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	<title>Planète Homéo &#187; Répertoire</title>
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	<description>Homéopathie, Planète homéo, la référence en homéopathie, vous informe sur l&#039;homéopathie, les médicaments homéopathiques, les traitements en homéopathie. C&#039;est un site d&#039;information des professionnels et du grand public sur l&#039;homéopathie</description>
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		<title>Séminaire de Novembre avec le Dr Farokh Master de Bombay</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 14:07:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ravalard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<description><![CDATA[L’Association Planète-Homéo organise en Novembre 2011 (du Mercredi 9 au Dimanche 13 Novembre) le deuxième séminaire de Formation Approfondie en Homéopathie Classique avec le Dr Farokh Master.
Le Dr Farokh Master n’est plus à présenter. C’est un médecin indien exerçant  à Bombay, il a une expérience clinique de 25 ans de pratique homéopathique et une notoriété [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=6428cf7616cf80e788ed428d5f9e9493&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Farokh12.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1546" title="Farokh1" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Farokh12-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>L’Association Planète-Homéo organise en Novembre 2011 (du Mercredi 9 au Dimanche 13 Novembre) le deuxième séminaire de <strong>Formation Approfondie en Homéopathie Classique</strong> avec le Dr Farokh Master.</p>
<p>Le Dr Farokh Master n’est plus à présenter. C’est un médecin indien exerçant  à Bombay, il a une expérience clinique de 25 ans de pratique homéopathique et une notoriété en tant que conférencier international. Il nous a proposé de faire un <strong>enseignement approfondi d’Homéopathie</strong> en France, enseignement qu’il assure déjà dans plusieurs pays européens.</p>
<p>Le Dr Farokh Master est un excellent clinicien ; sa pratique s’est enrichie grâce à  ses connaissances en psychologie Jungienne.</p>
<p>Il pratique une Homéopathie restant fidèle à l’enseignement d’Hahnemann fondé sur l’Organon, la Matière Médicale et les Répertoires.</p>
<p>Nous pensons que c’est une belle opportunité d’apprendre et d’approfondir l’homéopathie de la bouche d’un médecin qui a une si grande connaissance et une telle pratique de cette science. Cet enseignement est destiné non seulement à des médecins voulant découvrir l’homéopathie (ou à des étudiants désireux de s’y investir) mais aussi à des homéopathes déjà expérimentés.  </p>
<p>Ce sera un enseignement complet de l’Homéopathie Classique : philosophie, mais aussi gestion des cas cliniques, prises de cas, si possible cas vidéo relié au remède en cours d’étude, et bien sûr matière médicale commentée.</p>
<p>Le Dr Farokh Master souhaite, pour que son enseignement soit efficace, une session de 5 jours. Nous savons que beaucoup parmi vous ont du mal à se libérer aussi longtemps mais nous pensons, nous qui le côtoyions depuis plusieurs années maintenant, que c’est un très bon investissement en vue d’une amélioration de votre pratique homéopathique.</p>
<p> Le <strong>programme</strong> de cette deuxième session comprendra :</p>
<p><strong>Lycopodium et ses relations avec Carbo-vegetabilis et Argentum nitricum</strong> (cas videos des principaux remèdes).</p>
<p><strong>Bryonia et ses remèdes satellites </strong>(cas clinique video de Bryonia).</p>
<p><strong>Poursuite de l’étude de l’Organon.</strong></p>
<ul>
<li>Symptôme étrange, rare et particulier</li>
<li>Signes évoquant une amélioration (Aph252-256)</li>
<li>Régime en Homéopathie (259-262)</li>
<li>Deuxième prescription</li>
<li>Observation d’une réaction médicamenteuse</li>
<li>Posologie</li>
<li>Individualisation</li>
<li>Evaluation des symptômes</li>
<li>Maladies mentales (210-230)</li>
</ul>
<p><strong>Répertoire : Enseignement du Répertoire ‘à l’indienne’. Exercices pour découvrir la bonne rubrique. </strong></p>
<p><strong>Un cas clinique live.</strong></p>
<p>L’enseignement se fera sur <strong><span style="text-decoration: underline;">Lyon du 9 au 13 Novembre</span></strong>, comportant ainsi deux jours fériés. Il aura lieu à l’hôtel Campanile de La Part-Dieu à Lyon.</p>
<p>FORUM PART-DIEU 31 RUE MAURICE-FLANDIN<br />
69003 LYON-03<br />
Téléphone : +33 4 72 36 31 00</p>
<p>FRAIS D'INSCRIPTION:<br />
Les frais comprennent la participation au congrès, et les repas de midi,  vins compris. Les reçus seront délivrés sur place.</p>
<p><strong>490€ par personne pour la totalité du séminaire</strong>.</p>
<h6>Repas : Les repas de midi sont compris dans les frais d’inscription. Si vous souhaitez un repas végétarien, veuillez nous le précisez sur la feuille d’inscription.</h6>
<p> Problème : En cas de difficulté diverse, (modalités de paiement, impossibilité de participer à l’ensemble du Congrès), me joindre au Tél : 02 51 91 02 52.</p>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>Découper le présent bulletin et le renvoyer ACCOMPAGNE DE VOTRE REGLEMENT à l'adresse suivante :Dr. Jean-Claude Ravalard<br />
32 Avenue de la Gare<br />
85500 LES HERBIERS</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p> ______________________________________________________________</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="76%">NOM :</td>
<td width="23%">PRENOM :</td>
</tr>
<tr>
<td width="76%">ADRESSE :</td>
<td width="23%">TEL :</td>
</tr>
<tr>
<td width="76%">VILLE</td>
<td width="23%">CP :</td>
</tr>
<tr>
<td width="76%">Repas végétarien : (cocher selon vos souhaits)</td>
<td width="23%">Oui    /    Non</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p> Ouverture du Secrétariat à 8h30 le 9 Novembre.</p>
<p>Début des Conférences à 9h 30.</p>
<p>Fin des cours le Dimanche 17h.</p>
<p>L’Association Planète-Homéo espère que vous pourrez participer à cette deuxième session.</p>
<p>Si vous souhaitez avoir quelque renseignement complémentaire ou connaître les modalités d’inscription, vous pouvez m’adresser un mail à l’adresse suivante :</p>
<p><a href="mailto:jean-claude.ravalard@wanadoo.fr">jean-claude.ravalard@wanadoo.fr</a></p>
<p>Amicalement.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Invitation à un séminaire à Paris les 21 &amp; 22 Mai 2011 avec le Dr Kavouras</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2011/02/18/invitation-a-un-seminaire-a-paris-les-21-22-mai-2011-avec-le-dr-kavouras/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Feb 2011 08:04:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ravalard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici l'invitation du Dr Kavouras Jorgos, que ceux qui sont déjà allé à Alonissos en Grèce pour suivre des formations avec George Vithoulkas connaissent bien, c'est un médecin d'origine grecque mais exerçant en Allemagne, il est le porte-parole de George Vithoulkas, responsable des 'Vithoulkas Vidéo Course' que ce soit en Grèce, mais aussi dans plusieurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=6428cf7616cf80e788ed428d5f9e9493&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Kavouras-Jorgos1.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1199" title="Kavouras Jorgos" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/Kavouras-Jorgos1-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Voici l'invitation du Dr Kavouras Jorgos, que ceux qui sont déjà allé à Alonissos en Grèce pour suivre des formations avec George Vithoulkas connaissent bien, c'est un médecin d'origine grecque mais exerçant en Allemagne, il est le porte-parole de George Vithoulkas, responsable des 'Vithoulkas Vidéo Course' que ce soit en Grèce, mais aussi dans plusieurs autres pays, en Angleterre, au Canada entre autres.</p>
<p>Il nous développera les Niveaux de Santé, classification proposée par George Vithoulkas, et intéressante dans la gestion des cas difficiles. C'est aussi le dernier livre écrit par Vithoulkas, "Levels of Health'.</p>
<p>Ses exposés seront entrecoupés d'illustrations vidéo. Edouard Brousslian sera présent également pour nous parler de son travail à Haïti en 2011 sur des cas de choléra avec visualisation de vidéos.</p>
<p>Les exposés du Dr Kavouras seront traduites en français.</p>
<p>Voici l'invitation détaillée:</p>
<p><strong>SEMINAIRE D’HOMEOPATHIE CLINIQUE</strong></p>
<p><strong>Docteur Jorgos Kavouras</strong></p>
<p><strong>Sous la présidence d’honneur du Docteur Max TETAU</strong></p>
<p><strong>PARIS – 21 &amp; 22 Mai 2011</strong></p>
<p>Pour la première fois en France, le <strong>Docteur Jorgos Kavouras</strong>, médecin homéopathe depuis plus de 20 ans, reconnu internationalement pour la qualité de son enseignement et sa passion à transmettre l’homéopathie classique, présentera les <strong>Niveaux de Santé</strong>, classification établie par le Professeur George Vithoulkas, leurs intérêts dans la gestion de cas aigus graves ainsi que le traitement homéopathique des maladies infectieuses en pneumologie et en gastro-entérologie.</p>
<p>De nombreuses vidéos émailleront  ce séminaire (intervenants : Docteurs J. Kavouras et E. Broussalian)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Points forts de la Conférence</span> :</p>
<ul>
<li>Niveaux de Santé selon G. Vithoulkas</li>
<li>Intérêt de cette classification dans la gestion de cas difficiles</li>
<li>Les maladies aiguës dans les Niveaux de Santé</li>
<li>Gestion de cas chroniques</li>
<li>Maladies infectieuses (exemple : le choléra)</li>
<li>Traitement homéopathique des infections pulmonaires</li>
<li>Traitement homéopathique des infections intestinales</li>
<li>Témoignages vidéo du Docteur Edouard Broussalian  sur des cas de choléra filmés en 2011 lors de son séjour à Haïti.</li>
</ul>
<p>*A noter que la conférence se fera en langue anglaise avec traduction française.</p>
<p>Pour  toutes informations complémentaires, contactez  Christine a : <a href="mailto:christinebachelet@gmail.com">christinebachelet@gmail.com</a>  Lieu, horaires et paiement  site : <a href="http://www.kavouras.de/4.html">http://www.kavouras.de/4.html</a></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">TARIF CONFERENCE 21/22 Mai 2011 Paris :</span> <strong>220 Euros</strong> (inclus 2 pause-café par jour)</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Tarif réduit</span></strong> : <strong>200 euros</strong>   Paiement avant le 31 mars.</p>
<p><strong>Veuillez vous inscrire au moins 20 jours à l’avance avec paiement afin d’assurer votre place.</strong></p>
<p> Inscription par courriel : homeopathy@kavouras.de</p>
<p>Règlement par cheque a l’ordre du docteur Jean-Claude RAVALARD- 9, rue Notre Dame-</p>
<p>85500 LES HERBIERS</p>
<p> Situation: ATELIER DORAT : 22, RUE CHAPON 75003 PARIS</p>
<p><strong>Parking à proximité :</strong><strong> </strong>450 places <br />
<strong>Métro :</strong><strong> </strong>Arts et Métiers - Rambuteau<br />
<strong>RER :</strong><strong> </strong>A,B,D<br />
<strong>Gare SNCF la plus proche :</strong><strong> </strong>Entre Gare de l'Est et Gare de Lyon<br />
<strong>Aéroport :</strong><strong> </strong>ORLY ET CDG</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Discerner le simillimum. Entrevoir l&#8217;homéopathie. 2eme partie</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2010/11/30/discerner-le-simillimum-entrevoir-lhomeopathie-2eme-partie/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 06:31:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[2. Un état d’esprit particulier : "the right stuff"
On l’a vu avec ce qui précède, oser sortir des sentiers battus n’est pas la moindre aptitude de l’homéopathe. Cependant il existe une difficulté, c’est même la plus grande, dans l’apprentissage de notre matière. Pour y parvenir, il est nécessaire de posséder un esprit curieux –parfois aussi un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><h2>2. Un état d’esprit particulier : "the right stuff"</h2>
<p>On l’a vu avec ce qui précède, oser sortir des sentiers battus n’est pas la moindre aptitude de l’homéopathe. Cependant il existe une difficulté, c’est même la plus grande, dans l’apprentissage de notre matière. Pour y parvenir, il est nécessaire de posséder un esprit curieux –parfois aussi un curieux esprit ! – caractérisé de la façon suivante :</p>
<h3>Un mélange de rigueur scientifique et de perception artistique</h3>
<p>A la base de toute discipline scientifique (enfin je veux dire, partout sauf en médecine actuellement) figure <em>l’étude des phénomènes naturels afin d’énoncer les lois qui les régissent</em>. Puis sur ces fondements naissent deux types de constructions : la <em>méthode</em> ou le <em>système</em>. Il faut connaître cette subtile distinction –établie par Jahr il y a déjà 150 ans– pour comprendre les choses. Un système tout entier se déduit d’une proposition initiale ; la relativité générale est un système. Une méthode est un tout cohérent qui repose sur la juxtaposition de plusieurs énoncés éventuellement indépendants ; c’est le cas de l’homéopathie. Apprendre, comprendre et appliquer l’ensemble des propositions de la méthode est la clé du succès. On trouve quelques médecins audacieux qui osent prescrire des doses dynamisées –c’est l’une des facettes de l’homéopathie– moins nombreux sont ceux qui comprennent intimement que « <em>seul le principe vital, après avoir été ainsi désaccordé, peut procurer à l'organisme les sensations désagréables qu'il éprouve et le pousser aux actions insolites que nous appelons maladies »</em>. Plus rares encore ceux qui ont compris le principe de la dose unique, encore plus rares ceux qui maîtrisent les questions de posologie et d’interprétations des réactions cliniques du cas.</p>
<p>Comme dans toute autre discipline scientifique, il est nécessaire de connaître et de comprendre les principes énoncés par Hahnemann au terme d’une vie entière de recherches ; cela représente un effort de <em>compréhension</em> et de <em>conceptualisation</em> qui nous démarque peu à peu de la médecine classique. Assimiler de son mieux les signes et les tableaux caractéristiques du plus grand nombre de drogues représente un immense effort de <em>mémorisation </em>mais réduire l'étude des propriétés des médicaments à un effort de mémoire conduit à la catastrophe car on doit se familiariser avec les médicaments tout comme on s'habitude aux habitudes et aux manies d'un colocataire.</p>
<p>Il ne faut pas rester au milieu du gué : une fois que cette pâte scientifique sera acquise, encore faudra-il la modeler, la travailler, lui donner les formes qui conviennent pour décrire les cas morbides. L’aisance avec laquelle on manipule les concepts de base permet d’acquérir peu à peu un savoir faire indispensable à toute bonne prescription. Il en découle une dimension artistique d’une rare richesse puisque potentiellement il existe une infinité de cas possibles.</p>
<p>Utiliser ses connaissances pour affûter sa perception des patients, comprendre ce qui est souffrant en eux, reconnaître ce qui est « <em>indubitablement morbide</em> », voilà une tâche qui nous occupera toute une vie !</p>
<h3>Le jugement individuel et l’engagement personnel : la pensée cartésienne</h3>
<p>Pour réaliser cette dimension artistique, l’homéopathie implique un engagement personnel du praticien, qui se trouve souvent en proie aux railleries de ses confrères et qui doit aussi endurer régulièrement la lecture d’articles diffamatoires sur son art.</p>
<p>Bien que les deux formes de médecine soient complémentaires, comme peuvent l’être des traitements curatifs et palliatifs, la situation devient rapidement manichéenne. Dès le début de sa pratique, l’homéopathe se trouve tiraillé entre deux partis. Il semble que l’esprit humain ne puisse concevoir les idées nouvelles autrement qu’avec des conflits. Thomas Kuhn a clairement identifié ces mécanismes dans son ouvrage désormais classique « La structure des révolutions scientifiques ».</p>
<p>Au commencement de nos études, nous baignons dans un mode de pensée souvent caractérisée par l’intolérance mais soutenu par toutes sortes d’habitudes, de certitudes, et d’intérêts financiers ; l’édifice est conforté par le pire des faux amis qu’est le sens commun (soigner la partie malade) ; et pérennisé par l’enseignement thérapeutique classique (je dis bien <em>thérapeutique</em> car jamais l’homéopathie n’a prétendu renier les autres branches médicales).</p>
<p>Seul, <em>le développement du jugement individuel</em> basé sur l’expérience permet de se détacher peu à peu du vieux système de pensée. Cela enracine profondément la démarche homéopathique dans le cartésianisme qui souligne depuis 1637 le privilège du sujet pensant.</p>
<p>Grâce à Descartes en effet, le jugement individuel recouvre une autorité légitime qui ne doit rien à la croyance, au préjugé, ou à l’institution. Le fameux <em>cogito ergo sum</em> –je pense (donc) je suis– a la force d’une révélation : il enseigne que toute vie intellectuelle commence par la perception singulière de l’existence propre d’un sujet pensant, c’est à dire d’abord sentant, d’un sujet se sentant penser.</p>
<p>Cela nous situe hélas aux antipodes de la mode actuelle qui consiste à attendre dans un fauteuil la publication d‘articles et d’études censés éclairer les lecteurs. Dans ces conditions, l’acharnement borné des adversaires de l’homéopathie me fascine complètement. Quel peut être le psychisme de ces gens qui se sentent ainsi obligés de partir en « croisade » ? J’apprécierais énormément l’éclairage d’un psychiatre sur ce type de comportement.</p>
<p>Nous retiendrons avec humour de l’expérience de ces derniers siècles qu’il n’existe pas de détracteurs honnêtes <strong>et </strong>intelligents. Ceux qui sont les deux sont des homéopathes qui s’ignorent comme le montre l’histoire de Hering (chargé dans son jeune temps de démontrer que Hahnemann était un charlatan, celui-ci constate avec ébahissement les merveilleux résultats et se convertit à la nouvelle médecine). Les détracteurs honnêtes ne sont pas souvent intelligents ; ce sont en général des gens qui ont péniblement acquis certaines connaissances et qui sont persuadés de détenir dès lors un savoir qu’il s’agit défendre jalousement. Les détracteurs intelligents sont rarement honnêtes ; ceux là je l’avoue me répugnent le plus, ils défendent les intérêts de leurs employeurs par les moyens les plus bas et les pires manipulations ; hélas, comme Lénine l’a démontré, "plus c'est gros plus ça passe".</p>
<h3>Un cœur resté ouvert et un esprit d’enfant</h3>
<p>On peut déplorer que l’enseignement universitaire produise principalement des « scientifiques » froids et précis persuadés notamment trouver la solution à tous les problèmes grâce à des mesures linéaires de masse, volume, quantités, etc. La dimension humaine de notre art se trouve de plus en plus rognée, ce qui crée une brèche grandissante entre le médecin classique représentant un monde de papier comme disait Galilée, et la souffrance bien réelle du patient.</p>
<p>Cette distance entre la réalité souvent non étiquetée des patients et le cadre de plus en plus artificiel du système hospitalier induit une défiance de plus en plus grande du public envers la médecine. Il convient à tout médecin de cultiver le doute cartésien sur sa pratique et ses connaissances afin de ne pas tomber dans le panneau du narcissisme. Reconnaître devant son patient quand cela se produit que l’on s’est trompé me semble tout aussi essentiel afin d’entretenir la confiance indispensable à la relation médecin malade. Savoir prendre la responsabilité de ne rien prescrire si l’on ne voit pas de médication indiquée nous oblige aussi à apprendre à gérer notre propre stress (<em>cher lecteur, au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, bien des prescriptions visent surtout à rassurer… le prescripteur</em> !)</p>
<p>Il est indispensable de se dégager de l’univers de la médecine classique et de ses classifications arbitraires afin de devenir un vrai artiste dans l’art de guérir. Il est nécessaire d’aimer un minimum ses semblables et de désirer entrer en contact avec eux pour avoir une chance de percevoir leur souffrance propre.</p>
<p>Enfin, dans une société qui entend tout contrôler et tout comprendre, il est difficile d’avoir l’humilité de ne pas posséder l’explication intime des phénomènes auxquels nous sommes confrontés. C’est avec un esprit enfantin, à la fois pragmatique et émerveillé qu’il faut entreprendre chaque cas.</p>
<h3>Un sens acéré de l’observation</h3>
<p>Un homéopathe doit sans cesse être aux aguets, prêt à bondir sur un signe particulier. Le sens de l’observation implique d’utiliser toutes les perceptions sensorielles. La bonne tactique consiste à noter un signe particulier et à remonter à l’ensemble du patient pour s’assurer que le reste des symptômes « colle » avec le médicament appelé par le signe particulier. Souvent on associe d’un coup d’œil plusieurs petits signes tous partagés par un médicament et il reste à tester ensuite la cohérence avec le reste du cas, même si le reste du cas n’est encore même pas révélé. C’est la technique du « <em>bottom-up</em> » que l’on utilise dans les cas les plus courants et qui permet de prescrire très rapidement.</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/bottom-up.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-916" title="bottom-up" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/bottom-up.jpg" alt="" width="622" height="356" /></a></p>
<p><strong>Les signes physiques</strong></p>
<p>Comme tout médecin, nous prenons note des signes physiques du patient : taille, poids, surcharge pondérale ou maigreur, teint, odeurs. La classification hippocratique nous est utile, j’y consacrerai un cours dans quelque temps. Cette classification est très importante car elle permettra de <em>distinguer les signes qui proviennent du tempérament et qui ne sont pas vraiment pathologiques, des signes morbides qui sont les guides vers le médicament à prescrire</em>. Ceci correspond à ce que Hahnemann décrit au §5 lorsqu'il explique qu'il faut tenir compte de la constitution physique du malade :</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">5</span>.</em></strong><em>— Lorsqu'il s'agit d'effectuer une guérison, le médecin doit utiliser tous les moyens possibles à sa disposition, afin de déterminer :</em></p>
<p><em>I. dans les maladies aiguës : <span style="text-decoration: underline;">la cause occasionnelle la plus vraisemblable;</span></em></p>
<p><em>II. dans les maladies chroniques : les phases évolutives les plus significatives. Il pourra ainsi en découvrir l'origine, <span style="text-decoration: underline;">la cause profonde, fondamentale,</span> le plus souvent une diathèse chronique (miasme).</em></p>
<p><em>En ceci il faudra tenir compte :</em></p>
<p><em>— de la constitution physique du malade (surtout dans les affections chroniques),</em></p>
<p><em>— de son caractère moral et intellectuel,</em></p>
<p><em>— de ses occupations,</em></p>
<p><em>— de son genre de vie,</em></p>
<p><em>— de ses habitudes,</em></p>
<p><em>— de sa situation sociale,</em></p>
<p><em>— de ses relations de famille,</em></p>
<p><em>— de son âge,</em></p>
<p><em>— de sa vie sexuelle, etc...</em></p>
<p>Bien souvent j’ai observé que de nombreux débutants mélangent gaiement tous les symptômes qu’ils observent chez un patient, introduisant tout cela dans un logiciel tout en pensant que la machine leur donnera le meilleur choix.</p>
<p>Cela n’a pas de sens, pour plusieurs raisons :</p>
<p>-vous mélangez des signes du tempérament et qui ne sont donc pas pathologiques, avec d’autres qui eux sont effectivement corrélés avec le patient et sa pathologie</p>
<p>-vous n’avez pas de profondeur de champ : les signes forment des groupes qui relèvent chacun d’une strate particulière. Ne mélangez pas les signes anciens avec les signes nouvellement apparus.</p>
<p>Un praticien qui a étudié la matière médicale et s’est familiarisé avec la pathologie peut en quelques instants déduire un médicament en assemblant des faits qui sembleraient insignifiants ou épars aux yeux du profane. C’est la notion de perception, absolument essentielle dans l’homéopathie, car le langage n’exprime que peu de choses.</p>
<p>Quelques exemples. Notez l’heure d’arrivée, la façon de se lever (volontaire, hésitante, etc.), de s’asseoir… Souvent un patient qui arrive avec 30 minutes d’avance vous sert sur un plateau son anxiété d’anticipation.</p>
<p>Les mouvements des mains, la façon dont elles sont posées ou pas sur le siège, etc. dénotent souvent la nervosité du patient. L’attitude générale, les gestes vifs, saccadés (Nux-v) ou lents et hésitants (Puls, Calc) sont à noter.</p>
<p>L’habillement apporte beaucoup d’indications, il est souvent à l’image de <em>l’intérieur du patient</em>, car finalement ce que nous traquons ce sont les signes qui relèvent du noyau reptilien, pas ceux qui surviennent du contrôle de l’encéphale.</p>
<p>Les sujets Arsenicum sont toujours tirés à quatre épingles, puisque leur mécanisme adaptatif de type cancérinique leur impose la perfection et le contrôle pour calmer leur angoisse de mort omniprésente.</p>
<p>Les Sulfur quant à eux sont indifférents à leur tenue vestimentaire et se trouvent très bien mis même s’ils portent des vêtements usés. La couleur vestimentaire est importante, en général les patientes Tarentula s’habillent dans des vêtements noirs, typiquement dans des tenues vaporeuses, et elles portent souvent des bas ou même des mitaines en résille. Souvent les sujets de Lachesis aiment les vêtements aux couleurs vives.</p>
<p>Ce sont autant de signes qui sont à utiliser parfois <em>en défaveur</em> d’un remède : il est difficile d’imaginer un cas de Nux-v vomica, chez une personne lente, en surpoids, aux gestes déliés ou lents.</p>
<p>Dès le premier coup d’œil, il est évident que le visage est très plus riche en signes de tous types. Les signes objectifs comme les taches en tous genres peuvent parfois mener directement au bon remède.</p>
<p>Le regard apporte aussi son flot d’informations, même chez les bébés. Il est anxieux, instable, timide, séducteur, irrité, cherchant le contact ou non, etc.</p>
<p>L’aspect des phanères est un signe général d’importance. Les cheveux, la coiffure donnent des indications. Les sujets de type Nux-v portent souvent les cheveux très courts, tandis que ceux de Sulfur sont en bataille et d’aspect malpropre.</p>
<p>La coiffure est aussi l’occasion de noter la personnalité du sujet : extravertie, féminine, garçonne, etc. Les femmes Sepia coupent leurs cheveux assez courts. Cela ressemble aussi à Medorrhinum, qui présente en plus souvent un aspect très masculinisé.</p>
<p>Les tics sont aussi un signe général, ils surviennent n’importe où dans l’organisme, et l’on peut parfois les caractériser par une localisation rare. Il est prudent d’utiliser la rubrique Tics dans la section Généralités.</p>
<p>L’œdème des paupières est un signe intéressant, il peut indiquer des médicaments comme Phosphorus, un Kalium, ou un Natrum par exemple. En partant des remèdes dans cette rubrique on peut tout de suite orienter les questions pour faire un premier tri parmi les candidats possibles.</p>
<p>La coloration des téguments nous sert beaucoup chez les enfants notamment : par exemple Silicea, Calcarea phosphorica, Carcinosin, Thuja sont des médicaments adaptés à des teints clairs.</p>
<p>Les mains sont elles aussi un reflet du patient. De longues mains fines n’expriment pas la même sensibilité que de grosses mains carrées et calleuses. En d’autres termes il n’est pas vraiment concevable de rencontrer des sujets Phosphorus en train de conduire des engins de terrassement, tout comme il n’est pas encore avéré de trouver Bryonia indiqué chez des violonistes !</p>
<p>Les ongles livrent quantités de signes intéressants. Les taches, leur forme, leurs stries et autres cannelures permettent d’évoquer un point de départ qui peut s’avérer fructueux.</p>
<p>Les ongles rongés expriment l’anxiété mais bien entendu il faudra explorer chaque type d’anxiété en fonction des médicaments capables de se ronger les ongles. Un sujet Medorrhinum par exemple est littéralement rongé par la peur que l’on découvre ses faiblesses qu’il cherche à cacher. C’est un médicament sycotique. Les sujets Aconit vivent dans une peur permanente de mort ou de danger imminent, c’est une manifestation d’un miasme aigu.</p>
<p>Descendons un instant sur le cou. Cela saute souvent aux yeux de voir que telle femme a besoin d’un large décolleté et rien que sa façon de respirer nous indique qu’elle ne supporte pas de vêtements serrés à ce niveau. C’est un signe objectif de grande valeur, parfois une telle observation associée à l’ampleur des mouvements respiratoires permet d’évoquer un venin. En un clin d’œil en effet on associe la notion de suffocation et d’intolérance pour la restriction.</p>
<p>Certains patients adoptent une attitude défensive, bras et jambes croisées. Cela va encore plus loin dans certains remèdes comme Sepia qui ont l’image mentale « d’empêcher d’entrer les importuns ».</p>
<p>L’aspect de la peau saute souvent aux yeux de l’observateur averti. La texture, les taches, la sécheresse, les éruptions, etc. sont autant de pistes potentielles.</p>
<p>Chaque fois que je vois un sujet mince, je m’enquiers de son appétit pour ne pas manquer d’exploiter de précieuses rubriques comme la maigreur malgré un bon appétit.</p>
<p>Voir arriver un patient en chemisette en plein hiver ne manque pas de surprendre, tout comme rencontrer un sujet chaudement vêtu en hiver. Ces modalités thermiques sont importantes mais ne peuvent servir de signes éliminatoires car il existe des dominantes dans les remèdes mais aussi des exceptions. Ainsi Arsenicum est très souvent extrêmement frileux mais certains ont toujours trop chaud.</p>
<h4>L’expression parlée et les messages non verbaux</h4>
<p>La façon dont parle le patient est très importante. Certains parlent vite ou lentement. D’autres utilisent un langage peu châtié ou au contraire excessivement raffiné. L’hésitation, le manque des mots, la façon de répondre nous donne bien des informations. Le maintien, le port de tête, ainsi que la présence d’une éventuelle affectation sont autant de sources d’information.</p>
<p>Le Répertoire est très riche en symptômes, voici quelques rubriques destinées à vous faire ouvrir les pages concernées :</p>
<p><strong>PSYCHISME</strong> : <em><span style="text-decoration: underline;">Batailles</span></em>, combats, parle de. <em><span style="text-decoration: underline;">Chez</span></em>-lui, parle de. <em><span style="text-decoration: underline;">Elocution</span></em>, change rapidement d'un sujet à un autre, fort, parle, hésitante, précipitée, raffinée. <em><span style="text-decoration: underline;">Erreurs</span></em>, parlant, en. <em><span style="text-decoration: underline;">Parler</span></em>, un seul sujet, que d'. <em><span style="text-decoration: underline;">Répondre</span></em>, "non" à toutes les questions, lentement, monosyllabes, par, réfléchit longtemps avant de, refuse de, répète d'abord la question. <em><span style="text-decoration: underline;">Travail</span></em>, parle de son.</p>
<p><em>Les tournures et les expressions employées sont souvent directement connectées avec le subconscient</em> et ne peuvent être répertoriées en tant que telles, c’est donc au praticien de faire preuve de finesse et de noter comment certaines personnes n’utilisent pas une expression courante pour exprimer quelque chose. C’est dire l’importance de noter les mots employés par le patient : ça m’étouffe (venin), je m’étrangle de rage (Lyssin), ça me dégoûte (Ipeca), etc. Notez les soupirs, et autres gestes inconscients en réponse aux questions posées</p>
<p>Il est tout aussi important de décoder les nombreux <em>messages non verbaux</em> qui émanent du patient. Par exemple une telle va dès le début de l’entretien parler de la façon terrible dont son accouchement s’est déroulé, puis de son mari qui ne s’occupe pas assez des enfants, puis de la façon dont tel médecin s’est mal occupé d’elle. Et en quelques instants vous pensez à regarder la liste des médicaments qui se plaignent : en somme <em>le sentiment qui est véhiculé est mille fois plus important</em> que les petits ou grands faits qui vous sont rapportés. C’est à cause de cela que mes amis m’ont affectueusement surnommé le croco du Nil car en apparence je somnole et laisse tranquillement parler le patient soit jusqu’au moment où un signe important m’est délivré soit lorsque j’ai pu déjà me faire une idée de son état d’esprit au travers de son discours.</p>
<h4>Petit cas clinique</h4>
<p>Prenons par exemple le cas récent d’une voisine qui m’appelle à son chevet pour ce qui est vraisemblablement une crise de goutte, avec une inflammation de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil gauche. Au moment où je la vois, une des seules choses que je connaisse d’elle c’est qu’il s’agit d’une femme réservée, qui n’exprime jamais rien, une « dure à cuire » chez qui il faut aller « à la pêche aux symptômes ». Il apparaît qu’elle a fait un régime avec une alimentation exclusivement protéique, à quoi elle a ajouté dans le week-end des copieux repas. Son mari a noté qu’elle est plus irritable que de coutume. Elle ajoute qu’elle est ballonnée et constipée. Impossible d’en savoir plus, je donne donc Nux-vomica pour tenter d’y voir plus clair.</p>
<p>Le soir : aucun changement, sauf peut-être que la rougeur semble moins importante. En l’examinant je suis surpris de pouvoir toucher la partie enflammée, sans qu’elle ait trop mal. Par contre ajoute-t-elle, c’est horrible la douleur dès que je mets le pied par terre. Je suis interpellé et ne sais comment interpréter cela.</p>
<p>Je redemande bien les conditions dans lesquelles le week-end s’est déroulé et elle finit par lâcher qu’elle ne comprend pas car elle ne s’irrite jamais, mais qu’elle s’est mise en colère sur un sujet politique. Et quand elle dit cela, le regard se mouille comme si des larmes allaient arriver, la variation de la tonalité indique que la gorge se serre. Et là, plus besoin d’en demander plus, en un instant les pièces du puzzle s’assemblent pour former l’image d’Ignatia.</p>
<p>Je lui souris et lui dis que cela ne m’étonnerait pas maintenant que son chagrin est sorti qu’elle puisse sourire de nouveau et elle éclate de rire.</p>
<p>Pour ceux que cela intéresse, voici le calcul détaillé de mon petit exercice mental :</p>
<p><strong>CONTRADICTOIRES</strong> et alternants, états (Voir Alternances-États, Changement-Continuel, Métastases) : <em>abrot.</em><sup>7</sup>, <em>aloe.</em><sup>7</sup>, ambr.<sup>3</sup>, apis.<sup>8</sup>, berb.<sup>8</sup>, <em>carc.</em><sup>7+10</sup>, cimic.<sup>7</sup>, croc., crot-t.<sup>1b</sup>, <strong>ign.</strong>, <em>kali-bi.</em><sup>7+8</sup>, kali-c.<sup>1b</sup>, <em>kali-s.</em><sup>8</sup>, <em>lac-c.</em><sup>8</sup>, lil-t.<sup>8</sup>, <em>mang.</em><sup>8</sup>, mosch.<sup>1b</sup>, <em>nat-m.</em>, phyt.<sup>8</sup>, <em>plat.</em><sup>1</sup>, plb.<sup>3</sup>, podo.<sup>1b</sup>, <strong>puls.</strong>, sabin.<sup>1b</sup>, sanic.<sup>7</sup>, <em>sep.</em><sup>7</sup>, <em>staph.</em><sup>7</sup>, thuj.<sup>1</sup>, <strong>tub.</strong><sup>7</sup>, valer.<sup>1</sup></p>
<p><strong>COLERE, affections</strong> après colère, contrariété, etc : <strong>acon.</strong>, agar., alum., am-c., <em>ant-t.</em>, <em>apis.</em>, arg-n., arn., <em>ars.</em>, <em>aur.</em>, <em>aur-m.</em>, <em>bell.</em>, <em>bry.</em>, cadm., calc., calc-ar.<sup>1</sup>, <em>calc-p.</em>, calc-s., caust., <strong>cham.</strong>, chin., cimic., cist., <strong>cocc.</strong>, coch.<sup>2</sup>, <em>coff.</em>, <strong>coloc.</strong>, croc., cupr., ferr., ferr-p., <em>gels.</em>, hyos., <strong>ign.</strong>, <strong>ip.</strong>, <em>kali-p.</em>, <em>lach.</em>, <em>lyc.</em>, mag-c., mag-m., manc., mez., nat-c., <em>nat-m.</em>, nat-p., nat-s., nux-m., <strong>nux-v.</strong>, <strong>op.</strong>, petr., <em>ph-ac.</em>, <em>phos.</em>, <strong>plat.</strong>, <em>puls.</em>, ran-b.<sup>1</sup>, rhus-t., samb., sec., sel., <em>sep.</em><sup>5'</sup>, sil., stann., <strong>staph.</strong>, stram., sulph., <em>tarent.</em>, verat., zinc.</p>
<p><strong>refoulement</strong> de, suite de : aur., cham., <em>ign.</em>, <em>ip.</em><sup>88</sup>, sep., <strong>staph.</strong></p>
<p><strong>RENFERMÉ</strong>, réservé (Voir Introversion, Secret, Taciturne) : aeth., alum., arg-n., ars., aur., bell., bism., <em>calc.</em>, caps., carb-an., carc.<sup>78</sup>, caust., cham., chin., clem., coloc., cycl., dros., euph., euphr., grat., <em>hell.</em>, <em>hyos.</em>, <em>ign.</em>, indg., ip., lach., lyc., mag-c., <em>mang.</em>, <em>mur-ac.</em>, nat-m., nit-ac., nux-v., olnd., op., petr., ph-ac., phos., <em>plat.</em>, plb., <em>puls.</em>, rheum., sabad., sabin., spong., <em>stann.</em>, verat.</p>
<p><strong>BOULE</strong>, masse, coin ou bouchon planté, sensation de (Voir Corps) : aesc., agar., ail., <em>all-c.</em>, <em>alum.</em>, <em>ambr.</em>, am-c., anan., <em>ant-c.</em>, apis., <em>arg-n.</em>, arn., ars., <strong>asaf.</strong>, aur., aur-m., <em>bar-c.</em>, bell., benz-ac., berb., brom., bry., bufo., <em>calc.</em>, calc-s., <em>carb-s.</em>, carb-v., carc.<sup>78</sup>, <em>caust.</em>, cham., chel., chin-s., cic., <em>cina.</em>, cocc., <em>coc-c.</em>, <em>con.</em>, croc., <em>crot-c.</em>, <em>crot-h.</em>, crot-t., cur., <em>ferr.</em>, ferr-ar., ferr-p., <em>gels.</em>, <em>graph.</em>, <em>hep.</em>, hyos., <strong>ign.</strong>, kali-ar., <em>kali-bi.</em>, <em>kali-c.</em>, kali-n., kali-p., kali-s., kreos., lac-ac., <em>lac-c.</em>, <strong>lach.</strong>, laur., <em>led.</em>, lil-t.<sup>3b</sup>, <em>lob.</em>, mag-c., med., merc., <em>merc-i-f.</em>, merc-i-r., mez., myric., nat-a., nat-c., <strong>nat-m.</strong>, nat-p., nit-ac., <em>nux-m.</em>, <em>nux-v.</em>, ol-an., par., ph-ac., phos.<sup>3b</sup>, <em>phyt.</em>, plan., <em>plb.</em>, <strong>psor.</strong>, puls.<sup>3b</sup>, rumx., ruta., <em>sabad.</em>, sabin., <em>sep.</em>, <em>sil.</em>, sol-t-ae., still., stry., sul-ac., <em>sulph.</em>, tab., <em>thuj.</em>, tub.<sup>88</sup>, ust.<sup>3b</sup>, verat-v.<sup>3</sup>, zinc.</p>
<p>Si vous introduisez ces symptômes dans notre logiciel gratuit de <a href="http://www.homeopathie-online.com/Melanie_on_line">répertorisation Mélanie</a>, vous obtiendrez le résultat suivant, sans appel en faveur d’IGNATIA :</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/repert-ignatia1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-918" title="repert-ignatia" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/repert-ignatia1.jpg" alt="" width="628" height="232" /></a></p>
<p>Il est primordial de se familiariser avec les signes et les symptômes produits par les médicaments et la façon dont ils sont consignés. Il est important de visualiser les tableaux produits par les drogues et à mesure que l’on progresse cela permet de saisir l’essence d’une substance à travers ses diverses manifestations.</p>
<p>Le répertoire n’est rien d’autre qu’un super index intelligent de la matière médicale. A partir des données brutes qu’il recense, l’ouvrage introduit la précieuse notion de généralisation des symptômes, élargissant ainsi le champ purement expérimental ou clinique de la matière médicale. Nous devons au génie de Kent d’avoir su généraliser sans tomber dans les excès de son prédécesseur Boenninghausen.</p>
<p>L’apport de l’informatique apporte une dimension supplémentaire, spécialement grâce à l’exploitation des références croisées, des valorisations relatives et autres nombreux raffinements comme ceux que connaissent ceux qui utilisent PcKent 2.</p>
<p><em>Utiliser le répertoire sans connaître la matière médicale est une parfaite absurdité</em> et mène à une pratique mécanique et stérile qui est à l’opposée de la vraie démarche artistique.</p>
<p>A l’inverse, <em>une pratique basée exclusivement sur la matière médicale sans connaître le répertoire conduit à une vision morcelée</em> d’un cas puisqu’il est impossible de se souvenir de tous les signes produits par une substance donnée et de trouver ainsi un point commun aux signes observés chez le patient. Cette démarche conduit à la prescription basée sur des key-notes (signes rares caractéristiques d’une seule substance) ou justifie la poly-pharmacie, ce qui fait les choux gras des laboratoires.</p>
<p>Voilà, j’arrête ici, je pense que l’essentiel est dit. J’espère que notre site continuera de susciter de plus en plus de vocations d’homéopathes, merci et bravo à ceux qui ont franchi le pas vers la médecine du futur.</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/2010/11/24/discerner-le-simillimum-entrevoir-l%E2%80%99homeopathie-1ere-partie/">Retour à la première partie de l'article</a></p>
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		<title>Une Robuste Intolérante</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2010/11/12/une-robuste-intolerante/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Nov 2010 10:30:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Georges Broussalian</dc:creator>
				<category><![CDATA[News]]></category>
		<category><![CDATA[cas clinique]]></category>
		<category><![CDATA[fiche perforee]]></category>
		<category><![CDATA[Répertoire]]></category>
		<category><![CDATA[sepia]]></category>

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		<description><![CDATA[Une Robuste Intolérante
Il s’agit d’une vieille observation ancienne reprise sur informatique et qui m’a enseigné des points inattendus.
J’ai suivi longtemps cette malade, près de 35 ans. Robuste, au caractère difficile, irritable et peu coopérant. Elle se plaignait surtout de fortes céphalées, aux signes changeants à chaque consultation. D’autres doléances sont notées sur le 1er document.

Des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=f2727f7733fce8a605cb2dbe0e71160e&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une Robuste Intolérante</span></strong></p>
<p>Il s’agit d’une vieille observation ancienne reprise sur informatique et qui <a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/sepia2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-785" title="sepia2" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/sepia2-300x215.jpg" alt="" width="300" height="215" /></a>m’a enseigné des points inattendus.</p>
<p>J’ai suivi longtemps cette malade, près de 35 ans. Robuste, au caractère difficile, irritable et peu coopérant. Elle se plaignait surtout de fortes céphalées, aux signes changeants à chaque consultation. D’autres doléances sont notées sur le 1<sup>er</sup> document.</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/numérisation00013.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-779" title="numérisation0001" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/numérisation00013-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a></p>
<p>Des séances d’acupuncture, associées à des remèdes homéopathiques procuraient un certain soulagement, sans résultat concluant. Ont suivi Ignatia, Nux Vomica, Lycopodium, Thuya, Calcarea Carbonica entre autres échecs peu valorisants.</p>
<p>J’étais perplexe devant cette malade qui persistait à me témoigner sa confiance, malgré mes médiocres résultats.</p>
<p>C’est en 1969, avec « l’Expression Perforée de Kent » que je commençais à mieux cerner ce cas rebelle.</p>
<p>Les symptômes principaux notés sont sur le premier transparent. Ceux retenus sont encadrés, numérotés de 1 à 5 et ont été utilisés avec les fiches du Répertoire Perforé.</p>
<p>Trouvant curieux cette frilosité chez cette personne robuste, j’avais retenu l’amélioration générale par la chaleur. En effet, au moins 3 de ses doléances étaient soulagées par la chaleur. A mon avis, le remède devait se trouver là, impérativement.</p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/numérisation00021.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-780" title="numérisation0002" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/numérisation00021-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La frilosité opposée avec la contrariante intolérance aux vêtements serrés</span></strong>, me faisant réfléchir, valorisaient à mes yeux les deux symptômes généraux:</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Amélioration générale par la chaleur</span></strong> (No:5), éliminateur par excellence</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Intolérance aux vêtements serrés</span></strong> (No: 1)</p>
<p>Trois autres intolérances, dont deux mentales et un alimentaire complétaient un quartet étrange :</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Intolérance à la contradiction</span></strong> (No:2)</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Intolérance à la consolation</span></strong> (No:3)</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Intolérance au lait et laitages</span></strong> (No:4)</p>
<p>Superposant les fiches de ces 5 symptômes, un seul point lumineux subsistait, innatendu, le simillimum, <strong>Sepia</strong> <strong>Officinalis</strong>.</p>
<p>Je n’avais jamais envisagé ce remède pour cette patiente, ni triste, ni ptosique ! Ce remède à diverses reprises et au fil des années soulagea la personne. Les résultats s’estompant, le cas fut toujours relancé par Psorinum, nosode qui apparait sur le document.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Conclusion</span></strong></p>
<p>Sur le second document, il apparait certes que <strong>Sepia </strong>est bien le remède de ce cas.</p>
<p>Mais il montre que <strong><span style="text-decoration: underline;">sans</span></strong> le symptôme No: 5, à savoir, <strong><span style="text-decoration: underline;">amél. gle. par la chaleur</span></strong>, <strong>Sepia </strong>persiste quand même.</p>
<p>J’avais considéré ce symptôme général éliminateur comme essentiel pour le cas.</p>
<p>En fait, il était seulement contingent. Les 4 modalités d’intolérances étaient nécessaires et suffisants pour affirmer <strong>Sepia</strong>.</p>
<p>Comme le <strong>Bryonia </strong>de Nash, mes 4 Intolérances désignaient impérativement <strong>Sepia</strong>.</p>
<p>J’avais appelé « <strong><span style="text-decoration: underline;">Abstraction Homéopathique</span></strong> » ces curieuses constatations.</p>
<p><em><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-866" title="cdr_bouton" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif" alt="" width="99" height="33" /></a><br />
</em></p>
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		<title>Le commencement</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2010/10/19/le-commencement/</link>
		<comments>http://planete-homeo.org/2010/10/19/le-commencement/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 05:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Georges Broussalian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classiques]]></category>
		<category><![CDATA[Fondamentaux]]></category>
		<category><![CDATA[News]]></category>
		<category><![CDATA[Broussalian]]></category>
		<category><![CDATA[Commencement]]></category>
		<category><![CDATA[Répertoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le commencement de l'aventure du Répertoire
Cette page 679 du Répertoire en anglais a été le Primum Movens de mon travail.
En effet, Kent a rassemblé sous une rubrique unique "Sensations"  sept différents symptômes subjectifs.
Plus loin, sur la même page, on retrouve, deux autres symptômes:
Sensation of Stricture et Sensation of Swelling
il était logique de compléter la rubrique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=f2727f7733fce8a605cb2dbe0e71160e&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><div id="attachment_585" class="wp-caption alignleft" style="width: 629px"><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/jojo-commencement1.jpg"><img class="size-large wp-image-585" title="jojo-commencement" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/jojo-commencement1-619x1024.jpg" alt="Le passage clé du Répertoire de Kent qui a provoqué l'étincelle" width="619" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Le passage clé du Répertoire de Kent qui a provoqué l&#39;étincelle</p></div>
<h1 style="text-align: left;">Le commencement de l'aventure du Répertoire</h1>
<p style="text-align: left;">Cette page 679 du Répertoire en anglais a été le Primum Movens de mon travail.</p>
<p style="text-align: left;">En effet, Kent a rassemblé sous une rubrique unique "Sensations"  sept différents symptômes subjectifs.</p>
<p style="text-align: left;">Plus loin, sur la même page, on retrouve, deux autres symptômes:</p>
<p style="text-align: left;">Sensation of Stricture et Sensation of Swelling</p>
<p style="text-align: left;">il était logique de compléter la rubrique "Sensations" en ajoutant ces deux  nouveaux.</p>
<p style="text-align: left;">C'était la pour moi la preuve que Kent avait commencé à rassembler les</p>
<p style="text-align: left;">symptômes subjectifs dans une seule rubrique.</p>
<p style="text-align: left;">Démarche logique cartésienne.</p>
<p style="text-align: left;">Il fallait créer un Répertoire classé en signes Subjectifs, Objectifs et Lésionnels.</p>
<p style="text-align: left;">Ce fut mon travail tout tracé.</p>
<p style="text-align: left;">Ce fut le "commencement" de 50 ans de Passion et de Bonheur.</p>
<p style="text-align: left;">Georges Broussalian</p>
<p style="text-align: left;">
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif"><img src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/cdr_bouton.gif" alt="" title="cdr_bouton" width="99" height="33" class="aligncenter size-full wp-image-866" /></a></p>
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		</item>
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		<title>Organon §1. Vocation Médicale</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 14:04:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fondamentaux]]></category>
		<category><![CDATA[Organon]]></category>
		<category><![CDATA[hahnemann]]></category>
		<category><![CDATA[homeopathie]]></category>
		<category><![CDATA[Répertoire]]></category>
		<category><![CDATA[vocation médicale]]></category>

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		<description><![CDATA[Chers amis
Nous voici lancés dans cette étude de l’Organon de la 6ème édition, parue post-mortem en allemand dans les années 1910, traduite en français par Schmidt et Künzli dans les années
1960. J’espère que nous aurons la volonté d’aller jusqu’au bout.
C’est pour moi une belle occasion de mettre par écrit ce qui a macéré des années [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p>Chers amis<br />
Nous voici lancés dans cette étude de l’Organon de la 6ème édition, parue post-mortem en allemand dans les années 1910, traduite en français par Schmidt et Künzli dans les années<br />
1960. J’espère que nous aurons la volonté d’aller jusqu’au bout.</p>
<div id="attachment_242" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/hahnemann.jpg"><img class="size-medium wp-image-242" title="hahnemann" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/hahnemann-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Samuel Hahnemann</p></div>
<p>C’est pour moi une belle occasion de mettre par écrit ce qui a macéré des années durant dans ma tête, et au seuil du premier paragraphe, je mesure le brin de folie de l’entreprise, surtout en venant derrière des auteurs comme Kent (« Lectures on Homoeopathic Philosophy », traduiten français par le Dr. Pierre Schmidt sous le titre « La Science et l’Art de l’homéopathie »). Une lecture indispensable.<br />
Je m’appuierai donc sur les commentaires de J. T. Kent qui a été l’un de mes maîtres à penser dès l’âge de 16 ans. J’espère apporter une dynamique de discussion en ajoutant des vues<br />
personnelles qui reflètent l’actualité de ce XXIème siècle afin que nous puissions tous être stimulés dans la recherche et la compréhension de ce texte fondateur.<br />
Nous verrons que l’Organon est un livre vivant dans lequel Hahnemann ne procède pas d’une approche dogmatique mais qu’il cherche toujours à interpeller. Ce texte est le fruit d’une<br />
expérience clinique basée sur une remise en question incessante de la part d’un génie comme il en nait un par siècle. Il est aujourd’hui clair pour moi que nous ne pourrons probablement jamais comprendre l’étendue de la pensée de Hahnemann, mais nous allons nous atteler à la tâche malgré tout car nous sommes censés être des professionnels de la santé.</p>
<h1>VOCATION MÉDICALE</h1>
<p><span style="color: #3366ff;"><strong>1 — La plus haute et même l'unique vocation du médecin est de rétablir la santé des personnes malades (a), c'est ce qu'on appelle guérir.</strong><br />
(a) Sa vocation n'est pas de forger de prétendus systèmes, en combinant des idées creuses et des hypothèses sur l'essence intime du processus de la vie et de l'origine des maladies dans l'intérieur invisible de l'organisme (ambition qui fait gaspiller à tant de médecins leurs forces et leur temps).<br />
Sa vocation ne consiste pas non plus à chercher par d'innombrables tentatives d'expliquer les phénomènes morbides et la cause prochaine des maladies, etc., qui leur est toujours restée cachée.<br />
Son but ne vise pas davantage à se prodiguer en paroles inintelligibles et en un fatras d'expressions vagues et pompeuses, qui veulent paraître savantes afin d'étonner l'ignorant, tandis que les malades réclament en vain des secours !<br />
Nous en avons assez de ces savantes rêveries que l'on appelle médecine théorique et pour lesquelles on a même institué des chaires spéciales et il est grand temps que ceux qui se disent<br />
médecins cessent de tromper les pauvres humains par leur galimatias et commencent enfin à agir, c'està-dire à secourir et guérir réellement.</span></p>
<h2>PROPOSITION DE QUESTIONS</h2>
<p>Quel est l’objectif de votre pratique ? Quel est l’objectif d’un médecin ?<br />
Qu’est-ce que guérir pour vous ?<br />
Quelle est la place, le rôle et la tâche du médecin ?<br />
Qu’est-ce qu’un malade ? Quand commence la maladie ? Où se situe la maladie?<br />
En quoi l’homéopathie pose des questions métaphysiques ? Quels en sont les pièges ?</p>
<h2>COMMENTAIRES</h2>
<p>Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier paragraphe a dû être longtemps médité par Hahnemann. On peut tellement le développer qu’il est difficile de rester sobre. Les Aphorismes suivants nous demanderont moins de longueurs, enfin je l’espère. Je visualise souvent le fameux §1 comme une immense porte un peu façon Tolkien, qui ouvrirait sur un domaine encore peu exploré. Soit on possède le psychisme, l’état d’esprit requis et la porte s’ouvre en grand, soit on peut rester indéfiniment coincé à l’entrée.<br />
Le Fondateur exprime ici les pré-requis pour exploiter pleinement l’homéopathie dans toutes ses dimensions. Imaginez un univers à 3, 4 ou plutôt n dimensions que vous n’exploreriez que partiellement, par exemple sur la longueur. Il y aurait de quoi être frustré, et si l’on compare l’état actuel de l’homéopathie avec les réalisations des anciens, il est clair que nous avons perdu beaucoup de ces proportions.<br />
Une fois n’est pas coutume, nous pouvons l’aborder par l’approche réductionniste que je réprouve tant en médecine : découpons les mots !</p>
<h3>Vocation</h3>
<p>La définition première du terme dans son étymologie latine (vocare) relève du domaine religieux : être appelé par Dieu. Par extension, « Inclination, penchant impérieux qu'un individu ressent pour une profession, une activité ou un genre de vie ». C’est donc un terme très fort qui désigne la démarche médicale selon Hahnemann. Dans mon expérience, seuls réussissent en homéopathie ceux qui sont « habités » par elle, qui ont perçu au moins pour une part les prolongements immenses de cette science. Ce que je vais dire est choquant pour les athées, mais après tout, j’en ai moi-même assez d’être choqué par les matérialistes recrutés par milliers en médecine : l’homéopathie implique de se sentir au service d’une cause qui nous dépasse. Il y a une notion divine qui transcende l’individu ; cela rappelle les premiers temps de l’humanité où le prêtre était aussi celui qui prodiguait les soins.<br />
Comme pour se prémunir de tout dérapage mystique, pseudo-religieux ou philosophique fumeux « sulfurien », Hahnemann coupe court à tout délire et nous recadre : l’unique vocation du médecin c’est de rétablir la santé. Cela laisse toute la place pour les philosophes, les chercheurs ou les religieux, mais le médecin doit être appelé en somme « corps et âme » (nous réfuterons plus tard cette dualité artificielle) à développer ses connaissances et affûter sa perception des phénomènes morbides pour les traiter, et au-delà servir l’humanité.<br />
Hahnemann utilise le superlatif qui donne une idée de l’altitude de la démarche et donc de l’exigence requise et dans le même temps ce superlatif « la plus haute » se trouve suivi par<br />
« l’unique » ce qui donne une idée de verticalité et renforce l’idée de transcendance. C’est pour cela que l’homéopathie est si dangereuse pour les intérêts en place qui régissent le<br />
globe : malgré certaines dérives de type sectaire qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’homéopathie, l’homéopathe n’est plus un mouton comme les autres, il a une capacité critique<br />
énorme, il a changé de paradigme, et surtout il est animé (au sens greco latin « pneuma » qui signifie insufflation de vie) d’une foi intérieure.</p>
<h3>Médecin</h3>
<p>Le médecin est donc celui ou celle animé par cet état d’esprit, qui possède cette hauteur de vues qui fait taire son égo car il poursuit un objectif qui le dépasse.<br />
La parabole des tailleurs de pierre s’impose ici. Un maître d’oeuvre d’un chantier de cathédrale inspecte les tailleurs de pierre, il demande à un premier ouvrier : « Que fais-tu ? ».<br />
Celui-ci lui répond, un peu étonné par la question : « je taille une pierre ». Le maître d’oeuvre s’adresse à un autre tailleur et lui posant la même question, s’entend expliquer « je gagne ma vie, j’ai trouvé ce travail pour nourrir ma famille ». Enfin, un troisième ouvrier qui exécute pourtant les mêmes gestes que les précédents lui répond : « Comment qu’est-ce que je fais ? Je construis une cathédrale ».<br />
Je suis choqué du nombre de médecins qui appartiennent à la première catégorie : c’est bien simple, on a l’impression que les études formatrices (au sens formatage de disque dur) ne<br />
recrutent qu’eux. C’est la catégorie des aveugles inconscients, celle du geste technique, réalisé par une main routinière. Pour ces pseudo-scientifiques, science rime avec accumulation de « connaissances ». Je place des guillemets car ces « informations » sont toujours éminemment variables, jamais indépendantes et reflètent l’idéologie du moment. Ces médecins appliquent consciencieusement ce qui leur est indiqué de faire, tout en ayant l’immense satisfaction de se trouver « à la pointe du progrès ». Ils passent leur temps à traiter des organes, des morceaux, des maladies de plus en plus spécifiques qu’ils recherchent avec délectation. Le recul sur leur pratique est proche de zéro. Combien de médecins développent leur propre sens de l'observation devant leurs propres patients ? Au lieu d’appliquer le raisonnement cartésien du sujet pensant et qui se forge sa propre opinion, ils préfèrent se tenir « informés » uniquement de façon indirecte grâce aux publications médicales (financées la plupart du temps par des laboratoires pharmaceutiques), se cantonnant à un rôle passif qui ne les empêche pourtant pas de critiquer vigoureusement tout ce qui sort du champ de leurs connaissances.<br />
Le passage par la Faculté ne développe hélas pas souvent l'esprit critique, et favorise principalement l'exercice de mémoire car les étudiants sont soumis à un rythme oppressant où<br />
le meilleur sera celui qui parviendra à assimiler le maximum de choses en un minimum de temps. Beaucoup ont pris l’habitude d'une acquisition passive de connaissances sans chercher le moins du moins à remettre en cause ce qui leur est inculqué. S'agit-il d'une manière de conjurerune angoisse sous-jacente, permettant de se simplifier la vie à bon compte : ça n'existe pas puisque je ne l'ai pas appris ?<br />
La seconde catégorie est aussi bien pourvue en médecine, celle des aveugles volontaires : je discutais récemment avec l’époux d’une dermatologue qui m’expliquait que sa femme vivait grâce aux verrues qu’elle arrachait par centaines ! En interrogeant l’intéressée sur sa pratique, celle-ci déclarait ne pas voir où était le problème d’arracher, congeler ou brûler ces petites choses. Je lui ai soulevé la question de considérer au minimum que l’organisme puisse présenter un dérèglement immunitaire permettant de tolérer, voire de faire proliférer, les édifices viraux. Elle s’est contentée de hausser les épaules mais, ayant parfaitement compris où je voulais en venir, a détourné le regard d’un air gêné sans plus m’adresser la parole de la soirée…<br />
Pour sortir de ces catégories un peu artificielles, citons aussi tous ceux qui ont peur. La peur est souvent la seule raison d’établir une ordonnance. Peur de sanctions pénales, peur de sortir du lot, peur de faire courir un risque (imaginaire) à leurs patients, peur de l’échec, etc. Dans la dernière catégorie, nous nous rappelons tous ces professeurs rares, voire<br />
exceptionnels, qui nous ont marqués dans nos études. Il rayonnait quelque chose d’eux, leur humanité était évidente : ils étaient au service d’une cause. Combien en connaissez-vous ?<br />
Dès le début de l’Organon, nous pouvons ainsi définir plusieurs niveaux de conscience qui se développent successivement :</p>
<ul>
<li> 1. L’ignorance inconsciente. L’exécuteur des basses-oeuvres.</li>
<li> 2. L’ignorance consciente. Le niveau du gagne pain.</li>
<li> 3. La connaissance consciente. On réalise qu’il existe d’autres dimensions, on s’attelle à la recherche d’autre chose.</li>
<li> 4. La connaissance inconsciente. Les nouvelles connaissances sont intégrées, on a changé de paradigme, cela ne nécessite pas plus de réflexion que de distinguer la droite de la gauche.</li>
</ul>
<p>Pour résumer, le médecin se caractérise par l’humilité qui le rend toujours proche des autres, en accomplissant un travail de patience. Ce n’est qu’en étant dans « les tranchées » au milieu du sang, de la boue humaine, qu’on peut soigner les patients. Le médecin est ainsi conscient d’être une petite main qui met en oeuvre des lois qui le dépassent. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ailleurs : sans amour cette démarche médicale est vouée à l’échec. Si vous n’aimez pas les patients, je comprends que le contact d’une éprouvette ou l’analyse d’un écran vous rassure, et ne vous condamne en rien, mais cela ne s’appelle pas de la médecine (Hahnemann développe plus loin dans la note -a- tout ce que la médecine ne doit pas être).</p>
<h3>Rétablir la santé (lois médicales)</h3>
<p>Cette formule « rétablir la santé » est absolument essentielle car elle est l’image même de la vie. Elle donne l’idée d’une dynamique : il ne s’agit pas d’ôter des symptômes, mais de revenir en arrière vers un état de santé. L’univers entier est en mouvement, la vie est mouvement et adaptation permanente, seul le cadavre ne bouge plus et ne s’adapte plus à son<br />
environnement. Hahnemann s’est fait l’hériter d’Hippocrate qui enseignait le principe du vis natura medicatrix : la nature est capable de se guérir elle-même grâce à une force de<br />
guérison.<br />
Les échecs de la médecine classique trouvent leurs origines conceptuelles dans le fait que le traitement habituel est ancré dans une vision réductionniste, linéaire et statique du<br />
fonctionnement de l’organisme. La réalité nous apprend exactement l’opposé : le vivant est un tout unique, probablement régi par une « force » ou un élan « vital », et ne fonctionne surtout pas linéairement. Le tout complexe et indissociable que forme l'organisme se maintient entre les bornes d'un équilibre autour desquelles il oscille sans cesse de façon chaotique, un peu à la façon d'un manche à balai que l'on tient en équilibre posé sur un doigt (attention j’utilise ici le terme chaos dans le sens mathématique du terme, régi par des lois bien précises).</p>
<p>Cette adaptation permanente qui nous maintient en état de vie est à la base de la notion essentielle de susceptibilité individuelle. Celle-ci représente la marque même du fonctionnement de nature chaotique qui régit la vie. Sans chaos, il n'y aurait pas de susceptibilité individuelle, ni vie, ni maladie. Le vivant échappe à toute compression algorithmique, et plus encore, les phénomènes que l'on croyait définis par leur invariance et leur nature linéaire comme les mécanismes de l'homéostasie se révèlent être des mécanismes régis par le chaos.<br />
Seul le paradigme homéopathique autorise la richesse conceptuelle nécessaire pour observer le vivant déréglé et permet de faire entrer la médecine de plain pied dans le cadre de toute<br />
démarche scientifique consistant à observer des phénomènes afin d'en déduire les lois qui les régissent. Cette attitude caractérise toutes les branches de la recherche sauf hélas la médecine classique engluée dans le réductionnisme matérialiste et les tâtonnements au hasard plus ou moins validés statistiquement. Dans les laboratoires de recherche, on tente d'isoler la partie active d'une molécule pour la modifier en espérant élaborer des variantes plus actives.<br />
L'adoption d'un traitement se fait après des réunions de consensus entre les sommités concernées qui décident pour l'occasion d'adopter pendant un an un protocole dont les<br />
résultats seront évalués grâce à l'outil statistique. Comment ne pas déplorer le manque d’élévation de vue et d’esprit de synthèse dans cette « recherche » classique ? Personne ne semble se soucier de prendre un recul minimum afin par exemple d’étudier l'évolution globale du patient dans les affections qu’il aura présenté au cours du temps. L’étude des localisations successives des phénomènes morbides chez un même patient ne semble pas non plus intéresser grand monde. Bien au contraire, chaque spécialiste s'occupe de l'organe ou du système qui le concerne, perdant de vue le fait essentiel que les parties qu'il étudie appartiennent à un patient censé les maintenir en état de marche si l’on veut<br />
bien m’excuser cette lapalissade.<br />
La théorie de la complexité enseigne aujourd'hui que des phénomènes complexes finissent toujours par obéir dans leur globalité à des lois simples [Stewart, Dieu joue-il aux dés ?,<br />
Champs, Flammarion]. Ainsi, bien avant que les mathématiques ne commencent à lui donner raison, Hahnemann avait distingué ces règles simples exposées dans l’Organon et qui<br />
permettent d'appréhender le fonctionnement de l'être humain comme un tout en interaction avec son environnement et même avec son histoire. J’aime cette très belle remarque de Trinh Xuan Thuan [Le chaos et l’harmonie, Folio] qui écrit :</p>
<blockquote><address>« La science du chaos séduit aussi parce que c’est une science du global qui abat les cloisons entre diverses disciplines. Elle rassemble des chercheurs d’horizons différents et va contre la tendance à la spécialisation outrée qui caractérise certains domaines de la science contemporaine. Elle est attrayante parce qu’elle fait s’écrouler le bastion du déterminisme et rend à la libre volonté sa première place. C’est au surplus une science holistique qui considère le tout et fait battre en retraite le réductionnisme. Le monde ne peut plus être expliqué seulement par ses éléments constitutifs (quarks, chromosomes,ou neurones) mais doit être appréhendé dans sa globalité »</address>
</blockquote>
<p>Si même les astronomes se mettent à découvrir l’homéopathie, où allons-nous ?<br />
Personnes malades (fin du réductionnisme et de l’idée des organes malades) L’emploi de « personnes malades » au lieu de malades ou maladies est lourd de sens et comme<br />
à l’accoutumée, le Fondateur pose clairement les problèmes. Le sens commun est le meilleur allié conceptuel de la médecine classique : il semble naturel<br />
depuis que la nuit des temps de traiter l'organe malade puisque c'est lui qui est –en apparence- le siège de l'affection, il semble tout aussi naturel de traiter un excès par des<br />
restrictions, un manque par un apport supplémentaire, ou d'ôter un produit pathologique formé au détriment d'un organe.<br />
Cette perception erronée génère la notion de maladie. Les statistiques nous permettent en effet de définir les traits communs à tous les patients souffrant d'une affection donnée et de définir ainsi le syndrome minimal permettant de porter un diagnostic.<br />
L'angine se définit ainsi par un ensemble de signes généraux (fièvre, courbatures) et locaux (inflammation des amygdales, dysphagie, langue chargée, aspect érythémato-pultacé ou au<br />
contraire nécrotique dans l'angine de Vincent, etc.). En nommant « angine » la maladie, nous pouvons porter un pronostic et connaître les éventuelles complications possibles. Cependant, en y regardant de plus près, on se rend compte que tel patient est tombé malade après une exposition au froid, tel autre après avoir transpiré, tel autre toujours avant ses règles ; celui-ci est complètement abattu, alors que tel autre est très agité, chez l'un la maladie se déclare au réveil, chez l'autre en fin d'après midi, la douleur est calmée pour les uns par les boissons chaudes, alors que c'est une boisson bien froide que réclameront d'autres sujets, etc., etc. Il devient dès lors apparent que chaque cas est particulier. Hahnemann recommande ainsi de dire : « tel malade fait une sorte d'angine ». La notion de maladie s'efface devant la réaction générale d'un organisme malade.<br />
Seuls quelques médecins classiques commencent à s’élever contre ce véritable drame conceptuel qui repose sur le paradigme réductionniste. C’est l'idée qu'il suffit de décortiquer<br />
de plus en plus chaque rouage pour finir par répondre à toutes les questions. Cette vision a généré l’idée fallacieuse du traitement basé sur la correction de chaque organe cible. C'est<br />
ainsi que l'on a distingué depuis la nuit des temps les organes, les parties des organes, les cellules, les organites intracellulaires, les substances chimiques synthétisées par les cellules, etc.<br />
A chaque question à laquelle on répond, se posent cent nouvelles. A chaque fois que l'on progresse, l'horizon diminue de plus en plus puisque l'on étudie un fragment toujours plus petit<br />
(c'est ce que l'on nomme l'entonnoir réductionniste [voir Barrow, John. D., La grande théorie, Champs, Flammarion]). La situation est résumée en quelques mots par Trinh Xuan Thuan, que je trouve complètement prémonitoire quant on les applique à la médecine :</p>
<blockquote><address>« Ces succès de la physique réductionniste et linéaire ont été si impressionnants qu’ils ont donné l’impression erronée que le monde</address>
<address>était principalement composé de systèmes linéaires. En fait les systèmes physiques deviennent presque invariablement non linéaires au-delà</address>
<address>d’un certain seuil de tolérance […] ces systèmes ne peuvent alors plus être analysés, car le tout devient plus grand que la somme des</address>
<address>composantes. L’effet n’est plus en proportion avec la cause. Les systèmes chaotiques sont des systèmes non linéaires par excellence.</address>
<address>Comme nous l’avons vu, ces derniers sont d’une sensibilité extrême à la plus faible perturbation. »</address>
</blockquote>
<p>C’est ainsi qu’en médecine, le chercheur (du laboratoire) tentera d’identifier le mécanisme physiopathologique d'une affection (afin de sortir dans les plus brefs délais la drogue capable<br />
d’interférer avec). Dans le cas d’une migraineuse, par exemple, on explique que c’est la dilatation des vaisseaux sanguins qui provoque la douleur. Il suffira de contrecarrer cette<br />
dilatation à l'aide d'une substance qui force le vaisseau à se contracter. D'autres approches physiopathologiques sont aussi possibles comme par exemple la prescription de bêta<br />
bloquants et souvent le traitement adopté dépend du choix arbitraire du praticien ; lequel à son tour peut être influencé par la longueur de la jupe de la visiteuse médicale qui lui a fait<br />
connaître la spécialité en question, ou le nombre de repas ou de séjours touristiques que le laboratoire lui offrira, etc. Ce sont souvent ces mêmes médecins qui s’autoproclament<br />
scientifiques et nous jettent l’anathème...<br />
Pour un oeil critique, il apparaît clairement que cette attitude n'apporte rien de durable ni de satisfaisant. En premier lieu, personne ne pourra répondre à la question « pourquoi les<br />
vaisseaux de cette patiente se dilatent-ils » ; ensuite, du moment que d'autres êtres humains ne présentent jamais ces symptômes c'est qu'il doit exister un mécanisme de régulation qui est ici mis en défaut.<br />
Substituer à un mécanisme naturel défaillant une drogue et son cortège d'effets généraux dans tout l'organisme ne semblera pour personne être une solution à terme. L'étude du<br />
fonctionnement physiologique de l'organisme est passionnante en tant qu'étude scientifique car toute connaissance est bonne à prendre, mais elle aboutit à une impasse dès lors qu'il s'agit de  soigner les malades. Ici encore vous voyez que Hahnemann pose clairement les limites qui séparent le chercheur du médecin.<br />
L’homéopathie prend le contrepied absolu de la vielle démarche réductionniste, statique, dangereuse, et inadaptée. Elle démontre qu’il existe des lois dynamiques naturelles de<br />
guérison et que le médecin doit les appliquer au patient qui réagit comme un tout vivant.</p>
<h3>Guérir</h3>
<p>Actuellement à la faculté de médecine on prévient les étudiants qu’il n’est pas possible de guérir, mais seulement d’accompagner des malades. Le terme « guérir » semble une utopie<br />
réservée aux charlatans. Au lieu de remettre son modèle en cause, la médecine classique s’acharne à frapper de plus en plus fort… des mirages. Son échec à traiter les organes est<br />
l’une des preuves les plus éclatantes de la véracité physique du modèle global Hahnemannien.<br />
En effet, l’homéopathie impose un changement de paradigme -défini dans l’Aphorisme 1- en hissant le patient du niveau de l’objet (ou organe malade) à celui de sujet en<br />
dysfonctionnement, en désaccordement. C’est ce changement conceptuel qui autorise d’entrevoir une guérison qui ne se définit pas comme une absence de symptômes.<br />
L’homéopathie apporte de nombreux critères et repères pour estimer l’évolution favorable ou défavorable d’un patient.<br />
Un exemple basique de cette situation concerne la régression de signes cutanés chroniques suivis par l’apparition de signes respiratoires. Ceci a été décrit par Hahnemann, longtemps<br />
raillé par la médecine classique, et finalement depuis peu de temps j’entends des confrères allopathes déclarer que le petit untel « ne s’améliore pas maintenant que son eczéma est parti<br />
il fait de l’asthme ! »</p>
<p>Comme le sous entend l’expression « rétablir la santé », il existe un processus curatif qui tend à expulser à la périphérie les symptômes tandis que la progression de la maladie est toujours centripète, depuis les organes les moins vitaux jusqu’aux plus essentiels pour la survie de l’organisme. Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les enfants font de fortes fièvres, mais pratiquement jamais de maladies dégénératives, tandis que plus on progresse en âge, moins on présente de maladies fébriles ?<br />
La maladie -ou la guérison- étant mouvement, celles-ci dépendent uniquement du niveau de désordre (ou d’énergie) de l’organisme entier. On tombe malade selon des règles précises de susceptibilité, et on ne peut guérir (c'est-à-dire revenir en arrière et rétablir la santé) qu’en suivant les règles qui régissent le vivant. Hahnemann a écrit il y a un peu moins de deux siècles une phrase révolutionnaire :</p>
<blockquote><address>« Les phénomènes désagréables que nous nommons maladies n’ont pour origine que le désaccordement de l’énergie vitale ».</address>
</blockquote>
<p>Tout se passe comme si l’organisme défaillant trouvait dans l’expression des symptômes une issue pour stabiliser sa perte d’énergie ; « limiter la casse » en quelque sorte. Ainsi, le<br />
symptôme présente clairement une signification : c’est « un moindre mal » qui permet de limiter la progression centripète de l’affection de l’organisme.<br />
Depuis Hahnemann de grands praticiens comme Kent ont classé d’après leurs observations cliniques les organes par niveau de profondeur, ce qui revient à des niveaux d’énergie<br />
différents. Nous distinguons ainsi cliniquement la hiérarchie suivante :</p>
<ul>
<li>Le plan physique, avec les organes</li>
<li>Le plan émotionnel, avec de nombreux états opposés comme l’amour et la haine ; la joie et la tristesse ; le courage et la peur ; le calme et l’anxiété ; la confiance et la méfiance ; la sécurité et l’insécurité</li>
<li>Le plan mental (qui inclut la compréhension, la mémoire, les diverses perceptions que l’on a de soi, la confusion, et éventuellement le délire) et spirituel (qui suis-je, où vais-je, quel est le sens de la vie, le but de mon existence, Dieu existe-t-il, etc.)</li>
</ul>
<p>Quand un patient qui consulte par exemple pour une polyarthrite rhumatismale commence à recouvrer l’usage de ses membres et qu’en même temps réapparaissent des sinusites qu’il<br />
n’avait plus depuis 20 ans, on est devant une évolution favorable. Quand ce même patient se porte de mieux en mieux, retrouve de la joie de vivre, redevient créatif, et commence à<br />
regarder les autres avec compassion, il est clair que même le plan mental et spirituel s’est amélioré. Ce sont des signes sûrs d’une guérison.<br />
Si le même patient suivait un traitement allopathique qui lui soulage ses membres mais que par exemple des troubles digestifs surviennent et qu’il se sente de plus en plus déprimé et replié sur lui-même : pourrions nous oser dire que son état de santé s’est amélioré ?<br />
Une étude statistique récente (malgré toutes mes réserves concernant ce type d’études) montre que le niveau de santé de la jeunesse actuelle est beaucoup moins bon que celui de ses aînés il y a 20 ans : caries, troubles oculaires, dépressions… Pourtant, ces jeunes ont été suivis médicalement, nourris, vaccinés et traités comme aucune génération avant elle. Faut-il se poser des questions ?</p>
<h3>Note a)</h3>
<p>Pour clarifier ce premier Aphorisme déjà si dense et percutant, Hahnemann dissipe toute confusion et définit sans prendre de gants ce que doit être un médecin. Il liste tout ce qui n’est<br />
pas une démarche médicale et met à l’index ceux qui « trompent les pauvres humains par leur galimatias » en exigeant qu’ils « commencent enfin à agir, c'est-à-dire à secourir et guérir<br />
réellement ». Une fois de plus, nous voyons que tout l’édifice Hahnemannien est bâti à l’aune des résultats cliniques, seul compte cet objectif de guérison.</p>
<p>Hahnemann bannit :<br />
-Ceux qui font de « prétendus systèmes, en combinant des idées creuses et des hypothèses sur l'essence intime du processus de la vie et de l'origine des maladies ».<br />
Plein de médecins jouent encore aujourd’hui dans cette catégorie. Incapables d’appréhender l’édifice hahnemannien dans sa totalité, souvent par manque d’humilité,<br />
ils mettent en exergue un point particulier, comme les fameux « barrages » vaccinaux et créent une « sous-théorie » qui n’est plus qu’une homéopathie au rabais. Citons ici<br />
brièvement tous ceux qui cherchent à amalgamer l’homéopathie avec les dernières découvertes en vogue de la recherche sur le tissu immunitaire par exemple.<br />
-Ceux qui cherchent à « expliquer les phénomènes morbides et la cause prochaine des maladies ». Ici nous avons affaire à tous ceux qui prospèrent dans la métaphysique,<br />
par exemple, ceux qui mettent Dieu à toutes les sauces y compris homéopathique, mais surtout ceux qui prétendent développer une homéopathie « avancée » d’après des<br />
théories sur l’existence d’une illusion primordiale.<br />
- Ceux qui font de l’épate en « paroles inintelligibles et en un fatras d'expressions vagues et pompeuses ». Lisez Freud et ses disciples pour en savoir plus !</p>
<p>-Ceux qui s’adonnent à de « savantes rêveries que l'on appelle médecine théorique ». Encore une espèce toujours pas en voie de disparition : il s’agit des inventeurs de cases,qui pensent pouvoir ranger et classer tous les types de patients selon tel ou tel modèle.</p>
<p>Comme vous le voyez, le texte de Hahnemann reste d’actualité car il avait déjà bien observé les travers humains qui poussent à dévoyer, travestir, détourner, pérorer.<br />
Il sera intéressant d’objecter que Hahnemann pourtant formule lui-même des hypothèses, et que l’on a besoin d’un minimum de modèles, même en homéopathie ! Il ne s’agit que d’une contradiction apparente, car Hahnemann accepte les hypothèses qui peuvent avoir une sanction clinique ou les modèles qui rendent compte des phénomènes observés. Le Fondateur<br />
est un pur Popperien avant la lettre puisqu’il n’accepte que des hypothèses réfutables. C’est la réfutabilité d’une hypothèse écrira plus tard Popper qui fait qu’elle est scientifique ou non.<br />
Ainsi Hahnemann ancre définitivement son oeuvre sur le socle inébranlable de la clinique et de l’expérience. Il est le précurseur de la démarche expérimentale en médecine, et déjà ce seul titre de gloire devrait lui assurer l’immortalité ! Cependant, tout ceci a été en grande partie oublié et l’existence même de l’homéopathie se trouve aujourd’hui menacée par la<br />
prolifération de ceux que Hahnemann dénonce ici.</p>
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		<item>
		<title>Prochaine formation médicale 13 et 14 Mars: Loganiacées</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 17:35:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bonjour à tous
Notez sur vos tablettes les dates de notre prochain cours:
Samedi 13 et Dimanche 14 Mars 2010
Les cours auront lieu près de Genève, au Site d'Archamps
Centre de Convention
Domaine de Chosal
Site d'Archamps- 74160
Tél. 04 50 31 50 00
J'aborderai l'étude de la famille des Loganiacées (Nux vomica, Ignatia, Gelsemium, Spigellia), en traçant des parralèles entres la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p>Bonjour à tous</p>
<p>Notez sur vos tablettes les dates de notre prochain cours:</p>
<div id="attachment_246" class="wp-caption alignleft" style="width: 273px"><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/loganiacees-gelsemium.jpg"><img class="size-medium wp-image-246 " title="loganiacees-gelsemium" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/loganiacees-gelsemium-263x300.jpg" alt="Gelsemium Sempervirens, autrement dit: le jasmin" width="263" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Gelsemium, le jasmin, est une des principales loganiacées</p></div>
<p><strong>Samedi 13 et Dimanche 14 Mars </strong>2010</p>
<p>Les cours auront lieu près de Genève, au Site d'Archamps</p>
<p>Centre de Convention<br />
Domaine de Chosal<br />
Site d'Archamps- 74160<br />
Tél. 04 50 31 50 00</p>
<p>J'aborderai l'étude de la famille des Loganiacées (Nux vomica, Ignatia, Gelsemium, Spigellia), en traçant des parralèles entres la symptomatologie des ces différents médicaments.</p>
<p>Bien entendu, nous aurons aussi</p>
<ul>
<li>des cas cliniques, des patients viendront nous exposer leur cas et vous serez priés de proposer une indication de médicament.</li>
<li>une étude du répertoire</li>
<li>des commentaires sur un ou plusieurs chapitres de l'Organon</li>
<li>un médicament surprise en questions et réponses</li>
</ul>
<p>Venez nombreux</p>
<p><strong>Dates et heures</strong></p>
<p>Nous démarrons à 9 H 30.</p>
<p><strong>Frais :</strong></p>
<ul>
<li>94 euros la formation d'une journée ou 188 euros le séminaire clinique</li>
<li>Les séminaires théoriques du samedi seront proposés à la modique somme de 94 euros qui <strong>comprennent</strong> le repas de midi.</li>
<li>Le prix des séminaires cliniques à Lyon et à Archamps (samedi et dimanche) comprend le déjeuner mais <strong>ne comprend pas</strong> le dîner du samedi soir et l'hébergement.</li>
</ul>
<p>Le planning de l'année est déterminé en fin d'année scolaire, soit vers le mois de juin, en fonction des possibilités des orateurs.</p>
<p>Pour s'inscrire, il suffit d'envoyer une demande d'inscription accompagnée d'un chèque du montant soit de  la journée de travail, soit du cycle annuel, au secrétariat :</p>
<p><strong>Docteur Thomas Pfister</strong></p>
<p>Service Planète-Homéo<br />
rue du contrat social 7<br />
1203 Genève</p>
<p>Tél +41 22 320 66 11</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cas clinique 01. Phobies. Traitement par Argentum nitricum puis Lyssinum</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2010/02/05/cas-clinique-01-phobies-traitement-par-argentum-nitricum-puis-lyssinum/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 18:42:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Cas cliniques]]></category>
		<category><![CDATA[argentum nitricum]]></category>
		<category><![CDATA[cas clinique]]></category>
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		<category><![CDATA[Répertoire]]></category>
		<category><![CDATA[transpiration]]></category>
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		<description><![CDATA[CAS 1 Monsieur J. Daniel, angoisses 
Consulte le 13.10.95 pour une  			      anxiété majeure.
« Je manque terriblement de confiance en moi. J'ai toujours une peur qui est là. J'en ai l'estomac noué en permanence ». Il a stoppé le tabac en 93, et depuis 88 il a également stoppé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><h1><strong><strong><a id="CAS 1 MR J. DANIEL" name="CAS 1 MR J. DANIEL">CAS 1 Monsieur J. Daniel</a>, angoisses</strong> </strong></h1>
<p><strong>Consulte le 13</strong>.<strong>10</strong>.<strong>95 pour une  			      anxiété majeure.</strong></p>
<p><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/sthetoscope.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-146" title="sthetoscope" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/sthetoscope-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>« Je manque terriblement de confiance en moi. J'ai toujours une peur qui est là. J'en ai l'estomac noué en permanence ». Il a stoppé le tabac en 93, et depuis 88 il a également stoppé toute boisson alcoolisée et se considère guéri de son alcoolisme. Toujours pressé. Peur de passer par certains endroits, incapable de passer sur un pont : vertige+++. Très ballonné, &lt;&lt;la taille serrée dans des vêtements. Peu de désirs alimentaires hormis une très forte envie de choses sucrées.</p>
<p>Examen physique : RAS sauf odeur des pieds très gênante.</p>
<p>Le remède ??? prescrit en XM l'améliorera dès le 15eme jour suivant. Revu le 20 Janvier 96, il va très bien, son angoisse est « presque partie ». Il n'a plus l'estomac noué ni de ballonnements. &lt; de la transpiration des pieds. Trous de mémoire. Devient plus frileux alors qu'il n'avait jamais ressenti le froid auparavant. Aversion nette pour le lait. Continue de manger très sucré. Très émotif, il a vite la larme à l'oeil. Répétition de ??? en XM.</p>
<p>Revu en Mars 96. Va de mieux en mieux. « Au fait, mon ophtalmo dit que je n'ai plus besoin de me faire opérer mon truc à l'oeil ». Son ptérygion, que je n'avais pas vraiment remarqué aurait donc diminué. ??? en LM. En Septembre 96. Le ptérygion va et vient mais est très estompé. Beaucoup moins la larme à l'oeil. Changé ses goûts. Reste sucré, mais maintenant: très fort penchant pour le chocolat.</p>
<p>Questions : Quel est le remède ???, sur quels arguments le donnez-vous ? Quel est le remède complémentaire qui devient indiqué ensuite, sur quel nouvel argument ? Dans l'optique du remède complémentaire que l'on pense indiqué, quelles sont les questions fondamentales à poser pour s'assurer de son indication ?</p>
<p>JH Dubois. jhdubois de bluewin.ch<br />
Cher ami,<br />
bonjour<br />
Calc. me semble bien couvrir le cas. Toutefois Kali-c ne semble pas<br />
dénué d'intérêt.<br />
L'aversion pour le lait et le désir de chocolat<br />
appartiennent aussi à Calc.<br />
Voici donc pour ma première approche, j'entends<br />
les grondements du Maître et attends ses remarques.<br />
Bien amicalement, JH<br />
DuBois</p>
<p class="cas_ed">Bonjour l'ami<br />
DuBois !<br />
Non, non, je ne gronde pas. Au contraire, je me frotte les mains de<br />
te titiller les neurones. Alors, Calc. ou Kali-c, tu tournes autour des<br />
carbones. Avant tout une remarque : l'aversion pour le lait s'est nettement<br />
aggravée après la prise du remède. Pour qu'on puisse dire qu'il s'agit d'un<br />
symptôme pathogénétique, il faudrait qu'il soit apparu avec un faisceau d'autres<br />
signes connus pour appartenir au remède prescrit, ce qui ne semble pas<br />
franchement être le cas.<br />
D'autre part, j'ai ignoblement fait exprès de<br />
laisser traîner ce symptôme en espérant qu'on le relèverait, de sorte que je<br />
puisse faire ma petite leçon ! Pour qu'un désir ou aversion alimentaire soit à<br />
retenir, il faut qu'il soit très marqué et/ou dissonant par rapport aux normes<br />
de l'âge ou de l'espèce. En pratique chez les adultes, l'aversion pour le lait<br />
se rencontre fréquemment, si cette aversion est forte et/ou très ancienne, elle<br />
mérite considération autrement, c'est un coup à rater le remède. A l'opposé, un<br />
enfant qui aime boire du lait, c'est banal et donc sans signification. Un enfant<br />
qui a horreur d'en boire, voilà qui nous intéresse.<br />
Pour en revenir aux<br />
remèdes, le tableau qui domine est celui d'une grande anxiété, avec des phobies<br />
et une forte envie de sucré, certes Calc ou Kali-c en possèdent mais avant tout<br />
on est en droit d'évoquer d'abord un autre champion, qui de plus se trouve fort<br />
bien complété par ces deux autres que tu proposes. Donc pour résumer tu est déjà<br />
parti un peu trop loin.<br />
J'attends la suite de tes commentaires ! Et merci<br />
d'être le premier à animer notre petite rubrique. Ed.</p>
<p>JC Ravalard. Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr<br />
Ce<br />
qui apparaît le plus proche au premier look, c'est Argentum<br />
Nitricum<br />
Anxiété, caractère pressé, vertigineux, manque de confiance,<br />
ballonné, très forte envie de choses sucrées.<br />
En rajoutant à la<br />
répertorisation :<br />
la transpiration des pieds gênante<br />
&lt;&lt; les<br />
vétements serrés à la taille<br />
l'aversion pour le lait<br />
le ptérygion<br />
le<br />
désir de chocolat<br />
il ne reste qu'un Remède qui convient parfaitement c'est<br />
Calcarea Carb.</p>
<p>Un autre est très proche, c'est Lycop.</p>
<p>Questions à<br />
poser pour les différencier :<br />
Comportement vis à vis du caractère chaud ou<br />
froid des aliments ?<br />
Vis à vis du salé ?<br />
Agité ou somnolent le soir<br />
?</p>
<p>Amitiés..J.C des H.</p>
<p><span class="cas_ed">Ou là là ! Le Jean-Claude est déchainé ! Il va falloir que je me<br />
creuse un peu plus pour vous trouver des cas intéressants. En tout cas, je vois<br />
que tu as bien retenu comment développer le raisonnement homéopathique et que<br />
je ne sème pas dans le désert.<br />
Il faut que tu te fasses plus confiance à toi<br />
même : le bon remède t'est apparu du premier coup. Arg-n convient parfaitement à<br />
la situation que tu analyses au début. Ensuite tu ajoutes des symptômes un peu<br />
trop en vrac, sans les relativiser assez. &lt; par les vêtements serrés, l'envie<br />
très forte de sucré sont de très forts signes pour Arg-n et ont à peine moins de<br />
valeur que le tableau mental. Celui-ci est gouverné par les phobies, le manque<br />
de confiance en soi, le comportement pressé. Le vertige &lt; dans les endroits<br />
élevés est aussi caractéristique, de même que le symptôme le plus intéressant<br />
parce que rare : « peur de passer par certains endroit ».<br />
Où le trouver dans<br />
le répertoire ? Peur, angles de certaines maison, de passer devant.<br />
Pour moi,<br />
je répertoriserai donc ainsi:</span></p>
<table border="1" cellspacing="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td rowspan="4" width="22%"><strong>Libellé de<br />
la<br />
Rubrique</strong></td>
<td rowspan="4" width="4%" align="middle"><strong>V<br />
a<br />
l</strong></p>
<p><strong> R<br />
u<br />
b<br />
r<br />
i<br />
q<br />
u<br />
e</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Arg-n</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Calc</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Sulph</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Lyc</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Puls</strong></td>
<td width="9%" align="middle"><strong>Nat-m</strong></td>
<th width="15%"><strong>Remède</strong></th>
</tr>
<tr>
<td width="9%" align="middle">46</td>
<td width="9%" align="middle">36</td>
<td width="9%" align="middle">36</td>
<td width="9%" align="middle">28</td>
<td width="9%" align="middle">28</td>
<td width="9%" align="middle">28</td>
<td width="10%" align="middle"><strong>Valeur<br />
Globale<br />
du remède</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="9%" align="middle">6</td>
<td width="9%" align="middle">5</td>
<td width="9%" align="middle">5</td>
<td width="9%" align="middle">4</td>
<td width="9%" align="middle">4</td>
<td width="9%" align="middle">4</td>
<td width="10%" align="middle"><strong>Occurence<br />
(fréquence)</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="9%" align="middle">12</td>
<td width="9%" align="middle">11</td>
<td width="9%" align="middle">10</td>
<td width="9%" align="middle">11</td>
<td width="9%" align="middle">7</td>
<td width="9%" align="middle">5</td>
<td width="10%" align="middle"><strong>Total<br />
des<br />
Degré</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="22%"><strong> +</strong> Psy:<br />
Peur / angles / de certaines maison...</td>
<td width="4%" align="middle">1</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<th width="15%"><strong>Degré</strong></th>
</tr>
<tr>
<td width="22%"><strong> +</strong> Psy: Confiance en soi...</td>
<td width="4%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<th width="15%"><strong>Degré</strong></th>
</tr>
<tr>
<td width="22%"><strong> </strong> Ve: Elevés...</td>
<td align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td width="9%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td align="middle"><strong>Degré</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="22%"><strong> </strong> Es:<br />
Désir / sucreries</td>
<td align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">2</td>
<td width="9%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle">3</td>
<td width="9%" align="middle"></td>
<td width="9%" align="middle">1</td>
<td align="middle"><strong>Degré</strong></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>+</strong> Ab:<br />
Vetements..</td>
<td align="middle">4</td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle"></td>
<td align="middle"><strong>Degré</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Mb: Transpiration / Mbres inf / Pied /<br />
nauséabonde</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle">2</td>
<td align="middle">2</td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle"><strong>Degré</strong></td>
</tr>
<tr>
<td><em> Es: Aversion / lait</em></td>
<td align="middle">3</td>
<td align="middle"></td>
<td align="middle">2</td>
<td align="middle">2</td>
<td align="middle"></td>
<td align="middle">2</td>
<td align="middle">1</td>
<td align="middle"><strong>Degré</strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="cas_ed">
<p class="cas_ed">Aversion / lait est désactivé et mis seulement à<br />
titre d'exemple car je ne l'ai pas considéré pour ma prescription.</p>
<p>En<br />
plus, tu sais que la nature ou l'aspect des écoulements est aussi un signe<br />
important, or Arg-n possède pour ce symptôme une valorisation relative de un<br />
point.<br />
L'aversion pour le lait n'est pas à retenir franchement comme je l'ai<br />
développé ci-dessus en réponse à Dubois.<br />
Nous pourrons traiter en séminaire<br />
le diagnostic différentiel Lyc / Calc, et je ne voudrais pas trop développer<br />
ici, pour ne retenir que la prescription d'Arg-n qui s'impose.</p>
<hr />
<p class="cas_ed">Maintenant que nous sommes parvenus à ce point, voyons la<br />
suite. Sous Arg-n, le tableau mental s'est considérablement amélioré, ainsi que<br />
les autres signes physiques. Reste de façon proéminente le désir de chocolat,<br />
que possède certes Arg-n, mais il devient évident que cette prescription<br />
s'essouffle, il est donc certainement temps d'évoquer un remède<br />
complémentaire.<br />
A vous de jouer.<br />
Ed.</p>
<hr />
<p>JH Dubois. jhdubois de bluewin.ch<br />
Les réponses et<br />
commentaires sont fort intéressants. En première lecture j'ai aussitôt pensé à<br />
Arg-n, d'une façon générale et en particulier à cause de sa peur de passer par<br />
certains endroits. Voila pour le cerveau droit!<br />
J'ai toutefois voulu procéder<br />
épertorisation et en utilisant directement l'index général.<br />
Un des<br />
symptômes introduit était faux et je n'avais pas trouvé de suite la peur de<br />
à Arg-n.<br />
Pour la<br />
suite du cas, les éléments sont maigres. Toutefois, le très fort penchant pour<br />
le chocolat et le fait que Calc. est un des remèdes qui suit bien Arg-n,<br />
à proposer Calc. pour la suite.<br />
Ceci à condition que JD soit encore<br />
à l'oeil et du genre frileux.<br />
Voici donc pour les neurones du<br />
cerveau gauche, celles du cerveau droit ne sont pas activées.<br />
Bien<br />
amicalement, Jacques-Henry.</p>
<p class="cas_ed">Ca chauffe drôlement, Calc. n'est sûrement pas une mauvaise idée<br />
au point où nous sommes, mais... il y a un mais. J'ai questionné le patient dans<br />
cette direction mais rien ne collait avec Calc, ou seulement de très<br />
loin.</p>
<p class="cas_ed">Pour mémoire voici la liste des remèdes qui suivent bien<br />
Arg-n: <em>Calc., kali-c, lyss., lyc., merc., puls., sep., sil</em>. Bien sûr,<br />
il n'est pas certain que la bonne prescription figure dans cette liste, qui au<br />
demeurant est forcément incomplète, cependant il est logique d'essayer de nous<br />
simplifier le travail au moins dans un premier temps. L'indication d'un remède<br />
complémentaire se pose quand à l'issue d'un traitement bien conduit subsiste<br />
très nettement un symptôme ou un groupe de symptôme qui ne répond pas au<br />
médicament. Souvent aussi peut apparaître un symptôme complètement nouveau (qui<br />
n'est donc pas un retour de symptôme suivant la loi de Hering) et qui est<br />
souvent caractéristique du remède complémentaire.</p>
<p class="cas_ed">La question que je me suis alors posée était: quel est le<br />
remède de cette liste qui possède une très forte envie de chocolat et qui en<br />
même temps soit très phobique ?</p>
<p>JC Ravalard. Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr<br />
Si<br />
je comprends bien, il ne reste plus beaucoup de symptômes, son anxiété s'est<br />
éliorée, ses signes physiques ont quasi disparu.<br />
Faut-il vraiment lui<br />
donner autre chose ? Peut-être est-on arrivé à un point d'équilibre. Si on prend<br />
les complémentaires d'arg-n. devrait venir ensuite pour les mieux placés dans le<br />
tableau de répertorisation Calc. ou Lycop. Tu dis qu'il est un peu plus frileux,<br />
j'aurai tendance à choisir Calc. qui a ce désir de chocolat. Par<br />
défaut.</p>
<p class="cas_ed">Bien<br />
pensé. Cependant, à force de voir des malades on finit par estimer si la dose a<br />
agi "jusqu'à la racine" ou si le résultat est encore incomplet. En l'occurrence,<br />
les gros symptômes ont été nettoyés par Arg-n, mais le patient demeure avec son<br />
fond phobique que l'on sent prêt à rechuter.</p>
<p class="cas_ed">Tu évoques comme Jacques Henri, Calcarea. Cette idée est<br />
tout à fait normale: on a tendance à aller vers le connu, envisager des remèdes<br />
que l'on connaît déjà bien. Trop souvent cette tendance est un handicap et nous<br />
prive d'un remède que nous connaissons mal et qui couvre mieux le cas qu'un<br />
polychreste plus connu. Hahnemann rappelle cette difficulté au §82 (6ème<br />
édition): "<em>le médecin homéopathe devra toujours scruter avec soin les<br />
symptômes perceptibles et toutes leurs modalités avec autant d'exactitude et de<br />
conscience qu'avant cette découverte et se garder surtout de prescriptions<br />
routinières</em>".</p>
<p class="cas_ed">Je me souviens ainsi d'un cas d'angine dans lequel<br />
j'avais donné Lach. sans succès: douleur à gauche, irradiation à l'oreille, &lt;<br />
au réveil, etc. J'avais prescrit par pure routine sans tenir plus compte d'un<br />
signe qui aurait dû attirer mon attention: le début de torticolis. Une fois que<br />
Lachesis eût montré son échec et que le torticolis n'ait qu'empiré, l'image<br />
symptômatique ne pouvait qu'évoquer Lachnantes (va jeter un oeil dans le<br />
Hering)<br />
qui a parfaitement fonctionné.</p>
<p class="cas_ed">Bref, il faut évoquer encore un autre remède.</p>
<p>Marc Bouchoucha. marc.bouchoucha de wanadoo.fr<br />
Salut<br />
Ed .. Me voici parmi vous - Ton cas clinique évoque d'emblée Argentum Nitricum<br />
mais c'est la recherche du second remède qui est plus épineuse pour, selon moi,<br />
départager Sulfur de Calc. Ma préférence irait vers Sulfur, remède psorique de<br />
l'inconscient collectif qui nous ramène à nos peurs existentielles. Pour les<br />
départager il conviendrait de demander des modalités thermiques, des antécédents<br />
médicaux, de mieux comprendre les réactions au stress et aux situations<br />
quotidiennes - Je penche tout de même pour Sulfur compte tenu des anciens désirs<br />
d'alcool, de la précipitation, etc.<br />
En tout cas, bravo car c'est une<br />
superbe idée d'avoir mis planète homéo<br />
sur orbite - Je t'embrasse pour les<br />
fêtes et à bientôt - Marc -</p>
<p class="cas_ed">Bonjour Marco !! Super content de te voir rejoindre l'équipe ! Ca<br />
va chauffer de plus en plus.</p>
<p class="cas_ed">Tant qu'à envisager un polychreste, je pencherais comme<br />
toi vers Sulfur, avec les arguments non négligeables que tu développes.<br />
Cependant, le patient ne présente rien de caractéristique pouvant justifier une<br />
telle prescription.</p>
<p class="cas_ed">Le plus phobique de la fameuse liste est sans doute <em><strong>Hydrophobinum</strong></em> (appelé ainsi fort imparfaitement comme<br />
le remarque Hering car l'hydrophobie n'est qu'un des symptômes de la rage et de<br />
recommander le nom Lyssin, directement dérivé du grec).</p>
<p class="cas_ed">Remède méconnu, je t'assure qu'on doit le rencontrer au<br />
moins 2 ou 3 fois par mois... si on le recherche. Les points d'appel: bien sûr<br />
les phobies. Mais aussi le désir de chocolat qui est souvent très marqué (au<br />
moins autant que dans Sepia ou Argentum).</p>
<p class="cas_ed">Très fréquemment on retrouve la peur de l'eau, ce sont<br />
des gens qui diront ne pas prendre de bains, seulement des douches et encore en<br />
faisant bien attention de ne pas faire ruisseler de l'eau sur le visage. En<br />
outre on a aussi souvent les idées "étranges", impulsions. Par exemple, en<br />
coupant du pain un tel dira "je me demande ce que cela ferait de me planter le<br />
couteau dans le ventre".</p>
<p class="cas_ed">Notre patient avait donc cette typique peur de l'eau qui<br />
ne s'était pas estompée malgré Arg-n, et même s'était amplifiée. Depuis<br />
plusieurs mois qu'il est sous Lyss., il se porte comme jamais. L'avenir nous<br />
dira si la prescription tient longtemps.</p>
<p class="cas_ed">En attendant, je te propose de jeter un coup d'oeil à mon<br />
petit article sur <a href="../matiere-medicale/lyssinum.htm">Lyssinum</a></p>
<p class="cas_ed">Ed.</p>
<p>DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch</p>
<p>Cher Edouard,<br />
Ce cas a pris une tournure passionnante et très instructive<br />
et je suis heureux que ton patient se porte comme jamais.<br />
Pour la "chocolat<br />
connexion", Carc. vient en tête de liste et si il n'est pas spécifiquement<br />
phobique et bizarre il est certainement du genre anxieux à un degré assez élevé.<br />
As-tu envisagé ce remède?<br />
Avant de prescrire Arg.n, étais-tu au courant de la<br />
phobie de l'eau de JD?<br />
Si oui, cela aurait-il permis de donner Lyss. comme<br />
premier remède afin de bien nettoyer le mental de JD et ainsi voir disparaître<br />
bien des maux psychosomatiques?</p>
<p>Je sais que l'approche psy est à la mode mais<br />
l'approche somatopsychique donne aussi de bons résultats à condition que les<br />
symptômes soient bien caractéristiques.<br />
Au stade ou en est JD, as-tu<br />
l'impression d'avoir trouvé le remède qui couvre l'universalité du cas ou au<br />
contraire penses-tu ne tenir qu'un Simillimum voir un Simile.<br />
Je serais<br />
heureux de connaître ton avis.<br />
Voici donc pour ces quelques questions et<br />
remarques qui me viennent à l'esprit en relisant l'ensemble du cas.<br />
Avec mes<br />
meilleures salutations, Jacques-Henry</p>
<p class="cas_ed">Cher Jacques Henri, tes<br />
commentaires sont très intéressants, et je vais essayer de les relever<br />
brièvement... si tant est que je sache être bref dans ce domaine...</p>
<p class="cas_ed">Chocolat connexion: je place en effet en tête Carc, Lyss,<br />
et Sep. Sur un tel terrain phobique il est indiscutable que Carc est à<br />
envisager, d'autant que je pense que ce remède possède aussi la peur de l'eau.<br />
Cependant pour faire une indication de Carc il manque le côté méticuleux,<br />
l'anticipation. Autant Carc peut être phobique, autant il sera prévoyant, alors<br />
que Lyss possède un côté impulsif (notions étranges, idées folles comme jeter un<br />
verre d'eau au visage de son interlocuteur, etc). Mon interrogatoire était<br />
incomplet et je n'avais pas pensé à chercher la peur de l'eau. Mais je pense que<br />
même si j'avais eu cette donnée, j'aurais d'abord donné Arg-n pour calmer les<br />
gros symptômes et finir ensuite avec Lyss. Dans la même veine, il ne faut pas<br />
hésiter à donner Nux avant Sulph, ou Sep; Puls avant Sulph ou Lyc, etc. On en<br />
reparlera.</p>
<p class="cas_ed">L'approche "psy" est en effet à la mode et tu sais comme<br />
le mot "mode" en médecine me fait grincer les dents. L'homéopathie est peu<br />
appréciée dans certains milieux car elle s'appuie sur des lois intangibles,<br />
faisant fi des modes et de leurs retombées commerciales. Indiscutablement<br />
l'approche psy permet d'apporter certains éclairages intéressants, mais il<br />
faudrait selon moi la réserver à ceux qui ont suffisamment de bouteille pour ne<br />
pas s'égarer et qui conçoivent qu'il ne s'agit là que d'une voie de recherche.<br />
Rappelons que le malade se comporte comme un tout et qu'on ne peut le réduire à<br />
son psychisme ou à ses seuls organes...</p>
<p class="cas_ed">Pour savoir si on a donné le simillimum, en tout cas<br />
celui du moment, je partage complètement l'approche pragmatique de Kent (voir<br />
Lesser Writings): si à la suite de la prescription on a eu une amélioration<br />
nette et que les symptômes commencent à revenir <strong>inchangés</strong>,<br />
alors on a le simillimum. Autrement, l'image symptômatique revient changée, ce<br />
qui était notre cas avec Arg-n. Pour l'instant JD va super, il est évident qu'il<br />
aura tôt ou tard besoin soit d'une répétition soit encore d'un autre remède qui<br />
reste à déterminer.</p>
<p>Michel Eytan LILoL eytan de dpt-info.u-strasbg.fr</p>
<p>Cher Dr. Broussalian,<br />
Je suggère Ammonium carbonicum.<br />
Voici<br />
quelques indications sur les symptômes donnés a votre page Web. Entre crochets<br />
je mets le degre suivi du nom d'auteur avec<br />
A = Allen, The Encyclopedia of<br />
Pure Materia Medica vol. 1, Jain, New Delhi<br />
K = Kent, Repertory of the<br />
homoeopathic Materia Medica, Jain, New Delhi</p>
<p>* Manque de<br />
confiance:<br />
Considerable ill-humour and dissatisfied feeling [1, A]<br />
She has<br />
rest nowhere and succeds in nothing [1, A]</p>
<p>* Peur<br />
Very easily<br />
frightened [1, A]<br />
Fear [1, K]<br />
* Peur de passer par certains endroits,<br />
incapable de passer sur un pont, vertige+++:<br />
Vertigo [2, K] [1,<br />
A]<br />
Vertigo, fall tendency to [1, K]</p>
<p>* Tres ballonne, &lt;&lt; la<br />
taille serree dans des vetements:<br />
Abdomen painfully distended [1, A]; et<br />
nombreux symptomes analogues<br />
The clothes press on the stomach [2,<br />
A]<br />
Flatulence [1, K]</p>
<p>* Envie de choses sucrees:<br />
Desires, sweets [2,<br />
K]</p>
<p>Remarque: bien que l'un des anti-psoriques de Hahnemann, Am-c me<br />
semble sous-evalue, sous-repertorie, sous-prescrit, sous-experimente<br />
cliniquement (peu de chose dans la MM de Hering). Et tout comme certains autres<br />
remedes, difficile a "sortir" par repertorisation -- cf ce que dit Kent dans sa<br />
MM sur Ruta(? je ne l'ai pas au bureau).</p>
<p>Je vous souhaite une Bonne et<br />
Heureuse Annee 1997.</p>
<p class="cas_ed">Cher ami, tout d'abord merci d'avoir pris le temps de nous écrire.<br />
C'est vraiment une surprise d'évoquer Am-c dans le cas de JD, voyons un peu de<br />
quoi il retourne.</p>
<p class="cas_ed">Tout d'abord il est certain que ce remède est<br />
sous prescrit tout simplement parce que peu expérimenté, et pas étudié (trop de<br />
prescripteurs se contentent d'une demi homéopathie + allopathie) et aussi parce<br />
que peu présent dans le Répertoire.<br />
Depuis bientôt cinq ans je dissèque<br />
patiemment, aidé de quelques amis dévoués, tout le Hering en comparant avec le<br />
contenu du Répertoire. Ce travail de bénédictin se révèle passionnant à bien des<br />
égards. D'abord on dépiste encore des erreurs d'abréviation (genre Graph pour<br />
Raph). Ensuite cela permet de comprendre selon quels mécanismes Kent a réalisé<br />
le Répertoire en généralisant ou non les symptômes (ceci aurait dû à mon avis<br />
être mieux étudié par les auteurs du "Complete Repertory" qui auraient ainsi<br />
économisé une place considérable). Enfin, il nous est devenu clair que Kent a eu<br />
pour stratégie d'incorporer d'abord les polychrestes (qui restent tout de même<br />
la base de notre prescription), quitte à n'incorporer des "petits" remèdes que<br />
les signes qui lui ont semblé importants. Dès lors, il est clair que bien des<br />
additions d'Am-c vont suivre... dans le futur Répertoire.</p>
<p class="cas_ed">Pour compléter, j'ajoute que Kent s'est<br />
indubitablement servi de l'index du Allen comme base à son Répertoire. Or, on<br />
constate de nombreux manques qui ne peuvent s'expliquer que par un choix<br />
volontaire de sa part. Ailleurs, celui-ci déplore que Allen ait pris le parti<br />
d'incorporer dans son encyclopédie des symptômes de toutes provenances, tout en<br />
les référençant (exemple aussi à méditer selon moi par beaucoup d'auteurs<br />
modernes). Selon Kent bien des signes sont sujet à caution car provenant<br />
d'auteurs peu fiables. Cela explique certainement son attitude, et je pense que<br />
c'est peu prudent de vouloir ajouter à partir du Allen ce que Kent avait déjà<br />
sous la main et a rejeté. Pour Hering, le cas est différent, car Kent ne<br />
disposait pas d'un ouvrage semblable à l'index de Allen et n'a pu exploiter<br />
exhaustivement la mine que représente cet ouvrage. D'ailleurs, à partir du 4ème<br />
volume il faut aussi être prudent car Hering étant mort entre temps, le travail<br />
ne s'est pas poursuivi avec la même rigueur.</p>
<p class="cas_ed">Venons en à Am-c. Je pense qu'en pratique les<br />
grands points d'appel sont les palpitations (violentes, &lt; mouvement, etc)<br />
avec la tendance à la défaillance (et à saigner facilement). Les malades sont<br />
souvent très fatigués (Ars), frileux et veulent de l'air (pour &gt; la dyspnée).<br />
Sur un tel tableau de défaillance cardiaque, les vertiges sont nombreux. Avec<br />
ces symptômes, on trouve donc des malades anxieux, pleins d'appréhensions<br />
(Hering: <em>feeling of impending trouble, listless, anguish as if a crime had<br />
been committed</em>).<br />
Le remède se rapproche beaucoup de Phos, de Lach<br />
(suffocation, &lt; au réveil, rêve effrayants et très vivaces, etc) avec lequel<br />
il est souvent confondu.</p>
<p class="cas_ed">En aucun cas Am-c n'est dominé par les phobies<br />
comme c'était le cas de JD (et d'Arg-n). Les autres symptômes de peur et de<br />
tendance à s'effrayer ne s'adaptent pas assez au tableau, et sont aussi communs<br />
à bien d'autres remèdes. Le signe caractéristique: peur de passer en certains<br />
endroits n'est pas connu de Am-c. L'aggravation par les vêtements serrés n'est<br />
pas connue dans Am-c: on a du ballonnement, mais plein d'autres remèdes aussi<br />
possèdent ce signe, que les vêtements appuient sur l'estomac n'a pas la même<br />
signification que l'intolérance à être serré.</p>
<p class="cas_ed">Du coup il serait peut être intéressant<br />
d'évoquer des cas d'Am-c. Je vais en sortir de mes cartons, mais je prie tous<br />
ceux qui le désirent de nous contacter.</p>
<p class="cas_ed">Ed.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Répertoire de Kent interactif online: on a osé!</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2010/02/02/repertoire-de-kent-interactif-online-on-a-ose/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 09:14:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Répertoire]]></category>
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		<description><![CDATA[J'ai le plaisir de vous annoncer la naissance de notre "petit dernier", en collaboration avec mon vieux complice et créateur du programme Mélanie, Alain Drozd.
Les choses ont bien changé en plus de 30 ans, et aujourd'hui nous mettons le répertoire de Kent à la disposition de tous.
Allez sur Mélanie online. Vous pouvez rechercher n'importe quel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p>J'ai le plaisir de vous annoncer la naissance de notre "petit dernier", en collaboration avec mon vieux complice et créateur du programme Mélanie, Alain Drozd.</p>
<div id="attachment_48" class="wp-caption alignleft" style="width: 279px"><a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/kent-sepia-carre.jpg"><img class="size-medium wp-image-48" title="kent-sepia-carre" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/kent-sepia-carre-269x300.jpg" alt="" width="269" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Portrait de James Tyler Kent</p></div>
<p>Les choses ont bien changé en plus de 30 ans, et aujourd'hui nous mettons le répertoire de Kent à la disposition de tous.</p>
<p>Allez sur <a href="http://www.homeopathie-online.com/">Mélanie online</a>. Vous pouvez rechercher n'importe quel symptôme parmi les 80.000. Puis en cliquant dessus vous pouvez ajouter des symptômes pour produire une répertorisation. L'outil vous donnera au moins une idée de la complexité et du raffinement de la démarche homéopathique.</p>
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		<title>Comment devenir homéopathe !</title>
		<link>http://planete-homeo.org/2008/02/28/comment-devenir-homeopathe/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Feb 2008 07:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Edouard Broussalian</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment devenir homéopathe
Interview d’André Saine, N.D., F.C.A.H.
Deuxième Partie
De nos jours, vous risquez plus d’être induit en erreur que guidé car il n’y a pas aujourd’hui de grand maître de la Matière Médicale. Il y a beaucoup d’enseignants qui se prétendent "maîtres", ils sont souvent suivis d’un grand nombre de disciples, mais la plupart du temps, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img style='float: left; margin-right: 10px; border: none;' src='http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=24158e106b0bc0fb184d0ba97d8ce2e2&amp;default=http://www.gravatar.com/avatar/580e4cb9f90f89a51399fc51cbd64e32.png' alt='No Gravatar' width=40 height=40/><p><strong>Comment devenir homéopathe<br />
</strong>Interview d’André Saine, N.D., F.C.A.H.<br />
<strong>Deuxième Partie</strong><br />
<em>De nos jours, vous risquez plus d’être induit en erreur que guidé car il n’y a pas aujourd’hui de grand maître de la Matière Médicale. Il y a beaucoup d’enseignants qui se prétendent "maîtres", ils sont souvent suivis d’un grand nombre de disciples, mais la plupart du temps, il s’agit d’un aveugle qui conduit d’autres aveugles. </em><br />
<a href="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/andre_sain_naturopathic_doctor_montreal.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-103" title="andre_sain_naturopathic_doctor_montreal" src="http://planete-homeo.org/homeoblog/wp-content/uploads/andre_sain_naturopathic_doctor_montreal.jpg" alt="" width="150" height="147" /></a>André Saine est diplômé du National College of Naturopathic Medicine à Portland, Oregon et aussi de l’Homeopathic academy of Naturopathic Physicians. Il enseigne l’Homéopathie et fait des conférences depuis 1985. Un des points principaux de son travail clinique est le traitement de patients souffrant de maladies chroniques graves. A côté de sa pratique à Montréal, Canada, il est le Doyen et le principal enseignant de la formation postuniversitaire de la Canadian Academy of Homeopathy depuis 1986.</p>
<div>
<p><strong>Q: Quels sont les meilleurs ouvrages de matière médicale pour un débutant ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question difficile à répondre car la matière médicale est très vaste. Il y a deux éléments dans votre question à envisager. Le premier point se rapporte à la qualité et le second à l’accessibilité de l’ouvrage. Pour les débutants, le critère le plus important témoignant de la qualité d’une matière médicale est la fiabilité de l’auteur. Les meilleurs ouvrages de Matière Médicale ne sont pas forcément facilement accessibles au débutant. Si je disais à un débutant de commencer avec Hahnemann sans autre information, je ne lui donnerais pas un très bon conseil. Bien sûr, pour ce qui est de la fiabilité, Hahnemann est de loin le meilleur mais il y a un grand risque pour le débutant d’être submergé par l’énorme quantité de livres écrits par Hahnemann sur la matière médicale. Prenons par exemple Sulphur, dans les Maladies Chroniques d’Hahnemann. Cela fait plus de 1900 symptômes. Sans plus ample information sur la façon d’utiliser ces livres, le débutant peut se sentir désespéré. Il ne faut pas seulement conseiller un livre à l’étudiant - il faut aussi lui apprendre comment s’en servir. Il doit apprendre comment étudier et se servir des Maladies Chroniques d’Hahnemann, des Guiding Symptoms de Hering or de l’Encyclopédie de la Matière Médicale Pure de Allen. Il faudrait qu’il sache comment ses livres ont été écrits et comment on doit s’en servir.</p>
<p>Pour revenir à votre question : pour quelqu’un qui n’a jamais étudié la matière médicale, qui n’y connaît rien et qui désire commencer, je conseillerais en premier lieu les Leaders de Nash, qui constituent une introduction agréable et amusante à la matière médicale. Un autre ouvrage dans la même optique serait les Portraits de Remèdes Homéopathiques de Margaret Tyler. C’est simple, fiable, rempli d’anecdotes intéressantes et contenant beaucoup de citations d’auteurs dignes de foi : Hahnemann, Lippe, Hering, Nash, Kent, etc. ; c’est une approche simplifiée de notre vaste matière médicale. De même, je pourrais aussi conseiller deux autres livres dans lesquels les auteurs se sont servis d’expressions de langage plus modernes, ce sont les Etudes de Remèdes Homéopathiques de Gibson et Homéopathie et Prescription Homéopathique d’Harvey Farrington. Ce sont ces quatre livres que je conseillerais au débutant car ils sont accessibles et fiables. Ensuite, pour progresser plus avant, on devra dire à l’étudiant sérieux en Homéopathie comment utiliser les livres fondamentaux.<br />
<strong>Q: De nombreux homéopathes ont essayé d’organiser et de résumer les symptômes de certains remèdes afin de les rendre plus faciles à comprendre. Quel est votre avis sur de telles "portraits de remèdes"? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Hé bien, il y a là un certain danger et il faut être très prudent. Si vous avez un portrait d’un remède, il y a toujours le danger de ne prendre qu’un aspect du remède et de généraliser en disant "C’est le remède." Ou vous pouvez vous tromper complètement dans votre portrait et donc être éloigné de la réalité. Lorsque quelqu’un vous dit : "C’est la nature du remède, c’est le portrait de ce remède" - prenez-le avec un peu de prudence. Il se peut que cela soit totalement infondé et que cela détourne du droit chemin l’étudiant pendant des années. Il y a grand danger à généraliser. Sauf si celui qui fait cette généralisation la fonde sur une étude rigoureuse des provings complétée par une expérience clinique importante. Je n’ai rien contre Hahnemann lorsqu’il dit de ne pas prescrire Nux vomica si le patient est doux et flegmatique ou Aconitum si le patient est calme et tranquille, aussi longtemps que l’étudiant comprend de façon claire qu’il y a des exceptions à ces généralisations. Ces généralisations représentant la nature du remède ou l’état du patient nécessitant ce remède, sont en général, très utiles pour le débutant pour l’aider à percevoir le remède avec plus de facilité. Malheureusement, tous ceux qui enseignent la matière médicale et qui généralisent n’ont pas fait une étude attentive des provings, ne sont pas des observateurs fiables et n’ont pas une importante expérience clinique. Le danger de faire de fausses interprétations et de créer de fausses images est très grand. Ces généralisations ne sont pas un gros problème tant que l’étudiant comprend qu’une étude soigneuse du proving est toujours la meilleure façon de procéder et qu’elle aura toujours le dernier mot permettant de décider du degré de similitude - et non l’opinion de quiconque, quel que soit le nom ce cette personne.</p>
<p>Je n’ai rien contre P. P. Wells lorsqu’il dit que Belladonna est caractérisé par la violence dans le fonctionnement de l’esprit et du corps. Il s’agit d’un auteur très sûr avec une importante expérience clinique, et qui a étudié les provings de façon très rigoureuse. Ce type de généralisation est très séduisante pour l’étudiant de la matière médicale et nous pouvons nous rendre compte facilement du caractère trompeur que cela prend si l’auteur n’est pas digne de foi, ce qui est plus souvent la règle que l’exception aujourd’hui. De nos jours, vous avez plus de chances d’être induit en erreur que d’être bien guidé, puisque n’importe qui peut aisément s’afficher comme un maitre de la matière médicale. De soi-disant "maitres" sont très courants, ils ont souvent un grand nombre de disciples fidèles, mais la plupart du temps, c’est l’aveugle guidant d’autres aveugles. Je connais quelques médecins qui ont suivi de tels enseignants comme on suivrait un gourou - certains d’entre eux ont perdu dix ans à prescrire sur de fausses images avant de se réveiller, et même maintenant, ils trouvent que c’est difficile de se débarrasser de ces idées. Parfois, lorsqu’ils me soumettent des cas cliniques - cas pour lesquels ils ont bien sûr échoué - ce que je les entends le plus souvent dire, c’est : "Pourquoi n’ai-je pas vu ce remède ? Comment ai-je pu le manquer ?"</p>
<p>La réponse est simple. Ils n’ont pas suivi le conseil de base donné par Hahnemann, qui est tout d’abord de prendre une observation complète. Une fois ceci bien fait, même un débutant serait capable de trouver le remède parce que nous avons une description parfaite du phénomène morbide. Sinon, avec un cas incomplet ou un cas rempli d’interprétations erronées, même un expert ne serait pas capable de trouver le bon remède. La seconde étape est d’analyser le cas pour trouver parmi la totalité des symptômes, ceux qui sont les plus frappants, les plus caractéristiques, les plus particuliers. La totalité de ces symptômes caractéristiques constitue ce que Guernsey appelait le génie de la maladie.</p>
<p>De façon similaire, lorsque nous étudions la matière médicale, nous essayerons d’identifier dans un remède son génie, ce qui constitue son identité ou son individualité, ce qui le distingue de tous les autres. En étudiant un cas, nous devons comparer le génie de la maladie au génie du remède. C’est l’essentiel de la méthode. Si nous prenons une observation clinique et que nous nous laissons emporter par nos préjugés en interprétant avec négligence ce qui dit le patient, nous ne prêtons pas attention dans ce cas au pur langage de la nature, et comme Hahnemann le dit, et nous ne pratiquons pas un interrogatoire "soigneux et honnête". Lorsque nous en venons à l’analyse du cas et que nous superposons l’ensemble de nos interprétations des remèdes, nous ne suivons plus les traces d’Hahnemann mais pratiquons quelque chose qui ne peut plus être appelé la science de l’Homéopathie, et qui est plus proche de l’ésotérisme. Plus nous réduisons le portrait d’un remède, moins nous sommes capables de le reconnaître dans toutes ses nombreux aspects cliniques. Plus nous limitons l’image d’un remède, plus la réalité aura été déformée au point de ne plus être capables de reconnaitre son indication, même si elle semble très claire pour un prescripteur impartial.</p>
<p>De tous les très nombreux ajouts au répertoire, je considère que 90% de ceux que je confirme quotidiennement en pratique viennent d’Hahnemann. Dix pour cent viennent d’autres auteurs, et la plus grande partie de ces derniers viennent de l’Encyclopédie de Allen et des Guiding Symptoms de Hering. On ne peut en dire autant de tous ces auteurs modernes, en dehors d’une absence presque totale de fiabilité. Si vous recherchez des informations dignes de confiance, il vous faut commencer avec Hahnemann - et ensuite poursuivre avec Lippe. Lippe a pris tous les écrits d’Hahnemann, comme il les a trouvés, il les a appliqués à la lettre et en a publié ensuite leur confirmation. Il a eu cinquante années d’expérience pour approfondir ce qu’il affirme. Après avoir lu Lippe, nous pouvons revenir à Hahnemann pour mieux l’assimiler. Lippe était - et est encore - le meilleur professeur pour faire comprendre l’œuvre d’Hahnemann, en particulier en ce qui concerne les aspects cliniques de l’homéopathie. Les écrits de Lippe sont pleins d’énergie, attractifs, intelligents, logiques, clairs, profonds, critiques et pertinents. Hering est également très fiable. Il nous donne une vision large et comme Hahnemann c’était un chercheur.</p>
<p>Puis, il y a Dunham. Tout médecin homéopathe doit lire l’Homéopathie, la Science des Thérapeutiques de Carroll Dunham. C’est un bijou, il contient quelques-unes des pages les plus belles et les plus claires jamais écrites dans l’histoire de l’homéopathie. Il aborde des sujets difficiles comme la place de la thérapeutique par rapport à l’hygiène, ou les symptômes primaires et secondaires des médicaments, l’alternance de remèdes, l’utilisation des hautes dynamisations, le problème de la dose, le lien entre pathologie et thérapeutique, etc. Il a écrit sur ces sujets car il y avait un besoin de clarifier ces aspects de l’homéopathie qui sont embrouillés dans les écrits d’Hahnemann. Le style de Dunham est très clair et précis. Prenons par exemple le difficile sujet des symptômes primaires et secondaires des médicaments. Hahnemann a écrit à ce sujet très souvent dans l’Organon et ses autres travaux. Plus vous lisez Hahnemann, moins cela vous parait clair. Dunham reprend le problème et finit par le rendre clair. Plus tard, Kent reprend à son tour le sujet et nous sommes à nouveau dans la confusion.</p>
<p>Et puis, tout ce que vous pouvez trouver écrit par Nash est toujours de grande valeur, tout comme H. N. Guernsey, P. P. Wells, Joslin (senior), Yingling, Skinner, H. C. Allen, Harvey Farrington, Pierre Schmidt, Herbert Roberts, Elizabeth Wright-Hubbard, Julia Green. Pour ce qui est des auteurs contemporains, il y a Jacques Baur, qui est l’éditeur d’un excellent journal français, les Cahiers du Groupement Hahnemannien du Dr. Pierre Schmidt. Dr. Baur travaille actuellement sur la publication d’une compilation des écrits de Pierre Schmidt regroupant une série d’articles écrits durant les trente dernières années de sa vie. Ce sera un recueil sûrement intéressant à lire venant d’un auteur aussi raffiné que lui. Il y a toujours beaucoup à apprendre de bonnes revues. Je recommande à mes étudiants de chercher de bonnes revues, anciennes ou nouvelles, et de les lire de façon régulière. C’est une excellente manière de parfaire son éducation. Il y a un certain nombre d’anciennes revues qui peuvent être lues de bout en bout. C’est le cas de la revue The Homœopathic Physician, de l’Organon ou de la revue The Hahnemannian Advocate. Prenons cette dernière qui est vraiment exceptionnelle. Il y a eu neuf volumes publiés comprenant de merveilleux articles par d’excellents auteurs tells Nash ou Yingling. Ce sont des articles tout à fait fiables, habituellement très bien illustrés par des cas cliniques intéressants. Il y beaucoup à apprendre de journaux d’une telle qualité, un grand nombre de ces articles n’ont pas été en effet publiés dans des livres. Cela pourrait concerner l’enseignement de bien des maitres du passé tels Lippe ou Wells. Ce sont des personnalités que nous devrions considérer comme des leaders et sur lesquels nous devrions nous appuyer pour notre formation.</p>
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<p><strong>Q: Pouvez-vous nous donner un résumé de ce qui vous parait être les points essentiels dans la prise d’observation ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> J’ai un exposé sur la manière de prendre une observation; c’est une longue conférence d’environ dix jours. Je commence l’exposé avec une douzaine de points clés qui sont importants pour comprendre lorsqu’on prend une observation.</p>
<p>Si je devais essayer de désigner le point le plus important dans une prise d’observation, ce serait pour le médecin de faire tout son possible pour garder son objectivité. C’est fondamental pour avoir une très bonne observation. Nous devons écouter le patient avec tous nos sens d’observation en alerte. Dès que nous introduisons nos préjugés ou que nous nous servons de questions directes, l’information obtenue perd de sa qualité. Pendant la prise d’observation, dès que nous nous focalisons sur un remède particulier, nous avons perdu notre objectivité. Il faut absolument que nous gardions notre neutralité jusqu’à la fin de l’observation. Ceci ne veut pas dire que nous n’évoquions pas certains remèdes en prenant l’observation. En découvrant des symptômes caractéristiques, il est inévitable de penser à certains remèdes. Intellectuellement, il vaudrait mieux dans ce cas écarter un remède plutôt que d’essayer de le confirmer. Bien sûr, on est facilement tenté de conclure rapidement. Nous devons rester en permanence attentifs afin de garder toute notre objectivité. L’emploi de questions directes est un bon moyen de se fourvoyer. Car pour réussir en médicine, comme en science, il ne nous faut pas perdre notre objectivité. Nous devons observer comme si nous n’étions pas présents, comme des observateurs de la nature dépourvus autant que possible de tout préjugé.</p>
<p>Le deuxième point important est que nous devons adopter une méthode qui décidera les patients à s’ouvrir et à "répondre à notre attente," pour ainsi dire. Les patients se dévoileront au médecin en qui ils ont confiance. Ils feront plus confiance à celui qui est sincère et compétent. Le temps de la prise d’observation en homéopathie est le moment où les patients peuvent le mieux prendre confiance dans le praticien. Si nous passons trente minutes à examiner la plainte principale du patient, par exemple un cas de sclérose en plaques, et si en l’interrogeant sur les modalités qui affectent ses symptômes, le patient précise que tous ses symptômes sont aggravés juste avant une tempête. Il y a un moment magique qui s’établit entre le patient et son médecin. Tout d’abord, nous avons passé plus de temps déjà en interrogeant le patient sur son problème que la plupart des neurologues ne l’aurait fait. Ensuite, le patient remarque notre réaction d’intérêt lorsqu’il a mentionné le fait que les symptômes sont aggravés avant une tempête. Non seulement le patient a senti que son médecin l’écoute mais aussi que son histoire est vraiment différente des autres cas (contrairement au neurologue pour qui c’était un signe sans importance). Ensuite nous lui posons des questions sur sa position dans le sommeil, si son corps ou certaines parties sont froides ou chaudes pendant le sommeil, sur ses rêves, ses désirs alimentaires, etc. Inévitablement il y a une complicité qui s’instaure entre le médecin et le patient. Nos patients ne peuvent pas aider mais sentent notre intérêt pour eux.</p>
<p>Nous poursuivons en leur demandant de nous parler de leurs personnalités, de leurs anxiétés, de leur intimité profonde ; c’est alors qu’ils pourront révéler ce que nous devons savoir. Ils sont alors comme un livre ouvert. C’est le meilleur moyen de découvrir la vérité qui est la seule route vers le succès. La voie qu’Hahnemann nous a enseignée sur la technique de prise d’observation est très classique. Il m’a été rapporté que l’on encourage les étudiants en médecine de l’Université d’Harvard de se faire guider par des médecins homéopathes afin de développer leur technique de prise d’observation. Il est difficile d’imaginer une meilleure méthode de voir des patients s’ouvrir à leur médecin. Bien sûr pour inspirer une telle confiance chez nos patients, il nous faut être sincère. Cette qualité est nécessaire lorsque nous prenons la décision d’entreprendre des études de médicine.</p>
<p>Les principes de base de la prise d’observation ont été établis par Hahnemann dans l’Organon. Cependant, dans le second volume de l’édition Américaine de la Materia Medica Pura, Hahnemann évoquait l’importance de devenir de bons observateurs. C’est un merveilleux article de médicine classique. Dans ce livre, il dit que : "Cette capacité d’observation fine n’est jamais tout à fait innée ; elle doit être surtout acquise par la pratique, en peaufinant et régulant la perception sensorielle, en exerçant une sévère critique vis à vis des impressions rapides que nous avons des objets externes [nous devons donc être critiques de notre sens d’observation], et en même temps, le sang froid, le calme et la fermeté de jugement nécessaire doit être préservé, tout en conservant une méfiance constante de nos capacités de compréhension." Vous voyez lorsque nous prenons un cas, nous ne devons pas arriver à une conclusion trop vite. Nous devons apprendre à conserver notre "sang-froid." Nous devons toujours contrôler et contrôler une fois encore avec le patient en le questionnant habilement jusqu’à ce que nous ayons un tableau clair de ce qui est vraiment arrivé au patient. Nous devons nous aussi être patients.</p>
<p>Pour pratiquer l’Homœopathie, un médecin qui n’est pas patient au départ, devrait apprendre à l’être ou changer de profession. Sans patience, nous ne pouvons pas être de bons observateurs. Comme n’importe quel vrai scientifique, nous devons pour bien observer, laisser les choses s’éclaircir à leur propre rythme. Il est essentiel d’être très patient et compréhensif, d’avoir de l’empathie pour le patient. Si nous n’avons pas de compassion, le patient ne s’ouvrira pas à vous. Nous pouvons aussi bien nous tourner vers le monde des affaires. Je dirais que l’objectivité, la sincérité, la patience et la compassion sont quelques une des ingrédients essentiels pour obtenir un bon cas.</p>
<p>Un autre aspect est la minutie. Posez-vous la question si Sherlock Holmes en examinant la scène d’un crime accepterait d’en omettre une moitié, ou plutôt s’il voudrait y inclure tout témoignage détaillé ; rien ne doit être à priori écarté. Il n’impose aucune limite à son investigation. En d’autres termes, on peut découvrir la solution d’un crime en étudiant la chronologie des évènements précédant le crime, la position du cadavre, la boue sur les chaussures de la victime, un numéro de téléphone dans une de ses poches, la profession de la victime, un héritage familial, etc. La prise d’observation est très proche du processus d’enquête dans un crime. Les deux recherchent des indices. Alors que l’une recherche des indices orientant vers un suspect, l’autre cherche des indices conduisant à un remède. Les indices dans le cas clinique peuvent se trouver dans toute idiosyncrasie, telle que le moment d’aggravation, une position dans le sommeil, un désir alimentaire, un état psychologique particulier, un symptôme objectif, un ancien symptôme qui n’est plus présent, dans les antécédents médicaux du patient, de sa famille, etc. Nous ne pouvons pas faire des à-priori et nous ne pouvons laisser aucune pierre sans l’avoir retournée. Nous ne devons pas considérer un élément comme étant à priori de peu d’importance. Nous devons chercher des indices partout dans le cas. Comme beaucoup de mes cas en situation critique, toute laxité dans ma rigueur risque de diminuer les chances de guérison de mon patient. Il ne m’est pas permis de ne pas être minutieux.</p>
<p>Un autre aspect de la prise d’observation est dans la recherche d’une compréhension globale du patient et de son problème. En d’autres termes, à la fin du cas, tout devrait paraitre clair pour le médecin. Les circonstances, les causes, l’apparition des symptômes et l’évolution de la maladie devrait constituer un tout compréhensible. Le cas n’est pas terminé tant que nous n’avons pas atteint un niveau de compréhension suffisant.</p>
<p>En prenant un cas, nous devons aussi prendre des notes claires afin que ‘l’histoire’ écrite soit non seulement compréhensible pour nous mais aussi à quiconque pourrait utiliser le cas. Tout ce qui est nécessaire au diagnostic, au pronostic, au suivi du cas, à la prescription devrait être noté par écrit. Les symptômes devraient être notés avec les mots précis utilisés par le patient avec le minimum d’interprétation possible. Bien sûr, seuls les symptômes particuliers qui ont orienté vers la prescription du simillimum nécessiteraient d’être soulignés, de sorte qu’à la fin en passant le cas en revue vous soyez capable de rapidement visualiser les quelques symptômes soulignés.</p>
<p>En dernier lieu, après l’examen clinique, nous devons écrire nos impressions, aussi bien une description de la morphologie du patient, de sa physionomie, de son teint que des aspects objectifs du tempérament et de la personnalité du patient. Il y a d’autres aspects de la prise d’observation mais je pense que je vous ai ici souligné les principes fondamentaux.</p>
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<p><strong>Q: Quels sont les points essentiels de l’analyse du cas?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Lorsque vous avez pris une observation de façon complète et satisfaisante, ce peut alors être assez facile. Dans le paragraphe 104, Hahnemann affirme que lorsqu’un cas a été étudié de façon complète et soigneuse et noté par écrit avec précision, le plus dur pour le médecin a été alors effectué. Maintenant, que tous les éléments sont en face de nous, il nous faut nous poser la question suivante :</p>
<p>Quel est l’élément le plus frappant dans ce cas ?</p>
<p>Ce n’est pas évident pour le médecin non formé. Pour savoir ce qui est frappant, tout d’abord, nous devons savoir ce qui est commun à la nature humaine, comment les gens fonctionnent et ce qui est habituel ou inhabituel dans un symptôme particulier lors d’une pathologie particulière ou dans un comportement particulier apparu dans une situation donnée. Cela inclut la connaissance des comportements, ou l’éthologie, dans des cultures variées. Je vous donne un exemple : Quel est le pourcentage de la population du monde occidental qui ressent un certain degré de timidité en usant des toilettes publiques avec présence d’autres personnes dans le voisinage immédiat ? En fait, nos toilettes sont construites de façon telle que nous sommes un peu dissimulés (protégés ?) les uns des autres, outre le fait que nous essayons de garder une certaine distance les uns des autres. Après enquête parmi mes patients, je dirais que le chiffre peut aller jusqu’à 90%. Cependant, dans d’autres cultures où les gens ont l’habitude de se soulager avec d’autres personnes dans le voisinage immédiat, cela se produit tous les jours. Dans notre culture, ce serait plus étonnant si une personne n’avait aucune inhibition, ou si un autre présentait un degré inhabituel d’inhibition allant jusqu’à éviter totalement les toilettes publiques.</p>
<p>La valeur caractéristique du symptôme dépend de son niveau d’intensité qui est en rapport avec la norme du groupe auquel la personne appartient. Un autre exemple : lorsque je demande aux étudiants dans une classe, combien ont une forte envie de sucreries, le chiffre est habituellement entre soixante et soixante-cinq pour cent ; un désir de sucreries n’est donc pas très caractéristique en lui-même comparé à la même intensité du désir de glace. Ce que j’essaye de dire, c’est que mieux nous connaissons la nature humaine, mieux nous serons capables de distinguer ce qui est caractéristique chez un individu de ce qui est commun pour le groupe. Connaitre la nature humaine demande du médecin homéopathe un large savoir dans de nombreux domaines incluant l’éthologie, la sociologie et la psychologie. Le médecin homéopathe doit être capable de reconnaitre ce qui est caractéristique chez un être humain, mais il doit aussi connaitre la pathologie.</p>
<p>L’étude de la pathologie ne devrait pas être limitée à l’étude de l’évolution terminale de la maladie comme nous le voyons dans les livres actuels de pathologie, mais devrait s’élargir à l’ensemble de l’évolution de la maladie du début jusqu’à la phase finale avec un accent particulier sur l’étude des étiologies.</p>
<p>Nous devons également, bien sûr, connaitre très bien la matière médicale, car mieux nous la connaissons, plus nous serons capables de distinguer ce qui est frappant de ce qui est habituel. Enfin, l’expérience clinique approfondira ce savoir. C’est le test suprême. C’est là que nous obtenons nos confirmations. C’est là que nous apprenons par exemple que, d’un côté un symptôme caractéristique d’un remède, par exemple la paresthésie ascendante de Conium, n’est pas caractéristique et en fait de peu de signification dans la recherche d’un remède dans un cas de sclérose en plaques, car c’est un symptôme commun de cette maladie. D’un autre côté, c’est l’expérience clinique qui nous apprend que nous pouvons avoir des symptômes banaux d’un état pathologique, tels une dilatation ou un mouvement des narines observé dans un cas évolué d’insuffisance respiratoire comme dans un cas sévère de pneumonie, qui vont se révéler être un symptôme guide très fiable.</p>
<p>Pour revenir à votre question sur la manière d’analyser un cas, après avoir en premier lieu pris l’observation soigneuse, nous faisons une liste des symptômes les plus caractéristiques et par conséquents des plus précieux. Si le patient ne présente qu’une seule maladie (stade ou syndrome), nous réunissons tous les symptômes caractéristiques en un seul ensemble. Nous regroupons ces symptômes caractéristiques avec ceux de très haute valeur en début de liste et les moins importants en fin de liste. Ceux qui sont en tête de liste sont les symptômes guides tandis que ceux qui sont en bas sont les symptômes servant de différentiation ou de confirmation. Avec l’aide du Répertoire, les premiers guident le prescripteur vers un groupe de remèdes tandis que les derniers aident à différentier ou confirmer un ou plusieurs remèdes qui sont très proches. Cette totalité des symptômes caractéristiques constituent alors le génie du cas. La dernière étape est de lire la matière médicale pour découvrir quel remède est le mieux assorti avec le génie du cas.</p>
<p>Cependant, si le patient se présente avec deux ou plus de deux maladies dissemblables, les symptômes caractéristiques seront alors regroupés derrière chaque maladie dissemblable. Par exemple, nous verrons généralement un patient présentant un stade aigu, une pneumonie par exemple, et un état chronique qui comprend par exemple une arthrite chronique, des troubles digestifs, une insomnie, de la fatigue et de la nervosité. Souvent, dans un tel cas, les symptômes de l’état aigu seront dissemblables de l’état chronique. Puis, les symptômes caractéristiques seront divisés en deux ensembles, d’une part tous les symptômes qui sont apparus depuis l’apparition de la situation aigue, et d’autre part, tous les symptômes de l’état chronique. Il y a aussi des cas plus compliqués dans lesquels deux ou plus de deux maladies dissemblables sont combinées ensemble formant ce qu’Hahnemann a appelé une maladie complexe. Dans la mesure du possible, chaque maladie dissemblable doit être identifiée et leurs symptômes caractéristiques doivent être bien séparés. Il y a un grand nombre de possibilités pour la coexistence de deux ou plus de deux maladies dissemblables chez le même malade. Les maladies se développant selon des stades, qu’il s’agisse d’un stade aigue comme une pneumonie, ou chronique, comme une insuffisance rénale, chaque stade de la maladie peut être une maladie dissemblable, requérant donc un remède différent pour chaque stade.</p>
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<p><strong>Q: Parlons un peu de la dynamisation des remèdes et de la posologie. Quelles dynamisations utilisez-vous dans votre pratique quotidienne ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> On ne devrait pas donner trop d’importance à la réponse à cette question. Un médecin peut apprendre à maitriser n’importe quelle dynamisation, à s’y tenir et faire face à tout problème quel qu’il soit avec cette gamme de dynamisation. Cependant, je suis en accord avec Nash sur cette question. Dans son Testimony of the Clinic, il dit qu’il a l’habitude de dire dans ses cours à l’académie "que celui qui se limite à ne prescrire que des remèdes en hautes ou en basses dynamisations, se prive d’agir au mieux pour ses patients.</p>
<p>Nous ne devons pas pour ce qui est de la posologie nous limiter à la ‘divisibilité admise scientifiquement de la matière,’ mais nous pouvons et devrions profiter de toute l’échelle de dynamisations, du remède à l’état brut jusqu’à la plus haute dynamisation de Fincke, et respecter le résultat donné par le test le plus fin, le test physiologique." Sans se préoccuper de la gamme de dynamisations utilisées, ce que j’ai trouvé être le plus efficace, c’est d’adapter la posologie au patient. C’est ce que j’ai appelé la posologie optimale. Ce qui signifie de choisir une dynamisation qui serait la meilleure pour le patient à ce moment. Comme pour la répétition, elle devrait être, elle aussi, optimale, ni trop prématurée, ni trop tardive.</p>
<p>En règle générale, je commence un cas chronique avec une 200 Dunham ou une XM Korsakoff. Si le patient est trop sensible pour une 200, je lui dirai de prendre une cuiller à café ou moins du remède dilué dans un ou plusieurs verres d’eau. Certains patients sont encore plus sensibles que cela et dans ce cas je descendrai jusqu’à une 30 ou encore plus bas jusqu’à une 6CH. Dans quelques cas, si la dilution du remède dans de l’eau n’est pas suffisante, je peux demander au patient de renifler brièvement le remède. Hahnemann le faisait très souvent. Le but est ici d’obtenir le bénéfice maximum avec la gêne minimale pour le patient.</p>
<p>D’habitude, j’utilise le même remède à la même dilution aussi longtemps que le patient en tire un bénéfice croissant. Par exemple, si j’utilise une 200 et que le patient s’améliore pendant cinq semaines après la première dose, et pendant six ou sept semaines après la deuxième dose, je continuerai à donner le même remède à la même dynamisation de la même manière aussi longtemps que le patient en tire un bénéfice croissant et que le tableau reste inchangé.<br />
Mais lorsque le patient n’est plus sensible à une dynamisation du remède, lorsqu’il ne réagit plus aussi bien à une nouvelle dose, que cela n’a rien à voir avec des circonstances extérieures et que rien ne s’est produit pouvant interférer avec la réaction au remède, alors c’est le moment de changer pour une dynamisation plus haute, aussi longtemps que le tableau actuel reste inchangé.</p>
<p>A ce moment, nous pourrions également choisir une dynamisation plus basse comme Hahnemann l’a fait pendant de nombreuses années. Cela n’a pas grande importance. En règle générale, je préfère monter la dynamisation. Je monterai de cette manière jusqu’à la dynamisation MM et ensuite si nécessaire, je repartirai avec des dynamisations moyennes. A ce moment-là, j’utiliserai si possible des dynamisations intermédiaires, telles une 500, une 5M, une 20M, etc. Plus on attend avant de réintroduire la dynamisation d’un remède à laquelle un patient a dans le passé perdu sa sensibilité, plus il y aura de chances que la sensibilité à cette dynamisation sera de retour. Donner deux fois le même remède à la même dynamisation sans aucun plussing est contraire à ce qu’Hahnemann a enseigné.</p>
<p>Cependant, je trouve plus efficace d’évaluer la sensibilité du patient à un remède si, au moment d’une rechute, la même dynamisation est à nouveau donnée de la même manière. C’est le mieux que l’on puisse faire en répétant la même expérimentation en médecine. Les résultats d’une telle expérimentation fournissent au médecin toutes sortes d’information très utiles quant à la curabilité du patient, le degré de similitude du remède et plus encore, toutes informations qui peuvent être très importantes. Ce serait trop long d’approfondir tout cela maintenant. Pour revenir à la répétition du remède, il devrait être répété au moment optimal. Sinon, le patient récupérera plus lentement avec plus de rechutes significatives et, si le remède est répété trop souvent, le patient perdra sa sensibilité au remède. Il faut toujours garder à l’esprit que le patient doit recouvrer sa santé de la manière la plus rapide. Le meilleur moment pour répéter le remède, c’est lorsque le patient a fini de répondre à la dose précédente et s’est stabilisé ou démarre une rechute.</p>
<p>Dans un cas aigu, l’approche est un peu différente sur deux points. D’abord, la dynamisation de départ sera généralement en accord avec la sévérité ou l’importance de l’état aigu. Dans ce cas, il n’est pas inhabituel de commencer un cas avec une XL ou LM. Ensuite, la répétition du remède devrait être faite de façon à prévenir une rechute. Il est clair qu’il serait malencontreux de voir une rechute se produire dans des cas de pyélonéphrites, de méningites ou de pneumonies.</p>
<p><strong>Q: Selon votre expérience, y-a-t’il des différences dans les effets des dynamisations  C-, D-, LM- et Korsakoff ? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question très difficile. Il y a toutes sortes de façons de préparer nos remèdes en modifiant la concentration, le nombre de flacons utilisés, le nombre ou la puissance des succussions (Jenichen, Dunham), ce qui nous fournit toutes sortes de dynamisations comme les centésimales et quinquagentésimales d’Hahnemann, les centésimales de Korsakoff, les dynamisations de Jenichen avec peu de dilutions mais des succussions puissantes et répétées, les succussions puissantes faites pour l’obtention des Dunham, la fluxion continue de Fincke et la fluxion interrompue de Skinner.</p>
<p>Les dynamisations centésimales d’Hahnemann sont parfaites hormis le fait que l’échelle en soit limitée à la 200 ou à la 1M. Les dynamisations de Korsakoff et Skinner sont excellentes et nous donnent une échelle plus haute. Les dynamisations de Fincke sont parfaites. C’étaient les dilutions favorites de Lippe. Malheureusement, elles ne sont pas disponibles en pharmacies. Il est intéressant de noter que celles de Fincke et Skinner ne sont pas l’objet de succussions en dehors de celle de la force exercée par le jet d’eau.</p>
<p>Les quinquagentésimales de Hahnemann et les dynamisations de Jenichen sont en fait des basses dynamisations et peuvent être trop contraignantes. Il y a également beaucoup de patients qui répondront mieux aux basses dynamisations qu’aux plus hautes, leur degré de similitude ne nécessitant pas d’être aussi grand pour obtenir une réponse. De ce fait, notre recherche du simillimum peut être plus difficile avec les basses dynamisations, car nous obtenons de trop nombreuses fausses réponses positives.</p>
<p>Je trouve que les 200° de Dunham sont les meilleures dans la catégorie des 200°. La réponse du patient avec ces dernières semble dans l’ensemble plus profonde et de plus longue durée. Je me sers des 200° de Dunham, des centésimales d’Hahnemann, des anciennes dynamisations de Bornemann montées à la main, des Skinner fabriquées par Boericke et Tafel, des anciennes dynamisations de Fincke et aussi des Korsakoviennes. Elles donnent toutes d’excellents résultats. A mon avis, le problème le plus souvent ne dépend pas du remède et de sa méthode de fabrication, mais plutôt du prescripteur. La vraie clé, c’est de trouver un remède avec le plus fort degré de similitude que nous puissions trouver. Plus fort est le degré de similitude, meilleure sera la réaction vitale, et par conséquent meilleur sera le rétablissement du patient.</p>
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<p><strong>Q: Que pensez-vous des LM ?</strong><br />
<strong>A.S.:</strong> C’est une question très délicate. Je ne voudrais pas offenser quiconque parmi vos lecteurs mais la question doit être exposée et discutée librement. Voyons d’abord brièvement l’évolution personnelle d’Hahnemann quant à la posologie. Il essayait constamment de faire des progrès sur la posologie. Il a commence d’abord à diluer les remèdes, afin de les rendre moins toxiques. Il a commence avec des dilutions au 500°; puis il en fait une à la 10 000° et ainsi de suite. Ensuite il s’est mis à faire des dilutions successives en changeant de flacons. Finalement, il a adopté de façon systématique des centésimales sans succussions au début puis plus tard avec des succussions. Il a fait des expérimentations avec une centaine de succussions puis il a diminué à deux, pour remonter à nouveau leur nombre. Enfin, dans les huit dernières années de sa vie, il a commence à utiliser des dynamisations de plus en plus hautes. En 1840, il se servait couramment des 200°. Au début de 1841, il a commencé à expérimenter les quinquagentésimales. Au total, il a eu seulement environ douze remèdes préparés de cette façon et la plus haute était une dynamisation de Sulfur en LM20. Il a pratiqué avec ces dernières pendant deux ans environ. Dans la fin de l’année 1842, il a fait moins de prescriptions. En 1843, il a très peu pratiqué. Son dernier patient à être inscrit dans ses cahiers cliniques remonte au début du mois de mai 1843. A cette époque, il se préparait à publier la sixième édition de l’Organon. Apparemment, il sentait qu’il avait assez d’expérience pour recommander avec autorité les LM à ses collègues. J’ai lu dans les cahiers d’Hahnemann presque tous les cas pour lesquels il s’est servi de dilutions LM. C’est véritablement très difficile de se satisfaire de ses succès.</p>
<p>Lorsque nous étudions Hahnemann aussi bien en tant que personne que de scientifique, nous découvrons vite qu’il avait tendance à être très dogmatique dans ses écrits en présentant sa dernière expérimentation comme la solution idéale. Cette approche de sa personnalité est contraire au grand esprit scientifique qu’il avait. Lorsque nous lisons son œuvre dans un ordre chronologique, à chaque étape de son évolution, il fait comprendre au lecteur que la méthode a été maintenant portée jusqu’à sa perfection absolue. Puis vient l’œuvre suivante, et il nous dit maintenant que des expérimentations complémentaires lui ont permis d’abroger ce qu’il avait dit antérieurement avec une très grande certitude et que la méthode a atteint maintenant un nouvel état de perfection, et ainsi de suite. Si nous lisons un ouvrage d’Hahnemann, quel qu’il soit, même la sixième édition de l’Organon, nous pouvons être frappés par son dogmatisme et ne pas être tenté de lire un autre livre. Je pense que nous honorerions Hahnemann davantage en comprenant et en adoptant la méthode inductive qui est à la base de ses succès, qu’en adoptant son dogmatisme et en répétant ses erreurs. Ne serions-nous pas insensés de ne pas apprendre de ses erreurs ? A mon sens, le véritable Hahnemannien n’est pas celui qui fait ce qu’Hahnemann a dit de faire mais celui qui procède avec l’aspect positif de son approche, la méthode inductive. C’est lui le véritable Hahnemannien, non un disciple strict, mais celui qui comprend.</p>
<p>Il est probable que si la sixième édition de l’Organon avait été publiée plus tôt, la question des dynamisations aurait évolué différemment. Dès qu’Hahnemann est mort, Boenninghausen, peut-être cela est-il heureux, a commencé à prescrire systématiquement des deux centièmes de Lehman. Plus tard, les Hahnemanniens, en particulier en Amérique, commencèrent à expérimenter avec des dynamisations de plus en plus élevées. Comme nos prescripteurs les plus dignes de confiance les ont testées régulièrement pendant plus cent cinquante ans, en commençant par Hahnemann lui-même, suivi par Bœnninghausen, Lippe, Hering, Dunham, Skinner, Nash, etc., les dynamisations plus élevés ont été éprouvées et ne sont pas près de disparaitre. Je ne suis pas certain que vous puissiez obtenir de tels résultats si nous nous limitions aux plus basses dynamisations, et en fait, les LM sont des dynamisations très basses. Je ne les ai pas utilisées, en premier lieu parce que j’en ai pas eu besoin, deuxièmement parce que leur emploi est trop compliqué (en gardant à l’esprit le second paragraphe de l’Organon: "... d’après des principes clairs et intelligibles") et ensuite parce que quelques auteurs dignes de confiance, comme Pierre Schmidt et P. Sankaran (le père), ne les ont essayées que pour les abandonner ensuite. Cela ne signifie pas qu’elles n’aient pas un rôle à jouer mais je ne pense pas qu’elles soient ce qu’Hahnemann espérait, les préparations homéopathiques idéales.</p>
<p>Nous ne pouvons renier les succès incroyables que nous avons eus avec les plus hautes dynamisations sur lesquelles, malheureusement, nous n’avons pas l’expérience d’Hahnemann. Je ne veux pas enlever aucun crédit aux LM mais on doit considérer les choses de façon très large. On doit espérer que nos dynamisations continueront à évoluer vers la perfection. Comme Hahnemann, notre but devrait être de toujours essayer de parfaire notre méthode, y compris le problème de la dynamisation. Comme lui, nous soutiendrons les changements, les changements positifs.</p>
<p><strong>Q: Vous avez parlé de quatre écoles ou méthodes distinctes en Homéopathie, l’école d’Hahnemann, de Kent, l’école Classique et Néo-classique. Comment les différentier et les évaluer? </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> J’ai écrit un article sur cette question. Au fond, Hahnemann a développé une méthode thérapeutique avec des principes clairement définis qu’il a appelé l’Homéopathie. Il est essentiel qu’à chaque fois que quelqu’un emploie le terme d’Homéopathie, ce soit en référence à la méthode thérapeutique clairement défini par Hahnemann. Malheureusement, pour différentes raisons, nombreux sont ceux qui, sans comprendre l’homéopathie, se sont arrogés le droit d’utiliser le mot homéopathie pour des techniques thérapeutiques tout à fait différentes. Depuis le temps d’Hahnemann, beaucoup se sont ainsi improvisés homéopathes et ont donné une fausse image de la profession. Ce n’est pas correct. Si quelqu’un se renseignant sur l’homéopathie cherche à être soigné avec cette approche thérapeutique et fait appel à quelqu’un se présentant lui-même comme homéopathe, ne devrait-il pas s’attendre à recevoir le meilleur de ce que l’homéopathie peut offrir? Malheureusement pour cette personne, aucun imposteur ne pourra lui apporter ce que peut promettre l’homéopathie. Si les praticiens désirent pratiquer quelque chose d’autre, ils doivent l’appeler autrement. Il n’y a aucune justification à leur usurpation du mot homéopathie. Le terme homéopathie devrait suffire à identifier de façon claire une pratique en accord avec la méthode mise au point par Hahnemann.</p>
<p>De la même manière, je ne suis pas partisan de l’adjectif classique non pas à cause de son utilisation récente mais de l’aspect faussement élitiste qui lui est associé. Cet adjective sous-entend habituellement homéopathie Kentienne ou supra-Kentienne. Au dix-neuvième siècle (avant l’époque de Kent), les disciples d’Hahnemann ont constitué, à la demande de Lippe, l’Association Internationale Hahnemannienne (IHA) pour séparer l’homéopathie véritable de ses déformations. En règle générale, les dirigeants de cette association ont très bien compris l’homéopathie. Puis est venu Kent, qui a soutenu l’IHA pendant quelques temps, puis l’a abandonnée et en fin de compte a constitué avec ses étudiants la Société des Homœopathiciens. Kent a introduit ces propres préjugés, avec les enseignements de Swendenborg dans la pratique de l’homéopathie. Il n’y a aucun doute que Kent était un bon clinicien et un professeur très recherché, mais ce ne fut pas un des grands maitres. Il n’a pas atteint les critères d’un bon nombre de ses prédécesseurs. Comme il était très charismatique, les gens du vingtième siècle ont suivi presque aveuglément son enseignement sans chercher plus loin auprès des maitres du passé ou même d’Hahnemann. C’est devenu un des mythes, les étudiants les uns après les autres ont suivi l’enseignement de Kent présumant qu’il avait maitrisé l’homéopathie. Comme ses écrits font autorité comme ceux d’Hahnemann, une sorte d’idolâtrie s’est développé autour de la personnalité de Kent. Cette idolâtrie a empêché les étudiants d’étudier avec sens critique les écrits de Kent et en même temps de lire des œuvres des maitres qui ont précédé Kent.</p>
<p>Plus tard, au vingtième siècle, ceux qui avaient été influencés par l’enseignement de Kent sont devenus encore plus dogmatiques que lui, ce que nous pourrions appeler les supra-Kentiens, plus Kentien que Kent lui-même. Kent s’était déjà écarté des enseignements d’Hahnemann, aussi ces supra-Kentiens flottent dans quelques lointaines galaxies. De plus en plus, la profession homéopathique au vingtième siècle s’est écartée et s’est déconnectée de ses racines. J’espère que l’avertissement de Hering mentionné précédemment dans cet interview où il parle de ne pas du tout s’écarter de la méthode inductive d’Hahnemann fera sonner plus de cloches.</p>
<p>Aujourd’hui, nous avons des professionnels qui pratiquent cette homéopathie supra-Kentienne et en général l’appellent Classique alors qu’elle est en effet Néo-Classique. Peu parmi eux ont lu les œuvres d’Hahnemann et des maitres du passé. L’Homéopathie Classique devrait être l’Homéopathie d’Hahnemann et des Hahnemanniens, ou en d’autres termes, la véritable Homéopathie. Malheureusement, peu étudient l’histoire ; à mon avis, c’est une grosse erreur. Heureusement, parmi nous, il y en a de plus en plus pour remédier à cette situation non seulement pour notre bien et aussi celui des malades et de la profession toute entière.</p>
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<p><strong>Q: Merci de nous avoir accordé cet entretien. </strong><br />
<strong>A.S.:</strong> Vous êtes les bienvenus et je vous remercie de m’avoir donné une opportunité de partager mes points de vue.<br />
<em>(La 3° Partie de cet entretien a été enregistré en Mars 1997 à Vienne) </em></p>
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