eau des nanostructures qui se forment, relativement stables, et qui s’auto entretiennent par leurs propres émissions de signaux, et ces nanostructures sont plus petites que les organismes qui les émettent, comme je vous l’ai montré ici par la filtration. Alors ça c’est un schéma très grossier qui peut vous expliquer ce que fait le filtre et la filtration.<br />
Les nanostructures émettrices sont en vert, la bactérie est en noir et les petites sphères sont des virus. Quand on filtre à 100 nanomètres, on laisse passer les structures provenant des virus qui sont en rouge ici, et on laisse passer également les structures qui sont en vert émises par la bactérie. Si on filtre à 20 nanomètres, on a tout à fait éliminé les structures provenant des bactéries, on a encore gardé les structures qui émettent des virus. Ceci est très grossier.<br />
Ce que aussi il faut voir, c’est que ces structures n’ont pas les propriétés du microorganisme de départ, c'est-à-dire ces structures sont résistantes à la DNAse, à la RNAse, aux protéines SK ; donc aux protéines qui attaquent les acides nucléiques, les protéines sont résistantes aux détergents, aux agents chélatants et EDTA. Par contre elles sont sensibles à la congélation, contrairement souvent aux micro organismes de départ, c'est-à-dire que les virus résistent très bien au froid, et bien les nanostructures qui sont dérivées des virus, elles, sont détruites par le froid, la congélation à – 60 degrés. Elles sont également sensibles à la chaleur, avec des variations, mais enfin, en général, à 70 degrés, on élimine ces structures, enfin les signaux qui proviennent de ces structures.<br />
Les densités, je  vous l’ai déjà dit tout à l’heure pour <em>mycoplasma  pirum</em>, mais c’est à vérifier pour d’autres organismes, les densités sont assez larges. Et donc, si on parle de l’eau, on pourrait penser à de la matière condensée, parce que l’eau, bien sûr, c’est 1. Alors, que nous disent les physiciens, hé bien que l’eau bien sûr s’organise en polymères, en oligomères, en polymères, par des liaisons hydrogènes, mais qu’il y a également, en dehors des liaisons hydrogènes, relativement stables, des liaisons van der Waals, qui peuvent se constituer et disparaître relativement facilement. Voilà un petit peu ce que l’on peut dire aux physiciens pour l’instant.</p>
<p>C’est aux physiciens de nous aider, bien sûr, pour l’interprétation de cette structure, la grande question est de savoir si elles sont porteuses d’information génétique.<br />
Pour l’instant, je vous ai présenté deux types d’expériences différentes, la filtration et la recherche d’affectivité, pour <em>mycoplasma  pirum</em> et aussi HIV, donc des structures, qui apparemment, n’ont pas de DNA, mais gardent une information génétique, et d’autre part des structures qui émettent des signaux, électromagnétiques, en résonance, et est-ce que ces structures ont gardé une part de l’information génétique de l’ADN, DNA, je serais tenté de le dire, je n’ai pas la preuve, pour l’instant, bien sûr. Ceci est un pas de plus dans on peut dire, la science fiction, je crois que Jacques Benveniste avait beaucoup d’idées très audacieuses, et bien moi je suis un peu son tracé et j’aurais tendance à penser effectivement que l’eau pourrait garder une information génétique comme elle garde d’ailleurs une information biologique pour des molécules plus simples. C’est d’ailleurs un travail de l’équipe de Benveniste, et pourquoi pas, ce que nous savons, nous avons vu très récemment que la source des signaux dont je vous parlais, c’est bien le DNA, l’acide nucléique d’une façon générale.<br />
Alors pour l’instant, nous faisons ce travail avec deux idées en tête, bien sûr d’une part, voir les applications, même si nous ne comprenons pas tout, on peut penser qu’il y a peut être des applications médicales à ce système de détection, donc nous essayons de mettre au point une machine qui permet de détecter d’une façon relativement simple pour le clinicien qui permette de dire oui ou non il y a une infection bactérienne derrière la maladie que vous étudiez, une infection virale. Peut être dans un deuxième temps cette machine pourra raffiner l’analyse des signaux émis et voir des différences entre les espèces bactériennes et les espèces virales, évidemment là, on révolutionne le diagnostic.<br />
Ca peut être aussi intéressant pour détecter des maladies qui ne sont pas connues pour être infectieuses comme je l’ai dit tout à l’heure, et donc là mettre au point des méthodes de diagnostic précoce et aussi de traitement pour ces maladies. Enfin, pour AIDS, le système des signaux permet d’avoir un bon marqueur alors les autres marqueurs moléculaires du virus ont disparu, donc pour étudier une éradication possible d’une infection après la trithérapie.<br />
Je voudrais terminer sur ce point. Enfin de notre part, il y a un travail théorique à faire, et je voudrais proposer ici la création d’un institut d’études avancées qui réunisse à la fois des biologistes et des physiciens, des théoriciens, et des électroniciens de différents pays, qui permettent de faire une sorte de <em>brain storming</em> et essayer de relier donc des observations de la biologie et des théories de la physique de l’eau et je voudrais terminer par cette citation de Carl Sagan : «  Absence of evidence is not evidence of absence »<br />
Merci beaucoup. »</p>
<p><a href="http://www.lesmotsontunsens.com/luc-montagnier-vaccin-contre-le-sida-memoire-de-l-eau-jacques-benveniste-2744">Voir la vidéo</a></p>
<p><a href="http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.springerlink.com/content/0557v31188m3766x/fulltext.pdf">Lire la dernière publication en anglais  du Pr. Montagnier</a></p>
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		<title>Création d&#8217;un DIU à Paris Diderot</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 08:59:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Notre amie le Dr. Isabelle Lecourtier nous fait part de la création d'un DU "Thérapeuthiques alternatives en antalgie périnatale" à l'Université Paris Diderot Paris 7eme.
Le diplôme, sous la responsabilité du Pr. Mandelbrot, doit permettre aux professionnels de santé de s'initier ou renforcer leurs compétences en ostéopathie, acupuncture, homéopathie et hypnose dans la prise en charge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/amphitheatre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-40" title="amphitheatre" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/amphitheatre-300x235.jpg" alt="" width="300" height="235" /></a>Notre amie le Dr. Isabelle Lecourtier nous fait part de la création d'un DU "Thérapeuthiques alternatives en antalgie périnatale" à l'Université Paris Diderot Paris 7eme.</p>
<p>Le diplôme, sous la responsabilité du Pr. Mandelbrot, doit permettre aux professionnels de santé de s'initier ou renforcer leurs compétences en ostéopathie, acupuncture, homéopathie et hypnose dans la prise en charge des femmes enceintes, des parturientes et des nouveaux-nés.</p>
<p>Planète Homéo leur souhaite une large réussite, nous espérons que de plus en plus d'homéopathes seront présents en salle d'accouchement. Les résultats de l'homéopathie sont toujours tellement spectaculaires contre la plupart des problèmes qu'on y rencontre que cela fait mal au coeur de voir toutes ces souffrances inutiles se perpétuer...</p>
<p>Contact: isabelle.lecourtier @ wanadoo.fr</p>
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		<title>Pour arriver à maîtriser une discipline, il nous faut partir de ses bases. Interview d&#8217;André Saine.</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Oct 2007 07:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour arriver à maîtriser une discipline, il nous faut partir de ses bases 
Interview du Dr. Saine, N.D., F.C.A.H. 
(Révisé—March 2001) 
L’interview suivant a été réalisée en janvier 1994 à Vienne par deux membres de la LIGA, les Drs. Friedrich Dellmour et Gerhard Willinger, qui ont discuté avec le Dr. Saine de questions fondamentales sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><strong>Pour arriver à maîtriser une discipline, il nous faut partir de ses bases </strong><br />
<strong>Interview du Dr. Saine, N.D., F.C.A.H. </strong><br />
<em>(Révisé—March 2001) </em><br />
<em><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/eventail_de_livres-small.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-107" title="Pile de livres" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/eventail_de_livres-small-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>L’interview suivant a été réalisée en janvier 1994 à Vienne par deux membres de la LIGA, les Drs. Friedrich Dellmour et Gerhard Willinger, qui ont discuté avec le Dr. Saine de questions fondamentales sur l’Homéopathie lors d’une visite du Dr Saine en Autriche. </em><br />
André Saine est diplômé du Collège National de Médecine et de Naturopathie de Portland, Oregon et de l’Académie Homéopathique des Médecins et Naturothérapeutes. Il enseigne et donne des conférences d’Homéopathie depuis 1985. Un des points principaux de son travail en clinique est le traitement des patients souffrant de maladies chroniques très graves. En plus de la gestion de son cabinet médical à Montréal, Canada, il est le Doyen et le principal enseignant du programme de formation complémentaire de l’Académie Canadienne d’Homéopathie depuis 1986.<br />
<strong>Q: Qu’est-ce qui vous a décidé à étudier l’homéopathie ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> En 1976, au début de mes études, un de nos professeurs, le Dr. Joseph Bonyun, avait à la fin de ses abréviations professionnelles les lettres Hom. Je lui ai demandé ce qu’elles voulaient dire et il me donna une brève explication et me dit : "Si vous voulez savoir ce que cela signifie, venez à mon cabinet — Je consulte les Mardi et Jeudi en soirée et les Samedi." Je m’y suis rendu et un des premiers patients que le Dr. Bonyun a vu ce soir-là était un dermatologue d’environ 45 ans qui avait de l’eczéma pratiquement depuis l’enfance. Ce patient était très sceptique et ne cessait de répéter qu’il ne croyait pas à l’homéopathie mais voulait l’essayer car deux de ses patients avec des pathologies similaires à la sienne avaient été traités avec succès par le Dr. Bonyun. Ce dermatologue avait utilisé toutes sortes de crèmes pour supprimer son éruption, et le Dr. Bonyun lui prescrivit Zincum metallicum 10 M. En très peu de temps, le dermatologue vit son eczéma s’étendre sur tout son corps avant de voir une grande amélioration en moins de six semaines. Dès que j’ai découvert l’homéopathie, je me suis dit : "c’est ce que je veux étudier." Dr. Bonyun était fils et petit-fils d’homéopathe. Sa mère était diplomée du Hahnemann Medical College de Philadelphie et son grand-père avait été homéopathe en Angleterre.<br />
<strong>Q: Quels ont été vos enseignants en homéopathie ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Le Dr. Bonyun a été le premier à m’encourager à étudier l’homéopathie. Pendant mon internat, nous avons étudié ensemble des cas cliniques. Puis j’ai étudié avec de nombreux enseignants parmi lesquels on peut citer Robin Murphy, Bill Gray, George Vithoulkas, Francisco Eizayaga et John Bastyr. Le Dr. Bastyr lui aussi faisait partie de la troisième génération d’homéopathes à partir de Lippe. Son professeur était C. P. Bryant (qui a été, en 1939, Président de l’Association Hahnemannienne Internationale). C. P. Bryant avait reçu l’enseignement de Walter James qui avait été l’un des plus proches disciples de Lippe.<br />
En fait, mes véritables professeurs, ceux qui m’ont appris le plus, sont les grands maîtres du passé. Je les ai découverts en lisant les publications éditées de leur temps. En 1980, je suis entré au Collège National de Médecine Naturopathique de Portland, Oregon, pour étudier l’homéopathie. Là, j’ai passé une grande partie de mon temps dans la bibliothèque qui contenait plus de 2000 volumes sur l’homéopathie. Ils avaient une merveilleuse collection d’anciennes revues telles que le ‘Homœopathic Physician’ (édité par Edmund J. Lee et Walter James, deux proches de Lippe), le ‘American Homœopathic Review’ (édité par Carroll Dunham et P. P. Wells), le ‘Hahnemannian Monthly’ (édité par Adolph Lippe), le ‘Medical Advance’ (édité par H. C. Allen), les Comptes rendus de l’Association Hahnemannienne Internationale, etc. Les meilleures revues classiques du XIX° siècle réunies au même endroit.<br />
Dès que j’avais du temps, je me retrouvais dans la bibliothèque à lire ces vieilles revues. Ce fut vraiment une révélation. Plus je lisais, plus je réalisais que ce que l’on m’avait enseigné en cours et ce qui était écrit dans les livres modernes était le témoin d’une perspective complètement différente de celle que je lisais dans ces anciennes revues. Deux méthodes différentes de procéder, de pratiquer, une déductive, dépourvue de toute rigueur scientifique, laissant chacun agir selon sa fantaisie, alors que l’autre avait des fondations principalement scientifiques, inductive. Plus j’étudiais les anciens auteurs, plus je réalisais que la communauté homéopathique moderne s’était presque complètement coupée de ses racines. Plus j’étudiais, plus je réalisais que les véritables maîtres avait été très peu nombreux. Même si la plupart d’entre eux ont déjà été oubliés, nous avons encore leurs écrits pour les étudier. Si nous voulons maîtriser une discipline, quelle qu’elle soit, nous devons commencer à en étudier les origines.<br />
De bien connaître l’histoire de l’homéopathie m’a permis de la comprendre en profondeur. Lorsque nous connaissons notre histoire, nous pouvons savoir d’où nous venons, où nous sommes actuellement et où nous devons aller. En étudiant l’histoire de l’homéopathie, j’ai réalisé que chaque génération d’homéopathes débattrait autour de polémiques remontant aux siècles précédents. N’est-il pas vrai qu’en ne connaissant rien de notre histoire, nous nous condamnons à la revivre ?<br />
En 1983, j’ai décidé de relire la littérature homéopathique afin de retrouver les perles oubliées actuellement depuis longtemps. J’ai relu la littérature américaine, qui est la plus importante, la littérature britannique, française, et même espagnole et italienne, et aussi les traductions des meilleurs articles allemands. Je n’aurais pas pu recevoir meilleure instruction de nos jours. J’ai redécouvert l’œuvre d’Hahnemann à travers les travaux et l’expérience de praticiens qui l’ont comprise. J’ai trouvé dans cette littérature d’autrefois mes meilleurs professeurs, et parmi ces maîtres d’autrefois, celui qui m’a appris le plus a été Adolph Lippe.<br />
<strong>Q: Pourquoi Lippe tout particulièrement ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Tout d’abord, parce qu’il a beaucoup écrit. C’est probablement celui qui a écrit le plus dans les revues ; en cinquante années de pratique, il a publié environ 500 articles. Ce qui veut dire que Lippe devait écrire un ou plusieurs par mois et certains d’entre eux de plus de 20 pages. Mais si la masse de sa production a été extraordinaire, la qualité de son œuvre l’était aussi. Je ne pense pas qu’il y ait eu quelqu’un d’autre dans la littérature homéopathique dont la qualité de l’œuvre écrite ait pu égaler celle de Lippe depuis le début de l’homéopathie. Il a été le plus fidèle disciple d’Hahnemann. Dans son œuvre, sur une période de cinquante années, il a affirmé ce qu’Hahnemann avait trouvé cinquante ans plus tôt ; à travers ses écrits, il a prouvé la grande véracité de la loi des semblables et validé les enseignements d’Hahnemann jour après jour dans sa pratique.<br />
Personne dans l’histoire de l’homéopathie ne s’est approché de Lippe quant à ses succès thérapeutiques. Une fois, pendant un séminaire, nous avons repris les cas où il avait échoué sur une période de deux ans, en 1878 et 1879. Nous avons trouvé qu’il avait perdu sept patients très âgés qui étaient venus le consulter très tardivement avec des maladies chroniques comme des cancers ou des tuberculoses, mais pas un seul patient durant ces deux années n‘était décédé d’une maladie aigue — et c’était tout à fait remarquable dans une période où il y avait des épidémies de scarlatine, de typhoïde et de diphtérie. Ces maladies épidémiques avaient habituellement un fort taux de mortalité — souvent supérieure à quarante pour cent dans la diphtérie. Parfois, certaines diphtéries malignes avaient une mortalité pouvant atteindre 60-65 pour cent, quelquefois plus encore. Il était un prescripteur extraordinaire, sans aucune comparaison.<br />
Dans la ville de Philadelphie, on savait qu’il avait la plus grosse clientèle et le plus de réussite dans sa pratique médicale — et c’était la ville où Hering avait lui aussi vécu et pratiqué. Il était le meilleur de sa génération et l’est resté tout sa vie durant. Maintenant, lorsque nous regardons les cahiers cliniques d’Hahnemann et de Bœnninghausen, nous pouvons mieux comprendre pourquoi Lippe était considéré comme "le meilleur prescripteur que notre école n’ait jamais eu." Lippe semblait s’être investi dans la pratique de l’homéopathie mieux encore qu’Hahnemann lui-même.<br />
<strong>Q: Il y a eu de nombreuses écoles et de méthodes homéopathiques. Vous avez comparé une fois son développement à celui d’un séquoia. Pouvez-vous expliquer cela plus en détail ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Le séquoia est un arbre qui peut vivre très vieux, jusqu’ à trois mille ans, sa base est très large, et son tronc croit en s’amincissant au sommet. Maintenant, je compare sa base à l’enseignement d’Hahnemann : nous progressons dans notre science, nous ajoutons de nouvelles connaissances à ce qui est déjà présent, mais la plus grande partie du savoir est déjà acquise, la base est large. Ce tronc est aussi solide que peut l’être la vie. C’est ce qui constitue la pratique d’homéopathie pure. Ce tronc ne s’accroit qu’en ajoutant une nouvelle couche en périphérie. Le cœur de l’arbre ne change jamais. De façon similaire, l’homéopathie pure est fondée sur une loi qui est immuable. Il y a également des branches qui se développent à partir du tronc — sans le tronc, il ne peut y avoir de rejetons à l’homéopathie.<br />
Sur un séquoia, les branches ne vivent jamais aussi longtemps que le tronc — les branches les plus basses tombent et meurent alors que de nouvelles branches apparaissent au sommet.</p>
<p>Je compare ces branches aux différents "rejetons" ou "parasites"— de l’homéopathie :</p>
<ul>
<li>l’isopathie de Lux,</li>
<li>les basses dilutions et les remèdes spécifiques de Griesselich,</li>
<li>la prescription selon la pathologie et la matière médicale physiologique de Hughes,</li>
<li>les polypharmacistes,</li>
<li>les complexistes,</li>
<li>les alternistes,</li>
<li>les organopathistes,</li>
<li>les éclectiques,</li>
<li>le Schuesslerisme,</li>
<li>le Swedengorgisme de Kent et la matière médicale synthétique.</li>
</ul>
<p>Plus tard, nous avons vu les nosodes intestinaux et les Fleurs de Bach</p>
<p>Aujourd’hui, nous avons</p>
<ul>
<li>les électrodiagnostiques,</li>
<li>les matières médicales futuristes et fantaisistes,</li>
<li>l’établissement de folies miasmatiques,</li>
<li>les seulement très haut dilutionnistes,</li>
<li>et même le Catholicisme supra Kentien!</li>
</ul>
<p>Toutes ces démarches s’écartent de la méthodologie d’Hahnemann fondée sur un raisonnement strictement inductif. Mais de même que les nouvelles branches au sommet du séquoia, elles attirent beaucoup de monde, et beaucoup se prennent d’enthousiasme pour ces nouvelles approches.<br />
Cela nous rappelle l’avertissement célèbre de Trousseau :</p>
<p>"Traitez autant de patients que vous le pouvez avec les nouveaux remèdes tant qu’ils ont encore le pouvoir de guérir."</p>
<p>A mesure que l’arbre se développe, ces branches tombent et meurent pour être remplacées par de nouvelles. Ce qui reste fondamental, c’est le tronc, le fondement de l’homéopathie basée sur la méthodologie par induction pure d’Hahnemann. C’est ce qui perdure et continuera toujours à croître.</p>
<p>Trop nombreux sont ceux qui ont oublié l’avertissement qu’Hering à écrit lors de la publication de son dernier article :</p>
<p>"Si notre école oublie un jour la méthodologie d’Hahnemann toute basée sur l'induction, nous serons perdus, et ne mériterons que d’être mentionnés comme une caricature dans l’histoire de la médecine."</p>
<p>Parfois, il nous semble que c’est presque devenu une compétition à qui sera le plus original, et qui, par mégarde deviendra la meilleure caricature. Désolé, camarades ! Il y a d’autres domaines que celui de la médecine pour faire le pitre.<br />
<strong>Q: Quels étaient les homéopathes qui ont réellement suivi — et suivent —Hahnemann, au cours de l’histoire et actuellement ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Nous ne connaissons bien sûr que ceux qui ont laissé des écrits. J’ai fait une étude très minutieuse de l’histoire et de la littérature homéopathique, et tout particulièrement, bien sûr, le "chapitre" américain de l’histoire homéopathique, et j’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y avait qu’un très, très petit nombre à véritablement maîtriser l’homéopathie. Si vous considérez Hahnemann lui-même, c’était un scientifique, un expérimentateur, il a fait une énorme contribution à la médecine, mais en tant que praticien, comme on peut le voir dans ses cahiers cliniques, il n’a pas été capable de concrétiser tout ce que promettait l’homéopathie. Peut-être est-ce lié au fait qu’il ait fait autant d’expérimentations?<br />
Mais si nous faisons une étude des homéopathes qui ont véritablement appliqué l’enseignement d’Hahnemann, mieux qu’Hahnemann lui-même, ils ont eu des résultats phénoménaux. Ce furent les seuls à réellement maîtriser les aspects cliniques de l’homéopathie. Lippe, bien sûr, en est une fois encore le meilleur exemple. Hering fut probablement celui qui fut le second d’Hahnemann pour ce qui est du plaisir personnel qu’il a pris à développer l’homéopathie ; il a participé au moins à 106 provings, dix de moins seulement qu’Hahnemann. Il n’a pas été le premier homéopathe en  Amérique, mais avec William Wesselhoeft, il a été un des fondateurs de l’école américaine d’homéopathie. A la mort de Hering en 1880, Lippe a écrit dans son article à sa mémoire que l’école américaine d’homéopathie avait perdu son père.<br />
De cette école, outre Adolph Lippe, sont sortis des homes tells que P. P. Wells, Joslin, Carroll Dunham, Edward Bayard, H. N. Guernsey, Constantine Lippe (le fils d’Adolph), Nash, E. W. Berridge, H. C. Allen, Earnest and Harvey Farrington (père et fils), Yingling, etc. Très peu dans l’histoire de l’homéopathie ont vraiment maîtrisé leur discipline et très peu ont compris tout l’enseignement d’Hahnemann — le potentiel réel de l’homéopathie a donc très rarement été pleinement réalisé. Les homéopathes dont j’ai mentionné les noms ont fait partie de l’âge d’or de l’homéopathie américaine.<br />
En Europe, nous avons eu Bœnninghausen, Nuñez et Jahr qui ont très bien compris l’homéopathie et aussi Thomas Skinner (un disciple de Berridge), David Wilson en Angleterre. Plus tard, il y a eu une résurrection de bonne homéopathie grâce à Pierre Schmidt, qui est venu en Amérique pour suivre une formation avec deux disciples de Kent, Frederica Gladwin et Alonzo Eugene Austin. Il est ensuite retourné en Europe et a inspiré toute une génération d’homéopathes à travers le monde.<br />
La plupart des leaders les plus récents en homéopathie ont été des disciples de Pierre Schmidt tels Jacques Baur, Jost Künzli, Jacques Imberechts, Robert Bourgarit, Horst Barthel, Will Kunkler, Tomas Paschero, D. Harish Chand, etc. Son influence s’est étendu au delà de l’Europe, jusqu’aux Amériques et en Inde. En Amérique du Nord, Elizabeth Wright-Hubbard, F.K. Bellokossy et Roger Schmidt (le frère de Pierre) comptaient aussi parmi les étudiants de Pierre Schmidt. Nous devons nous rappeler que Pierre Schmidt a été le fondateur de la Liga en 1926.<br />
Je répète encore une fois que très peu sont ceux qui ont vraiment maîtrisé l’homéopathie. Lippe fut un de ce petit nombre qui parvint à la maîtriser d’un point de vue clinique. Il a mené quelques provings aussi, bien sûr — mais surtout, il a pratiqué l’homéopathie selon les enseignements que nous a donnés Hahnemann, au point que l’on peut dire qu’il a vraiment maîtrisé le sujet de l’homéopathie clinique. Hering a été un maître qui a associé au mieux la théorie et la pratique de l’homéopathie, de même que Bœnninghausen, quoiqu’à un moindre degré.<br />
L’école américaine d’homéopathie a laissé au XX° siècle se créer l’International Hahnemannian Association grâce au travail d’Adolph Lippe ; elle a été "l’enfant" de Lippe. C’est le célèbre discours de Carroll Dunham en 1870 qui a en fin de compte ouvert la porte aux médecins de quelque école qu’ils soient issus sans se soucier qu’ils pratiquent ou non l’homéopathie, et leur a permis de rejoindre l’American Institute of Homœopathy. Lippe a enjoint les Hahnemanniens à créer une nouvelle association afin de préserver l’homéopathie pure. Dix ans plus tard, juste avant la mort d’Hering en 1880, l’International Hahnemannian Association a été créée. De 1881 jusqu’en 1959 ces Hahnemanniens se sont réunis chaque année pendant 3-4 jours pour parler des articles qui seraient plus tard publiés comme Compte-rendu de l’International Hahnemannian Association. Cette association a joué un rôle crucial en réunissant les Hahnemanniens et en donnant un nouvel élan à la pratique et à la défense de l’homéopathie.<br />
Si Lippe n’avait pas travaillé pendant cinquante ans à défendre l’homéopathie, l’école américaine serait probablement défunte, et dans ce cas, Pierre Schmidt n’aurait pas existé. A mon avis, dans cette hypothèse, La véritable homéopathie aurait complètement disparu. De la même manière, si Hahnemann n’avait jamais existé, l’homéopathie n’aurait probablement jamais été découverte. Ce qu’Hahnemann a fait et découvert, est si unique, si extraordinaire. Et si Lippe n’avait pas existé, ses enseignements auraient été perdus, non seulement en Amérique mais aussi dans le reste du monde. C’est mon opinion, mais il y a de nombreux témoignages dans la littérature homéopathique pour soutenir cette possibilité.<br />
Il est intéressant de reprendre l’histoire de l’homéopathie en Europe depuis Hahnemann. Il y a eu un déclin dans l’ensemble, même s’il y a quelques niches dans presque tous les pays d’Europe où nous pouvions trouver une homéopathie de bonne qualité. En Amérique, il en fut de même grâce à Hering et Wesselhoeft qui ont fondé une école de très haute qualité. Comme la demande de médecins homéopathes augmentait, de nombreuses écoles se sont ouvertes. Nous pouvons dire qu’en règle générale plus le nombre d’écoles est grand, pire est l’enseignement, au point que très peu de diplômés étaient capables de pratiquer l’homéopathie avec succès. Nous voyons donc que la survie de l’homéopathie a été très précaire : moins de deux pour cent des diplômés étaient capables de pratiquer une bonne homéopathie. Et cela parce qu’ils ne la comprenaient pas, en raison de la piètre qualité de leur enseignement.<br />
<strong>Q: Quelles ont été, selon vous, les raisons du déclin de l’homéopathie en Amérique et dans l’ensemble du reste du monde pendant ces cent dernières années ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> J’ai suivi l’évolution de l’homéopathie très attentivement et je peux vous dire que le mouvement "dégressif" a commencé tout particulièrement en Amérique. Nous pouvons situer son début en 1845 avec la première traduction de Julius Hempel de l’œuvre d’Hahnemann. Ses contresens et son interprétation des textes d’Hahnemann, aussi bien que son enseignement, ont conduit à la confusion et il a été responsable de l’introduction dans l’homéopathie d’une manière de penser plus allopathique et réductionniste.<br />
C’est de là que cela a démarré, mais ce mouvement n’était pas très important jusqu’en 1870, lorsque Carroll Dunham a fait son fameux discours devant l’American Institute of Homœopathy intitulé "Liberté de l’Opinion et de l’Action Médicale : une Nécessité Vitale et une Grande Responsabilité." En fait, ce discours a donné aux pseudo-homéopathes toute liberté de pratiquer leur éclectisme. Quatre ans plus tard, en 1874, le terme homéopathie n’était plus considéré comme une condition essentielle pour devenir membre de l’American Institute of Homœopathy. Le motif initial de Dunham était noble probablement mais s’est révélé naïf à posteriori. Il a affirmé, "laissez-les pratiquer comme bon leur semble, et ils seront convaincus en fin de compte que la véritable homéopathie est l’unique manière de pratiquer." Lippe, en réponse au discours de Dunham, a demandé si les homéopathes devaient suivre des <em>principes</em> ou leur <em>opinion</em> comme les allopathes. Il a affirmé que puisque <em>similia similibus curantur</em> est une loi, nous ne devons pas avoir la liberté de pratiquer contrairement à la loi, si nous nous prétendions homéopathes.<br />
<strong>Ce qui est arrivé en fin de compte, c’est que les pseudo-homéopathes ont eu toute facilité à appeler homéopathie la méthode qu’ils pratiquaient et enseignaient</strong>. Comme Lippe l’avait prédit, les sociétés et les écoles s’en trouvèrent affaiblies. La survivance de la véritable homéopathie était en danger. Le déclin s’est poursuivi. Ainsi, en 1885, par exemple, lorsque T. F. Allen, alors Président de l’American Institute of Homœopathie et Doyen du New York Homœopathic Medical College, a dit qu’il n’y avait aucune preuve de la puissance de l’infinitésimal, ce n’était qu’un dogme. La majorité des membres de l’American Institute of Homœopathy qui étaient des pseudo-homéopathes étaient alors tout près de rejoindre le clan des "officiels", c'est-à-dire, les allopathes.<br />
Dans les sociétés et les écoles, les principes fondamentaux de l’homéopathie n’étaient même plus enseignés. La qualité de l’enseignement dans les écoles en Amérique du Nord est allée en se détériorant. Ce n’était plus dès lors qu’une question de temps avant le déclin et la disparition de ses institutions.<br />
L’homéopathie était devenue très populaire en Amérique du Nord à son début du fait de ses succès étonnants obtenus par la "vieille garde" durant les épidémies — épidémies de diphtérie, scarlatine, choléra, malaria, fièvre jaune —tout particulièrement la fièvre jaune ; la mortalité dans cette maladie atteignait 55% avec le traitement allopathique, mains était inférieure à 5% dans les cas traités par homéopathie ; et c’était le même résultat dans le choléra. C’est là que l’homéopathie avec la "vielle garde" a obtenu ses lettres de noblesse. L’homéopathie était donc devenue très populaire, aussi bien dans le public que chez les hommes politiques. Pour un médecin, c’était souvent plus porteur d’être reconnu comme homéopathe que de pratiquer l’allopathie.<br />
En 1880, il y avait à peu près quinze écoles différentes d’homéopathie et la création de nouvelles écoles suivaient la demande croissante en médecins homéopathes. Mais très peu de médecins suivaient une véritable formation en homéopathie classique et étaient capables de la pratiquer convenablement. La majorité pratiquaient donc une homéopathie "associée" avec de l’allopathie. En conséquence, lorsque nous entendons dire qu’au changement de siècle, il y avait 15 0000 homéopathes aux Etats-Unis, c’est tout simplement faux ; il y en avait probablement moins de deux cents à essayer de pratiquer une homéopathie classique. Les autres étaient des "mixopathes" ou des médecins qui avaient été diplômés d’écoles homéopathiques, mais qui ne faisaient pas l’effort de pratiquer une homéopathie classique. Un tel diplôme ne signifiait pas que vous aviez suivi une véritable formation en homéopathie. Pour vous donner un simple exemple : Nash, que nous admirons tous pour ses "Leaders" a affirmé que lorsqu’il suivait les cours du Western College of Homœopathic Medicine à Cleveland dans les années 1860, il n’avait non seulement jamais lu l’Organon, mais il n’en avait jamais entendu parler.<br />
Vers 1880, il y avait environ 6000 praticiens homéopathes en Amérique, et parmi ceux-ci, 4800 étaient diplômés d’écoles homéopathiques. Savez-vous combien d’exemplaires de l’Organon ont été vendus depuis la publication de la première édition américaine en 1836? Environ 600 exemplaires — au total ! De plus, un assez grand nombre de ces Organons ont été achetés par des profanes, car des médecins comme Lippe conseillaient à leurs patients de lire l’Organon. <strong>On peut ainsi affirmer que moins de dix pour cent des diplômés des écoles de médecine homéopathique possédaient un exemplaire de l’Organon</strong> ! Beaucoup d’entre eux n’en avaient jamais entendu parler. Le vrai problème, bien sûr, était celui de l’enseignement.<br />
<strong>L’homéopathie devient une science extrêmement difficile à apprendre et à pratiquer avec de bons résultats lorsque manque la rigueur lors de son enseignement</strong>. Lors d’une conférence sur l’enseignement de l’homéopathie, il m’est arrivé d’être assis à une table avec douze autres médecins, dont la plupart étaient également spécialistes dans d’autres domaines. Si je me souviens bien, il y avait deux psychiatres, un neurologue, un cardiologue, deux spécialistes en médecine interne et un radiologue — ils avaient tous fait de longues études dans des domaines difficiles et exigeants, mais tous affirmaient que l’homéopathie avait été sans aucun doute la plus difficile à apprendre. Cependant, aucun d’entre eux n’avait suivi une formation en homéopathie aussi complète que celle qu’ils avaient suivie dans leur spécialité. Pour leur formation homéopathique, ils avaient tous dû aller piquer des éléments ici ou là. Et cela a toujours été le problème — le manque en homéopathie d’une bonne qualité d’enseignement. Pourquoi ? Parce que nous n’avons personne qui maitrise assez le sujet pour l’enseigner correctement.<br />
En Amérique, on ne manque pas d’institutions, mais comment peut-on espérer recevoir un enseignement de qualité si aucun des enseignants ne maitrise leur discipline ? Il nous faut une base solide pour commencer. Sinon, nous sommes dans un cercle vicieux, une spirale descendante. C’est depuis le début le problème en homéopathie. Il y a trop peu d’enseignants à maîtriser suffisamment leur sujet, ce qui permettrait aux diplômés d’appliquer avec de bons résultats les principes de l’homéopathie. Dans le même temps, des imposteurs comme Hempel se sont emparés des chaires d’enseignement, et ce furent les aveugles qui menèrent les aveugles. Ce n’est pas très différent, aujourd’hui, l’histoire ne cesse de se répéter.<br />
<strong>Q: Selon vous, que devrait comprendre une véritable formation en homéopathie ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Dans l’idéal, ce serait une formation où un étudiant, avant même d’incorporer une école de médecine, devrait recevoir un bon enseignement général en lettres et en sciences humaines, et tout particulièrement une formation très solide en philosophie. Hahnemann a évoqué ce sujet dans un article intitulé l’Observateur en médecine dans la seconde édition de sa Materia Medica Pura. Dans cet article il affirme qu<em>’un bon jugement et la capacité d’observer avec attention ne sont pas des qualités innées mais doivent s’acquérir grâce une bonne éducation ainsi qu’une formation correcte</em>. Il écrit que l’étude du latin classique et des auteurs grecs est essentielle pour développer ces qualités.</p>
<p>De façon similaire, Hering a enseigné à ses étudiants à l’Académie d’Allentown que les médecins pouvaient apprendre comment examiner leur patient aussi bien en étudiant Socrate qu’Hippocrate. Accessoirement, Hippocrate a dit que l’aspect le plus difficile de la pratique médicale est le jugement. Il en est de même aujourd’hui. L’étude des Lettres et des Sciences humaines avec de solides notions de philosophie est essentielle pour préparer le futur médecin à développer son jugement en développant une <em>ouverture d’esprit et un raisonnement sain et critique</em>, <em>un sens historique</em> et la capacité de <em>décrire ses propres perceptions avec précision</em>, afin d’être capable d’agir avec soin et intelligence. Une fois parvenu en médecine, on devrait enseigner à l’étudiant la philosophie de la médecine ce qui l’encouragerait à développer une compréhension générale et critique de l’étude et de la pratique médicale.<br />
L’étude de la médecine devrait avoir trois objectifs principaux :</p>
<p>Former des médecins afin qu’ils soient capables de faire de très bons <strong>diagnostics</strong>. Non seulement être capable de reconnaître le processus pathologique, mais aussi le type de maladie de façon globale et depuis son origine. Etre capable de rechercher non seulement tous les symptômes mais aussi toutes les circonstances, les facteurs, les influences et les étiologies impliquées. Etre capable d’individualiser en permanence.</p>
<p>Pour atteindre son objectif, l’étudiant en médecine doit étudier les sciences biologiques fondamentales — anatomie, physiologie, histologie, etc.— avec une importance toute particulière pour la microbiologie, la génétique, l’hygiène et la psychologie, toujours dans la perspective d’une vision globale, ce qui permet une compréhension globale de la <em>nature humaine et de la relation dynamique de l’homme avec son environnement</em>. Puis il se penchera sur l’étude de la <strong>pathologie</strong>, l’étude des signes et symptômes, les diagnostics différentiels, une prise d’observation complète et attentive ainsi qu’un examen clinique. Ce n’est qu’alors que la science des diagnostics prendra sa pleine importance. En apprenant à avoir un bon diagnostic, et par conséquent en étant capable de reconnaître les causes fondamentales du processus pathologique à son début et de donner des conseils à son patient afin de vivre une vie favorisant une bonne santé. Le troisième objectif serait de s’assurer que le médecin reçoive la formation nécessaire lui permettant de maîtriser la <strong>thérapeutique</strong>, et surtout, l’homéopathie, la science des thérapeutiques.<br />
En commençant la <strong>première année</strong> de l’école de médecine, les étudiants apprendraient la philosophie de l’homéopathie, le répertoire, la matière médicale des remèdes aigues, la prescription dans les cas aigus et les premiers soins. Ils commenceraient également à observer la pratique de praticiens qualifiés et expérimentés.<br />
En <strong>seconde année</strong>, ils complèteraient ce qui n’a pas été étudié durant la première année et débuteraient l’étude de la prescription dans les cas chroniques et leur matière médicale. En consultation, ils participeraient à des prises d’observation et à l’examen du patient sous contrôle.<br />
Au cours de la <strong>troisième année</strong>, ils poursuivraient leur étude de la prescription dans les affections chroniques et en consultation, commenceraient la gestion de cas avec un superviseur.<br />
En <strong>quatrième année</strong>, ils complèteraient leur formation homéopathique en étudiant ses applications dans des spécialités diverses telles que la pédiatrie, la gynécologie, l’obstétrique, la neurologie, la psychiatrie, la cardiologie, etc. A ce point, les diplômés en médecine auraient fait environ 2400 heures de formation didactique et 2400 heures de formation clinique. Ils pourraient alors opter de passer un ou plusieurs années en tant qu’interne dans un hôpital. Là, ils pourraient travailler en ayant une formation particulière avec les praticiens les plus expérimentés et compétents de notre profession, approfondir leurs connaissances, parfaire leur habilité clinique et faire de la recherche.</p>
<p>Par la suite, on demanderait aux jeunes diplômés d’avoir encore 50 à 100 heures de formation continue pendant les 4 à 5 années suivantes. Il y a des sujets en homéopathie qui ne peuvent être abordés qu’après quelques années de pratique. Ce pourrait être aussi l’opportunité pour les jeunes diplômés d’apporter leurs cas les plus difficiles à leurs professeurs, peut-être même de participer à un staff clinique avec un nombre d’heure prévu à cet effet, où ils pourraient observer le travail sur ces cas d’homéopathes très expérimentés ; c’est ainsi qu’ils pourront eux-mêmes devenir des experts. Ce serait l’ultime étape de leur formation où la compétence serait transmise des maîtres aux étudiants les plus doués.</p>
<p>Dans le domaine des autres thérapies, complémentaires à l’homéopathie, on pourrait leur donner en parallèle, des formations sur la psychothérapie, l’hydrothérapie, la médecine physique, etc. C’est ainsi que l’on donnerait à ce médecin une formation complète, lui permettant d’être préparé à traiter les cas les plus difficiles qu’ils soient aigus ou chroniques, un médecin réellement compétent en médecine classique. Après une telle formation et environ cinq à dix ans de pratique, on leur aurait donné toutes les opportunités de maîtriser leur discipline. Malheureusement, ce type de formation n’a jamais été proposé et c’est ce qui explique qu’il n’y ait qu’un si petit nombre à avoir véritablement maîtrisé l’homéopathie.</p>
<p>On en était très près lorsque Lippe a dirigé l’Homœopathic Medical College de Pennsylvanie dans le milieu des années 1860. Sous sa direction, l’ensemble du corps enseignant a partagé la même compréhension de l’homéopathie et a offert une formation harmonieuse. Parmi les enseignants, outre Lippe, il y avait Hering et Guernsey. Lorsque nous regardons la liste des diplômés de ces années, nous trouvons une liste de noms sans précédent tels que Constantine Lippe, E. A. Farrington, T. L Bradford, E. W. Berridge et Walter James, qui tous ont apporté de grandes contributions à notre profession. Un jour, très vite, je l’espère, nous serons capables d’offrir un système satisfaisant de formation à nos étudiants.</p>
<p><strong>Q: Quelles sont les exigences que doivent remplir un excellent médecin homéopathe, quel type de personnalité doit-il (ou elle) avoir ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> La première nécessité est une <em>personnalité bien équilibrée</em>. Si cela fait défaut, son déséquilibre se reflètera dans sa manière d’aborder ses études, de mettre en application la médecine, de traiter ses patients. L’équilibre, c’est la santé, en particulier la santé émotionnelle. Sinon, ce pourrait être une expérience très difficile autant pour le médecin que pour le patient. Une bonne connaissance de soi est également indispensable — plus le médecin se connaît lui-même, plus il ou elle sera capable de progresser dans la maitrise de l’homéopathie, moins d’erreurs il ou elle fera, moins son ego le perturbera.</p>
<p>La médecine est un art et une science conçus pour aider nos contemporains. C’est un service rendu par un homme à un autre ; <em>beaucoup semblent avoir perdu le véritable but de la médecine, qui n’est pas de servir les médecins ou d’enrichir les entreprises pharmaceutiques</em>. C’est principalement un service rendu à l’humanité. Le médecin, tel un scientifique, doit aborder la pratique de la médecine avec une grande humilité — il ou elle doit avoir une formation, une connaissance de soi solide ; il ou elle doit toujours avoir envie d’apprendre, de faire des recherches sur la nature. Le mot "physician" médecin - vient du mot grec "phusis" dont la signification est nature, par conséquent, le médecin est celui qui cherche à comprendre la nature, ses principes et ses lois et comment les mettre en application dans la santé et la maladie.</p>
<p>Deux exigences de base sont obligatoires : <em>largeur d’esprit</em>, et en même temps, <em>sens critique</em> envers l’observateur et ce qui est observé. Comme le disait Hahnemann, doutez de votre propre pouvoir de compréhension. Aussi, en réponse à votre question, je dirai que les exigences de base pour devenir un bon médecin homéopathe seraient d’avoir une grande connaissance de soi, une solide santé et d’aborder la médecine et l’homéopathie avec humilité et objectivité. Si nous, médecins, laissons s’immiscer notre ego et nos préjugés, notre aptitude à observer la nature telle qu’elle est et mettre ses principes en application sera biaisée. Et cela retarde notre progression dans la science de l’homéopathie.</p>
<p><strong>Q: Quelle est la bonne attitude que devrait avoir un médecin homéopathe envers un patient, quel devrait être son état d’esprit ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> En tant que médecins, nous devons avoir <em>la compassion</em>. Si nous n’en avons pas, nous ne serons jamais vraiment de bons médecins. Si nous pratiquons notre art principalement pour faire de l’argent, il vaudrait mieux entrer dans le monde des affaires — c’est plus facile. Donc, ce qui est essentiel avant tout est la compassion — nous traitons notre prochain comme nous désirions être traités nous-mêmes. Le patient est le "roi" ou la "reine" dans notre cabinet. Nous sommes là pour eux, et non l’inverse. C’est l’attitude de base. Notre ego ne devrait pas s’interposer entre nos patients et nous, ainsi qu’Hahnemann nous l’a conseillé. Alors que notre intelligence et notre cœur devraient être sans réserve à la disposition de notre patient, un bon comportement envers les malades est un art qui est tout à fait primordial pour une pratique de la médecine pleine de réussite. Nous devrions aussi vouloir constamment apprendre de nos patients. Nous devrions toujours nous souvenir que chaque patient que nous voyons, contribue à notre perfectionnement. Chaque patient est un individu, présentant un caractère unique, qui est là aussi pour notre apprentissage. La pratique de la véritable homéopathie est l’un des meilleurs professeurs qui soient, car, en essayant d’appliquer en toute circonstance une loi de la nature, faire une erreur, tricher, être paresseux ou faire semblant ne peut que mener à l’échec car le bon choix nécessite d’être très précis.</p>
<p><em>Si nous laissons des préjugés s’immiscer entre notre observation et nous, notre perception des phénomènes naturels sera faussée et nous ne serons plus capables d’observer la nature telle qu’elle est</em>. C’est la principale raison de nos échecs dans la pratique de l’homéopathie. Donc, à chaque fois qu’est faussée notre perception de la réalité ou que nous faisons une erreur de jugement, un échec en sera la conséquence et malheureusement, dans les pires cas, ce peut être une "fatale erreur," une expression souvent utilisée par Lippe pour décrire tout écart de la véritable homéopathie. En effet, de n’avoir pas réussi à appliquer correctement et à respecter la loi des semblables, nous pouvons être responsables du décès de patients. En homéopathie, donc, si nous sommes incapables d’être objectifs, si nous avons une tendance à être influencé, à formuler des avis, des idées fantasques, des conclusions, des explications et des extrapolations, nos pensées nous empêchent de percevoir avec justesse la réalité. Il n’est donc pas surprenant que nous soyons incapables d’obtenir les résultats escomptés de l’homéopathie. Pour une raison ou pour une autre, nous avons tous cette tendance de penser que nous ne connaissons pas, au lieu d’acquérir le réel savoir. Nous ne pouvons pas duper la nature et c’est pourquoi il faut une formation solide, c’est pourquoi les étudiants doivent recevoir un bon enseignement, afin d’obtenir les merveilleux résultats en suivant la loi telle qu’elle est.</p>
<p>Pierre Schmidt avait l’habitude de dire que l’homéopathie nous offre de nombreuses et de grandes satisfactions dans la vie. Premièrement, car c’est un défi intellectuel. Deuxièmement, c’est une joie pour le cœur, car nous aidons des gens qui souffrent. Et troisièmement, c’est un très bon moyen de gagner sa vie et celle de nos familles. Je voudrais ajouter une quatrième raison, l’homéopathie est aussi un grand professeur, peut-être le meilleur de tous, car il nous apprend à appliquer la loi de la nature. C’est elle qui nous corrige en permanence. Les symptômes du patient constituent le langage de la nature, ils nous disent, à nous médecins, ce que nous devons connaître. Si nos perceptions nous induisent en erreur, ainsi le seront également nos actions, ce qui compromettra la guérison rapide de notre patient. Nous devrons donc en permanence nous corriger, réorienter notre navigation au premier signe d’errance, afin de continuer à faire route dans la bonne direction. Si nous sommes passionnés pour apprendre tout en pratiquant l’homéopathie, nous deviendrons plus avisés en essayant constamment de nous conformer à la nature. <em>La sagesse, par essence, est la quête permanente du bon ou du chemin approprié</em>.</p>
<p><strong>Q: Quelle est la meilleure façon d’étudier la matière médicale ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Tout d’abord il nous faut étudier seulement des sources fiables. Hahnemann nous a montré la voie en intitulant son premier grand ouvrage sur la matière médicale, Materia Medica Pura. <em>Pura</em> car la matière médicale doit être fondée uniquement sur de véritables observations, exemptes de toute opinion, conjecture ou fantaisie. Maintenant, la matière médicale doit avant tout être fondée sur des provings en incluant des cas d’intoxication ; on y ajoutera les symptômes guéris qui sont la vérification des expérimentations. Voilà ce qui constitue la base de la matière médicale pure d’Hahnemann. Comme cette matière médicale est devenue volumineuse, il a fallu l’aborder d’une façon systématique, sinon ce serait tout à fait excessif. De nombreux professeurs de matière médicale ont abordé ce problème, souvent de manière très contradictoire. La meilleure méthode, à ma connaissance, est la <strong>méthode diagnostique de Hering</strong> telle qu’il l’enseignait à ses étudiants à l’école d’homéopathie d’Allentown dans les années 1830.</p>
<p>Nous pouvons aborder la matière médicale de la même façon que vous pourriez approcher n’importe quelle science de la nature, telles que la géologie, la botanique, la zoologie ou l’entomologie dans laquelle tout est classifié par comparaison. Combien de temps pensez-vous que cela prendrait à un entomologiste expérimenté pour classer un insecte que l’on vient de découvrir ? Seulement quelques secondes — en comparant, différentiant et classifiant les caractéristiques de ce nouveau spécimen. En étudiant la matière médicale avec la méthode diagnostique, nous débuterions avec un seul remède, un des remèdes les plus souvent prescrits, et nous lirions autant de sources fiables possibles. Nous commencerions avec le proving, qui serait étudié très attentivement, puis compléterions ceci avec l’expérience clinique de prescripteurs sûrs, et en fin avec des cas guéris. Puis nous prendrions un autre remède souvent prescrit qui serait le plus proche du remède étudié précédemment et ferions une comparaison des deux et essayerons de les différentier. Nous ferions la même opération avec un troisième et ainsi de suite. Nous pourrions faire une série de douze remèdes très souvent utilisés dans les cas aigus et une autre série de douze remèdes très souvent utilisés dans des cas chroniques. Ainsi, le praticien connaitrait très bien un nombre limité de remèdes et serait immédiatement capable d’en reconnaître un lorsqu’il serait indiqué, ou lorsque ce n’est aucun de ceux-ci. Nash, dans sa monographie sur Sulphur, écrivait qu’ "un seul remède bien étudié est bien préférable que plusieurs à moitié compris." En pratique, en choisissant le remède le plus similaire, vous devez souvent faire la différence entre trois ou quatre remèdes. En général, deux ou trois de ces derniers font partie des remèdes les plus souvent utilisés.</p>
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<p><strong>Q: Pourriez-vous nous donner quelques exemples ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Pour les remèdes les plus souvent utilisés dans les cas aigus, on pourrait commencer avec Belladonna, suivi par Aconitum, Bryonia, Rhus toxicodendron, Arsenicum album, Apis mellifica, Hepar sulphur, Ferrum phosphoricum, Gelsemium, Nux vomica, Ignatia amara, Chamomilla. Pour les remèdes les plus souvent utilisés dans les cas chroniques, Lippe recommandait à ses étudiants de débuter avec Lycopodium — qui est un très bon remède pour commencer car il présente un tableau très caractéristique — puis nous pourrions continuer en le comparant avec Pulsatilla ; puis étudier Sepia et le comparer aux deux premiers, car  ils sont très proches sur quelques points. Puis vous étudierez Natrum muriaticum, Phosphorus, Sulphur, Lachesis, Calcarea carbonica, Silica, Staphysagria, Aurum metallicum, Platina, et ainsi de suite, l’un après l’autre, toujours en comparant leurs similarités et leurs différences non seulement les uns après les autres, mais aussi avec d’autres remèdes partageant des symptômes semblables, en les comparant et les individualisant en permanence. C’est l’intérêt du diagnostic, de connaître la différenciation à l’aide de la distinction.</p>
<p>Le plan de ces conférences sur la matière médicale serait similaire à la Matière Médicale Clinique de Farrington. Avec cette méthode, plus vous étudiez de remèdes, moins vous aurez besoin de temps pour étudier les remèdes complémentaires. Lippe a une fois dit que tous ceux qui avaient véritablement maîtrisé notre matière médicale l’avaient étudié selon cette méthode — la méthode diagnostique de Hering. Selon ma propre expérience, je me suis rendu compte que la meilleure façon de préparer une conférence de matière médicale est, avant tout, de lire le texte original du proving, si possible, tout particulièrement s’il est dans l’ordre chronologique. C’est souvent possible dans le cas de provings qui se sont déroulés en Amérique. Nous obtenons des informations précises sur ce qui est survenu, à quelle heure du jour, et nous pouvons ainsi suivre l’évolution des symptômes. Nous n’avons pas toujours de tel proving. La majorité des matières médicales suivent le plan d’Hahnemann qui s’appuie sur l’ordre anatomique plutôt que chronologique. De toute façon, c’est toujours très important d’étudier les symptômes originaux du proving pour avoir une bonne appréciation de tableau symptomatique de départ. C’est tout à fait fondamental pour une étude sérieuse de la matière médicale. Un proving bien conduit avec des expérimentateurs sensibles mettra en valeur les symptômes les plus caractéristiques, son "génie." Et c’est ce qui est important. En lisant un remède, nous cherchons à percevoir son génie, sa nature, ce qui est le plus caractéristique, étrange, ce qui l’identifie. En général, Hahnemann donnait un aperçu du génie d’un remède dans l’introduction, ou en soulignant en gras les symptômes les plus frappants. Après la lecture du proving, je lis les confirmations cliniques à partir d’auteurs fiables  — le terme fiable est important ! — et ensuite, j’en découvre habituellement beaucoup plus sur le remède.</p>
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<p><strong>Q: Pouvez-vous nous donner un exemple ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Tous les symptômes caractéristiques ne seront pas nécessairement découverts durant le proving. Prenons, par exemple, le symptôme vomissement alimentaire après réchauffement dans l’estomac. Ce symptôme n’est pas retrouvé dans la Materia Medica Pura ou dans les Maladies Chroniques ; d’où vient-il donc ? Il provient de Lippe qui l’a observé chez un patient et l’a rapporté. Depuis, il a été souvent confirmé et est devenu un symptôme guide.</p>
<p>A mesure que nous faisons des recherches, chaque portrait de remède va évoluer et devenir plus complet lors des provings ultérieurs et lors des ajouts liés à l’expérience clinique du remède. <strong>C’est l’idée qui sert de lien aux Guiding Symptoms de Hering, une matière médicale fondée sur la vérification des provings tels qu’on les a retrouvés chez le malade</strong>. Dans les provings, nous trouverons les symptômes les plus purs et primitifs qui tendent à être les plus fonctionnels, les symptômes de la maladie au début, alors que chez le malade, nous trouverons également le dernier stade de la maladie, les symptômes les plus organiques. Donc, lorsque je prépare une conférence de matière médicale, je commence avec Hahnemann ou le proving initial, puis je continue avec l’Encyclopédie de la Matière Médicale Pure de Allen, puis avec les Guiding Symptoms de Hering, puis je lis les auteurs sûrs — Lippe, Guernsey, Nash, Dunham, Earnest Farrington, etc., enfin je finis avec les auteurs plus contemporains tels que les Pulfords (père et fils) et Harvey Farrington (le fils d’Earnest). Enfin, je rassemble tous les cas que je peux trouver venant d’auteurs fiables et de ma propre pratique pour compléter et illustrer l’exposé. Maintenant nous avons quelque chose qui se tient. C’est la meilleure façon que j’ai trouvé pour étudier la matière médicale.</p>
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<p><strong>Q: Cette liste d’ouvrages sûrs de matière médicale que vous venez juste de nous donner est-elle exhaustive, ou y en a-t-il d’autres à ajouter ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Je dirais qu’une liste exhaustive devrait inclure Hahnemann, Lippe, Guernsey, Nash, Allen, Hering, Farrington. Quoiqu’avec Earnest, le père, nous devons être très prudent, nous devons exclure tous les aspects physiologiques. Là, il faisait fausse route. <em>Au vingtième siècle, il n’y a pas beaucoup d’auteurs qui soient fiables</em>. William Boericke n’était pas forcément le meilleur homéopathe mais il a été beaucoup lu et ce qu’il a écrit était fiable même s’il a peu écrit. Clarke a été également très lu. Son Dictionnaire est bon pour ce qui est de son premier chapitre intitulé "Caractéristiques" dont on peut se servir comme une introduction du remède. Les anecdotes rapportées contribuent à créer des images vivantes, facilitant la représentation du remède. Le reste de sa matière médicale n’est pas aussi intéressante. Les Pulfords — père et fils — ont pratiqué dans l’Ohio pendant environ quatre vingts ans. Ils ont été de très bons homéopathes et on peut se fier à leur matière médicale. Harvey Farrington a été l’un des derniers enseignants sérieux de matière médicale. Ses exposés étaient tout à fait dignes de foi. Pierre Schmidt, également, était digne de confiance. Il ne se servait pas beaucoup de sa propre expérience clinique pour faire des ajouts à la matière médicale, mais il a fait des ajouts à partir de ses lectures. Il possédait une très bonne bibliothèque et il était capable de s’inspirer de ce matériel fiable, tandis que les Pulfords et Harvey Farrington tiraient surtout parti de leur expérience. Herbert Roberts a fait aussi d’intéressantes lectures, il avait beaucoup d’expérience et il était un bon observateur. Boger faisait partie de la même catégorie.</p>
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<p><strong>Q: Et Kent?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Oh! Beaucoup de ce qu’il a été écrit n’était pas du tout fiable, mais même les experts ne le savent pas toujours. Par exemple, tous ses remèdes synthétiques ne sont pas du tout dignes de confiance à mon avis.</p>
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<p><strong>Q. Pourriez-vous expliquer ce que sont les remèdes synthétiques ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Les remèdes synthétiques sont des remèdes comme Alumina silicata, Aurum arsenicum, Aurum iodatum, Aurum sulphuricum, etc. Vous prenez deux remèdes bien expérimentés, vous étuudiez leurs provings et alors vous dites : "Qu’arriverait-il si on les associait les uns avec les autres ?" Avec les remèdes synthétiques, vous remarquerez que Kent débute en général avec quelque chose comme "les symptômes de ce remède se produisent le matin, dans la matinée, l’après-midi, le soir, la nuit et après minuit" ; puis vous passez au remède suivant et vous voyez une aggravation "le matin, la matinée, l’après-midi et la nuit" et ainsi de suite ! On ne peut donner absolument aucune crédibilité à ces prétendus provings. Kent n’était pas probablement trop marqué par le paragraphe 144 de l’Organon où Hahnemann écrit que "tout ce qui est hypothèse spéculative, assertion gratuite ou fiction, soit sévèrement exclu de cette matière médicale. On n'y doit trouver que le langage pur de la nature interrogée avec soin et bonne foi."</p>
<p>Kent a publié ses remèdes synthétiques dans un petit journal appelé la Critique dont il faisait partie du comité d’édition. Dans son éditorial de Décembre 1907, il promettait pour l’année suivante douze nouveaux remèdes, un par numéro de ce journal mensuel. C’est ce qu’il a fait jusqu’en  Juin 1908 où C. Allen and W. P. Waring l’ont vivement critiqué. Tous deux étaient membres de l’International Hahnemannian Association et impliqués comme Kent dans l’enseignement de l’homéopathie à Chicago. Après cette critique, contre laquelle Kent ne s’est pas  défendu, il n’a plus jamais publié d’autre remède synthétique, y compris ceux qu’il avait promis. Il a continué de proposer des articles à la Critique mais pas des articles sur la matière médicale. Lorsqu’il a publié la seconde édition de ses Conférences de matière médicale homéopathique en 1911, il n’y a inclus aucun des remèdes synthétiques qui avaient été publiés entre 1904 et 1908 (la première édition de ses Conférences de Matière Médicale a été publiée en 1905). Sur ce point, Hahnemann avait été très clair dans le premier paragraphe du Génie de L’art de Guérir Homœopathique, publié dans chaque édition de sa Materia Medica Pura et qu’il considérait comme un de ses articles les plus importants. <em>Il y écrit qu’il serait absurde de lutter contre la maladie avec des propriétés imaginaires de médicaments</em>.</p>
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